‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 159 sur 202 · CHAPITRE XVII RÉSULTATS. LES MOTS TECHNIQUES ET LA LANGVE LITTtRAIItB · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII RÉSULTATS. LES MOTS TECHNIQUES ET LA LANGVE LITTtRAIItB

Voici des listes de mots qui appartîeoneat à la langue technique. Dans chaque liste on verra que tantôt l'un, tantôt l'autre des lexiques du langage ordiuaire, Richelet, l'Académie, souvent les deux recueils omettent ou rejettent ces termes. Parfois des théoriciens en ont expressément proscrit l'usage.

Théologie et Philosophie.

Concept — terme de philosophie, qui n'est pas boa dans le langage ordinaire (S'-Résl, De ta Critique, 104) ; A. de B. constate que c'est une eipreBston de philosophes, très commune parmi eui (Refl., 132), — © Pom, ; * Duil.; e G. Miege, Rich., Fur., A., Th. Corn., A^. Voir L., qui cite Descartes, et H. D. T., sans ex..

eoncomilance — terme d'école deTéoIogie (Rich.) ; * Pom., Duil.; q G. Miege; * Fur. : terme de théologie, A. ; e Th . Corn. ; * A'. Voir L. — Nos Rétoi^ meï. . . entendent bien... qu'on ne .peut croire une présence réelle du Corps et du Sang de Jesus-Christ, sans admettre toutes les choses que nous venons d'expliquer, et ces choses ainsi expliquées, c'est ce qu'on appelle la concomitartce (Boss., Tr. de la Comm., 392-93 ; cf. 428, 443-4 ; et Ititt. de» Var., I, 388, 4~0).

Détectable — mot presque aussi odieux b Bouhours que détecter, deteetation {D., 39). Ménage défend ce mot qu'il a employé et cite Desmarets et De la Chambre (0., II, 478-479). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. : terme de philosophie, ne peut se dire qu'en riant, Fur. : vieillit, A. : un lieu délectable, A'. Voir L., et H. D. T. — en le dévorant d'abord des yeux (le fruit défendu) et prévenant par son appétit son goût détectable, l'amour du plaisir est entré (Boss., Coneap., 25, dans L.; cf. Max, lar la Coin,, 71); cf. d'Urfé, Aëtrée, H, 658; Racan, II, 193.

dé/eciaiion — (cf. leprécédent);*Pom.,Doil. ;eG. Miege' ;* Rich., Fur., A.; © Th. Corn. ; * A». Voir L. et H. D. T. ; e Hug. — Le fond de la grâce de J.-C. est une chaste et céleste délectation qui est toujours dans les justes [Bosa.,Dio. ecr.tur lei Max. de»S., CLXIX, Préf.; cf. ii., CLXXII, et Mai. ». la Com., 111). Loret le disait d'un breuvage : La délectation des cœurs Et la merveille des liqueurs (7 fév. 16S4, v. 203-4).

1. B. F. a (f«(cc(ion, qui, n'étant pas A son ordre, est pcut-èlrc une faute.

délecter ne peut se dire qu'en riant (Bouh., D., 39). Ménage dit que ne s'en ëtant point servi, il n'a pas d'intérêt à le justiBer, comme il a fait pour iielecUble, «e détecter de est italien (0., II, 478-480). ~ « Pom., Duil,; O G. Miege; * B. F., Rîch. : vieux, ne se peut dire qu'en raillant et rarement, Fur. : vieillissant. A.; $ Th. Com. ; * A*, qui en restreint l'usage. Voir L. et H. D. T., qui citent Bossuet pour détecter et «e détecter. — Le Banquet que l'on aprèta Ravit, contente, d^tecM (Loret, 4 nov. 1656, v. 39-30; et. 10 rév. 1657, V. 39 ; 21 déc. 1664, v. 16] ; il te ditecte déjà dans la toy de Dieu [Boss., 2* Intt. N. T., 129 ; cf. M»x. ». /a Cam., 77 et 111).

dénuement — Bouliours avait d'abord déclaré que c'était un mol de dévAla qu'il ne fallait pas imiter [Rtm., 189). Il se rétracU [Suite, 421). — e Pom., Duil., G. Miege; * Iticli. : se dit parmi les dévots; @ Fur., A., Th. Com.; * A>, * L., s. ex., II. D. T. cite Bourd., Renoue; Q Hug..

identité n'est en unagc que dans le dogmatique (A.) ; * Pom.; & Duil.; •G. Miege; e Bich.; * Fur., Th. Corn., A'; * L.,qui cite Pascal et Si-Simon.

