NOUVEAUX SENS. KOLVELLES EXPRESSIONS
vizages (I^oret, 20 mai 1656, v. 123-124] ; on me présenta k cinq ou sii vi»agei vénérablos, qui étaient assis sur des Heurs de lis (Regnard, Din., a .
1, se. i); croyez-moi, mon petit riaaj/c botté (Regnard, Fii/es err., a. I, se.
2, Th. Ital., [II, 13).
ûvacM — ■ Ce mol, qui ncs'eraployoit autrefois que pour les qualitez de l'esprit, s'applique maintenant à mille autres choses. On dit : Le Hoi avoîl pour elle la même vivacité et les mêmes soins ; les vtBacile: les plus animées ou vous rebutent ou vous lassent .. (Bellegarde, Ete/j., 261-->6Î).
L't^NSEMBI.R m; MOL'VKMEM' DC MCXIQUE ËTL'DIÉ DANS LES MOIS Ui;i COMMENCENT PAU LS A
A/iitndon el abanilonnement — l.e premier est déclaré moins en usage que le second par Riclielet et Furetière. L'A. ne l'admet guOre que dans l'eipression k l'aliandon. I.e mot était donc menacé. Mais Alcmand estime qu'il n'y «aucune raison pour le rejeter(f;.cit!., 8-11). — Voir L, ; B Hug, — 11 est très commun dans les textes: Voilà quel est l'abandon du chrcslien (Boss., EêI. d or., i2»; et. Ib.,i2i.ia, etc.). et. tome III, 135.
abâlardissemenl — GrimHi'esl eut souhaité que Furetii-re dit de ce mot, qui signifie diminution de valeur, de mérite, de bonnes qualités, qu'il n'est en usage ni sur le papier, ni dans la conversation, et i[u'il n'est connu que de peu de personnes [Camm. de Lell. car., 171-172). — © Rich. ; * Fur., A., .\*; O Hug.
abdiquer est signalé par Boursault comme un des mots « nouveaux que sans cesse afTccte » Madame Josse: On X&(/i'/ue aisément ce qu'on a de Bourgeois tMols A la mode, se. 3). C'était une simple extension d'emploi. — I.e mot © Duil., Rich. ; mai8*Pom., G, Miege, touteMs ils ne donnent que rcïpression juridi(iue: ahdii/iier son fils ; Fur. 'y ajoute: abdiquer le pouvoir, une magistrature, seule expression que mentionnent A. et \*. — Après qu'il l'eiît abdiqué (le pouvoir dictatorial)... te Consulat reprit le dessus (Bossuet. Apoc, r>47<. — Le sens nouveau n'est pas dans les lexiques.
abdomen - Benaud a remarqué qu'il manque à Bichelet(MaH.rfe pari., 542), A. l'a omis également et l'a renvoyé au recueil de Tli. Corn.
abéquer — Kenaud note qu'il manque à l'.kcadémie (^fB^. de pari., TiiO). Elle l'a renvoyé au recueil de Th. Coin. ;♦ Hich., Fur. ; O Hug.. li.D.T. ; * L.
abhorrer « ne scauroit esliv justement exclus du l>el usage, mais il ne se doit employer que dans les fortes expressions >' {Qiap., LeI. i Brieui. 17 sept. 1661). — * Rich,, Fur., .\. ; B Hug. — Les Manichéens abhorroienl le vin (Boss,. Traita de la Commun., 151) ; soumis au Pa|ïe dont en son Cfeiir il ahhorroit la puissance [Id., Ilist. des Var., 1, 3CCI.
abjection, se dit dans tes matières de piété (Rich.', ce mot vieillit (Fur.); *Pom., Duil., G. Miege. .\., .\*, — Avec combien peu d'orgueil un chrétien se croit-il uni h Dieu! avec combien peu à'ahjerlion s'égale-t-il aux vers de k terre (Pascal, Ppiw.,éd. Havet, 1, 189).
aboi» jètrc aux — ) — Bouhours constate que les expressions : " estre aux abois, rendre les derniei-s aboi» ont été transportées fort élégamment de la langue de la Vénerie dans la langue couranle •> [F.ntr., 75^ Il eût fallu
APPEKDir.E ^187
ajouter que la métaphore était très ancienne. — Tous tes lexirjacs donnent l'expression êlre aux aboi», sans la restreindre à la langue de la vénerie.
— Elle est souvent employée en parlant d'un homme à l'agonie. Chapelain (dans la lettre citée plus haut au mot abhorrer) dit qu'il préférerait de beaucoup mire aux abois k rendre aux aboi». A. et A' donnent de plus : rendre le» abois, mais seulement en parlant du cerf. (Cf. Clément, //. E»L. 4()4).
— Il sanglota deux ou trois Fois, Pnis la mort le mit aux a^oia (Loret, 7 août 16M, V. 253-256); Ah, Nymphe, je suis mort, ou du moins aux aliois {Th. Corn., Herg. exlrav., a. Il, se. 5) ; Quand prés de quelque objet vous jure/ quelquefois. Quoi qu'en pleine santé, d'être presque aux aboix (Id., Ain. A la Mode, a. 1, se, .3} ; Un nouvel Esculape en cette extrémité, Au malade aux aboU assure la santé [Rcgnard, Ep. nu M" de...) ; Il luy vint une sueur fi'oide Qui la fît mourir toute roide, El rendit les derniers abois (Loret, 2 juil. 1651, V, 165-167). — Voici des exemples un peu moins communs : ce mois, S'en va demain être aux aiois (Loret, 30 déc. 1650, v. 3-4); Dès que j'y veux rêver, ma veine est aux aboi» (Boil., Sa/. Vil, v. 27); Philisbourg est aaxaboit en dix jours malgré l'hiver qui approche (Bossue t, liée. de$ Or. fun., 1699, 487-488, Or. fan. de L. de Bourbon) ' .
aboyer et japper — Les deux sont bons, mais .\ndry préfère le premier, qui s'emploie élégamment au figuré : c'est une femme qui abhoye tous ses domestiques (ifc^. ,253). Cette préférence n'est marquée par personne d'autre. Mais Alemand ferait deux mots de aliayer et aboyer. Le premier servirott au propre et au discours ordinaire, le second au figuré et au discours public |G, d'il., 11-18). .\lc. de S'-Maurice note que abayer se dit d'un homme qui regarde quelque chose attentivement sans rien faire [Bem., 176). H confond avec bayer, béer. Puretière n'a garde de tomber dans celte erreur, où Ricbelel avait donné aussi en expliquant : aboyer par aspii-er avidement après quelque chose, l'attendre avec passion '.
abrier était cité par Pasquier comme un mot de Montaigne {Letl., liv. XVIII, 1 ; cf. Mén., O., I, 435) ; * encore dans Oudin, 1642. — e Duil., G. Miege, Bich., A. ; * Fur., qui cite Mézeray et dans Th. Corn. : vieux mot; © Hug.
— elles veulent estre abriée» du Soleil de Midy [Jard. fr., 32) ; Enfin le bon ■ Dieu noussAW-- (S'-Am., 1,454).
ahrai/pr — Terme de palais (RicU.); ne se dit guère que des lois et coutumes
(Fur., cf. A.).
al/soluloire, qui porte absolution. — © Rich., A,, Th. Corn. L'Enlerr^ remorque
cet oubli et soutient que le mot est d'usage courant (171). abilrael — Terme d'école, qui n'est admis dans le commerce du monde que si
on traite un point de philosophie. Dire un homme abstracl pour un homme
abilrait, c'est ne pas parler françois (Bouh., Hem., 469). — © Bich. ; * Fur. ;
terme de philosophie. A, ; ib., il n'a guère d'usage que dans cette phrase :
terme abstrait ou ahslrael.
abstrait, dûtrail — « Qui dit abstrait, dit une personne qui n'entre point dans
la conversation, qui ne songe à rien ou qui songe à toute autre chose, par
I . Et, de Marseille aux rioaget de Tyr. Son roiaame aboutir. Aboutir est vieux et même bas [Chcvr., Mii. Niort, 103. dans Botss.;. S . Pour abrègement voir tome TII, p. 104.
588 IIIMTOIRE DE LA lANGUE FRANÇAISE
(.'xemple, k la matiéi'e subtile de M. Des Cartes, quand on parle des nouvelles de la guerre. Distrait au conlraire dit une personne qui écoute ce qu'on dit, mais qui n'y donne pas uneallentioneotiÉi-e. Ils se conroudent quelquefois » (Bouh., flem., 4-68-470).
a/isfrift, nesedit qu'au figuré, mais se dit avec grâce (A. de B., liefl., 17|. — * Ricb., Fur., A. : n'est en usage que dans science abtlruiie, sent abstrus,
acabit, barbare pour sorte, nature (N. Berain, .V. jfîeni,, 24:1-244). — *Rich. : se dit des viandes, Fur. ; bonne ou mauvaise qualité d'un fruit. Quelques uns le disent aussi des viandes et des élolTes, A. : se dit surtout des fruils et des légumes. VEnlerr' condamne l'emploi figui-é : on Autearde cet acabit (144- 145). Voir I,., Il.n.T.; e llug.
acacia est sij^nalé comme nouvellement introduit en même temps que l'arbre (Bouh., Doiil., 35). La forme seule était nouvelle. — * Rich., Fur,, A,
académie — Fur. trouve que c'est l'employer abusivement que de s'en servir pour un bcrlan, ou un lieu public où on reçoit toutes sortes de personnes ù joiier aux dez et aux cartes. Sens accepté par A. — il vit faire de sa maison une acaifé/nie de jeux défendus (Rcgnard, Dir..a. IH, se, 6) i(Elle) Donne de grands Cadeaux, fait la grande jolieuse. Et tient Académie (Poiss., Fcm. coq., a. I, se, 6). Ce sens était déjù dans Chapelain (G. d'Atf.. III. HT. Plusieurs livres de l'époque portent le titre d'Académie dn Jeux.
