CHAPITRE XIII
ARICA, JDIN i
La plaça d'Arica et ses forliflcatians. — Le» mineg de djntunite. — Le monitor Manm-Capae, — La garnison de la place. — latbvctioDS donaées Ott commaadanL — Son ignorance complèle des évéasments -de Tacna. ~ Il conçoit l'espérance de se défendre dans Arica en attendant des secoars. — Les Chiliens rétablissent le chemin de Ter pour marcher 'sur Arica. — Explosion sans conséquence d'une mine •les Péruviens. — Une division chilienne s'établit en face d'Arica. — Le général chilien met le siège devant la place et la somme de ae rendre. — Attaque inatile par l'artillerie de terre et de mer. — Le général ae décide à donner l'aeeaat aux fortiflealiojia avec son infanterie. — Les Chiliens adressent à l'ennemi une secdnde sommation sans aucun résultat. — Assaut d'Arica, 7 juin. —L'armée chilienne reste maltreue de la place après un combat acharné. — Les marins péruviens font couler le monitor Mancù-Capae et se rendent ensuite. Conséquences de ce combat.
La ville d'Arica, bien dépeuplée depuis les grands tremblements de terre de 1868 et de 1877, comptait, au commencement de la guerre, environ 3,000 habitants. Malgré cette faible population, elle était considérée comme la plus commet çante des places maritimes du Pérou après le Gallao. C'était le port d'entrée et de sortie de presque tout le commerce de la Bolivie.
Lft guerre de 1879 en fit le deuxième port militaire du Pérou, disposition à laquelle se prétait admirablement la configuration topographique de la place. La ville est bâtie sur les bords de la mer, protégée au sud par une suite de collines d'un accès plus ou moins difficile, et dont la main de l'homme peut faire en peu de temps des fortifications formidables. Au nord de la ville s'étend une plaine arrosée par la petite rivière d'Arica qui, après avoir parcouru une étroite vallée d'une végétation abondante, vient se jeter dans la mer. Dans cette
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partie basse on avait établi & fleur d'eau trois batteries, dont chacune était armée de deux canons de 100, 150 et 300 livres. Ces canons mettaient la ville à l'abri de tout débarquement, et leurs feux dominaient toutes les basses-terres qui formaient l'autre partie de la vallée dont nous avons parlé.
Au sud de la ville, sur les points culminants de ces collines, on avait construit trois autres forts beaucoup plus importants.
Ces fortifications étaient défendues par de solides parapets formés de sacs de sable qui protégeaient les artilleurs, et elles étaient armées de quatorze canons, dont onze étaient également de 100, 150 et 300 livres. Par leur disposition, ces forts se dominaient les uns les autres ; ainsi dans le cas où ceux qui se trouvaient le plus éloignés de la ville auraient été perdus, ils n'en restaient pas moins protégés par les feux du Morro, le plus important de tous ces ouvrages. Le Morro est une colline de ISO mètres d'élévation, coupée à pic du c6lé de la mer, s'appuyant à la ville au sud, et d'un accès fort difficile. Outre sa pente très rapide, cette colline est couverte d'une couche de tetrain sablonneux et mouvant, ce. qui fait qu'on ne peut guère marcher que sur les sentiers étroits et tortueux pratiqué? sur ses flancs. Le fort du Horro, défendu par huit canons, devait être le dernier asile des défenseurs de la place, et de- là ils pouvaient facilement anéantir les troupes ennemies qui seraient parvenues à s'emparer de tous les autres forts. ,
Les Péruviens comptaient aussi sur d'autres moyens de défense. Tous les forts dominés par le Moito avaient été minés, et contenaient des dépOtsde poudre et de dynamite qui devaient faire explosion les uns après les autres, dès qu'ils seraient tombés au pouvoir de l'ennemi. Par une ruse de guerre que 1» morale ne saurait approuver, on avait placé dans un hôpital sous la protection de la croix rouge, et par conséquent à l'abri de tout danger d'attaque de la part de l'ennemi, la batterie électrique d'où partaient les flïa cachés qui devaient faire sauter tes mines.
Restait une autre défense non moins redoutable que toutes celles dont nous avons parlé : c'était le Manco-Capac, véritable batterie flottante placée au centre de la baie et armée de deux grands canons de 500 livres, qui, grâce à la mobilité du navire, pouvaient être transportés d'un point à un autre, et.
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suivant les besoins de l'attaque, diriger leurs feux sur terre ou sur mer. Nous avons déjà dit que ce monitor, quoique d'une marche très iente, était une machine de guerre presque inattaquable, puisqu'au moment du combat, sa ligne de ilottaison n'excédait pas cinquante centimètres.
