‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 94 sur 101 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Capitulation de Paris (28 janvier 1871). — L'antagonisme AVEC Bordeaux. — Belfort et Bitche tiennent toujours. — Les élections (8 février 1871).

Pendant que l'inexorable destin s'appesantissait sur l'armée de l'Est, Gambetta, courant de Laval à Lille, travaillait avec Chanzy et Faidherbe à la reconstitution de leurs armées : au centre, deux corps nouveaux surgissaient, les troupes du général de Pointe vers Nevers et le 25'^ corps marchant à l'attaque de Blois. La Délégation, loin d'être abattue, poursuivait avec fièvre son œuvre admirable.

La chute de Paris suspendit tout.

Depuis l'émeute du 22 janvier, une tristesse profonde .•^'étaitrépandue. Oasentait que la capitulation était proche. Plus de pain, plus de soldats. On l'avait cependant mangé jusqu'au bout, sans se plaindre, ce fétide pain noir 1 On avait noblement supporté les pires misères : les privations, et ce rigoureux hiver qui montrait la nature même conjurée, et l'inaction démoralisante, et jusqu'à cet inutile bombardement, qui, s'il écrasait quelques forts, avait d'autre part montré l'héroïsme des marins, l'endurance des habitants, et laissait la formidable ville intacte, derrière ses remparts. N'importe! c'était maintenant fini. La faiblesse du Couvernement avait jour à jour dilapidé la réserve des forces, dans celte longue résistance passive, dont la grandeur, hélas 1 inefficace « demeurera, dit Thiers, l'un des monuments de la constance et de l'énergie humaines ».

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