— Mais quoy, vous oubliez donc que c'estoit une comparaison, et non pas une identité (Bossuet, Averl. aux Prol., VI, g 40, S20).

impénétrabilité — I!. D. T. cite comme premier exemple un passage de Pascal. — o Pom., Duil., G. Miege; * Rîch. : terme de Philosophie, Fur. ; se dit tant au propre, des corps solides et trop espais, qu'au figuré, des mystères de la Foy et des secrets trop profonds et trop cachci; Q A., Th. Coni.; *A».

imimiuibililé est discuté par Bouhours: ce n'est tout au plus qu'un Etranger habillé k la Françoise {D., 27). Bena,ud repousse le mot [Man. déparier, 514).

— © Pom., Duil., G. Miege ; * Rich. ; e Fur. ; * A. : il ne se dit qu'en celte phrase, l'i'namiMiAiiiM de la grâce; 9 Th. Com.; *A*qu» reproduit A. — Ce dogme, qui est appelle Vinamistibitité de la justice (Bossuet, Hitl. de» Var,, II, 4; cf. ibid., 1,504; 11,8; II, 99, etc.).

inamittible — terme de Science (Rich.) ; * Pom. ; e Duil., G. Miege, Fur. ; *A.; © Th. Corn., A', —Une reste plus qu'à examiner comment la vertu est inamittible {Boamet, Etlalid'Oraiiion, 190].

indéUbite se dit en matière de Sacremens. Hors de-là indélébile ne vaut rien; et qui diroit de» traiti indélébiles parleroit tres-mal [Bouhours, Hem., 542), A. de B. n'approuve pas le mot et veut qu'on dise ineffaçable [Re/l., 262). — * Pom. ; © Duil. ; * G. Miege, Rich. : terme consacré qui se dit des

* Sacremens, Fur. : il ne se dit gucres qu'en parlant des Sacrements; @ A., Th. Corn.; * A».

indétibéré ^lermede dogmatique (.\*). I,e mot n'est dans aucun autre lexique. A. de B. signalait le mot comme élégant {Re/l., 262). — I.e désir qu'on voit dans les saints, , . de leur salul éternel. . . n'est pas seulement un appétit indéliberé (Bossuet. Estati d'Oraiton, :!91); ce» désirs sont autant de TaoayetaesM indéliberei (Id,, Ibid., 404).

indiligent est un mot de Montaigne que Bouhours laisse à ceux qui disent iacomplaUanl [Suite, 139). — * B. F..

indiviaibteinent — terme de dogmatique ;.\.']. I.e premier exemple du mot est dans A., cité par II. I). T. ; O Th. Coni..

indalgence pour d'ire bontés vieilli; il ae s'emploie plus qu'en langage ecclésiastique (L. de Templery, Gen. et Pol., 217). — • Pom. ; © Duil. ; * G. Miege, Rich., Fur., A., A' ; e Th. Com, — C'est une politique sûre el ancienne dans les républiques que d'y laisser le peuple s'endormir dans les. tètes ... : quelles grandes démarches ne fait-on pas au despotique par cette indatgence (La Bruyère, I, 364).

ineffaçable est très mauvais, quoique quelques-uns l'emploient (Bouhours, Rem., 5i3). — * Pom., Duil., B. F., Fur., A., A». — Il (Bourdaioue) nous, peignit sa mort (de Coudé) avec des couleurs ineffaçable» dans mon esprit (Sévignë, vm, 49).

infrangible — Bouliours admire Ménage qui a la force de digérer V infrangible, VinCempéralure,Vinguerdonné,Vinterminéde Nicot (D., 18-19).

