‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 163 sur 202 · LA LL'TTE CONTRE LE NËOLOGISUE M · texte numérisé non relu

LA LL'TTE CONTRE LE NËOLOGISUE M

il revient résolument, aussitôt après, à son dessein : « Un terme nous manque, nous en sentons le besoin : choisissez un son doux, et éloigné de toute équivoque, qui s'accommode à notre langue, et qui soit commode pour abréger le discours. Chacun en sent d'abord la commodité. Quatre ou cinq personnes le hasardent modestement en conversation familière ; d'autres le répètent par le goût de la nouveauté ; le voilà à la mode. C'est ainsi qu'un sentier qu'on ouvre dans un champ devient bientôt le chemin le plus battu, quand l'ancien chemin se trouve raboteux et moins court y'[Let. à VAcad., chap. 111). Ce projet fut, biea entendu, tenu pour un des plus chimériques de cet esprit hasardeux.

La dérivation impropre. — J'ai, dans les volumes précédents, classé comme néologismes les mots qui, par dérivation impropre, passent à une fonction nouvelle, ainsi les adjectifs qui deviennent substantifs. 11 faut pourtant reconnaître que ce ne sont pas là à proprement parler des mots nouveaux.

On peut donc imaginer une époque qui, pour hostile qu'elle soit à ta création de vocables, se montrerait tolérante é l'égard de ces demi-nouveautés. Ce ne fut pas le cas. Ce procédé était aussi décrié que les autres, je voudrais le montrer brièvement d'abord.

Les adjectifs siihstantivés. — Adjectifs pris au sens de >om3 ABSTRAITS. — En 1657, il était encore de mode, nous l'avons vu (tome III, 203), de substantîver les adjectifs neutres. « On les emploie, dit l'Anonyme, sans substantifs, pour exprimer les qualités des arts ou des personnes : il lui fit froid (froide mine), il se mil sur son sérieux » (37)'.

Mais Bouhours et son école montrent un désir très net de restreindre la liberté dont on avait usé jusque là. « Plusieurs... mots de cette espèce sont établis, comme le bon, le beau, l'bonnesie, l'utile, l'agréable en fait de morale ; le cray -semblable, le merveilleux, l'heroïqae, en matière de poésie et de devise : mais je voudrois bien sçavoir s'il est permis d'en faire à sa fantaisie, et de dire par exemple... VinutHeAe% dialogues... le simple et le provincial de mes écrits ». La réponse est : « L'usage doit nous régler à cet égard, comme en tout le reste : et pour ce qui est des mots tout nouveaux, je ne pense pas qu'aucun particulier ait droit de les établir» (Bouh.,

1. Cf. Avec ae piquer on emploie l'adjeclif au lieu du nom abstrait : it piquer de doeU. de eailUnt, de cavalier (Id., ib.].

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D., 47-48; cf. L. de Templery. Entr. à Mad., 1697, 47-48). Telle est la doctrine générale. Sur les cas particuliers, poin.t de continuité dans les vues . On suit l'usage sauf à l'arran^r au besoin : on renouvelle d'anciennes contestations. La aaperbe, que Vaugelas ne pouvait souffrir, coatiaue d'être discuté S et malgré d'illustres exemples ne parvient pas à se maintenir. Efficace est aussi en général sacrifîé à efficacité ^. Au contraire sérieux triomphe définitivement de sérioiité ',

S'il ne s'agissait que de donner ici des exemples nouveaux des adjectifs substantivés cités au volume précédent, rien ne serait plus facile. Maïs la question est de savoir si on en a créé. Or les nouveaux venus sont vraiment assez rares. Peut-on considérer comme tels les suivants, je me garderais bien de le garantir :

Tout en vous est de Cour, rien de Ville, Hors un petit deffaut... — Eh mon Dieu, dites-moy. — C'est dans u/i(/roiMrop grand certain je ne sçay quoy (Hauter., Bourg, dequal., a. II, se. 4) ; J'ai beau m'armer de fier, je vois de toutes parts Mille cœurs amoureux suivre mes étendards (Regnard, Joueur, a. II, se. 2); et la tante s'occupe À dire avec son froid qu'il vaut mieux la laisser (Montfl-, Com. Poète, a. V, se. 3)*.