'acajou — O Rîcli., Fur,, A., A' ; * Th. Corn.
acaridlre est du style simple, suivant Rich.; Fur. rappelle le sens ancien de folle; donné sans observation par A. — Le Combat futHcnri.ïire{Loret, Tdéc, 1058, V, 161) ;Les Bovd<:\ois acarùilrea (C'est encor pis qu'opiniâtres'' (Id,, 31 mai 1633, V. 155-t56 ; cf , Th. Corn., D. Bertr. de Cig.. a. IV, se. 2).
accablant — personne accablante est une expression nouvelle de la Clélie et de Ci/rtis, d'après Sorel [Conn. des h. liv., 1671,362).— e Rich., Fur.; *A.: incommode, importun.
ai'cableineiit — Le sens propre (accablcmenl d'une maison tombée) est blâmé riar A. de B, (Befl.. 18) ; cf. Fur. el A. ; ll,D,T. cite Fr. de Sales. - Au sens figuré, le mot, considéré îi tort comme nouveau par Sorel (Conn. di-a b. liv., 1671, 363 et ailleurs), est partout. — Cet accident, , . leur fut comme un accablement (Segruis, Nouv. fr., i'Nuuv.,Hi),
arcagnarJer (s') était encore dans Ouillicr; il n'est plus dans G. Miege ni Richelet ; * Fur., \., qui déclore lo participe bas ; " rude à prononcer. . . Irespopulntre el de province ", dit Grimarest [Coinm, de Letl. eu/-., 174).
aeeatlillé = vaisseau garni de ses clmlcaux, donné par Fur. sous accastillage; *Th. Corn.
accélérer, accéUralion — Ce mot est considéré à tort comme nouveau par A. de B. d'apivs lequel il n'est pas assez établi, el doit être réservé à la Philosophie [Refl.. 18). Cf. tome 111, 144.
acceptable — © Rich., A. —L'Enlerr* reproche à l'A. cet oubli (pcut-èlre volontaire) on dit très bien : ces pi-opositions sont acceptables (171 ; l'exemple est .ians Fureliére).
acceptant — O Itich., A. — UEnlerr^ reproche à l'A, d'avoir oublié ce mot nécessaire à toutes les transactions, et qu'elle -même a dû employer dans le contrat par lequel elle a cedO son privilège à l'Imprimeur (17âj
nccoter — * Rich., Fur., A. ; Rich. signolp que les mois accoler, accoler la cuUte sont vieux et ne se disent qu'en riant. — Cinq ou six fois il Vacoln (Loret, 2 juin 1957, v. 173); Asseurei-vous de ma parole. Et aoulTrei que je vousaccofe (Hicher, Ou. bouff., 69). — V.c mot s'emploie aussi comme terme de blason. — * Fur., Th. Corn. ; 0 A. (cl. VEnterr^, 173).
accommodement « n'a que deux signîflca lions en iiosLre Langue. On dit dans le propre, les accommodement d'une maison. . . On dit dans le figuré, accommotlement, pour réconciliation. Mais on ne le dit point. . . pour signifier : commodité ou interest» ; chercher son accommodement et son avantage parliculier (Bouhours, Hem,, 203-204). Alemand n'est pas de cet avis {G. ci'c, 29-3i). — *Fur. et l'A., qui donnent les mêmes sens que Bouhours, Rich. note seulement le sens figuré.
accommoder, au sens de mallrailer * Fur., A., du style simple d'après Rich. — Je veux faire aboyer tous nos chiens après lui; Avant que de sortir, je veux qu'on l'accommode [Montfleury, Ambigu com., 3' interm., 16).
accortise relégué dans le B.F., n'est plus dans Rich. ni A, ; Furetiëre le cite avec aecorlemenl dans l'article accort, en les indiquant comme vieillis, (Cf. La Mesnard., Poea., 179; Loret, 22 mars 1664, v. 213|; A» le reprend aussi, en le signalant comme peu eu usage. L. en cite des exemples de S'-Simon, et même un de Voltaire.
accostahle^ Ce mot vieillit. — Un Hommeaeeoïfaife, pour dire de facile accès (A. de B., i?e^., 20). — * Rich., Fur., A.; voir L. et H.D.T. — Cy gist qui tenoit bonne table. Doux, facile, honnête, acoatable (Bensserade, Œur., 1, 206). Cf. Richer i une belle Nymphe accoslaUelOv. bouff'., 116).
accoter (s") — incorrect pour s'appuyer (Marg. BulTet, Nouv. Obn., 29). — «Rich.: vieux mol, Fur., A.; * L., H.D.T. ; e Hug. CL tome 111, 144.
accoucher, au sens figun^, est du style simple seulement, d'après Rich. ; * Fur., A. — /accouche d'un dessein (Regnard, Li'g. aniv., a. IV, se. 2 ; cL Montfleury, Ambigu com., i" interm., 4). Bossuetdit accoucher d'un dogme, en empruntant le mot à Jurieu {Arerl. aux Prot., VI', § vjf,p. 639).
accouplement u se dit proprement de la conjonction des besles; pour adoucir en quelque façon ce mot, j'aurois mieux aimé lui donner l'épithéte de divin que celle de fatal « (Ménage, Obs.surMalh., 11,219-220). — * Rich., qui est d'avis qu'en dehors du sens propre on doit l'adoucir ou le relever par quelque épitete ; Fur., A. donnent sans observation l'emploi contesté.
accoutrement est du style simple d'après Rich. — Ce terme ne peut guéres avoir de place que dans le Burlesque ou le Stile bas, non plus que le verbe accouitrer (A. de B., Refl., 20). Il ne se dit que parmi le peuple (Fur.). U est ,ieoi (A.) '.
1. Ce dernier mot (accoustrementj est vieux et l'on ne se sert plus d'accoafremenf ni d'aceoDi(r«r. Il eloît encore bon du tems de la Reine Mai^uerite, tesmoin le sonnet de la Roque de Clermont, qui étoit le poète de cette Reine et qui l'avoit fait sur le Blason des couleurs [Chevreau, Ms. Niort, 161, dans Boiss.).
E90 HISTOIRE DE LA LA:<>r.CE FRAMplISE
accoutrer ^ au [iropre, habiller; au figvré, mallraiter . Du atyle simple dans les deux emplois (Rich.). Il est vieux au propre (Fur., A.). Fur. l'accepte au sens figuré, mais l'A. ajoute : Il ne se ciil que par manière de raillerie. — Il se rencontrait au sens propre dans Chapelain [Gu:m. d'Alf-, Ul, 437, 511;. Cf. Loi-et, lj sept. 1652, v. 115 ; 9 fév. 1659, v. 122.
accoutuntxnce, déjà discuté daus la première partie du siècIe(V'oir tome III, 10i),rest encore. C'est un méchant terme pour Marg. Buffet {Noun. Obt., 60), mais Bouhoura assure qu'il se dit plus que jamais (Rem,, ri9t]. Alemand l'approuve et siRnale le mot dans les livres de MM. de Port-Royal, chei la Rochefoucaut, l'Abbé de la Chambre. It n'y a que M. Corneille le J. qui soit hostile à ce mot (G. civ., 32-35). Renaud alOrme aussi qu'accoutumance est de nouveau en usage (.tfa/i. <!e parler, 97). — * Rich., Fur., A.
accouné, n'auroit pas dû être obmis par l'A., s'il n'a point d'autre défaut que d'estre vieuï et |iopulaire [Enterr', 173-174), — e Rich., A. ; * Fur, : bas el
accréditer ^; mettre en réputation. — * Fur., A., Rich. ne l'admet que dans le style simple. — Et, voyantcontre Dieu le diable accrédité (Boil., Ep, XII, V. 61); Son beau-pere trés-accret/iW auprès de Darius (Boas., Ilial. 1,'niv., 64) ; le plus accrédité d'entre eux (les ouvriers) (Id., Ib., 371).
accrocher est, d'après Richelet, du style simple dans le sens d'attraper par adresse, empC'cher qu'une chose ne se termine. Le deuxième sens est dans Fur. et A,
accueillir — Après que Vaugclas eût prescrit de ne l'employer qu'en bonne part, on ne sut plus du tout comment s'en servir (II, 10). Car le P. Bouhours le considêi'e comme presipie passé el ne s'employant qu'en mauvaise part [Hem., 591), Alemand croit plus sage de s'en abstenir, cependant, il pourroit entrer en mauvaise part dans le stile relevé, et en bonne part dans le sublime et le moyen, mais à condition que l'endroit soi l bien préparé (G. ciu., 40-tll. Aiidi'y constate que certains évitent de dire: il a esté bien accueilly, mais il écrirait: je me vis accuellly d'une gresle épouvantable [Hefl., 20-21). Pour Richelet, on no s'en sert plus qu'en bonne part, mais rarement. L'.\. admit tous les sens, Fur. celui de recevoir favorablement. I.e mol fut sauvé. — Il se verra en (in accueilly d'une centaine de mal-heurs (Car., Doctr, cur., 992); cf. Eli! Monsieur. — La tendresse ra'arceille (Regn., Lég. unir., a. V, se. 8) ■.
accumulation — God. le cite au xiV s. ; S Rich. ; * Fur., A. — L'on peut dire accuniu/afion de richesses (Renaud, , Van. de paW., 108).