La garnison de la place, sans compter les marins du monitor, s'élevait à environ 3,000 hommes; 350 étaient des artilleurs et étaient préposés au service des forts; le reste, à l'exception de 70 cavaliers, étaient des fusiliers exercés pendant toute la durée de la campagne. Ces forces obéissaient à plus de 300 officiers, parmi lesquels on comptait douze colonels ou lieutenants-colonels. Une partie de ces hommes se trouvait distribuée dans les forts et dans les batteries pour le» défendre en cas de surprise. L'autre, en prévision d'une attaque de l'infanterie ennemie par la vallée qui donne accès à la ville, était tenue en réserve pour la défense de la place elle-même. On avait construit dans ce but, au moyen de sacs de sable, une circonvallation qui, partant des bords de la mer, renfermait les trois batteries du nord et venait s'appuyer sur les collines où s'élevaient les fortifications du sud.
Les Péruviens avaient eu, depuis le commencement de la guerre, plus d'une année pour exécuter ces travaux, mais dans ie principe ils y avaient mis beaucoup de lenteur. La perte de la province de TarapacÂ, en novembre 1879, avait fait comprendre aux chefs péruviens la nécessité de pousser activement la fortification d'Arica. Stimulés un peu plus tard par le débarquement des Chiliens k Ite, en février 1880, ils s'étaient hités de terminer ses ouvrages. Vers le milieu du mois de mai, Arica était parfaitement fortifiée et pouvait résister avec avantage par terre et par mer à des troupes quatre fois supérieures en nombre à celles qui composaient sa garnison.
Le commandement de la place avait été confié au colonel don P. Bolognesi, ancien soldat qui avait acquis pendant ses voyages en Europe une instruction militaire bien supérieure à celle de la plupart des chefs péruviens. La formidable artillerie du Morro était sous les ordres du capitaine de vaisseau don J.-G. Moore, ancien commandant de la frégate Jndependeneia, lors de la perte de cette dernière au combat d'iquique, le 31 mai de" l'année précédente. Cet officier était décidé h faire
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oublier ce malheur en défendant héroïquement la forteresse. A en juger par les apparences, les autres chefs étaient animés de la même résolution. En effet, chaque fois que l'escadrille chilienne qui bloquait le port avait tiré sur les forta de teire, ces derniers s'étaient défendus avec toute l'énergie pOsâble et avec un certain succès.
Lorsque le contre-amiral Hontero fut sorti de la place pour aller occuper son poste dans l'armée de Tacna, Bolognesi, dans la crainte de se voir attaqué un jour ou l'autre, donna une plus grande impulsion & l'instruction militaire de ses troupes. Il apprit par le télégraphe que les Chiliens avançaient sur Tacna, et il reçut aussi la nouvelle plus ou moins chimérique qu'une autre armée péruvienne, commandée par le colonel Leiva, était sortie d'Arequipa, qu'elle marchait vers le sud, et que bientôt elle attaquerait l'arriëre-garde des ennemis. La défaite des Chiliens était inévitable ; ainsi l'assurait te contreamiral Hontero dans toutes ses communications.
Nous avons raconté dans le chapitre précédent que quatre jours avant la bataille de Tacna, une division de l'armée chilienne avait fait une reconnaissance des positions des alliés, et qu'elle s'était ensuite retirée tranquillement sans être inquiétée. Montero communiqua auasltât par le télégraphe ce mouvement de l'ennemi au commandant d'Arica ; il y voyait une preuve de l'impuissance des Cbltiens, et un gage du triomphe prochain et assuré de l'arméç de la coalition. Toutefois, la veille de ia bataille, lorsque les déclarations de quelques muletiers ehiliens firent supposer dans le camp de Tacna que l'armée ennemie se composait de plus de 32,000 hommes, et lorsque l'on vitquel'armée péru vienne, annoncée comme partied'Arequipa, tardait beaucoup à arriver, Montero commença à croire à la possil»lité d'une défaite. Cependant, sans se déconcerter et sans laisser voir ses appréhensions, il envoya au chef de la garnison d'Arica un télégramme ainsi conçu : a On se battra demain ; quel que soit le résultat de la lutte, vous devez résister, vous, jusqu'au dernier moment, u
Le 36, en effet, on entendit à Arica le bruit lomtain de la canonnade ; c'était ia bataille de Tacna. On croyait même apei^ cevoir dn haut des coltines la fumée du combat. L'inquiétude était peinte sur tous les visages ; mais la journée se passa sans
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nouvelles ; quatre jours suivirent pendant lesquels on n'eut ni par le télégrc^e, ni par aucune autre voie une connaissance «xacte du dénouement du combat. Dans la nuitde ce même jour, Içs Chiliens avaient expédié d'ite un aviso à vapeur pour annoncer la victtùre au gouvernement du Chili, et ce vapeur, à. son passage & Arica, avait transmis cette nouvelle aux navires qui bloquaient le port. Ceux-ci se pavoisèrent immédiatement en signe de victoire et firent les salves d'ordonnance. La garnison péruvienne n'ajouta guère foi à ces démonstrations. Selon eux, ce devait être un moyen employé par les Chiliens, pour dissimuler une défaite. Ils préféraient attendre des nouvelles d'une origine moins suspecte.