inhérent n'est bon que dans le dogmatique et n'est guère en usage qu'en ceLte phrase: qualité inhérente {A. et A») ; * Pom.; © Duil.; * G, Miege; O Rich.; • Fur. ; O Th. Corn. — La beauté du visage est un Tréle ornement. . . Mais celle de l'esprit est inhérente et terme [Uol., IX, 133, Fem. Sav., V. i063 et 1066) ; il est corrompu par la concupiscence, c'est-â-dire par l'amour propre inhérent en nous [Bossuet, Dii>. ecr. lur let Mar, des Saints, CLXIll).

iniquité est consacré aux matières de piété (Rich.). Bouhours reprochait aux jansénistes d'employer le mot au sens de miière, comme en latin iniqaita*- (/niii.,9, Rosset. B.c., 56). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A.; © Th. Corn. ; * A*. — L'impudence ne fut pas moindre en ce grand ministre que l'iniquité (La Hoch., II, 462) ; de quelque belle apparence que Viniqailé se couvrÎ3t,ilen pénétrait les détours (Bossuet, Itee. de» Or. fan., 1699, 420).

interatable est donné comme terme de théologie par Fur., A. et A*. Le mol était repoussé par Bouhours (D.. 19) el ne plaisait pas trop à Andry {Refl., 269), qui lui préférait impénétrable. — * Pom., Duil., G. Miege.' — Cest ua point inscrulaWe (La Font., VI, 332, v. 212).

inioluble — terme qui se dit entre les Philosophes de l'École [Rich.) ;

* Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur.; © A., Th. Corn., A".

int^ranf est un terme dogmatique (Fur.). Le mot est d'ailleurs un néolc^smedont on ne ciu- pas d'ciemple antérieur. * A. ; © Th. Corn.; * A';

* L.,qui cite Bourdaioue.

inlempérature est insupportable (Renaud, Mon. de parler, 312). Voirii infrangible.— * Pom,, Duil,, G. Miege.

intentionnel — terme de philosophie, dit Furetière, qui offre le premierexemple du mot suivant 11. D.T. ; ©A.;* Th. Corn.; © A ». — Si la fin nous peut émouvoir par son être réel, ou par son être intentionnel (Mot., IV, 43, Mar. forcé, se. 4). Il faut remarquer que Molière ne prend pas le mot au sens indiqué par Furetière : les espèces intentionnelle» sont de petits atomes, qui sortent des objets pour frapper les sens.

intriniàque — terme de philosophie (A*) ; © Pom., Duil., G. Miege, Kich.^ Th. Corn.; * B. F., Fur., A. ; * L., qui cite S'-Simon.

irateible — terme de philosophie qui n'a d'usage que dans cette phrase ; l'appétit iraiciifc (Bich., Fur., A.) ; * Pom. ; 0 Duîl. ; * G. Miege; © Th. Corn.; *A*. — Les pliilosophes appellent appétit iratcible, celui où domine la colère (Boaauet, Coitn., I, 6, cité par L.).

Occalle — terme de philosophie (Hich.); • tous les lexiques, sauf Th. Corn; L. cite Bossuet, II. D. T., Pascal. — Ces belles raisons de sympathie... et de vertu occupe (Mol., VII, 442, Am. magnif., a. III, se. 1); Par VoecalU vertu d'un mixte, que je fais, Je prétends la guérir... ^Mootfleury, Damt méd.,a. III, bc. 4).

Pattible n'a guère d'usage que dans le dogmatique (A., .\^) ; * Pom., Duil., G. Miege, Hich., Fur. — . , .elle ne seroit point paisible ny mortelle. Si le» rares vertus maintenoient la beauté Dans l'immortalité (Tristan, V. hir., 214). Bourdaloue l'emploie encore : Il s'est revêtu d'une chair paisible (dans 1,. etH. D.T.}.

fotipoier n'est pas un terme élégant; et pour peu qu'on se pique de bien parler, ou s'en abstient (A. de B., /)«^., 442).— * Pom., Duîl., G. Miege ; e Hich. ; * Fur.; © A., Th. Corn., A» ; * L., qui cite Si-Simon ; 0 II. D. T., Ilug. — Le plus cruel de ses ennemis, paUpotaat la haine i l'estime, lui avoit conBéuu si grand intérêt (La Itoch., 11,402).