Je n'ignore pas que chez certains écrivains tes adjectifs employés de la sorte foisonnent, ainsi chez Bossuet. Certaines phrases de lui sont faites de ces neutres : démesler le vray d'avec te faux, et le certain outeseur d'avec le suspect et le dangereux {Est. d'Or., préf., 3) ; Terence, qui à l'exemple de Ménandre s'est modéré sur le ridicule, n'en est pas plus chaste pour cela ; et on aura toujours une

1. Cf. tome lit, 131. Superbe, ea ce sens, * Pnin., DuU., G. Miege, Rich., Fur.. A., A'. Rich., A., et A> le disent propre aux matières de dévotion. — CependaDt de toptrbteUe aie ctEur boufll (Th. Com., Comte d'Org.,&. IV', se. 6] ; Pascal l'a employé plusieurs fois. — Un luperbe, les inperbei te trouvent aussi fréquemmenl.

2. Aux yeux de Bouhours, efficacité n'est pas français, il faut dire efficace (Hem., 381 ; cf. A. de B., Refl., ISS). A la fin du siicle, effiocité sera, sinon accepté, du moiot toléré. (Voir Belleg., EUg., Î8B). — * Pom. ; e Du''-. G. Miege ; * Rich., Fur. , A., A ' ; 0 Th. Cor». — Dans le seul Bossuet on trouverait des centaines d'exemples d'effieaee: te mérUe de J.-C. et l'efficace de «on Sang {Hist. des Var., 1,137); U* VaadoiM,tjui font dépendre de lear laintrtt l'efficace dei SacTement{Apoc.,6l3); Diea, qui... a permit que de si'g'raasierientpor(eine'u(deLuther)euisenf une telle efficace de iidaetion et d'erreur (Hiit. dei Var., I, 4S, etc.).

3. Pea degeTiaen ce tempe simenf le lérieax (Monfl., Procès de la fem. j. et pari., se. 1; cf. Dam. mid., a. IV, se. 5;/mpr. de l'BoUl de Condé, se. 4); Le Royd'Etpagne... reUcha da «on grand terienx poar M. le if de Tnrenne (Montreuil, CBdo., .161) ; Oui, Madame, il aime da plaa grand s^rienz du monde (Devisé, Dam. tieng., a. IV, se, 41 ; Soui un visage risnl,... elle cachait un seni et un sérieux dont ceai qui Iraitoient avec ellee$toienl sarprii [Boss., Or. fan. de M" la Dacheae d'OrUtMê, (Sd. de 169B, 110-111).

4. Le tour : ^Ire d'un drdie, d'un JMiirru se rencontre aussi : Elle eit depuia hait jours d'un Pourra qui me passe (Montfl., Jtfari s. fem., a. I, se. 3).

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peine extrême à séparer le plaisant d'avec l'illicite et le licentieux [Max. sur la Com., iii) ; toutes ces expressions, quelque effort que nous ayons fait pour les épurer, sont grossières, puisque le mena, le mince, le délié ne tombe après tout que sur des corps (£3^ d'Or., 152).