Maie ces nouvelles n'arrivaient point. Le contre-amiral Uontero raconte qu'à aonpasaaf^e à Tacna, après la défaite, il se rendit au télégraphe, afin de communiquer ses demiors ordres aux défenseurs. â' Arica, mais que la ligne avait été coupée par les Chiliens. Sans doute, à cause de la confusion de la ftiite, il oublia d'expédier un exprès pour leur porter la nouv^e du désastre. Il parait aussi que beaucoup de ceux que la déroule avait dispersés eurent l'idée de se retirer sur Arica ; mais le chemin de fer se trouvait également coupé, et ils eunoit peur de tomber entre les maîns'deK Chiliens, en se mettant en marflhe  pied ou à cheval. La vérité est quête fut seulement le 31 mai que trois oB quatre fu^tlfs péruviens arri» vèrent à'Artca et- racontènent ce qu'ils avaient vu, c'est-à-dire la destruction complète et définitive de l'armée delà coaUtion.-
Dès lors, plus de doutes sur la réalité de la situation. Pourtant on était bien loin de la croire désespérée. La plac« possédait ' use garnison et les éléments nécessaires pour repousser n'in^rteqilelle attaque, d'autantplus que tee'Chiliene, quoique Tainquenre, devaient avoir souffertde grandes pertes dans ta bataille qui,' (tu dire- des fu^ifs,' avait été ti^ sanglante. La ville était ' pourvue d'eau, grfee à certaines SMirces qui existent dans l'intérieur des lignes fortifiées, et elle avait assez de vivres poar soutenir un long siège. Quant aux munitions, -eues étaient loin de manquer, puisqu'on avaitpu distràiremiegrandepartie de ta poudre en ladestinant aux mines ereneées à l'iatérïeur et au dehors de la ville. — L'attaque de l'ennemi devait se réduire à un siège plus ou moins long ; mais
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uvant peu, il pouvait arriver un autre corps péruvien, par exemple celui de Leiva, qui, d'après les informations, devait déjà avoir quitté Torata, et qui, se grossUsant dans sa marche des fugitifs péruviens, pourrait livrer une nouvelle bataille dans laquelle les Chiliens ne devaient pas manquer de succomber.
Le lendemain de la victoire de Tacna, et malgré les fatigues qu'avaient occasionnées k poursuite des fugitifs et l'é- Ittblisâement dans la ville d'hôpitaux militaires, le général Baquedano prit les mesures convenables pour marcher sur Arica. Un corps de pontonniers partit pour réparer les dég&ts du chemin de fer, sous la direction de quelques ingénieurs de l'arinée; il était protégé par une division de cavalerie. Ces travaux furent poussés avec tant de vigueur qu'en cinq jours les communications par la voie ferrée furent rétablies jusqu'à la petite rivière de Cbacalluta, située à quelques kilomètres au nord d' Arica. Le pont qui existait sur cette rivière avait été détruit par les Péruviens, mais ce lieu avait été désigné pour le campement de l'armée chilienne ; de là les troupes devaient marcher en avant, prêtes à combattre et avec toutes les pré> cautions qu'exigeait le voisinage de l'ennemi.
Dans l'après-midi du l"'juîn, et presque à la tombée delà nuit, un régiment de cavalerie chilienne arriva dans ces parages, et, après avoir reconnu le camp situé dans le voisinage du pont détruit, les soldats commencèrent à descendre par sections k la rivière aUn d'abreuver leurs montures; ils suivirent à cet effet le seul sentier praticable. Tout à coup, une épouvantable détonation se fait entendre, te sol s'ébranle, et l'on voit s'élever dans les airs une quantité énorme de pierres enveloppées d'un immense tourbillon de feu et de fumée. Les chevaux se cabrent et essayent de s'échapper dans toutes les dtrectiong,augmentant ainsi la confusion qui résultait de cette surprise. C'était une mine de dynamite qui venait d'éclater. Le chef du détachement, aux pieds duquel venait d'avoir lieu l'explosion, était le major don Raphaël Vargas, qui passait pour un des premiers sabreurs de la cavalerie chilienne. Resté sain et sauf, il ne perdit pas un instant son sang-froid. Le trompette qui était à ses côtés pour communiquer ses ordres, ainsi que deux autres soldats, avaient reçu quelques blessu-
res; c'étaient les seuls hommes que l'explosion eût atteints. Le major Vargas réunit ses compagnons, et ayant aperçu trois hommes qui s'éloignaient en toute hâte d'une petite maison en bois située sur ta rive opposée du fleuve,- il se mit résolument èi leur poursuite, sans prendre le temps de penser que d'autres mines ponvaitint éclater autour de lui. Un des fugitifs parvint à s'échapper; les "âeux autres furent faits prisonniers et sauvés par le major Vargas de la mort que voulaient leur donner les soldais. L'un d'eux était un ingénieur péruvien chargé de diriger les mines établies en cet endroit.