achalanJer — Il n'y a guéres que le peuple qui parle de la sorte ; on dit accréditer (A. de B., Befl., 21). — * Rich., Fur., A. — Cette hostellerie... estoit des plus hantées et des mîeui achalandées de la ville (Chap., Gasm. d'Alf., m, 4i>4).
acheminement — Action de celui qui s'achemine ; peu en usage, dit Rich . Ce sens manque e
mouvante qui n'aceiieiHe point de mousse (Chap d'exemple postérieure IStiO.
achevé se <lit des clioses, il esL alors pris en bonne part, et des personnes, en cecas, il est pris en bonne ou en mauvaise part (Dicli. ; cr. Bouli., Rem., SOri et Enlerr', 1*7). — J'amène pour ma sœur un mari d'imporlance. C'est un homme achfv'', cadet, mais de naissance (Montfleury, Coin. Poêle, a. Il, bc. 5); C'est un àne Hclievé, blessé par le cerveau (Id., Dam. méJ., a. II, se. 6).
acoquiner est du style simple au sens de accoulumer (Ricli.). Ce sens est dans Fur. et A. Cf. Livet, Lex.de Mol., qui cite des exemples, et surtout Fnretière. Ajoutez: Celuy qui t'a donné le premier (l'aumône) t'a perdu, parce qu'il i'avoil acoquiné [P. d'Abl., ApophL, 292j.
aequél — Bérain le dislingue de coriyutrf. Celui-ci désigne seul ce qui s'acquiert pendant le mariage (30-31). — Rich. considèi-e acqaêt comme un terme de Palais ; Fur. lui donne d'autres sens : bénéfice», achats. Cr, A. — Comme terme de droit, il entre dans le Li'/jal. univ. de Regnard (a. IV, se. 6); Scarron avait joué sur le sens : Ce Roy donc que je dis, en qui seul tout abonde. Dont l'esprit chaque jour t»Hacqiiest$ QlconqaetU... Peuples, c'est vi'itre Roy [Œue., 1, en tète ; Le Roy). Voir L. et cf. : ton premier acquetl Doit estrc du moins un Bocquel (Loret, Po. burl.. 68).
acquiescer — Terme excellent, dit A. de B.,qui ledérend contre des auteurs trop sci-upuleux [Befl., i\ •. — * Hich., Fur. ; terme de juris|irudeiice ; l'A. l'accepte sans observation.
acquit patent — VEiUerr^ reproche h l'A. de l'avoir écarté, quoique ce ne soit pas un mot d'art (180). — eRîch.; *Fur. ; e A.— Ou le ti-ouvait en poésie; Mon foible esprit ne sonjje que Finances; Qa'Aci/iiitt PalenU; que Brevets, qu'Ordonnances (Scudéry, Po. <liv., 254); Vous qu'on peut dire plus de mille Beaux Courtisans, Qui briguez les acquits pattans [Airs et Vaiid. de Cour, I, 88, air de ballet. Cf. Loret, Po. burl., 31). ,
acravanler est un mot d'une terrible prononciation pour des personnes qui llatent la leur (Grimarest, Comm. de Lell. cur., 175). Voirtome III, 125.
.ic/cijr, comédien — Le premier ne se prend jamais en mauvaise part. Toutefois il se dit de quelqu'un qui a eu part à une alTaire môlée d'intrigue et d'embarras (Bouh., lient., 131-132).
action — L'b'Hlerr' remarque que le Dict. de l'A. ne donne pas !c sens de combat, bataille, qui était nouveau (181). — G Ricli., Fur., A. — On le trouve dans Scarron au sens d'exploit guerrier : Et cette dernière ac/iuii,Qui plus que le Soleil éclaire. Est comme ce grand Luminaire ConnUe à chaque Nalion {ŒuD., I, 202). L, y" action, 8, cite Pellisson. — Le sens de combat est très commun chez Bossuct : après la mémorable action de l'Isie de Hé {Bec. des Or. fun., 1099, 28-29, Or. fan. de la B. d'Angl.); il se multiplie dans une action : ni le fer ni le feu ne l'arrestent (/A., 491, Or. fun. de Condé) '.
1 . Acte vicieux — Nous dison» un homme vicieax, niais il me semble qu'on ne dit plus acte vicieux, et je n'imitcray point ceux qui le disent, quoi que nous disions : L'n ucle dtiiani Notaire .lesactes detApélrtt; l'acted'unepiiçede Théâtre, -commettre de» actes d'hostilité. Quelques-uns le trouvent pourtant fort pciiitique : et j'avoiie qu'en vers action a quelque chose de plus len^ruissant. Mais si l'on peut Tort bien dire en vers: Et nos actes guerriers. Je ne conscilleray pourtant i qui que ce soit de l'écrire en prose (Chevr., Ms. Xiorl, 109, dans Boiss.).
S92 iiistoihk df. la lamiuf: française
aclaellemenl — Le seul sens coniiudeHich. estene/fel. Même chose dans Fur. et A. V Apothéose observe qu'il est synonyme de pi-esenlenient (33). L. cite Bossuet. Mttis dans tous les exemples que j'ai l'emarqués chez cet auteur, ncluelleinenl é(iiiivaut à en efîet, en réalité.
adapter, mol un peu vieux, on dit apliijuer (Itich.) ; * Fur., sans observation, A.
adhérer est du style simple, suivant Rich., Fui', dit qu'il n'est guère en usage au pi-opreque dans le dogmatique et en Médecine. Il accepte auflguré : adhérer aux llereliques. L'.\. donne les deux sens. — Etc'esl le bruit où plus j'adhère (Lorel, 8 août 1054, v. 180' ; la cliair a une partie de l'esprit qui luy adhère (Boss., Eal. d'Or., 197^ ; pour adhérer à la vérité [Id., If)., 1ÏÏ3).
adirer = égarer — & Rich., A. ; * Fur. comme terme de Palsis. VËnlerr^ regrette que l'A. l'ail oublié (183; ; * Th. Corn.
adjudicataire — * Rich. : terme de palais. Fur. ; -3 A., Th. Corn.
adonner — h'Enlerr^ signale un vieux sens, écarté par l'A.: Je vous prie de passer par là, si vôtre chemin s'y addonne (182) ; O Rich., A. ; * Fur.
adalateiir,ma\gréson ancienneté, est presque considéré comme un néologisme. — Ce mot est unpeuhardy, il est meilleur en Poësie qu'en Prose (A. de B., Refl.,Z2.) M. Desmaretï ne peut souffrirce terme qu'il ditestre éeorché du Latin, ...a(/u{Afeurcsten usage dans nos Livres, et M. Ménage soutient avec raison qu'il est fort bon et fort François (Alemand, G. ciu., 62-63. Cf. Def. du Po. lier., H'). Le mot parait encore peu établîà Renaud I Man.de parler, 51^), et Bellegarde ne sait si les dames l'entendent bien {F.leg., 205). — *^Pom., Duil., B. P., Fur. : ce mot n'est gueres en usage qu'au pays Latin, A., A*. — Ni lade adulateur, ni parleur trop sincère (La Font., Il, 13-3, v. 35) ; adulaleursk outrance (Mol., 111,413, Impr., se. 4). Alemand cite Boileau; Du Tiran soupçonneur pâtes adu /a /pu es {O. Civ., 62|.
adulation est discuté comme le précédent. A. de B . accorde qu'il a souvent de la grâce en prose {Ilefi., 32) ; Alemand l'accueille et cite en exemple Bourdaloue, mais il reconnaît que te mol, comme celui d'adulateur, a n'est gueres propre pour le discours ordinaire et familier .i (G. ch., 63-64). Beltegardeen jugecommed'adiifafeur, etciteS'-Evremond(£';ej.,265). — *Duil.,B.F., A*.
aduite pour brûlé, n'est d'usnge qu'en Médecine {A. de B., fle/ï.,32). — * tous les lexiques, mais à partir de Rich., il est noté comme terme de médecine. ^ C'est avoir le sang trop aduste (Loret, 25 mars 1662, v. 255); ...D'un sang adtiate Proviennent quelquefois ces inégalités (Le Boulanger de Chalussay, Elomyre hypocondre, a. II, se. 6). Cf. tome III, 192.
adverlance n'est pas en usage, quoy que, in a Jrertance y soit (A, de B., Refl,, 32). 1 On n'a pas besoin d'estre averti que ce mot ne se dit pas <• [S'-Rétl, De la Crit., 324). — * Pora., G. Miege, Th. Corn. : vieux mot ; 'L., Suppl'.
a^ré s'étaiLemployé ausensd'a^rien. — Maison ne fait point mention Combien cette aparution Eut dans la région xrée De subsistance et de durée (Loret, 27 oct. 1663, V. 133-136) ; ...cette nftme aërée, Si blême et si peu purpurée (Id., 19 fév. 1661, V. 249-250). — Ce sens n'est plus dans aucun lexique. Quant au sens de : exposé en bon air, qui se trouve donné par Fur., A,, A*, il est contesté par Rich. ; il faut dire une maison qui est en bel air.
