ALLIANCE ENTRE LA PRUSSE ET L'ITALIE
s'il avait fait choix du prince Napoléon pour tenter ud rapprochement entre l'ItaUc et l'Autriche.
Je n'ai pas insisté, cependant; mais je ne me félicite pas moins de trouver dans votre lettre l'assurance que mes observations répondaient pleinement aux vues
du gouvernement de l'Empereur
Veuillez, etc.
Le 6 avril, je mandais par le télégraphe que les plcuipoteatiaires italiens avaient reçu leurs pleins pouvoirs avec l'autorisation de sî{rner le traité. Dans une lettre du même jour, pour confirmer cet avis, et eu me référant à des informations du même ordre que j'avais transmises antérieurement, j'ajoutais :
Les représentants de la Prusse
en Angleterre, en Russie et même en France, continuent à sonner l'alarme, prétendant que te danger est à Paris. M. de Bernstorff y met une insistance qui mécontente au plus haut degré le président du conseil. M. de Gollz écrit que l'irritation des hommes d'affaires est extrême, et qu'ils blâment hautement la conduite du cabinet de Berlin.
Ce qui montre clairement que le gouvernement français était loin d'encourager les tendances de la Prusse, et qu'il n'avait engagé sa liberté d'action à un titre quelconque.
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as MA MISSI0I4 EN PRUSSE.
Que résulte-t-îl de ces divers extraits de ma correspondance? En premier lieu, que j'ai eu soin, avant comme pendant la négociation, d'instruire le gouvernement de tous les incidents propres à diriger son attention sur les rapports existants ou éventuels entre la Prusse et l'Italie; que j'ai annoncé, à l'avance, l'arrivée du négociateur de l'Italie à Berlin ; que, jugeant puérile la prétention, exprimée devant moi, de réduire -sa mission à une simple étude militaire, je me suis employé et j'ai réussi à être exactement renseigné et à informer non moins exactement, en temps opportun et tandis que les négociations étaient encore pendantes, le ministère des affaires étrangères ; que je suis parvenu à obtenir mes renseignements de M. de Bismarck d'abord, et à pouvoir les contrôler ensuite auprès de la légation d'Italie. Si je ne rapporte aucun de mes entretiens avec M. le généra! Govone, c'est que l'envoyé du cabinet de Florence, et je l'ai consigné dans mes dépèches, n'a jamais consenti, malgré les effoi-ts que j'ai faits dans ce but, à s'expliquer avec moi sur le véritable objet de ses démarches. Je n'ai donc pris aucune .part à ces négociations. Devais-je faire plus, et en l'absence de toute instruction nouvelle, prendre sur moi d'entraver l'accord qui s'étabUssait entre les plénipotentiaires de la Prusse et de l'Itahe? Que
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ALLIANCE EKTBE LA PRUSSE ET L'ITALIE. 83 l'oD consulte les dates, et Ton sera convaincu que dès le 18 mars, ou trois semaines avant la coaclusioo du traité, qui n'a été signé que le 6 avril, j'avais mis le ministère au courant des choses , que j'ai continué à ne lui laisser rien ignorer, et que dans sa lettre du 31 mars le ministre, par les explications mêmes qu'il voulut bien me donner, maintint, sans rien y modifier, les directions générales dont j'étais tenu de faire la règle absolue de ma conduite, et qui me prescrivaient de me borner uniquement à observer et à rendre compte. J'ai déjà dit que je ne possède pas copie des dépêches officielles qui m'étaient adressées par le ministère , mais je ne crois pas me tromper en affirmant que celles du mois de mars 1866 ne renferment aucune recommandation dont j'aurais pu tirer prétexte pour sortir demonabstention.L'eussé-je d'ailleurs essayé en mon nom personnel , et sans appuyer mes ' paroles d'un ordre ou même d'une invitation de mon gouvernement, que j'aurais dérogé en pm-e perte à mes instructions. On l'a vu, et on le verra mieux encore plus loin , au moment où les cabinets de Berlin et de Florence ont cherché à se concerter, les amours-propres étaient engagés; les positions prises en Prusse et en Autriche autant qu'en Italie, et de simples observations n'auraient certes pas détourné les gouvememeuts des desseins
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fift Ma mission en PRUSSE,
qu'ils méditaient. Mes devoirs les plus impérieux me commandaient au contraire de me conformer strictement aux intentions de mon gouvernement , qui ne voyait pas dans ce conflit, tel qu'il se présentait à ce moment, de motif suffisant pour se départir de son attitude de neutralité. Pouvais-je dès lors ra'engager à Berlin dans une autre voie? Je n'étais pas cependant sans inquiétude. Mis par M. de fiismarck dans l'obligation de rectifier les avis que le ministre de Prusse lui transmettait de Florence, durant les derniers jours de mars, sur des démarches que nous aurions tentées pour combiner nu rapprochement entre les gouvernements d'Italie et d'Autriche , je l'ai fait avec circonspection , et je ne me suis senti complètement couvert qu'après avoir reçu la lettre de M. Drouyn de Lhuys. C'est ce qu'atteste la réponse que j'y ai faite le 3 avril, et j'appelle sur ce dernier incident toute l'attention du lecteur.
Et maintenant, je m'adresse à la loyauté du public mieux informé : était-on fondé à prétendre que l'ambassadeur de France à Berlin avait pris part aux négociations ouvertes entre l'Italie et la Prusse? Ceux qui t'ont donné à entendre, sans étayer cette conjecture d'aucune information plausible, n'oot-ils pas excédé tes limites d'une saine et juste critique, etfaut-il que dans tous les rangs on cherche,
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ALLIANCE lilSTRE LA PRUSSK ET L'ITALIE. S5 SOUS des furmes diverses, à • xpliquer dos revei'S par la trahison? N'est-ce pas eo effet prétendre qu'un agent diplomatique a trahi à la fois l'honneur et son pays, quede laisser croire qu'il a contribué, sans y avoir été invité , à la conclusion d'un traité élaboré dans un intérêt étranger? Démontrez-le, si le fait est certain , et vous aurez accompli l'acte d'un bon citoyen ; mais , si rien ne le prouve , ne l'insinuez pas prématurément, car il en reste toujours quelque chose.
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