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de la guerre, qui renfermait cette phrase : « Je » vous félicite, mon cher gfénéral, des nouveaux » services que vous venez de rendre à la France. >»
Le général Péhssîer, depuis maréchal et duc de MalakoflF, m'écrivit également pour me féliciter, en sa qualité de commandant de la province d'Oran ; de récompense, point, et cependant j'étais commandeur de la Légion d'honneur depuis cinq ans. Ai -je fait la moindre demande pour moi, tandis que j'ai pu faire récompenser tous ceux qui s'étaient distingués dans les combats sérieux qui avaient été livrés pendant ces trois mois?
Nommé, comme général de brigade, au commandement de la province d'Oran, dont le titulaire devait être un général de division, je n'obtins ce grade, le 28 décembre 1855, qu'après quatre ans, pendant lesquels dix-huit de mes camarades, moins anciens, devenaient généraux de division avant moi !
Comme général de division , je fus nommé au commandement de l'expédition de Chine , à mon grand étonnement, et sans avoir fait la plus légère démarche ; voici dans quelles circonstances :
Je commandais la 2* division territoriale à Rouen, lorsque je reçus une lettre du colonel Ribourt, chef du cabinet du ministre de la guerre, qui me demandait si j'accepterais le commande-
ment d'utie expédition en Chine , dans le cas où on me TofFrirait.
J'avais entendu parler vaguement de cette expédition par les journaux, et j« dois dire qu'une telle entreprise me paraissait si extraordinaire, que je croyais peu à sa réalisation.
Cependant je n'hésitai pas un moment, et avec l'entrain militaire dont je crois avoir fait preuve dans ma longue carrière, je répondis immédiatement par le télégraphe que j'accepterais si l'on me désignait.
Le lendemain même ,' une dépêche télégraphique me donnait l'ordre de me rendre à Compiègne , où était l'Empereur, et où se trouvait le ministre de la guerre, qui me présenta à Sa Majesté.
C'était la première fois que j'avais l'honneur d'une conversation avec l'Empereur, qui, après avoir étalé une carte sur sa table , m'interrogea sur plusieurs points concernant l'expédition de Chine.
Je répondis à Sa Majesté à quelques questions, me réservant d'en étudier d'autres.
L'Empereur me dit alors de consulter le comte Kleczkowski, premier secrétaire de notre légation en Chine. Ce fut pendant cette coQversation avec ce fonctionnaire très-intelligent et très au courant des affaires du Céleste Empire, que je pus me former .
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une idée de la mission que Ton voulait me confier et des difficultés qu'elle présenterait; je m'en expliquai avec l'Empereur, qui me dit qu'il m'accorderait tout ce qui serait utile pour faire réussir l'expédition. Je fus ensuite présenté par Sa Majesté à l'Impératrice et aux personnes qui se trouvaient dans le salon, sous le titre de commandant en chef de r expédition de, Chine; je n'avais jamais vu l'Impératrice., qui m'accueillit très-grâcieusement.
Tout ce que j'avais demandé dans l'intérêt de cette entreprise hasardeuse me fut accordé à Paris ; mais une fois parti et loin, plusieurs modifications furent apportées aux promesses faites, et me suscitèrent des obstacles que je ne suis parvenu à vaincre que par ma fermeté et le concours intelligent de tous ceux qui servaient sous mes ordres.
vTout le monde connaît aujourd'hui ou à peu près les péripéties de cette expédition, à laquelle je donnerai un jour une publicité appuyée sur des documents que moi seul j'ai à ma disposition.
Je fus nommé sénateur et grand-croix à la suite de cette campagne, à six mille lieues de la France, qui pouvait à peine croire aux succès qui la couronnèrent.
L'opinion générale était que je serais nommé maréchal, il n'en fut rien; et cependant d'autres expéditions, sans avoir eu des résultats aussi
positifs, avaient été l'objet de cette haute récompense.
Une lettre du ministre de la guerre, maréchal Randon, écrite en entier de sa main, me la faisait cependant pressentir.
Une déception pénible eut lieu pour moi un peu plus tard; ce fut la nomination au grade d'amiral du vice-amiral Charner, qui avait été placé sous mon commandement et qui n'avait pas trouvé l'occasion d'utiliser la marine, puisque aucun combat naval n'avait eu lieu.
Me suis-je jamais plaint de l'oubli du. service que j'avais rendu au pays, et de la différence des récompenses?
A cette époque, mon premier aide de camp, le colonel Deschiens , attaché à ma personne depuis dix-neuf ans, m'écrivait de Paris, où je l'avais envoyé : « Mon général, venez à Paris, vous. y " serez reçu avec enthousiasme. »
Je lui répondis : « Mon cher colonel, vous con- »' naissez bien peu le caractère français, aujour- » d'hui enthousiaste, demain oublieux; puisse-t-il » ne pas.m'accuser un jour des succiès que j'ai eus ! »
Étais-je, oui ou non, dans le vrai? La suite Fa prouvé.
Rentré en France, je suis resté trois ans sans être employé! Pourquoi?
Enfin, en 1864, tin homme que je connaissais
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peu, un homme d'un cœur droit et loyal, indigné de l'abandon dans lequel me laissait le pouvoir, le duc de Persigny, en parla à l'Empereur avec cette chaleur de sentiments qu'il possède, et me fit nommer au commandement du 2* corps d'armée à Lille.
Quelques mois plus tard , le maréchal Magnan étant mort, le maréchal Canrobert, qui commandait à Lyon, vint le remplacer à Paris et sans que j'eusse fait Ja plus légère démarche, le maréchal Randon, ministre de la guerre, m'apprit que j'étais nommé au commandement du 4' corps d'armée, le plus important sans contredit, puisqu'il comprenait vingt-quatre départements et dix divisions militaires.
J'espérais , à la mort du maréchal Regnaud de Saint-Jean d'Angély, que sa vacance me serait donnée; bien des précédents pouvaient me confirmer dans cette espérance, car j'étais le plus ancien général de division et le seul ayant commandé en chef.
Il n'en fut cependant rien, et le ministre de la guerre, le général Lebœuf, me fut préféré.
Enfin, et malgré de certains déboires, malgré le refus de mes services actifs pour la guerre, lorsque je fus appelé au dernier moment dans un poste dont j'avais voulu décliner l'honneur, dans un poste que je voulais quitter et qui ne m'avait
offert que des périls et des ennuis, en l'acceptant avais-je fait un acte d'homme ambitieux?
Combien il est triste de se voir juger en France avec le sentiment des partis politiques qui ne tiennent pas compte des services que Ton a rendus sans préoccupation de ces partis! Il faut avoir un bon fonds de patriotisme pour résister à de pareilles épreuves !