CHAPITRE IX
Siège et capitulation de Strasbourg (11 août au 27 septembre). — Paris jusqu'au 30 octobre. — Les premières SORTIES. — Perte du Bourget (30 octobre).
A cette fin de septembre, où une seconde phase vient de s'ouvrir, quel est le tableau de la France ? Jusqu'au cœur de la nation, l'invasion allemande s'est répandue ; elle entoure et bat les murs de Paris, elle couvre on arrière tout l'Est : un quart des départements gémit sous des préfets teutons ; l'Alsace et la Lorraine sont des gouvernements généraux; un autre se forme à Reims et englobe les départements de l'Aisne, des Ardcnnes, de la Marne, de Seine-et-Marne, de l'Aube et de Seine-et-Oise. Çà et là, comme des îlots en pleine mer, quelques places tiennent encore. Si Marsal s'est depuis longtemps et trop vite rendue, Bitche, Verdun, Phalsbourg arborent toujours fièrement les trois couleurs. Toul en flammes, qui a résisté à deux coups de main et à deux bombardements, vient seulemenl de succomber, le 23, devant le Xlll' corps d'armée allemand, grand-duc de Mecklembourg-Schwérin, devenu disponible. Il était primitivement chargé de la défense des côtes, sur ia Baltique! Avec 2U0U hommes de garnison (conscrits d'un dépôt, gardes nationaux, gendarmes) et pas un canonnier, ni un sapeur du génie, Toul avait retenu l'ennemi 10 jours, et reçu 12000 obus.
Cependant, sur la froniière alsacienne et sur la frontière lorraine, Strasbourg et Metz en détresse sont restées debout, enchaînant autour d'elles des masses