Il en emploie, et il en foi^e selon ses besoins : L'époux sacré ne dit pas toujours qu'il aime l'épouse : à la fin cela tomberoit dans le froid (Expl. de Jâ Jfesse, 149-ISOj ; notre critique a peu connu... le grave et le sérieux, qui convient à un traducteur de l'évangile [Instr. N. Test., 154}; II... n'ose livrer à l'idolâtrie que de certains lieux; ce qui n'empécheroit pas la pureté du culte dans le gros (^ Instr, sur Us Prom, de l'Eglise, 47) ' ; il y aura dans l'Eglise une nouvelle espèce de gentilïtè qui en remplira les dehors, encore qu'elle ne pénètre pas jusqu'à l'intime, qui sont les Eleùs [Apoc, 535-6) ; Le licite et le régulier le feroit languir s'il estoitpur(Afair. sur laCom., 21) ; on veut plus d'emportement dans le risible [Ib. , 141 ) ; saint François de Sales, qui enseigne que les actes de piété chassez et comme repoussez de tout le sensible se retirent dans la haute pointe de l'esprit, d'où se gouverne tout l'inférieur [Est. d'Or., 420) ; il suffisoit que le solide fust peu convenable à cet flge ( Traité de la Com., 86) ; le véritable vertueux désire le bien, non pour l'utile et le délectable, mais pour le bien roesme, . . . pour s'expliquer, il {Saint Clément d'Alexandrie) adjoûte... que ce heau, ce bon, cet honneste qu'il oppose à l'utile et au délectable, c'est le royaume des cieux ; c'est la béatitude étemelle [Div. ecr. sur les Max. des S., 157).

On remarquera les phrases où le nom est suivi d'un complément ; Il ne fera pas que la vulgate n'ait pour elle la multitude et le <:omman des exemples [Instr. X. Test., 169) ; la privation de l'exterieur de la gloire (Div. ecr . sur les Max. des 6'.. GCXV, préf.); aussi n'y en avoit-il... rien de semblable entre les Macbabées et les Protestans, que le simple extérieur d'avoir pris les armes [Avert. aux Prot., 355) ; les Calvinistes ont reconnu, aussi bien que nous, le foible de ces argumens [Doctr. catk., 113] ; elle a fait sentir au ministre le foible inévitable de sa cause {Apoc.,li5) ; qui veut découvrir le faux de la Réforme et la foible idée qu'on y a du vice et de la vertu {Def. des Var., 19i) ; il est utile. . . de descendre au particulier des diverses f/uali/ications que chaque proposition aura meri-

1. Cf. L'Etilisc... B condaroni^ tes hereli<|iic» [lar la force de leurs principes, et par itgrta de leurs ciprcsRJona \Eit. d'Or., 35).

irig HISTOIRE DE LA LANGUE FHANÇAISR

tées {Est. d'Or., 370) ; le vuidedes choses humaines se faisoît sentir à son cœur 'Or. fun. de la Pr. Palat., éd. de 1699, 304).

Mais je n'hésiterais pas & considérer que précisément nous avons Ih un des faits qui caractérisent la lan^e de Bossuet, et la marquent d'une empreinte spéciale de latinité. L'usage généra) abondonne peu ii peu l'habitude de faire par ce procédé de nouveaux substantifs.

Adjectifs bt PAaTiciPEs pris au sens de xoms de personnes. — Les décisions des grammairiens manquent sur ce point. Bouhours, à propos d'efficace, fait seulement remarquer que sacrilège et adultèresont à la fois substantifs et adjectifs ; mais il ne dit rien dont on puisse tirer une règle générale. L'Entretien à Madonle (48-50) est un peu plus explicite : » Ces sortes de licences sont deffenduës >< , sauf pour quelques adjectifs. U accepte un mdlancolir/ue, un malheureux, un chagrin, un desespéré, un brutal, un étourdi, un bizarre, un ridicule, un insensible. Mais Leven de Templerj est sans autorité ; il semble cependant qu'il traduise ici l'opinion de son temps.

