NOUVEAUX SENS. NOUVELLES EXPRESSIONS
iMol., [II, 232. /^'c. </e« Ke»!., V. 1030-IO31|; je vous trouve bien dorlotée etbienmi/onnéelSéïigné, VI, 215; cf. V, 188; VII, lii). Voirie Lex. de Mol.
mouvement — Ce mol a un emploi élégant et nouveau, dit Bouhours : cet homme s'est doaaébieadumouDement là-dessus, en parlant d'un homme d'intrigues <jui a fait joùër toutes sortes de ressorts pour réussir dans Une afTaive {Rem., 474).— 0 Pom., Duïl., G. Miege; * Rich.; G Fur. ;* A.; e Th.Corn.; * A*; * L., qui cite Bossuet : Les effroyables mouvemenis que s'est donnés la cabale {Z,eH.yHi^(., 433); a H.D.T., llug.
myrmidon s'inli-odiiit, avec le sens de chélif : C'est bien h vous, petit ver de terre, petit mirmii^an que vous ùles... (Mol., V, 91, D. Juan, a. [.se. 2;. — O Fom.;* Duil. : xcorcio d'uomo; S O. .Miege;* Rich., Fur., A.; e Th.Coru.; ^A' : il est du style familier. — Un myrmidon de mine et d'esprit tel que tel, Se joue à moi ! (Monlfleury, Crtsp. genL, a. IV, se. 3); ce petit mirmidon de Clislorel (Regnard, Cril. du Légat., se. 7j.
Naatance — S'-Réal admet que l'on donne à ce mot le sens de disposition avantageuse de l'esprit, de l'àme et du cœur, comme dans cette phrase qu'il emprunte à Andry : une si heureuse /laisiance la rendit la passion de tout ce qu'il yavoit de vertueux à la Cour. Mais S'- Real ue saurait approuver cette autre phrase d'Andry : les Romains ont de la nsiusance pour les pièces de Théâtre. Il falloit dire du yenie (De UCriiiqae, 106-107).— Poraey seul mentionne un emploi analogue iilemploi condamné : Il n'est personne qui ait une plus belle naiai&nce pour les affaires, Nemo illo est magit à naturil factus 'jprendia negnlds.
naturel — On dit depuis qdclques années, ... c'est un homme fort naturel, pour dire un homme trop franc, et un peu simple (Bouliours, Entr., 97). -— .3 Pom., Duil., G. Miege, A.;* Rich., Fur., A».
Parler — Boubours constale que le verbe parler s'emploie très bien dans des expressions comme :p<(Wer f/u^rre, parier blaïun, etc., pour inijiquer que l'on emploie à propos les termes de guerre, de blason. On peut aussi dire parler Fouîlluuj:, pour dire : paWer avec capacité de la chasse dans les termes où en parlerait FouïIIouï. Parler Horace, parler Balzac, parier epigramine, parler métaphore sont des expressions élégantes, mais dont il faut surveiller l'emploi et desquelles il ne faut pas abuser [Rem., 237-240) • . Il constate encore que parler raison se dit, mais déplait à des personnes très raisonnables ; cependant l'expression par/erraûun sera peut estre admise,!) la faveurd'e/iten(/re raison (Sui(e, 57-38). — Les lexiques acceptent ces tournures*.
1. Cf. Tu parle [s] Précepteur de La Tuillerie, CrUpia precepl., se. 12); pour ne parler point Rontard Vendosmois (Fur., Rom. bourg,, I, Itil).
3. parti — J'ny pris ie parii de me taire ; il n'y a point d'autre parti à prendre que de pousser les choses â reïti-ejiiité, seraient des ioeu lions de nouvelle formation d'après Bouhours lEatr., 93). — * Pom,, Duil., Fur-, A., A> ; e G. Miege. - |e meilleur parti qu'on puisse prendre, c'est de s'aller jeter dans l'eau (Mol., VI, ï94, G.D., a. III, se. S); La Gèvres avoit pris le p»rti des évanouissements tSévi),'né, II, 190;. Ces expressions sont anciennes.
paner — Bouhours ainnalc comme nouvcauM deux emplois du mot : cela me patte. pour dire je n'entends rien A cela, et : on ne vous panera rien, pour dire : on ne vous pardonnera rien ;£n(r., WS). — Au premier sens patter * Pom., Fur., A-, A-.