Le projet des Péruviens de détruire l'armée chilienne au passage de la rivière de Chacalluta, ou au moins de lui causer de graves désordres, était donc complètement déjoué. Dans ta maisonnette en bois dont nous avons parlé, on trouva la batterie électrique qui devait communiquer le feu aux autres mines. On coupa immédiatement les fils, et le jour suivant on continua les travaux. Sur les bords de la rivière, au seul point par lequel pouvait passer l'armée chilienne, les Péruviens avaient préparé dix mines chargées de dynamite, de pierres et de terre fortement comprimées, et disposées d'une manière assez habile pour causer les plus terribles ravages. Une seulement avait fait explosion. Les ingénieurs péruviens crurent qu'elle suffirait pour effrayer la colonne ennemie qui était alors en vue, se réservant de faire sauter les autres, lors- 4]u'ils verraient s'avancer des forces plus considérables. Le sang-froid des soldats chiliens déjoua, comme nous l'avons dit, ces prévisions. Toutes ces mines furent immédiatement inutilisées sans aucun accident, le 2 juin, de telle sorte qu'il fut possible d'établir tranquillement les cantonnements de l'armée. L'état-major chilien savait que plus loin, aux environs 4e la ville et autour des forts qui la protégeaient, il existait d'autres mines et que, par conséquent, il fallait avancer avec une extrénie précaution.
Ce même jour, 2 juin, le chemin de fer qui conduit ft Tacna commençait à fonctionner et à transporter les troupes qui devaient attaquer Arica. En eff'et, vers le soir, il arriva au campement de Chacalluta environ 3,000 soldats d'infanterie, <]uî, à la bataille de Tacna, faisaient partie de la réserve et
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qui, p&r conséquent, n'avaient pas pria part au combat. Le 3 juin, arrivait également le général Baquedano accompagné de son état-major, ainsi qu'un autre régiment d'infanterie el quatre batteries. Lea forces chiliennes campées au nord d'Arica s'élevaient donc au chiffre d'environ 3,000 hommes.
Malgré le désir du général chilien d'engager l'attaque, il se vit dans la nécessité de la retarder atin de recontkattre d'abord pariUtemeitt l'état des lieux, et de donner à ses trou-* pes la meilleure position possible. En elïet, le 4, pendant qu'une partie de l'infanterie, mu'chant sur le flanc des collines sablonneuses qui s'élèvent à l'est d'Arica, allait garder l'entrée de la vallée formée par la rivière du même Dom, les ingénieurs examinaient minutieusement toutes les hauteurs et tous les bas fonds dont on pouvait tirer quelque avantage au point de vue stratégique. Ces opérations continuèrent toute la nuit; de telle sorte que le lendemain; 5 juin, au point du jour, l'artillerie chilienne était disposée en ligne sur les flancs de ces coltines, tandis que l'infanterie et la cavalerie, parfaitement distribuées, fermaient tous les accès de la place, qui se trouvait ainsi complètement investie.
Voulant éviter une effusion de sang bien inutile, le général Baquedano pensa que le moment était venu d'obtenir la capitulation des défenseurs d'Arica. Dans ce but^ il députa, vers la place, le major d'artillerie don J. de la Grua Salvo, en qualité de parlementaire. L'officier chilien fut reçu par le ' colonel Bolo^esi. Il lui exposa que la situation résultant de la défaite de l'armée alliée k Tacna lui imposait d« renoncer, au nom de l'humanité, k une résistance inutile, attendu que la place, ne pouvant recevoir aucun secours, devait succomber tût ou tard. Le colonel Bologneei, après en avoir délibéré avec les chefs qui étaient sous ses ordres, déclara qu'il était résolu à sauver l'honneur de sa patrie et à résister jusqu'à ce qu'il eût brûlé sa dernière cartouche^
Il ne restait donc plus qu'à commencer les hostilités. En effet, l'artillerie chilienne tira sur la place quelques coups de canon auxquels répondirent immédiatement les forts péruviens. Cette attaque ne causa, de part et d'autre, aucun dommage, et elle ne servit qu'à mettre en évidence la supériorité de l'artillerie péruvienne. Les Chiliens, qui n'avaieht pas de
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canons de siège, étaient exposés au feu des puissantes pièces de 100, 150 et 300 livres de l'ennemi.