primalie — * Pom., Duil., G. Miege, Hich, : terme d'église, Fur., A., A *. — Quelques-uns, pour étendre leur renommée, entassent sur leurs personnes des prairies, des colliers d'ordre, des primatie», la pourpre [La Br., I, 159).

primitif — Bouhours hésite à l'employer dans le discours poli, hormis en deux endroits: l'Eglise primitive, les moii primitif». 11 abandonne le mot aux prédicateurs (fl^m., 446). — * Pom., Duil., G. Miege, Hich., Fur., A., A*. — L'on verra... la perfection de Dieu en elle-mesme comme le motif primitif de la charité (Boasuel, Dits. ecr. iur le» .Vaa?. de» S., 14).

<)uotidien — On dit une fièvre quotidienne, le pain quotidien (Bouhours, Rem., 276). Le mot ne s'emploie que dans l'Oraison Dominicale {.K. de B., Re/l., 532). Hichelet, sans critiquer ceux qui emploient le mot quotidien comme un mot consacré, aimerait mieux dire, au conlraire de Bouhours, le pain de chaque jour et ne se servirait de quotidien que dans le burlesque et les proverbes. — * Duil., B. F., Rich., Fur., A., A'. Les exclusions de Bouhours et de A. de B. se retrouvent dans les deux derniers lexiques.

Ratiociner — terme de logique (Fur.), il n'a d'usage que dans le dogmatique {A }; e Pom., Duil., G. Miege; * B. F.; e Rich.; *Th. Corn.; oA'; *L., II. D. T.; Q Ilug. — Vous avei la faculté de ratiociner et de parler tout ensemble (Mol., IV, 43, ilar. forci, se. 4); mais, quoy que je ratiocine, Rien, pourtant, je n'en détermine (Loret, 20 janvier 1663, t. 221-222).

' rectitude est un mot tout latin qui ne s'entend gueres à la Cour, mais est fart usité à la Trappe (Bouhoura, Suite, 30). — * Pom. ; © Duil. ; * G- Miege, Rich., Fur., A.; © Th. Corn.; * A*; tous les lexiques le donnent au sens Qguré, Richelet seul le donne au sens propre ; la rectitude de la vue. Dans ce sens L. cite Bourdaloue : la rectitude de son mouvement (du soleil). — Mais cette rectitude... Cette pleine droiture... (Mol., V, 456, Mi»., 1. 205-207).

438 HISTOIRE DE LA LANGl'K FRANÇAISE

ritribulion déjb censuré par Vaugelas (II, 398), ne plall pas è Alemtmd : il peut être tres-usité et tres-signiQcatif parmi les EcclésiastiquRS, sens qu'on puisse inférer qu'il doive être niîs par tout (AToud. Rtm., IST-S). — * Pom., Duil., G, Miege, Ricli., Fur., A. ; © Th. Coni. ; * A ' ne donne'plus le sens de récompense des bonnes œuvres, donné par A. — Il y s plus de rétribution dans les paraisses pour un mariage que pour un baptême (La Bruyère, II, 173). — Chapelain avait employé le mot au sens de réciprocité : si touteslois je le publie, j'useray de rétribalion et le sousmettray k sa censure (II, 79), — @ tous les lexiques en ce sens.

Sagacité est un mot écorché du Latin, qui se dit sur tout entre gens savant (Rich.). Bouhours regrette qu'il ne soit pas bien établi et ajoute que les phi~ losophes s'en servent librement (fîem., H2-3). Andry constate que le mot s'est établi et qu'il est du bel usage [Befl., 62Ti). Renaud fait la même codstBlation(Jlfan.de/)arIer,SO, 96). Toutefois Bellegarde croit que le mot n'a pas grand cours dans le monde {Eleg., 291). — * Pom. ; e Duil. ; * G. Miege, Rich-, For., A, ; O Th. Com. ; * A '. Au iviii' siècle Féraud constatera que $agaeUi, qui ne se disait d'abord que par les sarants, est dans la bouche de tout le monde.