APPESDICE 593
affable et affahililâ ne sont plus guère dans le commerce des gens du monde, ils ont été remplacés par honnête et honnêteté [de Callières, Bon et maav. us., 173 ; voir Schenk, o. c, 4-5], Bouhours les accefitait, malgré Patru [Suite, 184], — *Pom., Duil., G. Miege, Rich. : un peu vieux. Fur., A., A». — Ces a/fables donneurs d'embrassades frivoles [Mot,, V, 446, Mû., v. 45); Lui, parmi ces transports, affable et sans orgueil, A l'un tendoil la main, flalloit l'autre de l'œil [Racine, III, 689, Alh.. v. 1525-1526).
affaire et goût — On ne se sert pas seulement du mot à'affaire pour exprimer un combat, on s'en sert encore Tort heureusement pour l'amour ; et quand un homme galand dit : J'ay une affaire, cela veut dire parmi les Courtisans, J'ay une galanterie ; ils font encore différence entre une a/faire, un goût, et une passion, ils entendent par uiip affaire, un commerce réglé, et un attachement d'une longue suite, et par un goût, une simple inclination et un amusement passager qui ne détruit point une véritable passion (de Callières, Moti à la Mode, 15-16; voir Schenk, o. c, 4-5). — affaire, en ce sens, *Rlch., Fur., .\. et .\'. Quant eu mot goût, il ne se trouve pasdans les lexiques avec ce sens particulier. — ces femmes qui croient que le péebé n'est que dans le scandale, qui veulent conduire doucement tes affaires qu'elles ont surle pied d'attachement honnête, et appellent amis ce que les autres nomment galans (Mol., 111, 404, Impr., ac. 1). — Dans un sens très voisin de celui qui est indiqué pour le mot goût, on trouve : 11 y a encore un nigaud de Normand... qui a du goût pour moi [Regnard et Dufresny, La Foire S'-Germain, a. I, se. 2). On pourrait ea rapprocher l'exemple d'A' : il a beaucoup de gouêt pour cette personne là.
affaler —Jal, Otos». naut., dans 11. D.T. ; *Pom., Fur., Th. Corn.
affamé — Dans Bary on trouve souvent l'expression : chute affamée pour désigner une iîn de période trop brusque. 11 reproche à un auteur â'affamer la diction en supprimant trop de mois qui ne sont pas indispensables (Secr. de nottre Lanij., 151 ; cf. 149, 155). — * Fur., A., A». — N'entendre pour tous vers qu'une prose a^a m ée. Pleine de quolibets, et pauvrement rimôe (Montn., Proc. Fem.juge et part., se. 2) '. affectif n'était pas accepté par Bouhours, malgré le livre de la Théologie affectioe [Suite, 33) ; Andry lui reproche d'avoir confondu deux sens dilTérents : '1 affectif esl ce qui produit des sentimens touchans, affectueux est ce qui contient les affections mêmes ou qui les exprime » [Suite, 8). — * A. r son plus grand usage esl dans cette phrase, théologie affeclii:e ; A' ; n'a guère d'usage qu'en parlant des choses de pieté. — Quelle oraison donc encore un coup est en péril ? est-ce celle qu'on nomme affective, à cause qu'elle s'exhale comme un encens en pieux désirs, en saintes aflections (Bossuet, Die. ecr. sur les Max. des S., 48) ; vingt femmes... qui croyoient chacune être en droit ■ de l'embrasser. Cela lit une confusion,... une sulTocation. .. tout cela soutenu parles tons les plus hauts et les paroles. . . les plus affectives qu'on puisse imaginer [Sévigné, 111, 469). affection — Bouhours ne veut pas qu'on joigne un verbe à affection et qu'on dise : j'ai une grande affection de vous servir j il faut dire : une grande pas-
1. Chevreau trouve fort belle la figure affamée de mai«acret,qui est dans les meilleurs auteurs de l'Antiquité (M«. Niort, 83, dans Boias.).
Histoire de la Langue françaite. IV. 38
sioii (I>., TS-'S). — I. '(.'X pression os t adrniïc par A. — A. île H. signale un emploi particulier du mot : il se prend aussi quelquefois pour les qualitez et les changemens différens, qui arriventaui clioscs, comme iors que l'Auteurdes Réileiions sur la Physique dit : on a h-ouvé l'art d'observer toutes les didérontes affection* de l'air par le Thermomètre (liefl., 3ij. — t^ sens n'est dans aucun lexique. affectionner est accepté par Bouhours avec un nom de chose pour complémenl (Bem.,29). — *toua tes lexiques, —c'est une nlTairequelle ayfwitonne eilrî'mement(La Roch.,lTI, 27). — Bouhoui-s trouve mauvais l'emploi du mot avec un complément de personne, surtout quand il s'agit d'un supérieur {Rem., 29 et suiv.j. — * tous les lexiques, sauf Duil. — Enfin Bouhours cite un au e sens celui d'intéresser, ainsi : « les faiseurs de comédies doivent affe onne es spectateurs h leurs principaux personnages « [Ih. , 3U]. — Ce sens e ous les lexiques. II. 1). T. en cite uu exemple du P. André au se e
aff e lieuse en — Vaugelas lui préférait affeclionnénienl [voir lome III, 350;. Bouhou s 1 accepta (Suite, 23/, mais ce ne fut pas la iln des résistances : cm le signale parmi les mots qui ne sont plus en usage (L. de Templcry, (len. et Pot., 226). Aui|yeu!i d'Alemend c'est un mol qui se dit, mais qui est douteux. {Nouv. Rem., ;iOit. — *Pom., Duil., G. Miege. Fur., A., A^. afficheur — Ricli., dans H. D. T. ; * Fur., A., dans les additions, A^ af/ier — assurer, n'est plus que dans le B. V. — Je vous affie Et certifie (La Font., VllI, 442, v. 37-38). — H.D.T. indique aussi le sens de se confier et cite TiancovTl {Opér. de Vill.,sc. 6).
affiner — surprendre par quelque finesse— En ce sens, le mot est signalé comme bas par l'Académie ; * Pom., G. Miegc, P"ur., A., A*. — Pour Un que vous soyez. Monsieur, on vous affine [Th. Corn., Am. à la Mode. a. III, se. 3^ : notre roaiti'i' Mitis Pour la seconde fois les trompe et les affine {Iji Font., 1, 2S7, T. 35-36) ; C'est un grand cas quand on m'affine (Id., VII, 130, v. 81). affiuiT— Quelques-uns évitent ce mol, comme un peu vieux ;... affluence néanmoins est fort bon [.\. de B., Refi., 39). Grimarest reproche à Furctière de dire: les délices af/luenf d&uA la Gourde France {Ctimm.de l.etl. i-iir., 177;. — *Pom., Duil., Fur., A., \'.
affoler avait été soulenu par M'" de Gournay : Que logerons-nous... eu eschange d'affoler, qui sonne par fois aulre chose que forcener {0., 427. Voir tome III, 1-iVi. Le mot se maintint. Mais il perdit son sens de blesser, qu'on li-ouve encoi-e dans Pom., Duil., G. Miege, et qui est indiqué comme hors d'usage par Fur. — 11 m'a... toute affolée {La Font., V, 374, v. 169) ; Mais prends garde, je te conjure. Qu'il ne t'a^ofe la fressure (Id., IX, 182, v. 18-19). — Hichelet dit : mot vieux et comique, pour dire blesser, mais il ne donne que l'expression : a;^o(^ d'amour. Dans ce sens figuré, * Duil., Rich., Fur., A,, A^. Ces deux derniers lexiques ne l'acceptent que dans le style familier. Pour les exemples, voir le Lex. de Mol. par Livet. Furetière donne aussi le sens de devenir fou : il y a longtemps que cet homme a l'esprit déréglé, mais il affole tous les jours. En ce dernier sens A. et A* disent affoUr, el réserientle mot au style familier.
a;/'ourcAer= enfourcher — Là-dessus arrive Homule,Qui.., A^otircAe une quin-
lus les lexiques, sauf Fur., qui le
offre* est un mol hors d'usage ot connu même de peu de personnes (Grimaresl, Comm.deLtt. car., 178). — * Pom., Duil., B. F., Fur., A.: il vieillit, A*:id. ;* L,, qui cite S'-Simon ; — après les »fre$ ds la mort, elle ressentit toutes les horreurs de l'enfer (Boasuet, Bec. de» Or. fun., 1699, 327, Or. fun. d'Anne de Gnnzague). Voir tomp III, 144.
a/frioler est signalé par le Dicl. des Ilalles (80). — * Duil. : vieux et bas, B. F., Fur. : populaire, A. ; bas. A* : id. — en peu de temps il y futfort affriolé (Fur., Rom. bourg., I, 161) ',
affronter avait eu le sens de ; offenser, insulter. — * Duil., G. Miege. — Est-ce courageà un homme mourant, d'aller,... a/fronleraa Dieu tout-puissiinl(Paecal,Peni., éd. Havet, II, 107 ) ; Je sçai que toutes deux ont droit de m'épouser; Mais qui dois-je choisir, Qui puîs-je refuser? Il faut qu'une des deux souffre que je l'affronte (Quinault, les Rwale$, a. V, se. 61. Les exemples fournis par Hug. et par Livet dans le Lex. de Mol., se rapportent presque tous au sens de mystiGer, tromper.
affubler est considéré comme vieux ou burlesque par tous les lexiques h partir de Rich..* Pom., Duil., G. Miegc. Fur., A., A^ ; *L.. qui cite S'-Simon, H.D.T., La Fontaine et Ch. Perrault. —Aj^utl^: une mariée de villaged'un manteau royal... elle en sera seulement plus ridicule (Colin, Crit. desinlér., 1666, 53, Nouv. coll. Moliér.); Il veut auparavant que d'affubler le (roc... (Baron, Le Jaloux, ac, IV, se. 11) ; Ce Protée aussitôt s'affuble d'un surtout (Regnard, Ep. au M'> de "•). Voir tome II!, 144.
affût — Etre à Vaffûl est une expression basse dans le style figuré (Bellegarde, Eleg., 139). — e Rich.; *Fur.,A.. A»; *L., ll.D.T."; e Hug.