Une autre circonstance vint donner une connaissance plus complète de la Bituation. Bien que les chefs pénivisiB crussent pouvoir défendre Arica et comptassent sur le prompt secoure de l'armée qu'on supposait partie de Torata, beaucoup d'i^ciers et de soldats, voyant les choses sous un autre point de vue, craignaient les horreurs qui sont la conséquence d'un assaut victorieux. Quelques-uns d'entre eux avaient déserté ; entre autres un major et un capitaine. Les déclarations faites par quelques-uns de ces déserteurs révélèrent aux chefs chiliens toutes les ressources que ia ville possédait pour sa défense. On crut cependant encore qu'une attaque simultanée des forces de terre et des vaisseaux de l'escadre pourrait décider l'ennemi à capituler.
On commença cette attaque le 6 juin. A onze heures du matin les canons de campagne de l'armée assiégeante ouvrirent leurs feux, et à une heure et demie les quatre navires qui bloquaient la ville s'avancèrent résolument sur les fortiiîcations et y lancèrent quatre-vingts bombes auxquelles répondirent les batteries de terre et les puissants canons du Manco- ' Capac. Les résultats de cette attaque ne purent être appréciés. On ne connaît pas les dommages causés dans la ville, mais il est fttéré qu'un des navires chiliens reçut dans sa carène deux boulets qui heureusement n'atteignirent personne, et que le cuirassé Cockrane reçut également un obus en haut d'un de . ses sabords. Un éclat de ce projectile pénétra dans la batterie et tomba sur une gargousse avec laquelle les artilleurs chiUens chargeaient en ce moment un des canons. L'explosion de cette chaire de poudre, sans causer d'avaries au navire, blessa vingt-sept hommes dont quelques-uns moururent plus tard. E^ présence de ce résultat, le général Baquedano se décida à ne pas retarder davantage l'assaut de ia place. Il avait confié le commandement immédiat de cette opération au colonel don Pedro Lagos, et ce chef, aidé effîcacement de quelques ingénieurs, avait déployé la plus grande activité pour reconnaître le terrain, et étudier les conditions de l'attaque qu'il pensait exécuter. Oïl avait compris qu'un coup de main aussi rapide qu'audacieux pouvait seul assurer l'occupation de la place ;
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or le colonel Lagos connaissait parfaitement toutes les difli-
cuii^s de l'entreprise et la manière de les surmonter.
Suivant le plan convenu, l'artillerie chilienne devaitgardcr ses positions, sans prendre aucune part au combat. Le rôle lie la cavalerie se bornerait à la poursuite des Péruviens qui pourraient s'échapper des forts au moment de l'attaque. A l'infanterie seule revenait la rude t&che de donner simultanément l'assaut k toutes les batteries ennemies.
L'infanterie chilienne, campée en face d'Arica, se composait d'environ 4,000 hommes. On en détacha une division de 1,200 soldats, qui devaient former la réserve des troupes d'attaque, pour venir leur prêter secours s'il était nécessaire. Celles-ci étaient divisées en deux corps ; l'un de 900 hommes devait attaquer les trois forts situés dans les bas fonds du nord de la ville, et l'autre de 1,900 hommes était chargé de gravir les collines et d'attaquer les fortifications du sud, les plus formidables de toutes. Ces forces allaient s'engager contre une garnison de plus de 2,000 hommes, placée dans des positions presque inexpugnables, protégée par de solides parapets, armée de l'artillerie la plus puissante, et ayant des mines chargées de poudre et de dynamite et prêtes à faire sauter tous ceux qui s'approcheraient des forts. Les soldats chiliens connaissaient parfaitement toutes ces difficultés; et cependant ils se préparaient au combat avec courage et résolution. L'assaut devait avoir lieu le 7 juin au point du jour.
Avant de prendre ses dernières dispositions, le colonel Lagos voulut éviter les horreurs d'un combat qui devait être des plus sanglants. Dans l'après-midi du même jour, 6, il envoya à la ville l'ingénieur péruvien qui avait été fait prisonnier après l'esplosion d'une mine de dynamite lors du passage de la rivière de Chacalluta. Il était chargé de représenter aux défenseurs de la place l'inutilité de la résistance et le danger qu'ils couraient en s' exposant à la furie du soldat chilien, exaspéré par l'idée d'avoir devant lui un ennemi qui ne combattait que derrière des retranchements formidables, et qui employait les mines comme arme de défense. Mais les chefs péruviens se sentaient enhardis par l'heureux résultat de la canonnade de ce jour, qu'ils considéraient comme une victoire pour leurs armes ; et ils crurent que cette nouvelle
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. sommation était inspirée non, comme on le disait, par le désir d'éviter de nouvelles horreurs, mais par l'impuissance de la peur '. En conséquence, l'ingénieur péruvien retourna quelques heures plus tard au campement chilien pour y annoncer que les chefs de la place se refusaient résolument à capituler.