SSO ItlSTOIRE DF LA LANGUE FBANÇAISK
pulriotc — Selon II.D.T., ce mot n'a pria le sens moderne qu'au xvni' siôclo. Littré donne des exemples du xvx' où bon palrinte, vrai patriote ont la valeur de bon citoyen. Je suppose que c'eslparces expressions que le changement s'est fait. Cf. conspirant avec moi pour l'honneur de nôtre Langue, en bons palriols [J. Godard, Lang . fr. , 212). En tout cas TeipresBion contraireà bon patriote, savoir mauvais patriote se rencontre dans une lettre de Maiarin au]comlc de Daugnon(14 juin 1648>, au sujet de prétendues intelligences entre les );eus de la Rochelle el les Espagnols : tout cela sont ehimercs. dont ces meschans esprits el maurais patriotes repaissent les ennemis (Mazarin, Letl., IH, 139-140). — Le mot e Pom., Bich., Fur., A. et A^. 11 est traduit par compatriote, son ancien sens, dans Duil. et aussi dans B. F. ; mais ce dernier lexique donne aussi : a Father, or Protector of tlie Country or Commonwealth.
paurreli!,ea terme de mépris, se met à bien des choses, comme /laorrp (A, de B., Saite, 230 et suis.) ; les précieuses emploient le mot partout (Bellegarde, Eleg., 381). — e Pom., Duil., G. Miege; * Rich., Fur., A,; 0Th. Corn. ; * A^. — Et les soins où je vois tant de femmes sensibles Me paroissent aux yeux des paurretâs horribles (Mol., [X, 6.1, Fem. San,, v. ril.52). — Voirie Lex. de Mol. pat Livet. C'est un mol & la mode plus qu'un mot nouveau.
pénétration est de notre temps, de la manière dont on s'en sert : homme d'une grande pene(ra(ion (Bouhours, Entr., 102). — G Huil,, G. Miege; * Pom., Rich., Fur., A,, A*. — l'autre prenoit l'ascendant par se pénétration (Bossuet, Rec. des Or. fan.. 1699, t96, Or. fun. de Marie Terese).
penie — Sorol relève dans les Histoires amoureuse» ili-s Gaules l'expression ; esprit qui a de la pente à quelque chose; il trouve cet emploi excellent (Conn. des bons liv., 1072,413-414). — G Pom., Duil,, G. Miege; * Bich., Fur., A.; 9 Th. Corn.; *A*. — j'ai toujours eu une pente et une inclination pour vous (Sévigné, I, 300) ; Je n'ai que trop de pente k punir son audace (Racine, 11, 323, Brit., v. 1424) ; Les hommes... n'ont qu'une foible pente h s'approuver réciproquement (La Bruy., 11, 75). Voir le Lex. de Mol. par Livet.
peuple a une signification élégante quand on l'emploie comme attribut du verbe l'Ire au lieu d'un adjectif : il faut estre bien peuple pour... c'est & dire : il faut avoir l'ame bien basse (Bouhours, Rem,, 487). L'expression n'était pas encore établie (A. de B., Refl., 405), et Richelet, le seul lexique qui donne ce sens, le signale comme assez nouveau. Renaud estime que « le mot a bonne grâce et exprime bien ce que M"" de Scuderi veut dire dans cette phrase : tout le monde est Peuple une fois en sa vie» (.Van. rfe parier, 152-153). Voir tome III, 166, paraître peuple.
pi^ce — C'est un homme tout d'une pièce, se dit depuis quelques années pour un homme qui ne s'accommode ni au temps ni aux personnes (Bouhours,
J'aybien béioin d« ton secours, Car cette Matière me pane. (Loret, 14 juin 1660, v.li-l«); Jclombedemonhaut.ettoutcecime patte (Montllcury, Trigaadin. a. IV, ■c. 10); Qu'ils trouvent... auUnt de dupea... c'est ce qui me pa»e (La Bruy., I, 268). — Au second aens, pstier * Pom., et Fur. Un sens assez voisin eiL noté par A», celui d'approuver, ■ allouer •. L'article paner est du reste un des plusétendus et des plut étudiés du Diclionnaipe. — Nous devons nous prêter aux faiblesses dea autres, Leurpaiter leurs défauts, comme ils patient tes nôtres (Regnard, Mineeh., a. I, se. I).
