BATAILLE DE BORNY
Prince Royal, qui décidément a perdu le contact de Mac-Malion, marchera sur Nancy, en se reliant à Frédéric- Charles.
La cavalerie ennemie — au lendemain de Wœrlh si timide encore que le prince Albrecht de Prusse, dans sa poursuite, a rebroussé chemin au bruit du canon — s'est enhardie. Elle est ici, là, partout, harcelante. En vain un parti de chasseurs d'Afrique (brigade Margueritte) écraset-il une de ses pointes à Pont-à-Mousson, permettant à une partie du 6" corps, qui vient de Châlons, de rallier encore, sur la voie réparée en hâte. Les uhlans terrorisent, ils jaillissent à l'entrée des villages, des villes. Quatre de leurs coureurs vont entrer en maîtres à Nancy.
Napoléon n'y tient plus. Il quitte Metz précipitamment, au milieu du silence glacial des habitants, le 14 août. Et derrière lui, l'armée s'ébranle, traverse la Moselle. Moltke, la veille, n'a pas caché sa joie en apprenant que les camps français étaient encore sur la rive droite. Bazaine « abondait dans ses vues ». Et laissant Steinmetz en observation avec deux corps du Prince Rouge, il accélérait la marche du reste vers la route de Verdun .
Soudain, dans l'après-midi du 14, le canon éclate. Comme à Forbach, pomme à Wœrth, la bataille imprévue de Borny s'engage. Goltz, qui commandait une des avant-gardes de Steinmetz, s'est aperçu de notre retraite. Sans ordres, de son impulsion propre, il fond devant lui. Le 3*= corps, soutenu par la Garde, fait volte-face. Les divisions de Ladmirault repassent gaiement la Moselle, accourent. Et voilà la retraite suspendue.
Sans doute Goltz est arrêté net, va succomber bientôt. Mais déjà Manteuffel avec le P"" corps prussien, puis Zastrow avec le VIP, entrent résolument en ligne. Une lutte acharnée se débat. Cissey, Lorencez barrent le
ravin de Lauvallier où les fantassins de ManteulTel se débandent ; ils lui arrachent Nouilly, Mey, reperdu à la nuit. Une masse de quatre-vingt-dix canons allemands, de Noisseville, éteint les nôtres, arrête Ladmirault. Mais l'attaque ennemie s'est brisée contre les hauteurs de
Français. Ailcmands.
BATAII.Li: Uli UORNY (li aOÛt).
Bellecroix ; une brigade de Zastrow, par trois fois rchiyéc, n'a pu enlever qu'à force de sang une allée de peupliers et quelques sapins. A Grigy, au bois de Borny, on se fusille, on se massacre, dans l'obscurité chaude, jusqu'à neuf heures.
Lutte indécise, où cliacun se dit victorieux. Bazaino, qui, impassible au feu, a dirigé raclioii etaété contusionné