A sept heures du soir, et lorsque les ombres de la nuit couvraient tout le camp d'une obscurité complète, les colonnes d'attaque qui devaient donner l'assaut aux forts du sud ' se mirent en marche, dans le plus profond silence, jusqu'à ce qu'elles fussent à un kilomètre de ces ouvrages et par conséquent jusque sous le feu de leurs puissants canons. Elles s'y établirent pour la nuit aÛn de prendre le repos nécessaire avant ce terrible assaut. La cavalerie restait àrarriëre-garde, occupée à entretenir les feux du campement de la journée afin de mieux donner le change à l'ennemi. Cette opération s'effectua avec tant d'ordre que les défenseurs de la place n'eurent pas le moindre soupçon du voisinage des colonnes chiliennes. Aussi de part et d'autre la nuit se passa dans U plus parfaite tranquillité.
Le lendemain (7 juin) au point du jour, les 1,900 hommes qui devaient attaquer les forts du sud se trouvaient prêts à marcher, guidés par les officiers de l'état-major qui avaient étudié le terrain. En effet, aux premières lueurs du jour, sans se préoccuper de la fusillade bien nourrie des Péruviens, ils s'élancent au pas de charge, tombent comme la foudre sur les deux premiers ouvrages, éventrent à coups de baïonnette les sacs qui formaient les parapets ; le sable se répand, et une fois la brèche ouverte, ils chargent les défenseurs des forl» avec une telle fureur, qu'en peu d'instants ils enfoncent leurs rangs pressés et les mettent honteusement en fuite. Tous ceux qui échappent à la mort essayent de se replier sur les hauteurs du Morro, où l'on pensait organiser la plus vigoureuse résistance.
L'apparition des Chiliens sur les collines du sud était le
l. Les chefs pèruvieus en étaient tellement coDvaiacue, qne le mol d'ordre donné pendant cette nuit aux eentiaellea, «e composait dee mau suivants : Enemigo cobarde tenemot. * Nous avoQs affaire h des Id-
signal convenu pour que la colonne de 900 hommes, qui était restée au nord, tombât sur les forts situés dans cette zone. Bravant les boulets qui pleuvenl de ces forts, et ceux du monitor Manco Capae, cette colonne avança résolument et engagea la lutte avec )a même décision que les compagnons <l'armes qui leur avaient donné l'exemple. La résistance (tes Péruviens ne fut pas de longue durée. Pleins de confiance en l'effet de lenrs mines, ils se décident bientôt à abandonner leurs forts du nord, laissant à la poudre et à la dynamite le soin de les faire sauter. Mais les ingénieurs péruviens chaînés de mettre le feu aux mines s'épouvantèrent de cette attaque aussi rapide qu'audacieuse, et voyant les ennemis partout, ils appliquèrent précipitamment rélectricilé k quelques-uns des fils conducteurs; deux mines pratiquées sous les batteries des ■collines, et deux autres .lituées dans les forts de la plaine firent explosion à l'instant même en élevant des colonnes de fumée, de feu et de pierres et en faisant sauter près de 200combattanta, presque tous péruviens : de telle sorte que l'emploi ■de cette arme terrible venait au secours des assaillants contre ' lesquels on l'avait préparée.