Êeniitif — terme de philosophie (Rich.); ne se dit que dans le dogmatique (A*) ;

* tous les lexiques. — La partie brutale alors veut prendre empire Dessus la tenêUive (Mol., I, 464, Dép. am., v. 1261-1262). Livet dans le Lex. Je Mol. cite un exemple de Ricber, où lenaitif est employé avec le sens de Mentiblt.

tpfcaler est signalé comme un terme de philosophie el d'astronomie [Fur.,.

A.). Bichelet dit que le mot ne s'emploie d'ordinaire qu'en riant et dans un

sens neutre ; * tous les lexiques, sauf Th. Com.. Thème, au sens de luyet, est tort pédantesque (A.deB., linfl., 664). — C'est un

terme de prédicateur (Rich.), qui n'a d'usage que dans le dogmatique (A *j ;

* tous les lexiques, sauf Th. Com. — Et moy qui les ay tant fraudez Tan* tôt, dans cet Ouvrage même Je corige, pour eux, mon lhém« (Loret, 24 déc. 1662, V. 100-102) ; un homme qui compose fait souvent son thème en plusieurs façons (Racine, VII, 126); vous lournei votre lAème en plusieurs façons (Sérigné,IX,348].

Sciences hatiiêhatiques et physiques, hédrcine

Calvitie — dont H. D. T. cite un exemple au xiv*, est considéré par Bouhours. comme un néologisme de Ménage, qui aime h parler latin en français (Bouh.^ Bem., 517). Le mot est h peu près universellement blâmé (cf. Renaud, Man. de parler, 513, et Saint-Réal, De la Critique, 324) ; Alemand préfère encore chauveté, et Richetel, dit-il, est du même avis {G. civ., 289-92). ' -r e Pom., Duil., G. Miege, Hicb.; * Fur.; G A., Th. Corn., A*.

Dalcifier est employé en plaisantant par Molière (VI, 90, Af^J. ni.Iui,a.II,Bc.4;

cf. 1, 498, Dip. am.. v. 1448, et note). Lemotn'est que dans Fur. et Th. Com.. Ecchymote — terme de médecine (Fur. et Th. Com.); Q tous les autre&

lexiques. — Elle se Rt mettre quelques emplestres et obtint un rapport de

plusieurs éthinoêeÈ [c'est- il -dire .esgratigDures). Ce graDd mot donaa lieu b deux sentences. (Fur,, Bom. bourg., II, 34),

efferreicence — Q Pon>., Dull.,G. Mîege, Hich.; * Fur., A., Th. Corn., A*; * L., H. D. T.,quiciteSéTi^né (IX, 146) : cela s'appelle donc, comment dites • TOUS, ma fille? des efftnetMneei d'humeur. Voilà un mot dont je n'avois jamais entendu parler ; mais il est de votre pËre Descertes, je l'honore à cause de *ous. — Cf. je ne croîs point que cela (suer beaucoup) se doive appeler <^ertie(cenc« ; il me semble que mon pot n'en bouilloit pas plus fort (Ead., IX, 174).

Fracture est un mat de chirurgie bien reçu du public pour marquer un os cassé ou rompu (Boufaours, Suite, 326]. — * Pom.; oDuil.;* G. Miege, Ricb., Fur., A., Th. Corn., A»; * L., H. D.T.; 0 Hug.

fatigine est mis par Molière dans la bouche d'un médecin: la rate, dont la chaleur... porte au cerveau de notre malade beaucoup de faligiat» épaisses et crasses (Vil, S72, Pourc., a. 1, se. 8). N'est que dans le B. P..

fforaireétait dsns la bouchedel'écolierlimousin (Rabelais, II, 6, dans H. D. T.); e Pom., Duil., G. Miege; * lUch. : terme de géographie, Fur,, Th. Corn. ; e A., A».