«//■(licoH (L.et H.D.T.le donnent BOUS la forme a/fâliau); Q tous les lexiques. C'est un mot patois : Je nesçaurois trouver vos a^uï(eaoa;(Hauteroche,Criap. med., a. Il, se. 6).
.■î;/e — " Avec l'.ige ne se dit qu'au sujet de choses un peu considérables-., s'il ne s'agissoit que d'une bagatelle, ce seroit parler fort improprement, que de dire qu'on l'a apprise avec l'âge : comme de dire, par exemple, avec l'Auteur des Remarques nouvelles, qu'on a appris avec l'âge, qu'aucun terme ne pouvoit exprimer ce que sigaiBe temporisement ; ai'ec le temps eut été meilleur dans cet exemple •> (A. de B., SuiU, 13-14),
agence — Fur., dans H.D.T.; e Pom., Duil., G. Miege, Rich.; *,A„ A*;
* L., qui cite Massillon et S'-Simon.
agenda était nouveau (Voir tome 111,218). — o Pom. ; * Duil. ; 0 G. Miege;
* Rich., Fur., A.. .\ï. — Mais je n'ay ni billet, ny mémoire El, depuis long-temps, je n'ay vu Mon Agenda si mal pourvu (l.rfîret, 13 mai 1662,
V. 13-15); N'ayant jamais eu, comme aucuns, D'Agenda», ny de lieux communs (Id., 13 oct. 1663, y. 31-32).
aggraver =: rendre plus pesant — * Pom., Duil., G. Miege. Le mot n'est plus donné par les dictionnaires postérieurs qu'au sens de : rendre plus
1. Le mot est sous priant/, après a/friaadi, mais il a ét^ oublie dans la table.
grave. — les yeux encore aggravât Jl.a Font., IV, 3S2, v. 411); Pourquoi a^jfraueî-vous voire fardeau î (Bossuet, Pentée» dHachfe», 12, dans L,\
Agnès — Le nom devient synonymed'ingéaue — Siivigné, 813, dans H.D.T. ; ■^ tous tes lexiques-
agrégé= las, monceau — L'auteur de VApolheoge soupçonne ce mol, du moins en ce sens, de venir du pays latin et des écoies de la pédanterie. Dans le beau monde, on ne dit jamais un aggregé de bled,tnah un lai de bled. En fait, ce mot ne s'emploie qu'au figuré, avec le sens d'associé : Monsieur tel esl aggrtgi au Collège de Médecine (36-38).
agrouper est un ternie de peinture, mais r/rou/icr est plus usité depuis quelque temps fBich.); © Fur., A. — Les contrastes savants des membres agroupén (Mol,, IX, 345, Gloire du V.il-de-GrAce, v. 116;. Le mot était dans les lexiques de la première partie du siècle'.
aguet (Voir tomo EH, 144). — * Pom., Duil., G. Mie^e, Kich, avec f, Fur., A*. Le mol est donné par A. dans la table, mais il ne se trouve pas à sa place sous gufl. — ... à toute heure Son Eminence... Fournît, pour le Siège susdit. Malgré les aguelt aversaires, Toutes les clioiies nécessaires (Lorel, 24 aoîit tC58, V. 234'358] ; ... un coup du mousquet, Qu'un Dunkerquois tira, d'aguet (Id., 22 juin 1658, v. 170-180); Exposée aux aguela des rusés séducteurs (Mo!., m, 200, £c. des F., v. 546j. Voirie /,ear. de Mol. par Livet.
aguimpé — La Font., Contes, Ma:et, dans II.D.T. ; G tous les lexiques; c'est un arcliaïsme.
s'ian (Voir tome III, 144). — Peine qui Tatigue le corps, et qui fait quelquefois pertlre l'haleine, n'est guère en usage que parmi le peuple de Normandie (Grimaresl, Conim. Je Le(. cur., 180). — *Duil., B. F., Rich., Fur., A, : bas, A^ : id, — El ({ue le vent de son haleine Qu'il poussait d'ahan et de peine (Richer, Ov. bouff., 609). Il était très commun chei les burlesques.
ahanner donne lieu à la même critique de Grimaresl. — * Duil., B. F., Fur., A., Th. Corn. ; ahaner la terre, sous ahanabk, A',
aider — La formule du serment : le rrCaist Dieu n'est plus que dans Furetière qui le donne sous In forme : ainsi m'aixl Dieu. Cf. ses Facfums, (1, 313.) On trouve dans B.F. la forme mëdiea. C'est un juron qu'on ne comprend
aigrefin =: chevalier d'industrie — H. D. T. cite à tort comme premier exemple, 1698, Dancourt, Curieux de Compiègrte; © tous les lexiques. — Les Caries dans leurs mains sont d'abord corrompues..,; Quels aigres-fins, tu-dieu [Poisson, Fem. coquet., a. II, se, ');... Je l'ai laissé là-bas Avec ces aigrefins que je mène b l'srmée; Qui lui soutient au nez du labac en fumée (Monttleur>-, Fille Capil., h. V, se. 3); Où prendrons -nous Un aigre-fin bien dru, dont la mine soutienne Ce que nous prétendons (Id., Trigaudin, a. IV, se. 2).
I, Livet signale le mot dans Rich, bous groupe; il est cïacl qu'il s'y trouve avec la remarque citée plus haut, maisagrrouper flpure uiissi à sa place alphabétique, LeB.F. donne bien s agrouper, mais le traduit ainsi : a horse lo knil and gatlier himieir close logethcr, as if he would yerk ont bchinde ; comme ou le voit, l'a^rouper est mis ici pour : «'accroupir. Voir d'ailleurs au mot To knil ; The horse knils, i, e.draws uplhe hinder parts, le cheval l'accroupil.
APPEMÏICE 597
aimer mUiij: et aimer plus — Rouhours n'acceptflil pas le premier comme teime d'amitié, mais seulement comme synonyme de préférer, sans aucune idée d'amitié. Celte opinion parut en général subtile et inexacte (Ménage, O., II, 158 et suiv.; Alemand, G. civ., 84-S9). Renaud ne sait pas si Von pourrait dire aimer le mieux au lieu de le plus (3fan. de Parler, 513).
air (Voir Tome III, 66, 260). — Le mot continue d'être à la mode; de Callii'res cito de nombreux tours : cela a l'air de qualité {Mots à la Mude, 64j voir Schenk, o. c, 6-7) ; messieurs du bel air {ib., 75 ; voir Schenk, o. c, 19) ; du tabac de bon air [Ib., IH7 ; v. Schenk, o, c, 24i ; de l'air dont je suis, je ne puis avoir vu ce temps-là [th., 50 ; v. Schenk, o. c, 64-65) ; se donner des airs [Ib., 71 ; v. Schenk, o. c, 55}, etc. Cette vogue avait été constatée par Bouhours {Enlr.,9i); au temps de Leven de Templery, 6ei air est devenu archaïque {,Ge/i. et l'oL, 33), — L'expression lerfonfter des airs n quand on ne met rien au bout, usée à la Cour »... avoit passé aux femmes de la Ville (de Callières, jVofï jWa .VoJe, 71 et suiv. ;v. Schenk, o. c.,55). — *tousles lexiques. ~ On trouve des exemples partout. Voir Ilug. et surtout le Lex. rfe Mol. par
Andry distingue entre les trois mots air, manières, façonn. " Air veut dire je ne sçay quoy qui paroist en un instant que la nature donne, el qu'on ne peut bien définir- les manières font entendre que toutes les paroles, et que toutes les actions de la personne à qui on les attribue sont agréables, plaisent et doivent plaire... Mais pour avoir les manières charmantes, il s'en faut faire une heureuse habitude. La raison y a sa pari, et la nature toute seule ne les peut donner;... Les façons ont un grand penchant à esire prises en mal... Et je mettrois volontiers les façon» avec les minauderies [Hefl., -■93-4).
ai.i, planche de bois — K Paris les Menuisiers se servent plus communément du mot de Planches,... les Charpentiers... de Ai» (Félib., Princ. de VArehit., 465). jlian'étaît-ilpas plus poétique? C'est lui que préfère Boileau :Sal. Vf,v. 33;/l./.o''(., III.v. 73; Lutr., ï,v.ièi ; IV, v. 227 ;V, v. 206). — * Rich., A.; e Th. Corn.;* A*.
aisancf — Plusieurs personnes du monde se servent de ce mot, et entendent |>ar là un air aisé et dégagé... On dit aussi, si on en croit le Dictionnaire univei-sel 1 Donner de Vnisance à quelque chose.. . Aisance signilie encore commodité : ...des devoirs qui ont rapport aux choses d'où dépend l'aisance de la vie, ou <|ui peuvent luy donner de l'éclut. 11 y a pourtant des gens délicats '[ui ne peuvent souffrir ce mot h cause de la signiGcatîoa qu'il a au pluriel (Bouhoura, Suite, 279-280). — Au premier sens*Pom., Duil,, B. F., A=; au second sens* Fur., qui donne aussi le terme de pratique ai»ances el dépen~ dances. Le sens du fortune n'est que dans .\<.
%inâ — Selon Rouhours, c'est un mot nouveau dans l'acception suivante : un es[>rit ai»^, des versais*':, une taille ais^e [Entr., 101).— * Pom., Duil.. Hich., Fur,, A., A'. —Lui seul des versatsé» possède le talent {Mol., IX, 124, Fem. Sav., v. 766) ; elle a l'esprit juste et aisé { Sévigné, VIII, 413) ; ... de quelle manière aisfe, ... il m'a bien voulu raconter (Racine, VII, SG, Lell.).