Ces explosions causèrent peu de pertes aux Gtiiliens ; la «rainte même de voir d'autres mines sauter plus loin ne les découragea pas un seul instant. Bien loin de là, saisis d'une nouvelle fureur, ils s'élancent avec une résolution inébranlable vers les hauteurs du Morro, escaladant de toutes parts ta colline qui se dresse devant eux. Leurs balles, leurs baïonnettes atteignent et renversent les Péruviens qui allaient renforcer la garnison du Morro. Dans leur marche ils essuient un feu nourri dirigé contre eux par les ennemis cachés derrière les parapets du fort. Ce fut là que fut mortellement frappé le colonel chilien don J. San Martin, qui commandait l'assaut ■de ce côté, ainsi que bon nombre de soldats; mais à la voix ■du second commandant, la troupe arrive au bord des tran- ■chées ennemies, les emporte d'assaut et pénètre dans le fort ■où elle étouffe en peu d'instants toute espèce de résistance. Là succombèrent le colonel Bolognesi, commandant militaire de la place, le commandant Moore, chef de l'artiHerie, et beaucoup d'officiers et de soldats. Quelques-uns se précipitèrent <ies hauteurs de la colline dans les ravins qui s'ouvrent du
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«ûlé de la mer, préférant cette mort à celle qu'ils pouvaient recevoir en combattant- Dans ces moments de suiffême angobse, arrive au Morro la nouvelle que les batteries du nord ont été égalem«nt prises d'asaaut, que les Péruviens ont fait sauter les canons au moyen de la dynamite avant dé les abandonner pour se replier sur les hauteurs ; on ajoute que c'est dans un hûpital placé sous la sauvegarde de la croix rouge, et d'où l'on a tiré sur les Chiliens, que se trouvent les batteries électriques qui ont fait éclater les mines. Ou annonce aussi qu'il exist« beaucoup d'autres dépôts de dynamite, et que les officiers de l'étatmajor sont occupés à couper les Ris conducteurs qui partent de l'hôpital. « Plus de prisonniers I n crièrent les soldats chiliens, et ils se précipitèrent avec rage sur les défenseurs épouvantés du Morro. Les chefs et les officiers chiliens eurent peine à contenir la fureur de leurs troupes ; ils purent néanmoins arracher à la mort plus de 60 officiers et au moins 300 soldats ennemis. Le pavillon chilien fut arboré sur ces hauteur»: pendant que durait encore le feu du combat.
Cependant la réserve avait fermé le passage à tous les fuyards, et une partie de la cavalerie chilienne avait pénétré dans les rues de la ville au milieu de la fusillade qui partait des édifices. Cette résistance redouble la furie des soldats chiliens. Us mettent le feu à quelques maisons dans lesquelles l'ennemi s'est retranché ; ils sabrent sans pitié tous les hommes armés qu'ils trouvent sur leur passage, et en peu d'instants ils sont maîtres de la ville. Le combat avait duré cinquante-cinq minutes. Dans ce court espace de temps, les Chiliens, grâce h leur irrésistible élan, avaient enlevé toutes les tranchées et tous les forts qui entouraient la place d'Arica.
Mais il restait encore une autre batterie que les troupes de terre ne pouvaient prendre d'assaut. C'était le puissant monitor JUanco Capac. A six heures du matin , lorsque les premiers coups de feu se firent entendre, cette batterie flottante abandonna son mouillage, et, s'approchant de la plage, tira sur la colonne chilienne qui s'avançait pour attaquer les forts Aw nonl. Lorsque le drapeau du vainqueur flotta sur les hauteurs occupées auparavant par les Péruviens, on le vit s'éloigner lentement de t«rre. On crut qu'il allait se porter sur les navires
chilieii.s qui bloquaient le port, et qui étaient restés au nord de la baie, afin de se briser contre l'un deux; il eût ainsi succombé glorieusement dans un choc désespéré qui pouvait causer à l'ennemi une perte sensible. L'anxiété de ceux qui observaient les mouvements du monitor péruvien ne fut pas de longue durée. On vit bientôt l'équipage du vaisseau se jeter dans deux chaloupes à vapeur. Ces embarcations, remorquant - quelques canots remplis d'hommes, allèrent demander asile aux navires neutres. Pendant ce temps, le Manco Capac, n'ayant plus un seul homme à son bord, coulait bas dans le port même. Les marins péruviens avaient borné leur défense à ouvrir les soupapes du vaisseau et à lui appliquer quelque!^ torpilles afin de le couler et de le perdre dans un endroit où la profondeur de la mer ne permît jamais de le remettre à flot. Ce dernier épisode de la défense d'Arica n'olTrit aucun de ces traits d'héroïsme auxquels on s'attendait. Les marins neutres se refusèrent catégoriquement k recevoir l'équipage du Manco Capae. Désespérés de ce refus, les fugitifs se déci dent à assUrer leur salut en se constituant prisonniers à bord des navires chiliens qui, en ce moment, s'approchaient de la place conquise par l'armée de terre. Il n'y eut qu'une seule embarcation portant quelques marins péruviens qui, courant vers le nord à toute vapeur, parvint, grâce à sa prodigieuse rapidité, à échapper à la poursuite des Chiliens. Enfin, se croyant hors de danger, les fugitifs vont aborder dans un petit port