Les adjectifs anciennement substantivés seconservent ',mais je ne crois pas qu'on pût apporter beaucoup de nouveautés. C'est le momen t de la voguedes « illustres » [cf. 111, 202), successeurs éphémères des précieux et précieuses {cf. Liv.,LcT. de Mol., II, 363), Il y a d'autres noms pour les gens qu'on coudoie dans le inonde : Mille dilTerentes parties formoient cette Admirable, tout l'air, l'action, la manière de parler, une langueur mêlée de retenue... la readolent sanségale {Ar. et Sim., 1, 66-67); Un bonneste homme, un fat. un jaloux, un Aisarre {Boil., A. P., 111, v. 364; cf. Sat., II, v.22); Il a l'air d'uniizarre(Tb. Corn., CAarmerfe ^ V.,a. III, se. i). Toutcela est peu de chose, et Bossuet occupe ici encore une place à part. Sur le modèle des noms anciens de fidèlen, justes, libertins, mystiques, orthodoxes, simples, spéculatifs, superbes, superstitieux, une foule d'autres pluriels nomment dans son œuvre des catégories d'hommes : abstinents, contemplatifs, imparfaits, infirmes, intolérants, parfaits, prudents, rustiques, spirituels, etc. ^.

1, Unejaloate (Rae., VI, aso, Liv. ann.) ; on veut contraindre Ut ^Uir de pr£Ur de rargenl au Roi (Id., VI. 313, /fi.;: nn McftBince»(neuirfltl,lII,367,PAèrfrf,v,1IOl),; Même aux yeux de l'injuste un injastt esl horrible (Boil.,5af.,\I, v.9S) ; des (tenu que leurs propres paroles, leurs assertionB, sans artifice et sang détour, rendent ouverlemciit complices de tous Ui vindicalifi, de touB les duellistes et de tous les assassins (Ên(r. de Cl. et d'Ead.. sas).

2. Apollonius de Ty ane. . ■ estoit dé ta secte Py tha^ricienne, et du nombre de cet ibatinens saptrilieîeux (Boss., Apoc, SHO) ; Il y a déjà quelques siècles que plusieurs de ceux qu'on appelle, myiliqaei ou conltmpUtift, ont introduit dans l'E(clise

n lan^ge qui leur attire des contradicteurs (Id., Eil. d'Or., 1 ; cf. Ib., B,

LA LUTTE COSTKE LE NËOIAIGISIIE 453

Je crois qu'on peut faire la même observation sur les participes passés. Point de théories condamnant le passage des participes à l'état de substantifs ', mais point d'exemples de nouveaux participes employés substantivement. On conserve un certain nombre de vieux substantifs de cette origine : les élus, an éveillé, an évente, un pelé, un raffiné, un déterminé. Mats on n'en fait plus d'analogues ; à peine pourrait-on noter dans Bossuet des échantillons de ce type comme : les dispersés, les tombés^.

Dans la langue courante, c'est à peine si on pourrait signaler quelques types comme ensoalané : Voire ensoutané saute mieux qu'un cabri (Boursault, Med. vol., se. 2i}; nos éveillées (Robinet, Paneg. de l'Ec. des F., \'* entrée) ; Mais vous estes un jeune emporté, qui frappez sans reconnoistre (Le Pays, Amit., 54); M. de Bautru disoit d'un jeune homme qui avoit mangé tout son bien àvintans: C'est un ruiné précoce [Menagiana, 1, 23).

Les participes présents fournissent moins encore ; les dames ont des soupirants 3 et des protestants ', il y a toujours des fendants'^, l'Église n'a pas supprimé les errants ^ i mais loin que ces mots donnent naissance à des analogues, un certain nombre d'entre eux vieillissent et cèdent peu à peu la place à des concurrents auprès

