SIGNÉ A BERLIN ENTRE LA PRUSSE ET L'ITALIE
n est évident que les succès de la Prusse en 186B ont été dus non-seolement à la puissance de son armement, mais aussi au traité conclu avec l'Italie. Quels ont été les véritables négociateurs de cet acte, et l'ambassadeur de France en Prusse ne devrait-il pas en revendiquer la p ternitéî Voilà ce que l'on a insinué, ce qu'un journal, sans toutefois l'affirmer, a donné lieu de ' supposer, en me mettant en quelque sorte en demeure de m'expliquer C.
Je m'explique, et je publie ci-après tout ce que
I') Le Français, dans son numéro du 9 janvier 1871, L'auteurderarlicletn 'attribue, en ce qui concerne l'Italie, des opinions qu'il serait superflu de discuter ici. Je me persuade qu'il sera disposé à changer d'avis, quand il aura pris connaissance de ma dépêche da 5 janvier 1868, qu'il trouvera plus loin.
ma correspondaDce avec le ministre des affaires . étrangères contient d'essentiel au sujet de ce grave incident, me réservant d'ajouter ensuite quelques courtes observations :
Beelin, le 11 janvier 1866. Le roi Guillaume a résolu d'envoyer le collier de son ordre de l'Aigle uoir au roi Victor-Emmanuel. M. d'Usedom a été chargé hier par le télégraphe d'en informer M. le général La Marmora. Cette détermination a été suggérée au Roi par le président du conseil. Poursuivant la tache qu'il s'est imposée d'exercer à Vienne une action plus ou moins efficace par des procédés autres que ceux de la cordialité, M. de Bismarck conseille déjà depuis plusieurs mois à son souverain de donner ce témoignage spontané de bonne amitié au roi d'Italie. Ses efforts étaient jusqu'à présent restés infructueux ; le Roi jugeait utile d'attendre une occasion , ou un moment plus opportun ; d'autre part, il lui semblait peu convenable, .quand l'Autriche, par l'arrangement de Gasteia, venait à peine de manifester son intention d'entretenir de bonnes relations avec la cour de Berlin, de prendre, sans cause apparente, l'initiative d'une démarche qui devait nécessairement être considérée à Vienne comme un acte bien plus désobligeant encore pour la cour impériale que gracieux pour le gouvernement italien. La conclusion du traité de commerce récemment signé
iM,Googlc
ALLUKCB EHTRE LA PRUSSE ET L'ITALIE. M entre l'Italie et le Zollverein, a fourni à M. de Bismarck le moyen de décider le Roi à prendre , sans plus de retard, la résolution que j'ai l'honneur de vous annoncer. . . .
Veuillez , etc.
Berlin, le 14 Kvrier 1866.
SÉPfiCHE.
Appréciant cette situation nouvelle
(l'état des rapports existants entre les grandes cours germaniques), le président du conseil, sans aller au fond des choses, ni toucher ouvertement à des éventualités que je n'ai pas cherché à pressentir, m'a donné à entendre que le cabinet de Berlin juge luimême que la conduite de l'Autriche n'est pas de nature à justifier, quant à présent, de la part de la Prusse , des manifestations plus énergiques. La Prusse, selon lui, doit, dans l'état actuel des choses, se borner à défendre partout ses intérêts, sans plus s'enquérir de ceux de la cour impériale, et chercher à se créer avec d'autres puissances des relations et une communauté de vues Auxquelles elle peut aisément se prêter, du moment où elle n'en est pas empêchée par les lieus qui l'unissaient à l'Autriche. Ayant rencontré le nom de l'Italie, il s'y est arrêté, pour m'apprendre que , suivant ce que lui mandait M. d'Usedom , le cabinet de Florence inclinait visiblement à chercher, dans un rapprochement avec celui de Vienne, la so»
n,g,t,7rJM,GOOglC
lution de la question de Venise. Je lui ai feit remarquer qu'on ne saurait assurément l'en blâmer, quel que fût le sacrifice pécuniaire dont il payerait ce résultat, dût-il être de cinq cents millions de francs. La guerre, m'a répondu le président du conseil, ne lui en coûterait pas deux cents, et ne laisserait pas pendantes des difficultés de frontières que la paix est impuissante à résoudre entre ces deux puissances....
