‹ Histoire de la Jacquerie d'après des documents inéditsChapitre 39 sur 106 · CHAPITRE II. A · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. A

plus même pour elle le prestige de la gloire militaire, cette oppression qui était devenue un système avoué, tout cela devait provoquer une aveugle et brutale vengeance : ce fut la Jacquerie.

Mais, indépendamment de cette violente et passagère revanchedes gens du peuple contre leurs seigneurs, quand on considère les grands événements qui signalèrent la fin du xiv° siècle et la première moitié du siècle suivant, on est tenté de croire qu'il entra dans les desseins de la Providence de châtier Tinsolente oppression des nobles et de relever les vilains aux yeux de leurs oppresseurs.

Pendant le cours de cette désastreuse période, la noblesse française fut presque constamment vaincue par l'étranger, quand elle ne se fit pas sa complice. On peut dire qu'elle contribua à perdre la France; et, quand des jours meilleurs vinrent luire enfin pour notre pays, elle n'eut pas l'honneur de le sauver, ou du moins d'être le premier et principal instrument de son salut. On avait tout fait, ce semble, pour abrutir le peuple, pour abreuver son âme de fiel, de désespoir et de haine, pour lui rendre la vie amère et dure, le sol natal odieux ; il se trouva pourtant qu'à l'heure critique cet amour de la patrie qui enfante des miracles, absent des châteaux, s'était réfugié sous l'humble chaume, et vivait avec une force incomparable, un empire irrésistible, dans le cœur des malheureux, des simples et des petits. Dieu voulut que la gloire de délivrer la France fût réservée à la fille de ces vilains tant opprimés, tant honnis : il mit à la tête d'une noblesse, qui devait la trahir, une jeune paysanne, Jeanne d'Arcc

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