IK, 30; Dit), ter. tar let Max. deiS., 311, etc.); «e trouvant embarassé t découvrir,.. la dilTercDce d'entre l'élal des parfaii$ et dei impar/ails, il a veu premièrement que ce n'eatoit pas la charité (Id., Jb., XI, prëf.;cf. !b., LXXXV, préf.J ; Dieu n'a donné tant •d'autorité aun Et-esqueB, qu'afln qu'ils puissent preller leur voix aax in/irmei, et leur force tax oppmns (Id., Hi*t. d«i far., 1.378); oùoat pris Isi InloUrmiu niliget^ee* bornes arbitraires qu'ils reuienl donner à un pouvoir qu'ils reconnoiasenl établi de Dieu en termes indéfinis ? (Id., Aeerl. tax Proi., IbO) ; Ce sont de tels itget et de Ult pradtn» à qui Jesus-Chrisl déclare que <■ les secrets de son royaume sont cachez > (Id., Jfax. «arts Com-, 41); Les auteur» pour qui nous parlions ne sont pas de et$ groitieri ai de te» ratliqat* qui peuvent en certains cas trouver leur eicuse dana leur ignorance [Id., EU. d'Or., bi}- de sainte Terese, de sainte Catherine de Gennea, ■et de ^nelguei autres excellents ifiri(ueI«(ld.,/È., ti;c(. Ib., 185-6,189-160; Die. -ecr.tur Ut Max. des S., LXI, préf., 39i, etc.).

t. Enragé [Mén., Rem. lar Malh., Il, ISS), Denne (ld.,/b., 282, 336, 105] sont condamnés comme vieux ou bas, non en tant que participes.

3. VoilA peur ce qui regarde l' Angleterre, où l'on voit que lei àiipertes indilTérena ont trouvé le champ assez libre (Boas,, Averl. aux Prol., VI, 3, 3 10, 643) ; Ceux i|ui reniotenl la Foy dans la crainte des tourmens, s'appelloient dans le style de l'Egliae Un Tombex (Id.. Apoc., 15i).

3. Vous en aurez menti, msMieitri ta toiipirani (Rcgn., Coq., a. 1, se. 3, Th. Iltl., III. 101).

4. Carce galant qui voit ai librement Constance, Alors que je ne suis encor que prolei/an(,Étantépoui, viendra chez moi tambour battant f Montd., Fem. j. et ^arf., a. 1, -se. 3; cf. Id., Com. Pc, a. U, se. 5; Hanter., Critp. mui.,a. I, se. 13).

b. plus sage, Et craignant Dieu, que cet fendant (Richer, Ov. Boaff., 531),

5. Ils parlent d'aatret errunt qu'ils appellent Sacrsrnentaires [Hoss., Hitt.det Var., II, 151); attirer les Infidèles et ramener lei frraiu (Id., Con/". aiiec M' Ctaad«, Averl., 31). Cr. Avec vous enseijrnana tt bapliiant, ce n'est pas avec vous qui eates présent, «l que j'ay immédiatement éleùs (Id., Hitt.det Car., 1,3a).

desquels ils avaient vécu jusque là ; contredisants ' va être bientôt remplacé par contradicteurs, écoutants'' par auditeurs, regardants^ par spectateurs, connaissants ' par connaisseurs, navigants ^ par navigateurs.

Participes présents devemjs adjectifs. — La reconnaissance oflieielle ^ d'une forme variable en genre et en nombre tirée du parti-

1. M»* deScudéry {Mathiide, Prêt., 8). Ce mot esl fréquent chci Bosauel : il en faut venir lA pour Termer la bouche ttuc eonlrtdUtm (Die. ecr. lar Iti Max. de* S., B3) ; on s'imagine fermer la bouche soz contredwtt* dés qu'oo alloue un hobreÏBine ou un hellénisme { l'ers, du N. Teit., iïT).

1. Et ce jeune icoalênl, A qui je n'ai dit mot, Serait-ce mon cousin? [Montn., Coin, Po., a. II. ic. b).

3. On ne voit plus qu'une statut Qui semble encor, grinçant lea dcnls, Faire la nique aux regirdint (Richer, Oc. Zioo^., 35S). Je n'ai pas d'exemple postérieur à 1663.

i. Connaiiianf — ©Pom., G. Miege,Rich.,Fur., A., Th. Corn., A»; Littrë cite lîoasuet. Rcti, Tallemant.Cf. ô siècle... où il se trouve dei gent >i connoinaiu au mérita dt) hommet [Sorcl, Polytnd., II, e]S-fil7].