Veuillez, etc.
Berlin, le 11 mars 1866.
PARTICULIÈRE
M. de Bismarck m'a donné connaissance d'un rapport de M. de Bemstorff, adressé au Boi, et dans lequel cet ambassadeur, après avoir affirmé que l'Angleterre verrait avec le plus vif mécontentement une rupture entre les deux grandes cours allemandes, recommande, en termes pressants, d'éviter une guerre dans laquelle la Prusse serait exposée à rencontrer la malveillance de toutes les grandes puissances, sans en excepter la France, ajoutant que tel est l'avis de tous les bommes politiques à Londres. C'est en ce sens que serait, suivant M. de Bismarck, également conçue la correspondance du ministre du Roi à Saint-Pétersbourg, le comte de Bedem , frère du grand marécbal , et qui a deux filles mariées en Autriche. De son côté , M. d'Usedom écrirait de Florence que des informations récentes le portent à croire que nous serions mal disposés pour
n,g,t,7rJM,GOOglC
ALLIANCE ENTRE LA PHITSSB ET L'ITALIE. 71 la Prusse, et il se fonde surtout sur les efforts que nous fierions , en ce moment même , pour détourner le gouTernement italien da l'intention où il serait de prendre des arrangements éventuels avec le cabinet de Berlin
Berlin, le 14 mars 1866.
DÉPiCBE.
Monsieur le ministre,
On annonce la prochaine arrivée d'un
officier général italien, le général Govone, qui viendrait b Berlin, chargé d'une mission importante; cette nouvelle, qui aurait été divulguée, dit-on, par une indiscrétion du maréchal de Wrangel, a causé une certaine émotion. Si elle se confirmait, on ne manquerait pas de croire que la Prusse et l'ItaUe négocient un traité d'alliance offensive et défensive en prévision d'une guerre prochaine, et je n'ai pas besoin de vous dire à quel point cet incident éveille déjà l'attention publique et celle de mes collègues allemands.
Veuillez, etc.
Berlin, le 16 man 1866.
M. le général Govone est arrivé
avant-4iier à Berlin. Suivant M. -le comte de Bismarck
n,g,t,7rJM,GOOglC
et M. le ministre d'Italie, il serait charge d'une mission militaire , et son voyage aurait exclusivement pour objet d'étudier les perfectionnements apportés aux armes de guerre.
Veuillez, etc.
Berlin, le 18 man 1866.
PABTICULlÈtlE.
Monsieur le ministre ,
Je TOUS ai écrit, en vous annonçant l'arrivée du général Govone, que, suivant M. de Bismarck et M. le ministre d'Italie , cet envoyé du cabinet de Florence , venu directement par la Suisse, était uniquement chargé d'étudier l'état militaire de la Prusse . Oubliant sans doute ce qu'il m'avait dit dans ce sens, M. de Bismarck m'a appris hier que le général Govone était autorisé à entrer en arrangements avec le gouvernement prussien. Les communications qu'il a faites au président du conseil portent en substance : Que l'Italie n'est pressée de conclure aucun accord, c'est-à-dire qu'elle entend se réserver sa liberté d'action , mais qu'elle était prête cependant , si tel était l'avis du roi de Prusse , à conclure avec elle un traité dont l'objet serait déterminé, et l'exécution fixée à une date prochaine. M. de Bismarck lui a répondu que la Prusse n'était pas encore en mesure de négocier sur cette double base. L'état de ses rapports avec l'Autriche ne s'est pas encore suffisamment aggravé , et le gouver-
n,g,t,7rJM,GOOglC
ALLIANCE ENTRE LA PRUSSE ET L'ITALIE. 73 nement prussien est tenu de faire ressortir plus com-' plétement l'obligation de recourir à l'emploi de la force , avant de contracter l'engagement de faire la guerre et de la déclarer à date fixe. Il est, d'autre part, obligé d'aviser préalablement à ses relations avec les États secondaires de l'Allemagne, ce dont il s'occupe en ce moment, mais il ne pourra adopter des résolutions définitives et engager sa parole que quand il aura pourvu à ces diverses nécessités; en d'autres termes , la Prusse désirerait se lier avec l'Italie , mais à titre purement éventuel pour le moment. De part et d'autre, cependant, on semble ne pas avoir renoncé à continuer ces pourparlers. Dans une seconde entrevue , on s'est communiqué l'état des forces dont chacune des deux parties serait en mesure de disposer , le cas échéant.