Lénifier ne se dit qu'entre médecins et même en riant (Ricb.) ; @ Pom., Duil., G. Miege, Fur., A. ; * Th. Corn. ; e A» ; • L., H. D. T. ; e Hug. — Une prise de petit-kit... pour adoucir, lénifier... le sang de Monsieur (Mol., IX, S83, Mal. im., a. I, se. 1).

lénitif — terme d'apothicaire (Ricb., Fur.); *■ tous les lexiques, A. et A* signalent que le mot s'emploie au figuré. — S'il lui fallait ... — Dans un péril extrême le moindre lém'lt/', ou le moindre apoxéme (Regnsrd, Légal. unie., a. II, se. 11); Ce petit Itnitif, en attendant le reste. Pourra nous consoler d'un coup aussi funeste (Id., Ibid., a. IV, se. 1) ; D'un ton obligeant et plaintif, Qui fut un rare lénUif (Loret, 23 juin 1657, t. 139-140).

locaJ — terme de Phisique et de Palais (Ricb.) ; Q Pom.; * Duil. ; Q G. Miege; *B.F.,Rich., Fur., A.; G Th. Corn;; «A»;» L„H.D.T.; e Hug. — Luther accordoit facilement à Bucer que la présence dont il s'agissoït, n'estoit pas locale (Bossuet, Hitt. de* Var., 1, 197).

PhIIX>LOGIE et LtTTÉRATORE.

Idiome n'est d'usage que parmi les gens de lettres (A.), et dans le dogmatique (A*) ; * tous les lexiques, sauf Rich. et Th. Com. — Les peuples les traduisaient,., selon les divers idiome» de chaque langue (Bossu et, cité par L.) ; de quel idiome, de quel langage (Mol., IV, 38, Jlfar. forci, se. 4] ; dîtes que les poiriers rompeut de fruit cette année... c'est pour lui un idiome inconnu [Le Bruyère, II, 136).

idiotUme — Tous leslexiquesqui le donnent le signalent comme terme de grammaire, de dogmatique; Q Pom., Duil., G. Miege; * B. F. ; @ Rich.; * Fur., A., Th. Corn., A*. — Noter que B. F. garde aussi l'ancien sens de itapidité qu'on ne trouve pas dans les autres teiiques.

intermède — terme de poésie dramalique (Itich); * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — La foQUitie emploie ce mot au figuré : Olei le temps des soins, celui des maladies, Intermède taUl qui partage nos vies (VI, 336, v. 296-S97}.

Métiers et Arts,

Occaiionner est un très mauTais mot ; ceux qui l'emploient te plus sont d'une profession, où un mauvais coup est bien plus à craindre qu'un mauvais mot (Il s'agit des soldats), (A. de B., Suite, 423). — *Pom., Duil.; e G. Miege; * B. F.; e Rich. ; * Fur. ; e A., Th. Corn., A'. — ...quoiqu'elles (les passions) soient occaiionnéet par le corps (Pascal, Penl., éd. Hevet, 11, 253).

Hecruter est blâmé par Racine comme un mot des gazettes de Hollande, " au lien de quoi il faut dire faire des recrues •> (Bacine, Vil, 20, Le(/.|. De Callières en attribue aussi l'invention aux étrangers: un homme de la Cour grand liseur de Gazettes étrangères, me dîsoit qu'un officier étoit allé recruter son Begimeot, pour dire faire des recrues pour son Begiment (Son et mauvsU ui., 157 ; V. Schenk, iU). — • A».

remonfe — Ricb., dans H. D.T. ; • Fur. : il ne se dit qu'à la guerre, A-, A'.

Sabrer — Rich., dans II. D.T. ; *A. et A* qui donne : labrer une affaire. Rich. dit que le mot est de nouvelle fabrique, qu'il ne s'écrit pas et qu'il n'est guère en usage que parmi ceui qui portent l'épée.

^>M7ue — *Pom.; e Duil.,[G. Miege; * Hich., Fur.; e A.; ♦ Th. Corn., A*. On trouve le mol écrit aussi fruitqae. — la fretque, dont la grAce, Se conserve un éclat d'étemelle durée (Molière, IX, 55:>, Vaf-</e- Grâce, v. 339-3M:.

fruUe— e Pom.,Duil.,G. Miege, Rich.; *Fur.; 0 A.; * Th. Corn., A». — Diognète sait d'une médaille le fratt... et la Qeur de coin (La Bruyère, II, 137).