Aité à s'emploie où nous emploierions facile à : Monsieur le Prince n'étoil pas si aisé à satisfaire < La Roch., Il, 132) ; si j'étois aussi aisée à succomber
598 KISTOIRE DE LA LA.NGL'E FRANÇAISE
il l'envie de vous enleadre (Sév., V'I, 237) ; je suis fort aii^ à vivre (Regnard, Coquette, a. II, se. â].— *Duil., Bich., Fur.; e A., A',
Aisé de est hors du bel usage, il fout dire ; il est Tacile de (Marg. ButTet, Nouv. Obi., 48). — * Pom.. Doit., G. Mlege, Rich,, Fur.; 0 A., A». — Il n'est pas si aisé de se faire un nom par un ouvrage parfait, que d'en faire valoir un médiocre par le nom qu'on s'est déjà acquis (La Bruy., I, 114).
Aiié au sens de riche semble avoir déplu aux puristes. Richelet ne le donnepas;et A. de B. dit : «Ce terme se dit quelquefois, c'est un Bourgeois 313^ >■ (fle/ï., *2). — * Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A'.
ajuster lu' — ) est blâmé comme vieux par Marg. Buffet {Noue. Obs., 41). ■ —
* tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Pour plaire k César allez vous ajuster (La Font., VII, 368, Ragot., v. 1019). Voir le Lex. de Mol. par Livet et llug.
ajutage — t'vT., dans H.D.T,;*A,, Th. Corn., A*. Tb. Corn, donne le pluriel, A. le singulier. Le mot est donné au pluriel seulement sous la forme ayni:tages par Fur.
alambiquer n'est" d'usage qu'au D)furéburlesque><:alam£(9uer son esprit, mais on ne dira pas alambiquer des herbes (A. deB.,i}e/7., 43). — C'est aussi l'avis de A. et de A' qui ne l'acceptent qu'avec le pronom réfléchi. Au sens figuré, le mot est dans tous lesleiiques, sauf Fur. et Th. Corn., qui l'ont oublié. — Sans nous aiambiquer, servons-nous-en (Mol., I, 195, Et., v. 1340); il faut donc alambiqver son esprit dans ces questions (Bossuet, Atert. aux Prot., VI, g XIII, 886). Voir le Lex. de Mol. par Livet et llug.. Au sens propre * Pom,, Ouil., G. Miege.
allègre csXaa peu vieux (Ricii.). Le mot est cependant cité par Bary ; l^s valets de pied ont les jambes alaigre*(Secr. de nostre Langue, 444). — * tous les lexiques, sauf Th . Corn . — Mon corps est un peu plus altaigre, El je feray, vendredy, maigre (Loret, 7 oct. 1662, v. 227-228): Pour s'échapper de nous. Dieu sait s'il est aHat^re {Rac-, 11, 148, Plaid., v. 43).
albâtre, au figuré est signalé comme poétique par Rich. et A>, maïs Rich. en même temps le déclare un peu vieux. Les expressions du genre de : sein d'atbAtre, sont condamnées par Bary, " parce que c'est une louange qui est tirée d'une chose vulgaire " {Secr. de naslre Langue, '30i-30i), — ♦ Rich,, Fur., A*; * H.D.T., qui cite La Fontaine.
»lbunt — 1704, Trévoux, dans Il.D.T. ; Q tous les lexiques.
alcoviste — 1660, Somaize, Dict. des Préc, dans Il.D.T. ; G tous les lexiques.
algarade signiGail autrefois : course imprévue sur l'ennemi, aujourd'liuy il signifie seulement injures ou insultes (Pur.). Les autres lexiques ne donnent que le dernier sens. — C'est, dit-il, par la cheminée. Qu'il faut tout soudain s'évader Ce qu'ils Grent sans marchander, Craignans toujours quelque algarade; En suite de cette escalade {Loret, 1" mai 1655, v. 176-180;.
aliénable — Il.D.T. cite à lort comme premier exemple Fur.; * Duil., A., A'. D'a'près A . , il se met d'ordinaire à la négative .
atiéckement {Voir tome III, 167). — Bien que le mot déplaise i certaines personnes, A. de B. estime qu'il peut s'employer tres-élegamment (ite/î-, 43). —
* Pom., Duil. avec -J-, G. Miege, Rich. ; un peu vieux. Fur. : ne se dit qu'au
APl-KNDICE B99
figuré, A. : se prend [oujours en mauvaise part. A^ ; il vieillit. — Des Gens de la Reine Christine... Pat des alléchemen» divers Furent receus k bras ouverts (l.oret. Il mats 1656, v. 22-29).
.ii/f'gr«anc« = soulagement— * Pom.,B. P., A. : vieux, A*: i<l,;* L,, IL.D.T., Hug. Voir le Lfx. dr Mal. par Livet ' .
aller, rcnir — Ménage distingue entre les deux mots : Mer « se dit du lieu où l'on est à celui oii l'on n'est pas. l'eni/-, se dit aucontralre du lieu où l'on n'est pas à celui où l'on est. » ... : Voulez-vous venir en Anjou, avecquc moi? On emploie aussi venir quand on parte de l'endroit où l'on demeure : Viendrez vous mécredi à la Mercuriale? (O., 1, 180). Andry fait les mêmes distinctions; toutefois, pour lui, venir peut bien s'employer quand on n'est pas sur le point de quitter le lieu : j'iray dans un an à Rome, voulez-vous venir avec moy? {A. de B., Refl., ii). Ménage et Andry sont d'accord pour distinguer entrey'ai été, qui indique un déplacement passé : fai été à la messe ce matin, et Je suit allé, qui indique que l'absence dure encore : Madame n'est pas ici, elle est allée à la messe.
il y va =^ il s'agit — Vaugelas voulait qu'on dit: C'est une affaire où i7 va de mon honneur, plutôt que : c'est une affaire où il me aa de Ihonneur. Alemand l'approuve, et constate que dans cette signification le mol est nouveau et ne ligure pas dans les auteurs du xvi* siècle {Nouv. Rem ., 261-262). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. D'après A', quand dans cette signification on se sert du i< futur du subjonctif » iroil, on supprime la particule y. — L'emploi de l'expression était plus étendu que de nos jours : Une va enfin que de mourir seul {Segrais, Nouv. fr., i'"" nouv., 198} ; A jouer un tel rôle, il y va trop du mien (Montlleury, Com. poète, a. 11, se. 3}; une dispute où il y cadu tout pour la religion (Bossuet, Div. ecr. sur le» Max. de» S., H) <.
allobroge ~ Riclielet est seul à donner ce mot avec le sens de grossier. — Renaud le signale comme omis par l'A. (.Van. déparier, 540). A* l'a mis aux additions.
allure, au sens non de marche, mais de manière, tournure, est signalé par Boursault : Vous nous offrez des gens d'une agréable allure {Mots à la mode, se. 4). — Ce sens n'est dans aucun lexique ; A' dit cependant : au pluriel allure se dit BU figuré de la manière dont un homme se conduit dans une affaire,
altération — Selon quelques personnes, altération, au sens de soif, ne peut s'employer qu'au figuré : l'altération d'une terre desséchée (A. de B. , Refl., 41.48), — Ce sens * Pom., Duil., RIch., Fur., A., A'; *L.,H.D.T., Hug. Il.D.T. cite un exemple de Fur. {Rom. bourg., 11, 29).
altereal — * Duil. ; o Pom., G. Miege, Rich. ; * Fur. : vieux, A. ; id,, A' : id, ; A. et A* ne donnent que le pluriel : altereal*. Voir Hug., qui cite La Fon-
altièremenl —1683, Danet, Dict.,dans H.D.T. ; * Fur.;* L.
amabilité - Il . D. T. cite à tort comme premier exemple Danet, Diet., 16B3 ;
1. Alléger da faix est vieux; c'est soulager qui est le vrai mot ;Ghevr., Mb. Niort, 107, dans Boiss.^
S. On trouve dans Corneille : Quand mon honneur y va (III, IBt, Cid, v. ia28j. La tournure blâmée par l'Aca demie fut changée en 1660.
• Pom. — L'amour que Dieu a pour nous, est en luy, pour aiusî (wrler, une spéciale amabililé (Bossuct, Div. ecr. sur les Msi. des S.. 163}; Il faudroit encore s'empescher de regarder en aimaut la propre amabilité de Dieu (Id., Ib., 166). H.D.T. cite la forme aimabililé dans Sévigné, 585.
amaleloler — Fur., dans H.D.T. ; * Th. Corn,
ambitionner (Voir lome III, 212]. — Ce mol avait été blàmé par Vaugelas. Od continue S le discuter. Les uns n'en veulent pas (Marg. BulTet, Nouv. Oba., 73; Bouliours, Hem., 1675, éd, in-4, 408), Les autres lacceptent (Ménage, 0.,H,4TJ; Alemand, G. ciu., 119-121). —* tous les leiiques, sauf Th, Com., mais Rich.et A' ne l'admettent qu'avec peine. — mon coeur a'ambitioitnera Que d'être auprès de vous tout ce qu'il vous plaira [Mol,, I, 220, Et., v. 1737- 17.18)'.
ambré — H.D.T. cite à tort comme premier exemple Fur. — De Koii confites, bien nombrées, Dont la plus-part étoient ambrées (Loret, 25 déc. 1660, V. 61-62). — e Pom., Duil., G. Miege, Rich.; * A., A*.
ambalant — Rich., dans H. D. T. ; • Fur,, A., A'. — CfS Scythes vagabons... traisnoient sur des chariots leurs femilles toujours ambulantes (Bossuel, i' Inttr.au r le» Prom.de/.-C, 378, pour278); mais, quodis-je, un homme?... c'est plutôt une futaille... un bouchon ambulant (Regnard, Divorce, a. III, •c. 6).
