LES CAUSES DE LA OUERHE
iviif que des réponses évasives, ou des explications dérisoires, où toute justice était méconnue.
Une société de secours mutuels, fondée par les Chiliens et par d'antres étrangers, fut particulièrement en butte à ces violences, ce qui donna lieu à une déclaration qui révèle combien on faisait peu de cas des juridictions consulaires. Dans une note du il décembre 1876, le préfet d'Antofogasta se débarrassait de toutes les plaintes élevées par le consulat du Chili en déclarant que les consuls « n'avaient pas le droit d'appuyer les réclamations de leurs compatriotes contre les actes des autorités du pays où ils résident. » Le même préfet voulait que ces réclamations fussent présentées par la légation du Chili, dans la ville 'de la Paz, à dix-huit journées de marche de l'endroit où les faits s'étaient passés, afin que la difficutlé de produire des preuves, la nécessité de prendre des informations et enfin la longue durée de la procédure rendissent ces juridictions cruellement dérisoires.
Mais ce qui est plus singulier encore, c'est qu'un mois avant que la déclaration du préfet d'Antofagasta déniât aux consuls le droit de réclamer contre les vexations dont leurs nationaux étaient victimes, le gouvernement de la Paz avait publié à la date du 16 novembre une circulaire à tous les consuls de Bolivie, leur recommandant « d'accorder une protection sans réserves aux citoyens boliviens placés sous leur juridiction et de faire en leur faveur, au gouvernement près duquel ils sont accrédités, toutes les réclamations qu'ils jugeront nécessaires, n Le préfet d'Antofagasta, en voulant écarter ainsi toute réclamation, sans s'inquiéter des vexations dont les Chiliens étaient victimes, mettait en pratique des principes diamétralement opposés II ceux que proclamait son gouvernement.
Ces procédés arbitraires eussent été supportables jusqu'à un certain point si les tribunaux boliviens avaient respecté les propriétés des Chiliens qui donnaient l'industrie et la vie aux populations du désert. Mais la justice afficha dans cette ré^on le plus complet mépris du droit et de l'honneur. Il nous suffira de rappeler qu'un juge de Caracoles, tenu en grande estime par les autorités boliviennes, était un misérable qui avait été condamné, en 1814, pour tentative d'assassinat et^ en 1875, pour vol d'argent et autres valeurs. En 1876, sous
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l 'administration du général Daza, ce même homme était nommé juge, et il rendait la justice, quelle justice ! aux laborieux industriels chiliens, dont plusieurs furent privés d'une partie de leurs biens de la manière la plus inique.
Gomme le Chili tolérait ces vexations, ou qu'il se bornait à réclamer avec la plus grande modération par la voie diplomatique, le gouvernement bolivien se crut le droit d'aller de l'avant. Il créa sur le littoral de nouveaux impôts sous le nom de droit additionnel de chargement et d'éclairage, impôts qui retombaient presque exclusivement sur les Chiliens. Pour sauver les apparences au milieu de cette violation du traité de 1874, le gouvernement bolivien allégua les nécessités du service local, et le gouvernement du Chili toléra les nouveaux impôts BOUS la forme de contributions municipales. Mais la Bolivie avait fait le premier pas. Cette patience du Chili ne faisait qu'encourager l'arrogance de ses voisins. Après ces impôts il pourrait en venir d'autres, et peut-être alors la guerre deviendrait-elle inévitable, devant le refus du Chili de tolérer plus longtemps la violation de tous les pactes.