Je vous ai annoncé que le général de Moltke avait fait viser son passe-port pour Nice. M. de Bismarck se demande, depuis qu'il a reçu les communications de l'envoyé d'Italie, s'il convient que l'envoyé de la Prusse effectue ou ajourne son départ ; il se proposait hier de prendre à ce sujet les ordres du Roi , mais il m'a paru disposé à attendre que le général Govone se fût plus complètement expliqué, ou qu'il eût sollicité de nouvelles instructions de son gouvernement, avant de décider lui-même à quel moment il était opportim de donner suite à la missiou du général de Moltke.
La légation d'Italie observe avec moi une réserve absolue. Je ne sais si je dois le regretter. Les confidences de M. de Bismarck , que je ne puis cependant
n,g,t,7rJM,GOOglC
7» MA MISSION EN PRUSSE, décliner , me placent déjà dans une situation suffisamment délicate
Berlin, le 21 e
Monsieur le ministre ,
Le général Govone, dont je
vous ai annoncé l'arriTée à Berlin, a eu plusieurs conférences avec M. le comte de Bismarck, et j'apprends qu'il aura l'honneur d'être reçu aujourd'hui par le Roi en audience particulière. Je n'ai pas besoin d'ajouter que la présence de cet officier général, et ses entrevues, avec le président du conseil , donnent lieu à des suppositions qui préoccupent au plus haut point la légation d'Autriche et les ministres des autres cours allemandes.
Veuillez , etc.
PARTICULIERE
(M. de Bismarck) m'a entretenu de ses pourparlers avec le générai Govone et le ministre d'Italie, qui, à son grand déplaisir, n'ont encore fait aucun progrès sérieux. Voici où en seraient les choses, et je suis d'autant mieux en état de vous
n,g,t,7rJM,GOOglC
ALLIANCE ENTRE LA PRUSSE ET L'ITALIE. 75 en rendre compte, qiie M. de Barrai, ministre d'Italie, s'est enfin décidé, de son côté, à ne pas me cacher entièrement ses démarches et les intentions de son gouvernement. Vous coDnaissez les premières explications qu'ont échangées M. le général Govone et le comte de Bismarck. L'envoyé italien proposait un traité stipulant la guerre à date certaine, et en quelque sorte immédiate; M. de Bismarck lui répondait qu'il ne savait pas encore si la Prusse pourrait faire la guerre à l'Autriche, et moins encore à quel moment elle pourrait être déclarée ; qu'il ne ponvait donc contracter que des engagements éventuels. Les deux plénipotentiaires se sont tenus respectivement sur ce terrain; en rt-alité, ils se défiaient et ils se déBent encore l'un de l'autre. On craint à Florence que , se trouvant en possession d'un acte qui mettrait en quelque sorte toutes les forces de l'Italie à sa disposition , la Prusse n'en fasse connaître les dispositions à Vienne, et ne détermine le cabinet autrichien, en l'intimidant, à lui faire pacifiquement les concessions qu'elle convoite. A Berlin , on craint que l'Italie, si on s'engage à négocier sur ces hases, n'en informe directement l'Autriche avant de rien conclure, et n'essaye ainsi d'en obtenir l'abandon de la Vénétie, moyennant une compensation pécuniaire. Il me parait évident que ces appréhensions ont porté les négociateurs à se tenir si bien sur leurs gardes, qu'ils n'ont réussi, pendant les premiers jours, à s'entendre sur aucun point. M, Govone en était venu à observeriine certaine abstention , qui ne s'accommode guère avec l'impa-
n,g,t,7rJM,GOOglC