Gracieux — Vaugelas ne trouvait point ce mot bon (II, 306), mais son aTis n'était pas partagé par La Mothe le Vayer [S2) ni Palru. Th. Corneille suivait ropinîondeMénage(0.,167S,1, 272), et le jugeait fortbon. L'Académie ne voulait point qu'onl'appliquStà une personne dans le sens de: qui ■ bonne grâce, mais elle l'acceptait dans la signification de doux, civil, honnête. Elle ajoutait : il est même reçu en peinture. C'est là son seul emploi correct en prose, s'il en faut croire Bouhours(D.,38;cf. Rem. ,599), Bichelet,et surtout Renaud : le mot n'est François que quand il s*agit de Peinture et de Poésie; en user ailleurs ce seroit tomber dans le Barbarisme (.Van. de parler, 46-7;. Malgré l'avis des théoriciens, tes exemples sont nombreux.

groape — 1676, Félibien, Princ. de CArch., dans H. D. T. ; * tous les lexiques, sauf Duil.. Le mot n'est employé que comme terme d'art.

Promenoir ne se prend que pour le lieu oà l'on se promené, mais tandis que />roniens(Je est quelque chose de plus naturel; promenoir tient plus de l'art [Bouhours, Suite, 186). Le mot ayait été employé au sens d'action de se promener : elle descendit dans le jardin, où commençeant son protnenoir,,.. elle reprit (Atlrée, I, 382"). — • Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A.; e Th. Corn. ; * A*. — Les Bocages sombres et noirs. Les délicieux promenoir» (Loret, 29 sept. 1663, v. 67-68); Tout estoit grand dans ces édifices; les

sales, les veslibules, les galeries, les promenoir» [Bossuet, lliil. Univ., 213] ; une capitale ...où il D'y avoit ai places publiques,. .. ni promenoir» (La Bruyère, 1, 33),

rtnoier n'est plus connu de A* que comme terme de jeu ; les autres lexiques donnent le sens Q^aré. *Poro.; Q Doil., G. Miege ; * B. F., Rîch., Fur., A. ; e Th. Corn. ; * A' ; * L., qui cite Bossuet, II. D. T., Hug. — El pour le renoier encore sur Plutarque... [Poisson, Fou de Qus/i7^, se. 4); EnBn, ma fille, quevousmanque-l-il?'Vousle renoieî sur M. de Pompone (Sévigné, II, SSttj.

Saavilé est un Mot écorclié du Latin, qui s'emploie en parlant de peinture (Hich.). D'après Bouhours, il ne se dit tout au plus qu'en matière de dévotion {Suite, 324). — *Pom., Duil.; e G. Miege;*B. F.. Fur., A.; 6 Th. Corn.;

* A*. — Leur miel dans tous mes sens fait couler à longs traits Une suavité qu'on ne goùU jamais (Mol. , IV, 494, Tart., v. 1439-1440] ; Ce mesme attrait luy fait dire a»ec ardeur et une iuaeilé que la charité peut inspirer seule. . . {Bossuet, Dio. ter. sur les Max. de» Sainti, 16, Averl.) ; dans cet ouvrage tout est plein de vie et d'une taavilé toute extrordinaire (Depiles, Conter», de peinture, 14e, dans Rich.).

Tournure (d'esprit) — Bouhours n'accepte pas cet emploi Qguré. Il faut le laisser aux Précieux; il ne peut se dire que dans le propre en parlant des Tourneur» {Suile, 316). De Callières est aussi d'avis qu'on rende le mot au métier des lourneur» (Mot» â l» Mode, 96-97; v. Schenk, I.IS). — e loua les lexiques. — 11 nous faut des partis bien d'une autre tournure (Boursault. Mot* à U Mode, se. 4).

i'ajoute ici une certaine quantité de mots techniques, donnés par Félibien, et aujourd'hui entrés dans la lan^e commune qui, sans ^tre condamnés, ont été écartés par Richelet ou par l'Académie :

Addoucirea terme de Peinture, c'est mesler les Couleurs avec un pinceau qu'on

appelle Broie (Félibien, Princ. de CArehitect., 463). addoaeigsemenl — Est lors que les couleurs sont bien noyées les unes avec les

autres (Félib., Archit., 463);* Rich.; e A.; * Th. Corn., A». Calquer — c'est contre-tirer un dessein sur une muraille, ou autrement, pour

en avoir les mesmes traits (Folib., Archit., 509); * Rich.; e A. ; Th.

