‹ Histoire de la guerre du Pacifique (volume 2)Chapitre 15 sur 43 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

.e congrès de la Bolivie, croyant le Chili enveloppé dans lea plus sérieutes difflcultéa, grève Je nouveaux inipdts les ioduslriea chilieones du littoral. — Le {gouverne ment bolivien euspend les effets de cette loi. — Il la foil appliquer peu de temps eprèa, — Réclamations diplomatiques de la part du Chili. — H propose à ta Bo'livic de soumettre la question k un arbitre. — Ifi. gouvernement bolivien répond à cette proposition en ordonnaot ta epoliation de la Compaj^nie des salpêtres d'Antoroga'ta. — Il décrète la vente aux enchères des biens de cette compagnie. — Le débarquement de cinq cents soldats empéeUe Texécution de la vente.

Peu de temps après la conclusion du traité de 1874, le gouvernement du Pérou avait insinué à ceux du Chili et de la Bolivie qu'il serait convenable pour les trois pays d'adopter le même régime tribulaire pour les salpêtres. Il semble que le Pérou doutait alors de l'efficacité du traité secret d'alliance avec la Bolivie, et qu'il voulait suivre une autre voie pour exécuter ses plans financiers. Le Chili refusa de prendre des engagements internationaux ; d'une manière ou d'une autre, cela pouvait le conduire à un régime contraire à la liberté commerciale la plus étendue, qui a toujours été le point de départ de son système économique. De son côté, la Bolivie ne pouvait accepter ces propositions, car elle était liée par le traité en vertu duquel le Chili avait renoncé conditionnellement à tous ses droits sur la région salpêtrière. Les choses en restèrent là jusqu'au moment où, croyant le Chili engagé dans les plus sérieuses complications, ses adversaires jugèrent que le temps de procéder sans aucun ménagement était venu.

Dans les derniers mois de 1877, on annonça dans les deux pays qu'une rupture était imminente entre le Chili et la république Argentine, au sujet d'une question de limites entamée depuis plusieurs années. Le désir qu'avaient les gouvernements

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«lu Pérou et de la Bolivie de voir ces rumeurs se réiiliser leur fit sans cloute ajouter foi à tout ce qu'on disait. Les renseignements nous manquent encore pour connaître les notes échangées entre les cabinets de Lima et de la Paz. Toujours est-il que le it février 1878 l'Assemblée nationale de la Bolivie approuvait une loi conçue en ces termes : • Est approuvée la transaction conclue par l'exécutif, le 17 novembre 1872, ave» le fondé de pouvoirs de la Compagnie anonjTne des nitrates et du chemin de fer d'Antofagasta, à condition qu'il sera perçu comme minimum un impôt de 10 centavos (50 centimes) par quintal de nitrate exporté, » Le pouvoir exécutif sanctionna cette toi neuf jour» plus tard.

Cette conduile du gouvernement bolivien, revisant et modifiant par sa seule volonté un contrat bilatéral conclu six ans auparavant eiitre le gouvernement de la République et une compagnie industrielle, constituait la plus flagrante violation du traité de 1874, par lequel il s'était engagé à ne frapper d'aucun nouveau droit, avant le terme de vingt-cinq ans, les industries établies par les Chiliens dans le désert d'Atacama. H est vrai que la contribution établie par les chambres boliviennes n'était pas exorbitante ; mais la loi avait soin de dire que ce droit était n le minimum » , ce qui équivalait à déclarer qu'il pourrait être augmenté plus tard.

Le représentant du Chili à la Paz réclama au nom du traité de 1874, auprès du gouvernement bolivien, contre cette violation d'un engagement solennel. Ce gouvernement, convaincu en apparence de ta justice des réclamations du Chili, suspendit l'exécution de ta loi, en se gardant toutefois de résoudre définitivement la question qui avait motivé ces réclamations.

En réalité, ce n'était pas son respect pour un traité international qui avait produit ce revirement dans la politique aggressive de la Bolivie. Les gouvernements consistant en une dictature militaire, comme celui qui déshonorait alors ce pays, font aussi peu de cas des compromis internationaux que des lois d'administration intérieure. Mais les bruits de rupture entre le Chili et la république Argentine avaient cessé, et le premier de ces États paraissait délivré de toute complication extérieure. Dans une pareille situation, te gouvernement bolivien jugea qu'il ne convenait pas de provoquer le Chili. La

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