VI AVANT-PROPOS
pareil fléau. Mais qui sait? Demain peut-êlre, pour la défense du sol, pour le maintien du drapeau, cette guerre, que les mères maudissent, peut s'imposer à nous comme le plus sacré des devoirs. C'est en nous souvenant du passé, que nous saurons être prêts, s'il le fallait, dans lavenir. C est par ce constant regard derrière et devant soi, (/uun pays prend et garde conscience de sa force.
On n'est respecté que quand on est fort.
Mais pour cela, pour que les citoyens, les soldats de demain se souviennent, pour qu'ils prévoient, il faut que les enfants d'aujourd'hui aient appris.
Qu'est-ce que l'histoire ? un perpétuel recommencement .
Le plus sûr moyen de ne pas retomber aux mêmes fautes, c'est de connaître ses fautes, et pourquoi, et comment on succomba. Remède amer, mais tonique. Forme de souvenir qui, dans sa dignité simple, a de la beauté.
C'est ce souvenir-là que nous voudrions voir inculquer dans toutes les écoles et toutes les casernes. Il ne va pas sans quelque consolation d'héroïsme. Il a pour signification profonde le respect des morts, elle culte, sans félichisme, de la race.
De ces réflexions est né ce petit livre.
Entre tant de sommaires ou d'importants ouvrages consacrés à la guerre de 1870-7 1, nous avons pensé qu'il y avait toujours place pour un court récit d'ensemble ; et voilà pourquoi, après Lehautcourt, après Duquel, Sorel, Roussel, après Chuquet, Niox, vingt autres encore, auxquels nous devons tant, nous avons eu l'ambition d'écrire, pour le plus de futurs soldais, c'est-à-dire de citoyens possible, ce mémento.