NOIVmUX SK>S. NOLVKLLES EXPRESSIONS 581
Entr., 97). Belle(,'ai-(lc signale l'expression avec un sens un peu différent ; un lioiume qui n'a point cle génio, qui n'entre dans rien, qui est impropi-e aux affaires délicates, ou bicu uu homme einberi-essé de sa contenance. Cette locution u'est tolérable que dans la conversation {FAr-g., 300-302). — De tous les lexiques, A* est seul à donner le sens d'homme rigide, indcxiblc, qui ne se dément jamais. — Un homme qui n'a de l'caprit que dans une certaine médiocrité est sérieux et toul r;'une piècr (La Bruy., II, 42) '.
porter — On ne peut pas dire : il est temps de vous porter patience ; il faut dii'e : vous donner patience, ou vous laisser en patience (Chapelain, Lell. à -V. Brieax, 12 juin 16CI) >.
pralii/iie — .\ndry blàmo l'emploi de ceiiiotdans une phrase de La Bruyère ; un homme pratique dans les alTaires. Versé el expérimenté lui paraissent meilleurs (Be/I., 443-444).
préconiser prend le sens de louer. — G Pom., Duil.,G.Miege, Rich.,Th.Corn.; * Fur., A. : il ne se dît qu'en plaisantant. A*. ~ Jen'ay rien apris de Veiiize, Que volontiers ja préconiie (Lorel, 23 sept. 1660, v. 205-206); Certes, il faut qu'on prA:oni:c Les Argonautes de Véniie (ld.,l"oct. 1662, v, 197-198).
produire du plaisir et de la vertu est une expression condamnée par Bary [Secr. de noÈlre Langue, 130).
promin — )l faut dire : la terre de promisaion et non la terre promise (Bouhours, Suiti-, 36r.).
Raffinement est signalé par Bouhours comme un mot nouveau [Enir., 96). En réalité 11 s'agit de lemploi figuré. — * Pom., Rich., Kur., A., A*. Le mot est dans Dull. et G. Miege, mais sans indication précise. — ses translormations (de l'amour- propre passent celles des métamorphoses, et ses raffinemenls ceux de la chimie (La itoch,, I, 243; ; ce grand raffinement n'est qu'un vice, que l'on appelle fausseté (La Bruy., I, 298): leurs grimaces savantes et ïears raffinement» ridicules (Mol., 111, 3:55, Oit. de l'Kc des Fem., se. 6j ; etc. — Raffiner lui aussi s'emploie au figuré. — * Pom., G. Miege, Hich., Kur.,A.,Aî; Buil. ne dit pus s'il accepte ce sens. — vovei,... comme tout s'est ro/'/în^ sur notre l.oii-e, et comnn' nous étions
I . pied — Doulioura signale comme asseï nouvelles le* expressions : quand on s'ett mis sur ce pied là, j« ni; le regenle pas sur te pied de bel esprit ; il est i la Cour sur un jbonp(eii(£'nlr..98V — * tous les lexiques.— je mB rcRarde aujourd'hui larcepied- M(Sévi|cné. Vin, 126); c'i'staussifur ce pi'erf-M que je ïuis votre ami sincèi-cfU Bruy.. Il, ïll) ; étant de la politique, parmi les personnes de cd sexe qui se sont mises sur te AOFijitetf.dcrairciBKUcrrcau'i survenantes I^Font., VUE, tM»,/>ii/cAe,liv. 11) ; Quand un homme n'est point lar un pied d'étourdi. Monsieur, prandi-e une femme, est un coup bien hardi (Monlllcury, Triguailîn, a.V, sc.T); Illppocralcet Galien...«ur cepied auruient esté de fort mauvais Médecins (Beian^on, Med.kla Centare. 317'. Voir le Lex. de Mol. par Livct,
3. pousser est nouveau dans une certaine sÎKnlfleatlun : Pousser les gens i bout, ne me poustes pas, pousser une matière, cela est trop poune ; on dit aussi : cela est outré (Bouhours, Entr., m). — * tous les lexiques. — L'époux ne voulut paspouixer plus loin la chose (La Font., V, 131. v. 336;; Poussons â bout l'ingrat, et tentons la fortune (Hacine, II. 5M, Baj., v. 1138); Le marquis d'abord saulTruil patiemment tous ces brocards assez communs... Enfin, on le poussa tant lï-dessus qu'il fut cnnlralnt de repartir (Fur., Rom. bonrg., 1, 11-12), La vérité est que le mol était à la mode. Voirie l^x. de Mol. par Livct.