tience naturelle à M. de Bismarck, quand celui-ci a modifié son langage et proposé de conclure un traité portant, en substance, que l'Italie s'engageait à participer à la guerre, si elle venait àéclater entre la Prusse et l'Autriche dans le délai de trois mois. Ce terme relativement court a paru au négociateur italien se concilier avec ses instructions , et lui permettre de se prêter à la proposition de M. de Bismarck, après avoir communiqué avec son gouvernement par le télégraphe; il a donc demandé au président du conseil de libeller le projet de convention et de lui en remettre copie, pour qu'il pût en faire connaître le texte à son gouvernement avant de passer outre. M. de Bismarck, de son côté, aurait voulu procéder a la signature, sans autre référence, craignant toujours qu'on ne soumit l'acte à Vienne avant de le rapporter à BerOn, et hier encore il n'avait rien remis au général Govone. S'en expliquant avec moi, il regrettait d'avoir retenu le général de Moltke^'^ bien que sa présence à Berlin soit fort utile à la veille d'une mobilisation de l'armée, attendu la part active qu'il a prise aux mesures préparatoires en sa qualité de chef de i' état-major général; et le président du conseil se demandait s'il n'était pas préférable d'arrêter tout ici , et de le faire partir sans plus de retard , avec les propositions de la
(<) On avait, en effet, annoncé le départ pour l'Ilalie de cet officier j-éoéral, qui, devant prendre la voie de fraoce, avait même &it viser son passe-port à l'ambassade. J'avais consigné cetfe circonstance, le 16 mars, dans une lettre particulière.
n,g,t,7rJM,GOOglC
ALLIANCE ENTRE LA PRUSSE ET L'ITALIE. 77 Prusse et muni des pouvoirs uécessaires, ou de lui substituer un autre officier. Tel était hier , suivant ce qui me revient, l'état des négociations. M. le ministre d'Italie avait cependant demandé un entretien au comte de Bismarck, et je suppose qu'ils se sont vus aujourd'hui
Le ministre des affaires étrangères à F ambassadeur de France en Prusse.
Mon cher Monsieur Benedetti, J'ai lu avec un grand intérêt les lettres particuhères que vous m'avez adressées dans le courant de ce mois. Je vous en exprime tous mes remerciments. Si je les ui reçues sans y répondre immédiatement, c'est que je n'avais rien à modifier aux instructions que je tous ai tracées à différentes reprises. Nous sommes toujours dans les mêmes dispositions. Tout en reconnaissant la gravité de la nouvelle crise à laquelle nous assistons, nous ne voyons point dans le difPérend, tel qu'il se présente aujourd'hui, de motif suffisant pour nous départir de notre attitude de neutralité. Hous nous en sommes expUqués en toute franchise avec la cour de Prusse. Lorsque nous avons été interrogés par le cabinet de Vienne, nous lui avons aussi déclaré fermement que nous voulions
n,g,t,7rJM,GOOglC
rester neutres, bien qu'il nous eût fait observer que notre neutralité était plus favorable pour la Prusse que pour l'Autriche. Nous attendrons donc le conflit armé, s'il doit éclater, dans l'attitude où nous sommes actueliement. Le Itoi lui-même a bien voulu recounaitre avec vous que les circonstances présentes n'offi-aient point les bases de l'accord que Sa Majesté désire. La marche des événements nous fixera sur la nature et la portée des intérêts qui se trouveront engagés, et l'extension que prendra la guerre, aussi bien que les questions qu'elle soulèvera, détermineront alors les éléments de l'entente qui pourra intervenir entre la Prusse et nous.