A mfme {être — ; mettre — ) est une eipi-ession du style familier (A') ; * Duil., Rich., Fur., A. — Voir leLpx. de Mol. par Livet.
amender ^; baisser le prix — ^ Cette forme cède h ramander (Rich.); *Fur., A., A*; * I.., qui cite Scarron, 11. D. T., llug, — M, de Malherbe leur demanda s'il feroit amander le pain et le vin (Racan, 1, 261).
aménité (Voir tome III, 144) était décrié par presque tout le monde, « on ne le jugeait digne d'entrer que dans le ridicule des Précieuses de Molière,... M. Ménage est prosquo le seul qui en ait cû pitié,... il ne veut pourtant pas qu'on le dise en parlant aux Dames... A la vérité ce terme est si latin et si peu usité qu'il ne peut guei-es passer que dans un discours sçavant... Aménité nous fait pourtant besoin n (Alemand, G. cic, 12l-12.t) : Renaud le condamne encore comme écoi-ché du latin (Man. de parler, 476). — * B. F., A» : il ne se dit guère que d'un lieu, d'une situation agréable, d'un air doux et agix-ablenient tempéré. — Et quand celte Aménité. . . n'y est point semée par le Natui-el du PoËtc... (La Mesnoi-dière, Paes,, Préf,,3). l.e mot existait depuis le xiv siècle.
ameublement prend la place de : emmcublement. Tandis qu'ameublement ne manque qu'à Duil, et Th. Corn., emmeublement ne se trouve plus que dans B. F. et Fur., qui remarque : <• quelques-uns disent emmeublement »'. — Jamais les emmeublemens n'y a voient esté fort somptueux (Sorel, Polyand., 11, 140-147); Quantité de Dames fort belles... Se rendirent audit Hôtel, Dont VEmmeublement êtoit tel (Loi-et, 21 février 1660, v. H3-tlfil; — La riche tapisserie, La soye et la broderie Qui font mon amaublemenl Sont des livres seulement (Tristan L'Hermite, Ver* her., 337} ;,.. Aux endroits où sont les Peintures, Les Ameublemfins, les Tentures (Loret, 20 août 166t, v. 267-268).
amiable — Chevreau le blâme dans Malherbe comme prosaïque (Obs. s. Malh., I, iii); Ménage à propos du raéme passage remplacerait par ami le mol amiable, bien qu'il soit Trançois (Obs. s. Malk., Il, 41). — D'après Rich., ou ne se sert plus d'âriiia^/e, en la place on dit : doux, honnête, plein d'amitié; * Duil., G. Miege, A., A'; Pom. le traduit par aequus;Fur. ne lui donne qu'un emploi restreint : se dit d'un tiers qui fait office d'ami. — Cy gisl qui fui douce, amiflfcie (Beusserade, CCuu., 1,208); Son cœur se rend incontinent A cél amiable prélude (Loret, 5 juin 1631, v. 80-81) ; Et qu'au lieu d'y trouver un accueil ainiahle. On lui dira néant? (Th. Corn., Comt. d'Org., a. V, se. ■2); votre air amiable (I.a Font., VU, 294, v. 209); je lui ai écrit un billet fort amiable (Sévigné, il!, 15:i).
amignarder est un terme bien populaire et bien peu connu pour dire, caresser avec tendi-esse une personne qu'on aime (Grimarest, Camin, de Lelt. cur., 181). — * Kur. ^ Ou trouve la forme mignartler dans Pom., Duil., G. Miege, A,, A'. Amignariler était ancien. Voir tome HI, 144.
amignothr donne lieu de la part de Grimarest à la même remarque que ainignarder. — * Pom., Duil,, G. Miege avec ■{■, Fur. — On trouve le simple mignoUer dans A, et A' avec la mention : bas. — la niere prit le plus petit des enfans sur ses genoux pour Yamignoiler (Fur., Rom. bourg,, II, 24).
amitié s'emploie comme terme de peinture dans l'expression amitié des coulcui-8 (Rich.) ; * A., A'. — L'union, les concerts, et les tons des couleurs, Contrastes, amili^a, ruptui-es, et valeurs (Mol., IX, 5*9-550, V, de G., v. ir,7-158|'.
amorce s'emploie bien au figuré et au propre [A. de B., liefl.,:>0). — * tous les lexiques, mais Duil. etTh. Corn, ne donnent que le sens propre. — C'est à Vous, ô Grand Empéreui', D'opozer à cette fureur. Dont vos Pais sont les amorces, Vos Confédéré! et vos Forces (l.^ret , 4 oct. 1664, v. 205-208) ; L'éclat d'une Couronne est une douce amorce (Th. Corn., Charme de la voix, a. IV, se. Il ; Le bien pour les Vieillards est une douce ainorce (Id., Coml. d'Org., a. V, se. 1); je les tiens 'les colTres-forts) justement une franche amorce h voleurs {Mol., VII, 70, -4u., a. 1, se. 4).
amorcer — Ce vei'be est vieux et s'employe mal dans le sens figuré, mais il est d'usage dans le propre [A. de B., Itefl., 50). — * tous les lexiques ; au propre Pom., Duil. et G. Miege ue le donnent pas comme lerme de pèche, mais citent l'expression amorcer un fusil, c'est d'ailleurs ï cet emploi que pense A. de B. — ,4morc^ |tar le gain (U Font., III, 314, v. R|.
amourette est un des rares substantifs diminutifs que nous ayons retenus {Bouhoura. /(cm., 202; Enlr., 4j); Renaud exprime lemî'meavis [Mail, de parler, 23). -^* Ricb. avec i-, * tous les lexiques, sauf Th. Corn. Cependant le sens n'est pas seulement diminutif, il est plus ordinairement péjoratif ; folles amours (Pom., Duil., G. Miege) : amours illicites ou entre personnes disproportionnées (Fur.). C'est avec cette nuance qu'il entre dans In phrase : 80 marier par flmoure/(c {A'). Ce mot désignailaussi la personne aimée: mes
1. Il n'y B pas... fort Inn^ç-lempsqu'on dit faire des nmilies.. . Néanmoins on n'employé Kucrcs CCS façons de parler hors de la conversation ; cl elles ont lieu Loul au plus dans les billets. Peul-ustre qu'avec le temps ellos seront receui's dans timtcs sortes (Icsiiies (lioiili , /;n(r.,Sll:cf. Sorcl, Cnnii des b. Ui:, IRTî. 122, i 15-1 16].
belles niitoilrelten (A., qui donne la phrase comme vieille), — Au doux jeu (Vnmouretle (La Font,, IV, 3(3, v. i69); Petits mots, jar^ns d'amo(;r<^(es (Id., IX, 174, T. «Oi; Faire une folie et se marier par amoiire/ff, c'esl épouser Héiite (U Bruy.,11, t80).
mme substantif, paraissait à M"« de Gournay " Taçon de (larler empruntée du gros peuple de la campagne >. ■ O. , 6031 . Ménage ne le Irouvail guÈre bon (0., II, 33-34) et L. de Templery ne l'admettait que tomme adjectif {Gen. et PoL. 228). — * Pom . , Duil., Rîch-, Fur., A. : est quelquefois substantif. A*. — Kt que sont devenus ces Amoureux transis? (Poisson, Poux flicert., a. I, se. 4).
amour-propre — Les premiers exemples qu'en donne Il.D.T., qui cite Pascal et La Roch., sont du xvii' siècle; * Rich., Fur., A., A', — L'orgueil, qui est inséparable de Vttmour-propre (La Roch., I, 345) ; ...certain mouvement Qu'on appelle communément Amour-propre (La Font., III, 124, V. 8-101; Vamour~priipre est dans l'homme la cause de tousses foibles 'La Bruy., I, 29); ...la concupiscence, c'est-à-dire par Yamour-propre inhérent en nous (Bossuet, Div. ecr. »ur le» Max. de» S., CLXIII).
amotible — Patru, l'iaid., 18, dans H.D.T. ;* Fur., A.; il ne se dit qu'en matière Ecclésiastique; A' répète la première édition, on ajoutant !) l.i phrase le correctif : guère.
amphore — On o tort de blâmer l'emploi de ce mot, car il n'y a pas de ternit' français pour rendre eiactemenl l'idée. Il sulTil, pour pouvoir employer ce terme, de l'expliquer quelque part; de plus il s'acclimate vite (Sorel, tlihl, fr., 1664, 312). Pour Bouhours, c'esl un mot de traducteur GdMe, latin et non français ; il faut traduire par bouteille iRem., 84> Aleniand s'élève contre cette opinion, d'autant que la traduction où il est employé n'est pas destinée aux harengeres, mais aux Sçavans (G. cie., 131-133). 1^ mot n'est pas encore accepté par Renaud (.Van. de parler, 106). — * B. V ,; ■~- tous les
amuxabie estattribué à M>' de Maintenon, par Duclos, dans H.D.T. ; $ lotis les lexiques.
amiiîanl — *A., A»; * H.D.T., qui cite S'-Simou, I, 349.
amuselte — * Fur., A,, A*. — Le berger. . . Le donne â ses enfants pour servir û'amusette (La Font., I, 179, v. 21-22, dans H.D.T,, qui cite aussi S'-Himon, IV, 29).
anachronisme (Voir tome III, 220). — * Rich., Fur., A., A'. — éviter par ce moyen les a/iacAronismes, c'est à dire cette sorte d'erreur qui fait confondre les temps (Bossuet, lllsl. Univ., 5).
analogue — H.D.T, cite i tort comme premier exemple Fur.; • Pom,. G. Mtege; e A, ; * A> ; * L., H.D.T.
ancrer (*'), au sens figuré de s'établir, est familier (Rich.); ♦ Duîl., Fur., A.: il ne sert guère i< qu'au neutre passif». A': id. — La vanité est si anci'^c dans le cœur de l'homme (Pascal, Penn., éd. Havet, I, 2ri); Enûncbex son rival je m'anrre avec adresse [Mol., I, 177, El., v. 1091).
anee<lo(e - 1685, Varillas, .inerd. de Flor., dans H.D.T. ; * Fur., A., Th.