583 HISTOIHE DR I.A LAXr.UR FRA^iÇAISE
(çrossiers autrefois (Sévigné, VI, 3M7); Forte remelte, et d'assez bon aloy Poui'telleti gens qui n'y raffinent guère (I.a Font., V, 320, v. 12-13; ; Ils... raf/ineni sur le luxe l't sur la dépense (La Bruy.. I, 302). — Raffinfur se trouve avec le sens figuré dans Fur., A.., .\'. — Que ces ra/înei/r» sont (frossiers (Bossuet. Ett. d'Or., 67).
raixnnnahlp ne s'apliquoit qu'aux personnes, aujourd'huy l'usage l'applique jusqu'aux bâtimens (I-. de Templery, Entr. à Madonte, 280). — ^ Pom., Duil., G. Miege; *Rich,, Fur,, \, ; 9 Th. Corn. ;*.\*. — un aang raisonnable, qai n'iroit point plus ïLie qu'un autre (Sévigné, V, 205-206) ; une raitannable grandeur |La Roch., I, 5'i; une lettre raisonnable (nacine, VI. 439, Lelt.); il aura déjh fait un gain raisonnable (La Bruy,, I. 263); il étoit... de grosseur raisonnable (La Font., II. t SI, v. 17); une raiVonnaibf'- compensation des peines de l'autre vie (BoHHuet, Hémission des Péché», 114). Voir te Lex. de Mol. par Livet. L. cite un exemple de Montaigne.
r-'crépir— O Fur., A., Th. Coin,, A=. Suivant Rich. les habiles maçons consult('fl ont affirmé qu'ils n'employaient que crépir. Il est commun au fiffuré. — Oui l'on dit que c'est vous qui récrépissez toutes les vieilles du quartier Regnard, Cri7. du Légal., se. 8' ; Je compterais vingt fois... Et combien la Milieu, la beauté de notre âge, A de fois en un an recrépi son visage (Regnard, Eptire V) ; S'-llérem avait été grand -louvetier, et avait vendu k Heudicourt pour le recrépir (S'- Simon, 97, 25, cité par L.).
refroidir — Bellegarde condamne l'emploi de ce mot dans la phrase, laisser refroidir une belle fortune {Elerf.. 366-367V — 11 n'y a aucune Irace de l'expression dans les lexiques' .
réfidenre a, chez M"" de Sévigné, le sens de défaut d'exercice ; J'ai le plaisir de fairu l'exercice après un an deri<!"i'</*nce(citépar Féraud) ;II a fort bien dormi, mais cet état de résidence el de ne pouvoir sortir lui donne beaucoup de chagrins (Ead., VIII, 40fll. — e tous les le\iquos>.
ivrenanl — On dit qu'une femme a du revenant, quand elle a quelque chose d'ngreable; c'est un terme nouveau et fort en usage (Marg. ButTet. .Vour. Ob*., 3'i\ Ce sens est indiqué nettement dans A*. Dans A., on notait que l'adjectif a le sens de son verbe, et que revenir se dit quelquefois pour plaire '.
1. réflulier — Rouhourssiirna le commis nouveau l'emploi de ré^ud'er dans loscxpressiors : traits du visaire réguliers, les civililcx les phis renalitres no sont pas les plus obliKt^ant^ii : un anii régulier: uao rcinme régulière Œntr.. tfll). — * Pom., Rich.. Fur., A. Il n'y a pas de rrnsei|{ncnirnl piiici* Kur l'emploi chez Duil. et G . Mietro ; *L., qui citeïiévi)më et Hamillon. — Cesbeautvs régulières qui ne louchent point (I<a Font., IV,li71:Huis-je homme qui se pique D'être ni régulier? (IJ., V, 379, v. SOS-sos)
2. rei'entr — Bouhoiui' sifcnale comme nouveau l'emploi du mol dane une phrase comme : -rela m'est revenu do plusieura endroit». Ceux qui ont le plusëLudié la langue, ti-ouvent quelque chose i dire A cett« phrase: maïs elle ne laisse pas d'avoir cours • {Enlr.. tw-Mi. — ♦ Fur., A.. A'.— f,o plus srand déplaisir qui puisiie m'amver au monde, c'est «'ii me revenait qu6 vous f te» un iudévot (Racine, VII, 141, /.e(/.' : /( nous est revenu quu le maitrc de ce lo)ris vient d'arriver d'un lonic voyage (Re);nard, Bel. impr., se. 2n\ — Bouhours signale encore l'emploi Kuivant : je n'en reviens pat, pour dire, je suiti fort litonné [Enlr., 9!»'. — O tous les lexiques. — Je n'en puis revenir, e.i tout ceci ni'lsaomnie 'Mol.. IV, 108, Tflrf..v. lâSOi ; Je ne pni« rei-enir de tout ce que j'en tend* (Ilegnard, Fol. ,int.. a. III, se, 1 '.
