PALIKAO
passet, séparée du o" corps dans le désarroi qui entraîne Mac-Mahon vers Châlons. Decaen prenait le 3'' ; Canrobert et le 6"= étaient appelés de Châlons, la réserve d'artillerie de Nancy. Lebœuf, destitué à sa grande amertume, et Lebrun devenaient disponibles ; le méticuleux Jarras, seul, restait chef d'étatmajor général de Bazaine, lequel ne le pouvait sentir. Pas de plus fâcheux désaccord.
Ce n'était du reste que changement de médecins au chevet d'un mourant.
Le nouveau commandant en chef, dont l'attitude venait d'être si bizarre à Sarrebriick et à Forbach, devait à la seule opinion publique son élévation. Ame ambiguë, Bazaine n'avait rien de la loyauté d'un soldat, en ayant tout de son courage. Le plus jeune des maréchaux,
c'était un politique tortueux, remarié sur le tard à une étrangère ambitieuse, jeune et belle. Il avait au Mexique joué un rôle louche, tout de visées personnelles vers quelque création dempire. Brouillé avec Napoléon III (qui lui avait, au retour, fait refuser les honneurs militaires), il était, de ce fait, aux yeux de l'opposition, homme du premier mérite. On chuchotait : « Bazaine?... Un caractère... Oh ! très fort ! » Souffle léger qui le porta, et, avec lui, la ruine de tous. Il était capable de très bien guider une division, non une armée en rase campagne. Nul doute que la conscience de son infériorité militaire aussi bien que l'inconscience de ses ténébreux calculs l'aient attaché, englué à Metz, comme une araignée au centre de sa toile.
Et maintenant, que décider ?
L'Empereur, d'abord, pour couvrir Paris, a voulu reculer sur Verdun, Châlons où vont se concentrer Mac-Mahon, et les hâtives formations nouvelles. Déjà ses gros bagages sont partis... Mais ainsi fuir, quand la Garde, le 3'' et le 4" corps n'ont pas brûlé une cartouche? on redoute le fâcheux effet moral. C'est résolu, on demeurera sous Metz, dans ce camp retranché d'où l'on menace le flanc de l'envahisseur. Et toute l'armée da Rhin rétrograde de la frontière sur la Nied .
Moltke aussitôt se prépare à l'aborder de front, Frédéric- Charles tournant notre droite. Mais déjà les lentes sur la Nied sont abattues ; Napoléon, inquiet, a décidé, contre Bazaine, de passer sur la rive gauche de la Moselle. Adieu Metz! on va retraiter sur Verdun... Moltke aussitôt jette tout son monde vers la droite, n'a plus qu'une idée, franchir avant nous la Moselle. Et Steinmetz nous suit à la piste, tandis que le Prince Rouge court aux ponts de Marbache, Dieulouard, Pont-à-Mousson et (jue le