5. Je puis vous assurer. . . que. . . j'ai agi avec beaucoup de retenue. . . avec tnua le* nat>i^snls dans ce passage qui est fort rrt'qucnLc (Oui^iieine à StigneUy, 1681 , L.l.

6. A la façon dont j'ai rédigé la note 3 de la page 319 du lame III, quelques lecteurs auront pu croire que je mettais en doute la tradition d'après laquelle la règle des participes actifs fut votée le 3 juin 1679. J'ai simplement voulu constater que les Regiilre» des procèï-verhaui ne portent pas mention d'une séance cejour-U. Mais il y s lieu de se souvenir que les registres que nous avons sont Incomplets. Et il est impossible de supposer que d'Olivet, qui a travaillé sur les documents authentiques, se soit trompé en copiant la date. Le récit est exact, pourquoi la date ne le serait-elle pas? Voici le texte, tel qu'il le donne, i la page 341 des Opatcalet de diuen Acadimieien* : M, Perrault a dit qu'il étoit nécessaire d'examiner h fond la question des Participes actifs, parce qu'elle revient à tout moment. Ses doutes ou ses raisons portojent sur ce qu'il croyoit avoir trouvé des phrases oit il y en avoiL qui se déclinent, et qui gardent le régime de leur verbe, comme, le* Sa(j/re»por(ani n a panier de fleurs, ttt hoirs et ayani cnaie, une nutiion appartenante à un tet, une Requête fendante aux fin» tle... La chose bien entendue et bien discutée, on a recueilli les avis. Il y en « eu cinq du même sentiment que M. Perrault. Tous lesaulres onl été d'une opinion contraire. Ha ont dit qu'en cela il» ne Taisoient que suivre l'avis de nos Anciens, pour lesquels nous devons avoir beaucoup de considération ; car ils ont toujours posé pour une rè)cle certaine. Que les verbes actifs n'ont point de vrais participes, mais seulement des gérondifs, qui tiennent lieu de participes, gardant le régime de leurs verbes, cl se joignant avec les noms masculins et féminins, singuliers et pluriels, sans être déclinables, et sans être d'aucun genre : par exemple, l'homme craignant Dieu, tea hommee craignant Dieu; Ui femme craignant Diea. les femmes craignant Dieu, Que s'il so trouve de ces noms émanez des verbes actifs ou neutres, qui se déclinent, ce sont des adjectifs verbaux, car ils n'ont point de régime. Tels sout donnanl, donnanie, brillant, brillante, charmant, charmante. Il y en a une grande quautité d'autres. Kt quand aux exemples que M. Perrault a apporten, on a répondu que quand même il» seroienl tous vrais, ils sont en si petit nombre, que ce peu d'exceptions ne délruiroit point la règle générale, mais l'établiroit, ou la con&rmeroit. Que d'ailleurs la plupart de ces phrases, comme tes hoirs et ayans came, n'éloieut que des rBi;ons de parler purement de Pratique. Pour cet exemple, les Sulgre* porlxat an panier de fleuri, on a nié qu'il fût bon. et on a maintenu qu'en pareille phrase il ne falloit point d'i. A l'éftard de Requête (endanie. maûon appartenante, on a dit que c'ctoient des adjectifs verbaux; et que a'ils avoient un régime, ils rcssenibloient en cela à plusieurs autres adjectifs, qui gouvernent aussi le datif ; inezoralile i mes priires, docile à me* lefont, lonrd à men cris, etc. Ainsi la règle est faite, qu'on ne déclinera point les participes actif». iSigné Mezcray).

Comparez une rédaction moins détaillée, mais semblable et certainement venue de la mi'me source, dans le petit Registre des décisions publié par M. Marty-La veaux [Reg., IV, 95.) Il n'y a pas de date indiquée dans ce Registre.

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