3. .l'ai truuvû la suivante D'un luiniiis rerertanf, et fni't iippétissantc ' Itcpiard , .«^nprA.. n, 11. se, 1\
KOCVEAIX SENS. NOUVELI.KS EXPRESSIONS S83
rèi-er prend le sens de méditer, — *Po[n, ; @Duil., G. Miege; * Rich., Fur,, A.; eTIi. Corn.; * A*.— Il fBut...fronciTlesourcit,et i-^rer à rien très-profondément {La Bruyère,!, 27S); Je vous laisse rêver sut ce d^rand événement (Sévigné, Vlir, 355) ; Allonsàce dessein r^ver ailleurs (Racine, II, 156, PUid., V. letJiDès quej'y veux r.«rer, ma veine esl aux abois (Boil.,Sa(. VH, v.27).
rire A deux mains — encore que uous eussions ris jusques aux larmes, c'estoit un rire à deux msim, nous ne laissions pas de mourir de Troid (Bussy-Rab~ , Mein., I, 72). — Q tous les lexiques. — Molière avait dit : épouseur A toutes HMJ'ns {V, 83, D. Jimn, a. I, se. 1).
route — © tous lea lexiques — Il a été employé en parlant d'une personne par Poisson : Vous aurez le foiiet en entrant au logis. Petit gueux. — Qu'ai-je fait ? — Comment, petite rosse, sans vous on auroit crû que j'avois un Carosse (Comédie sans litre, a. I, se. 31. — 11. D.T. cite un exemple de Baron {Ec. des Pires, a. IV, se. 31.
Sacrifier et sacrifier sont à la mode ; Mcrifier ses amis, je luy ay tait un grand sacrifice (Bouhours, Enlr., 93-94). ~ Le sens figuré de sacrifier est dans tous les lexiques ; sii':rifier ses biens à la patrie , son ambition à l'amitié ; celui de sacrifice O Pom., Duil., G. Miege; * Ricli,, qui juge ces emplois nouveaux, mais d'un grand usage. — Que d'amîs, de devoirs j'alloia sacrifier (Racine, II, 71, Andr., v. 639); La retraite qu'il vient de Taire est... un saeW^ce qu'il faitb son oi'gueil(La Roch., I, 21). Leven de Templery blâme:il s'est sacrifié A laJoie{Entr. à Madonte, 268). L'expression est incollé rente,
ji,'i^/je(re est pris au sens de vivacité : Cette façon d'agir tient trop de réventé,Ce salpêtre sied mal aux gens de qualité (Mon tlleury, Crisp. Génlilh.,a. II, se. 3). — * Furetière, qui signale qu'on dit proverbialement qu'un homme n'est que feu et que salpêtre, quand il est prompt k se mettre en eolère. A., A'.
scène fn rencontre dans un sens nouveau : " ce fut une étrange scène,,., il a donné une plaisante scène au publie, c'cstà dire,... s'est exposé aux railleries du monde »; mais dans ce sens, il est du discours faniiliei' (Bouliours, Suite, 1*1^170). Bellegarde range le mot parmi les termes de la convcraetion 'Ele,/., 305-306). — o Pom., Duil., G. Miege, Bicli. ; * Fur., A. ; e Th. Corn. *.V : il ne se dit guère qu'en mauvaise part. — Les malheurs de Monsieur le Grand fournirent alors une nouvelle scène (La Roch., Il, 42-43) ; toutes les diverses scènex qui se passent ici (Sévigné, VII, 215).
situation — Ce mol, qui ne se disoit autrefois que dans le propre, commence à supplanter assiéle dans le figuré : dans la silualion où sont les aiïaires. < Bouliours, Rem., 49f>). Bellegarde cite un exemple où ce mot à le sens de condition, Hat : la situation de ces gens-là [les jaloux) n'est guercs plus avantageuse que celle des insenseï (Eleg., 343). — Q Pom., Duil., G. Miege; * Rieh. ; © Fur. ; * A. ; e Th. Corn. ; * A'.
songer — Dire : « vous ne songez pas à ee que vous dites, pour : vous ne |)enaei pas, est une façon de parler fort en usage " (Aie. de Si-Maurice, Rem., 173|. Vous n'y songe: pas est une locution nouvelle de la cour, dans le sens de ; songeï-vous bien h ee que vous dites ? (de Callières, Mois A la Mode, 119; voir Schenk.o.c, 1641.
sortir de soi, vire hors de soi sont bons, mais non pas sortir de son sens, de son jugement {Chevr., Ms. de Niort, 25-27, dans Boiss.).