voisin d'Ite. Avant de débarquer ils appliquent une torpille à leur propre embarcation afin de la faire sauter et d'enlever ainsi ce trophée aux vainqueurs. Mais les Chiliens occupaient cette côte depuis quelques mois déjà, et les soldais qui y étaient en garnison prirent et désarmèrent les seuls militaires péruviens qui avaient pu échapper au désastre d'Arica. La conquête de la place avait occasionné à l'armée chilienne les pertes suivantes : Morts, 3 officiers et 114 soldats; blessés, 18 officiers et 237 soldats ; en tout 372 hommes hors de combat. Mais les pertes des Péruviens étaient quatre fois supérieures, et elles avaient été en partie causées par l'explosion prématurée des mines pratiquées dans les forts. L'étalniajor chilien calcule que l'ennemi eut plus de 1,000 morts et environ 200 blessés. Le nombre des prisonniers s'élevait à
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1,328 hommes, tant soldats que marins, parmi lesquels on comptait il8 officiers. Le matériel de guerre, pris par les vainqueurs, était également très considérable. Il se composait de treize canons de différents calibres dont neuf de 100 et un de 300 livres en parfait état de service, sept canons brisés par la dynamite; plus de 1,500 boulets et obus pour l'usage de ces canons; 1,500 carabines de différents systèmes avec leurs munitions respectives ; enfin une quantité considérable de dynamite, de fils conducteurs, de poudre, d'outils et autres objets employés dans le service des forts. Les Chiliens avaient poussé l'attaque de la place avec tant de vigueur et de promptitude que l'ennemi n'avait pu détruire qu'une faible partie de son matériel de guerre, notamment les sept canons dont nous avons parlé plus haut. 11 en était aussi résulté qu'aucun des défenseurs de la place n'avait réusai à s'échapper. « Tous sont prisonniers ou morts, » dit laconiquement le rapport du ' commandant chilien.
Après la victoire on déploya la même activité pour faire cesser la confusion et le désordre, conséquences inévitables d'une bataille livrée dans ces conditions. On installa des hôpitaux pour les blessés. Les chirurgiens chiliens firent preuve d'un grand zèle dans ce travail; mais il est également juste de rappeler qu'ils furent efficacement aidés par les médecins .de la frégate de guerre allemande la ffama, qui descendirent à terre avec quantité de bandages et de médicaments, et qui déployèrent dans cet acte d'humanité autant de zèle que d'intelligence. On découvrit au quartier général des Péruviens un plan des fortifications et des mines de la place. Ce plan révélait que les mines étaient au nombre de quatre-vingt-quatre ; que la plupart d'entre elles étaient encore intactes, et que, d'un moment à l'autre, elles pouvaient éclater par suite d'une négligence quelconque ou de l'incendie de quelques édifices. Les soldats mirent deux jours à enlever ces mines, et ils y réussirent sans aucun accident.
L'état-major chilien eut également à s'occuper de travaux d'un autre genre. Tandis qu'on prenait les mesures nécessaires pour envoyer à Valparaiso les prisonniers faits dans les deux dernières batailles, et que l'on évacuait sur Iquique et Pisagua les blessés transportables, on équipait deux vaisseaux chargés
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de conduire au Gallao les blessés péruviens qu'on ponvatt sans inconvénient laisser en liberté, vu l'imposaibililé dans laquelle ils ae trouvaient de reprendre les armes. Cette mesure d'humanité, tout en diminuant l'encombrement des hôpitaux militaires, permettait à ces malheureux de retourner dana leurs familles et de recevoir les soins qu'il est très difficile de donner dans un campement. Ils devaient être d'ailleurs les plus fidèles messagers du désastre et pouvaient démentir les versions fantaisistes que le gouvernement employait pour changer en victoires ou du moins en combats ingigniflants les affreux désastres de son armée.
Le Chili, de son cAté, n'eut pas besoin d'exagérer l'importance des triomphes obtenus par ses soldats. A la fin de la seconde campagne de la guerre du Pacifique, il avait la possession tranquille de tout le territoire péruvien qui s'étend au sud d'ilo, tandis que son escadre, augmentée de deux navire» pris à l'ennemi, bloquait le GalJao et les ports voisins, et parcourait toute la c6tc du Pérou sans trouver aucune résistance.. On avait enlevé à l'ennemi, sur les champs de bataille, près de 4,000 prisonniers, quarante canons y compris les mitrailleuses, et plus de six mille rifles ou carabines, et ainsi se trouvai^it assurés sur mer et sur terre la puissance et le prestige de la république du Chili.
La chute d'Arica marque le terme naturel de la seconde période de la guerre du Pacifique, et une sorte d'arrêt dans les grandes opérations miUtaires. Elle nous indique, par conséquent, le point où nous devons suspendre cette courte et simple exposition. Nous la reprendrons dès que ta campagne qui s'ouvre en ce moment sur de plus vastes proportions aura donné ses premiers résultats. Actuellement, la voix est aix oanon, et non plus à l'historien.