Quant aux négociations que le cabinet de BerHn a ouvertes avec l'Italie, je puis vous donner l'assurance qu'il n'y a rien de fondé dans ce qui a été rapporté à M. de Bismarck, au sujet d'une intervention de notre part auprès du cabinet de Florence. Notre position à l'égard de l'Italie, dans cette circonstance, est dominée par deux considérations importantes. D'une part, h l'époque des conférences de Varsovie, nous avons, ainsi que vous le savez, déclaré aux Italiens que, s'ils se faisaient les agresseurs en Vénétie, ils agiraient à Ifurs risques et périls. Nous ne pouvions pas les encourager à se prêter aux ouvertures de la Prusse sans engager très^ rave ment notre responsabilité. D'autre part, nous n'avons pas pensé non plus que nous dussions prendre sur nous d'apporter aucun obstacle h l'accomplissement des destinées de l'Italie, en lu détournant de combinaisons qu'il lui appartient
n,g,t,7rJM,GOOglC
ALLIANCE ENTRE LA PRUSSE ET L'ITALIE. 79 d'apprécier dans l'entière liberté de son jugement. C'est en ce sens que je me suis exprimé avec M. Nigra. Voilà toute la vérité sur notre manière de voir. J'approuve d'ailleurs complètement votre attitude et votre langage, et je vous saurai beaucoup de gré de continuer à me tenir aussi bien informé de tous les détails de cette crise.
Veuillez, etc.
Signé : DactriN DE Lhdys.
Berlin, le 3 avril 1866.
PARTIGVI-IÈBE.
Monsieur le ministre, J'ai reçu hier soir la lettre particulière que vous avez eu la bonté de m'écrire le 31 mars, et je vous en suis d'autant plus reconnaissant, qu'elle est arrivée fort à propos pour me convaincre que je ne me suis pas trop avancé dans un entretien dontj'ai à vous rendre compte. Hier, M. de Bismarck m' ayant fait prier d'aller le trouver, m'a communiqué un télégramme de M.d'Usedom annonçant que le prince Napoléon, après avoir vu le rot Victor-Emmanuel à Turin, était arrivé à Florence, et que la plupart des ministres italiens, après avoir été reçus par Son Altesse Impériale, étaient soudj^nement partis pour aller eux-mêmes à Turin assister à un conseil sous la présidence du Roi; que de ces incidents on concluait que le prince était chargé d'une mission dont l'objet serait la solution de la question vénitienne, au moyen d'un accord direct
n,g,t,7rJM,GOOglC
entre l'ItaUe et l'Autriche. En me faisant part de ces informations, M. de Bismarck m'a fait remarquer qu'il ne s'y serait pas arrêté, si l'attitude du gouvernement italien et de ses agents ne lui inspirait une certaine défiance. Il m'a rappelé que le général Govone a été envoyé à Berlin sans qu'on en ait exprimé le désir à Florence, qu'il s'est annoncé comme étant autorisé à négocier, et qu'il s'est borné à écouter les ouvertures qui lui ont été faites, déclarant, après coup, qu'il n'avait pas été muni des pouvoirs nécessaires pour signer un acte quelconque. M. de Bismarck a noté que le comte de Birral, se substituant en quelque sorte à cet envoyé dans le cours des négociations, a accepté un projet de traité dont il a soumis depuis plusieurs jours le texte à son gouvernement, qui s'est borné jusqu'à présent à faire savoir qu'il en acceptait les clauses en principe. Ces circonstances lui donnant lieu de penser que le cabinet de Florence poursuit plus d'un dessein à la fois, M. de Bismarck m'a demandé ce qu'il devaitcroire des conjectures de M. d'Usedom.
J'ai répondu au présidentdu conseil que je ne possédais aucun renseignement de nature à me permettre de répondre à -la question qu'il me posait ; que le gouvernementdel'Empereur, cependant, ayant décidé d'observer la plus stricte neutralité, je ne pouvais pré> sumer qu'il employât ses soins à détourner le gouvernement italien d'une résolution pour laquelle le cabinet de Florence n'avait à prendre conseil que de lui-même, et que je serais surpris, dans tous les cas.
n,g,t,7rJM,GOOglC