Terrain — Rich, le premier donne le seos figuré, en citant uncïempLe de Bensserade : oo enrerma Danaë dans une Tour d'airain, mais Jupiter coouciissoit le (errein(C'esl-à-dirc, Jupiter saïoit la manière, connoissoit le moien d'avoir la belle Danaë); *Fur., A., A'. — Le mot est signalé comme étant à la mode par Sorel(Conn, de»b. liv., 1871, 408). — Mon maître... M'envoie ici devant pour sonder le terrain (Regnard, Fol. am., a. I, se. 5'.
texture — Le sens figuré lîtait dans B. F. ; O tous les lexiques, mais réapparaît dans les textes : C'est a l'analyse, à la conduite, à la texture d'une pièce que je m'attache (Regnard, Cril. du Lfg., se. ij.
toilette — De Callières signale l'expression nouvelle : il y a eu loilelle pour dire que la Cour a vu la Reine d'Angle terre à sa toilette. On disait de même : il y a eu appartement, il y a eu canal (Mol* à la Mode, t, 2H-33 ; voir Scbenk,
tomber — On ne doit pas dire ; tomber dans la sévérité de sa justice, mais : éprouver la sévérité de sa justice, tomber entre les mains de sa justice (Houhours, D., 87-88).
touché — Bouhours signale l'emploi nouveau du mot dans une expression comme : un portrait hardiment touché. Il y« dans cet ouvrage des endroits délicatement louchez [Entr.. 102). — e Pom., G. Miege, Ricli., Fur., A., A^. Voir Hug. — On y voit des endroits heureusement toiichei fCotin, Sat. des Sat., 1666, 9, Nouv, Coll. Moliér.)'.
tourne-broche {voir p. 508) a chei Fur. et A' le sens de marmiton ou chien c|ui tourne la broche '.
lympaniser que Vaugelae ne considérait que comme mot de raillerie ill, 467) et qui signiliail publier, pci'd ce sens. — @ tous les lexiques, qui ne donnent plus que le sens de (/['//"amer. Voir Hug. et le Lex. de Mol. par l.ivet ; * L., qui cite encore un exemple de Fonteiielle : Vous ne devriez jamais vous résoudre Ji être tympanisée trois fois de suite à haute voix dans une église [pour une publication de mariage) '.
Visage prend, dans la langue comique, le sens de personnage. — * Duil., Rich,, Fur,, A., A*. — Fut dans quelque bois, ou bocages, Assailly par quatre
1. tonr, toarner — Bouhours si);na1c une foule d'emplois nouveaux de ces mot s ; tour de vieatçe, lour d'esprit, toarner bien un vers, les choses ont fourni heureusement, tourner une personne en ridicule, etc. [Unir., 88-87] . Sorel les constate également (Cotiti, dei bons Itères, IGTt, 38B;. — Kichelet dit que ce mol entre dans plusieurs expressions nuuvellcs ut tl^urûcs. — On trouvera de nombreux exemples dans le Lex. de Mot. par Livct. — Pour fournore. voir p. m,
3. tragique est un des mots dont tout le monde a abusé, derrière Malherbe. Chevreau n'eût pas voulu que d'après acanfiire tragique, coup tragique oo dit la France te fait tragique, cet homme devient tragique ^Chev.. Ms. Niort, BO-iil, dans Boiss.).
3. Vanife:, pour e.xprimcr des clioacs puériles, badines, fades, ne me paroit pas rranv'ois (Sialim. n. les Caract., 2Tj). L'.\potut;iat« de l.a Bruyère défend le mot, il l'a trouvé dans lloursaull (l.ell.. II, li) ; ^ si le Censeur n'est pas content de cet exemple » il s le renvoyé il Vu^axc " {.\pot. de La Bray., 139). — Aucun lexique ne donne cet emploi.