I. Reg
3. Le mémoire de Valincour, dont l'Académie vota l'impretsion, le 2i Tévrier 1714, non retrouvé Jusqu'ici, n'est autre, comme l'a prouvé l'abbé Urbain, que celui qu'on a vingt fais réimprimé eu tète den éditions de la Lettre à l'Académie de Fénelon. II y proposait que : • tous les Académiciens qui sont é Paris seroienl obligea d'apporter par écnt ou d'envoyer chaque jour d'assemblée une question sur la lanf^ue, telle qu'ils jugeroient â propos, sans même se mettre en peine de savoirai elle aura déjà été traitée par le P. Boubou r*. par Ménage, ou par d'autres... La meilleure manière de trouver ai»£ment des questions et d'en rendre l'examen doublement utile, ce sera de les chercrherdans nos bons livres, en faisant attention à toutes les façons de parlerqui le mériteront, ou par leur élégance, ou par leur irrégularité, ou par la difficulté que le» étrangers peuvent avoir à les entendre ; et en cela je ne propose, dit Valincour, que l'exécution du vingt-cinquième article de nos statuts. Les académiciens qui sont dans les provinces ne seront point exempts de ce travail, et seront obligés d'envoyer tous les mois ou tous les trois mois i M. le Secrétaire perpétuel autant de questions qu'il y aura de jours d'assemblée. De ces remarques mises en ordre, on pourra aisément formerle plan d'une nouvelle Grammaire françoiae, et elle sera peul-élre la seule bonne qu'on ail vue jusqu'à présent» (Opnsc. ac. de Fénelon, éd. Délions, p. H-15).
3. Le discours de l'abbé de Saint-Pierre n'existe plus en édition originale, mais l'auteur le réimprima avec le premier, de 1713, probablement en 1714, après ta mort de Fénelon .
i. On connaît assez le second texte. Voici un extrait du premier : • 11 serait fort à désirer, ce me semble, que quelque académicien voulût bien se donner la peine de faire une grammaire française. Elle soulagerait beaucoup les étrangers, que les conjugaisons et les phrases irréguliéres de notre lanpie jettent dans des embarras continuels. Les Français mêmes auraient besoin de consulter cette règle , Il y a un grand nombre de personnes, d'ailleurs très polies, qui ne savent leur langue que par le «impie usage, et, qui, n'y ayant jamais fait assez de réflexions, ne la parlent point d'une façon asseï pure et asseï correcte . Les Grecs, qui nese donnaient guère la peine d'apprendre les langues étrangères, et les Romains qui commencèrent si tard à apprendre
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tudes, et son mémoire, demandant qu'on fit trop, n'obtint pas qu'on tu quelque chose. On se tourna vers un nouveau Régnier, un nouveau sauveur, l'abbé de Dangeau.
Dangeau n'est pas un grand homme, mais il ne méritait nullement les railleries des chansonniers < . Les bagatelles de l'orthographe, dit Saint-Simon, et de ce qu'on entend par la matière des rudiments et du Despautère, turent l'occupation et le travail sérieux de toute sa vie. Certes, il devait plaisanter, quand à un porteur de mauvaises nouvelles politiques, il répondait : il arrivera ce qu'il pourra, mais j'ai dans mon portefeuille deux mille verbes bien conjugués. Qui eût pu en effet se rendre compte de la joie intime qu'éprouvait Dangeau à avoir distingué dans les pronominaux les identiques, les réciproques, les neutrisés et les passives? C'était cependant une découverte, et il en a fait bien d'autres. Il était fort instruit, savait la plupart des langues vivantes de l'Europe : l'italien et l'espagnol, et aussi le portugais, l'allemand, l'anglais et te suédois ; la comparaison qu'il faisait de ces idiomes avec le sien, lui avait singulièrement ouvert les yeux, de sorte qu'influencé par la méthode logique, il ne s'abandonnait pas à elle entièrement, mais observait et rapprochait. Ce n'est pas seulement à la prononciation et à l'orthographe qu'il a occupé ses réflexions, c'est aussi à l'analyse, si délicate pour le temps, du verbe français ; il y montre un esprit hardi et exempt de préjugés.
Dangeau, remarque M. A. François (p. SO-51), s'était révélé comme un zélé pourvoyeur des séances académiques. Il avait débuté vers 1694, par y donner lecture de ses deux Discours sur fes woyei/c*
le )trec même, ne se contentaienL pas d'avoir appris pendant Itiir enfance teur lan[;iic nalurelle, par te simple usage. Ils t'éludiaienldans un Age mûr par la lecture des livres de» grammairiens, pour connaître les réples et les eiceplions, pour observer les élvmologies.lcs acna figurtis, l'artifice de toute la langue, son analogie et ses variations.
Une bonne grammaire faile avec une méthode simple cl facilesoulagcrailles étrangers, corrigerait certaines négligences des Françain mêmes qui uni du génie avec une vraie politesse, et mettrait la postérité en étal d'entendre plus finement toutes les délicalesses des bons livres qui ont été faits en France. Cette grammaire ne pourrait pas fixer une langue vivante, mais elle servirait peul-ètre i diminuer les changements capricieux qui altèrent une langue Bu lieu de la perfectionner » [Lt$ premiireM rid.iftioiu de U ■• IMlre A l'Académie -, flev. dllisl. LUI. de la France, 1899, 31b).