Corn. ; * A».

eonlratter — ils (les Peintres) disent contratler, pour varier les actions et dispositions des Figures (Félib., Arehil., 537); * Rich. ; e A.; * Th. Corn.,

A'. Le substantif contraste, en ce sens, est dans A. contre-jour — * Pom., Duil., Guy Micge ; e Rich. ; * Fur. ; 0 A, et A*. contrepreuoe — c'est une estampe qui est imprimée sur une autre estampe

traischemenl tirée (Félib., ^rcArt., 539) ;* Rich.; o A.; * Th. Corn., A'.

Le verbe contrépreuner, qui n'est pas dans Félibien, se trouve dans Rich.,

Th. Corn, et A».

couleurs rompues — Les Couleurs sont rompues lorsqu'elles ne sont pas

employées toutes simples et pures, mais qu'on en mcsie deux ou plusieurs

ensemble pour en alToiblir et éteindre une trop vive (Félib., Archit.. 5y);

• Rich.; e A.;*Tb. Corn.; G A».

us IIIStTOlnE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Draper — en parlant des Figures vestuëe, on dit qu'elles sont bien drapée* {FéVib., ArchU., 563); • Rkh. ; e A.; * Th. Corn-, A».

Emboire — Oo dit qu'un Tableau est embu, lorsque la couleur o'en paroîsl pas bien ; qu'il y a un certain mat qui fait que toutes les touches ne se discernent pas bien, et qu'il a perdu son luisant (Félib., ArekiL, 576] ;* Rich.; e A,; » Th. Corn.; e A».

einbranir — l'on dit un tableau embruny : un visa^ trop embrany (Félib., ArchU. ,i61) ; O tous les lexiques.

etpargntr — (En Peinture) veut dire ne point toucher à quelque chose, comme on dit qu'il faut coucher le Ciel d'an Tableau, et etpargner let figure» et le* bnêlimeni, c'est-k-dire ne rien coucher dessus (Félib., Archit., 578); $ tous les lexiques.

mquiëier — faire une esquisse (Félib., Archil., 581 }; * Hîch.; © A. ; • Th, Corn., A».

eurythmie — C'est une apparence majestueuse, et ce je nesçay quoy d'aisé et de commode, qui paroistdans la composition de tous les membres d'un corps (Félib., Archit.. 586); e Rich.,A.; *Th. Corn.; e A».

Force — En termes de Peinture on dit, un tableau qui a beaucoup de force, et de relief. Cf. une Figure dont l'attitude est contrainte et forcée (Félib,, Archil., 598); e Rich., A. ; * Th. Corn.; e A*.

Hoarder — c'est maçonner grossièrement (Félib., Archil., 619) ; * Rich.; @ A. ; * Th. Corn. ; o A*.

Aourdsje — * Rich. ; e A.; * Th. Corn.; 0 A».

Uouelteux — teime dont l'on se sert en Peinture pour exprimer la tendresse qui se rencontre soit dans les carnations, soit dans les draperies, quand il n'y a rien de trop sec (Félib., Archil., 663j ; e tous les lexiques.

Prononcer — en terme de peinture. C'est marquer et spécifier les parties de toutes sortes de corps avec autant de force et de netteté qu'il est nécessaire pour les rendre plus ou moins distinctes (Félib-, Archil., 710) ; * Rich. ; $ A. ; * Th. Corn., A* (mais au participe seulement).

Ramender — terme des doreurs (Félib., ArchU., 716); e Rich., A.;* Th. Corn.; e A'.

repère — Les Ouvriers disent /aire an repère en une l^ne, aulieu qu'en Géométrie on dit faire an point (Félib., Archil., 722); e Rich.; * A., Th. Corn.; eA».

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