RÉPONSE A UNE ALLÉGATION
Je n'ignore pas que dans une commission quelques membres, liostiles à tout ce qui a servi l'Empire, m'ont accusé, en présence de l'un de mes anciens collègues du ministère, d'être un ambitieux. Je ne pense pas que jamais pareille qualification ait été plus mal appliquée..
Il suffit, pour s'en assurer, de consulter ma vie militaire et les récompenses qui m'ont été accordées pour les services que j'ai rendus , et la position que j'ai acceptée lorsque les plus grands périls menaçaient la France et le gouvernement.
J'étais colonel du 2* régiment de spahis lorsque Abd-el-Kader fut pris par moi, dans des circonstances qui n'ont jamais été rapportées exactement.
Ce fut à cette époque un fait des plus importants, quoiqu'il soit oublié aujourd'hui, que des événements bien autrement graves en ont peutêtre effacé le souvenir.
J'avais alors deux ans et demi de grade de colo-
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nel : on se contenta de me nommer commandeur dans Tordre de la Légion d'honneur! Il avait cependant toujours été dit que lâ prise de l'émir assurerait le grade de général à celui qui le ferait prisonnier. Ai.-je fait une seule démarche? Monseigneur le duc d'Aumale , alors gouverneur général de l'Algérie, sait mieux que personne que je n'ai rien demandé ; ce ne fut que quatre ans après que je fus nommé général, c'est-à-dire après sept ans de grade de colonel.
En 1852, je suis nommé au commandement de la subdivision de Tlemcen, en remplacement du général de M ac-Mahon.
Notre frontière du côté du Maroc était insultée depuis longtemps par les tribus du Riff. J'établis un camp sur la frontière même (sur la rivière le Kiss), et pendant trois mois je livrai aux Marocains des combats de chaque jour, qui amenèrent enfin la soumission complète de ces tribus jusqu'alors indépendantes. Le pacha Abd-es-Sadoc vint au nom de l'empereur du Maroc, jusque dans mon camp, faire un traité de paix qui, pendant.tout le temps que j'ai commandé à Oran, n'a pas été violé.
A l'occasion de la tranquillité que j'avais établie sur cette frontière de nos possessions algériennes, je reçus une lettre de félicitations du prince président et du maréchal de Saint- Arnaud , ministre