Cora., A'. Ces deux derniers lexiques ne l'admettent guère qu'nu pluriel, — Pour l'adjectif, voir tome III, 220.
ingéliqutineni — La phrase : il vivoit aiigcli'/uemenl est blnmée. Il faut dire : il menait une vie angeiique (Enterr^ du Dict., 209). — * Fur., A, ; A* a cru devoir ajouter: il a peu d'usage.
anglican — Bouhours, citi^ dans Trévoux, j>ar Il.D.T. ; * Ricb., qui ne donne que le féminin: l'église anglicane. — L'église anglicane prit sa Torme (Bossuet, llUl. Univ., 1351,
anomalie — * Fur.; terme de grammaire, A., Tli. Corn.: terme d'astronomie, A»;* Il.D.T.
anonner — Le sens de : mettre bas un ânon, n'est plus que dans Ricliekt.
antépénultième — * A,, A*; Fur. ne le considère pas seulement comme un terme de grammaire: Cet écolier est l'anlepenuKietme de la seconde décurie.
antériorité — I1,D.T, donne à tort Fur. comme premier exemple; * Pom., G. Miege, A, : n'est guère usité qu'en Pratique, A' i id.
antipathique -1683, Danet, Dtcf., dans H.D.T. ; o tous les lexiques. Fur. donne dans le même sens ; antipathelique.
antipode, au sens Dguré, est signalé par Bich., qui cite Mol. et Benserade ; Fur,, A., A^ admettent aussi le figuré. — je me mis h songer qu'il y avoit au monde Vaiilipode de notre beau-père (Sévigné, Vil, 239). Voir L.
antipalitiqae — Balzac, De la Cour, dans Il.D.T., où il est d'ailleurs employé comme substantif: avecces beUes maximes et cette anlipoliliqne ; G tous les lexiques.
antiquaille — C'était un vieux mot. Il est bien reçu, on le fait nouveau, dit Marg. Buffet(,Vou!i. OAs.,39). — *Pom.,Duil.,B. F., Rich.,Fur.. A., A> ; ces trois derniers lexiques le donnent comme terme de mépris. — Les porcelaines, Iesmiroirs,l.estableauxet les anliquaillet [Loret, 23 février 1664, v. 526- 227); On le prend aux habits dont il pare sa taille. Pour un homme du temps, vous pour une antiquaille (Monlfleury, Gentilh. de Beauce, a. V, se. 5) ',
antique se dit, en matière de médailles, de statues, et de tableaux, comme substantif, et comme adjectif. . . Hors ces sujets-là, antique ne se dit gueres en prose, que dans deux ou trois occasions, un habit à Vanlique, un air antiqw. . . en vers, il se dit souvent, et a bien plus de grace qu'ancien (Bouhours, Hem., 246-2t9). — Comme substantif, le mot est dans tous les lexiques, sauf Tb. Corn. L'expression à l'antique est partout. — On Ot une Procession Tant de jeunes Gens, que d'anliquet (Loret, 34 avril 1660, V. 124-125) ; II n'êtoit pas trop grand Guerrier, Mais. .. tellement antique. Qu'au dire de Gens bien senseï, Il avoit octanteans passez (Id., 3 avril 1655, V. r.2-146),
anaiter est signalé comme vieux ou populaire par tous les lexiques qui le donnent. Fur. seul le mentionne sans observation; * Duil., B. F., Kicb.,
1 . Duillier donne le ten* Oguri de vieille fille. — Scarron l'avait employé au sens abstrait d'anliquiUÏ ; Sa Rncc avoit linéique anlicailte. Kl pouvoit ilf s Hci-os compter (OEur.. I, 220;.
604 IIISTOIRt: DE LA LA.NGUË t'RATil^AISI^
A-, A^. — Le sens donné est i'anaiter : être surpria par la nuit. L'impersonnel ancien, il aituile : il fait nuit, ne se trouve plus.
aparté — Fur., dans H.D.T.; * A., A>. C'est un terme de la Poétique, djl Furetière.
aperceplian — Leibniz, dans H.D.T. ; O lous les lexiques.
apogée — Ce mot employé métaphoriquement est trop hardi et insupportable (Boufaours, Entr., !il]. — 0 tous tes lexiques, au ligure; *L., qui cite Saint- Simon, 58, 318 et H.D.T., Baliac, DUaert. crit., 8. Voir plus haut, p. 55i.
aposliimer — Ce mot vieillit, et en sa place on dit supurer ou venir à supuration (Rich,); * tous les lexiques, sauf Tb. Corn.
apparemment perd son sens de : visiblement, probablement, pour ne plus garder que le sens de : en apparence. — ■ * Pom., Duil. ; Rich. est peu clair. Fur., .\. , A'. Dans les Remarques critiques qui suivent VApolh^ose du Dict., on reproche à Varillas d'avoir dit : Quoique cette Duchesse fût apparemment Calviniste, au lieu de dire : évidemment, manifestement (126). Voir H..B '.
apparition — Selon Bouhours, ce mot au propre ne se dit que de ce qui apparoist: l'apparition de Nostre-Seigneur; mais au ligure, apparition s'emploie élettarament pour signiÛer une personne qui vient rarement en un lieu et n'y demeure pas longtemps : il n'a fait qu'une apparition, ou encore pour exprimer la surprise d'une visite inattendue v c'est une apparition ». Alors il n'a point de régime, saut dans quelques rencontres, comme : Il y a dans les Cours des apparitions de gens avanturiers et hardis {Suite, 170-171).
— On ne trouve aucune précision dans Pom., Duil., G. Miegc, Le mot est réservé dans Fur. et A. à ce qui étant de soi invisible se rend visible : l'apparition d'un ange. A' y joint le dernier sens indiqué par Bouhours, et de plus l'emploie pour la manifestation brusque d'un phénomène, d'une chose qui n'avoit pas encore paru : Vspparitian d'une comele, exemple que donne également Rich.
appel — Bouhours croyait « qu'on ne le disoit qu'en matière de duel et de chicane. Cependant il est pris dans un excellent Livre pour une inspiration sainte, et pour une vocation divine " {D., 8) — © tous les lexiques.
apptaaili se dit élégamment aujourd'huy des choses, comme on l'a toujours dit des personnes (Bouhours, Suite, 384). — * Pom., G. Miege, Fur..A!. — Mais d'un aveu trompeur voir ma llamme applawlie |MoI.. V, 522, Mit., v. 1,105).
appréhender — Le sens de : saisir par l'esprit, ne se trouve plus nulle part.
— ce mystère surmonte... la mesure de nostre sens,. . . et pour ce qu'il est céleste, il ne peut estre appréhendé, c'est-à-dire compris que par foy (Calvin, cité par Bossuct, Ilist. des Var., II, 26).
apprendre^ Bouhours rassure les délicals et leur affirme qu'apprendre traduit il la fois et également bien docere et diicere. << Il y a mesme des endroits oii i-nseigner pour apprendre ne vaudroit rien " [Rem., 294-295). Tout en acceptant le mot au sens do docere, Alemand lui préfère cependant
APPEXDICE 603
enseigner (.V'iuu, Beiit,, 432-434-). — Dans les deux sens* tous les lexiques, saur Th. Com. — nous n'apprenons pas que nul ancien ait plus écrit que Théophrasle {La Bruyère, 1, 2ij; je lui ai appris ces derniers jours la Suède, le Danemark (Id,, II, 477). Voir le i,ex. île Mol. par Livet.
apprendre tic faire quelque chose au sens de : s'habituer k, est un archaïsme (Marg. Buffet, Nouk. Obs., 30; cf. de Callières, Bon et inauv. us., 147; v. Schenk, o. c, 12). — * A. : on dit populairemenl qu'on n'a pas appriik faire telle ou telle choie pour dire qu'on n'a pas accoutumé de la faire. On trouve chez Duil. : il est appris de, au sens de : Il est accoutumé.
apprélear — Ricb., dans II.D.T. Mais le mot ne signifie pas celui qui apprête (les tissus) ; il veut dire : peintre qui peint sur le verre, sens aujourd'hui vieilli (Cf. 1..} ; * Fur. : même sens. Th. Corn. : id.
apprivoisé et privé sont bons tous deux, selon A. de B., mais " quelques-uns croyent qu'apprivoisé est du plus haut atile » (Refl., 450). D'après L. de Templery, aprivoiser ue doit se dire que des animaux, cependant la coutume veut qu'on dise apprivoiser une personne [Entr. à Madonle, 283 . — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; on ne trouve que la forme pronominale che/i Fur. — Ce qui nous paroissoit terrible et singulier S'apprivoise avec notre vue (La Font., I, 303, v. 6-7] ; C'est un mérite que j'ai apprivoisé il y a longtemps (Sévigné, V, il); votre flile... s'est apprivoisée depuis qu'elle est chez moi (Mol., VI, oâa-.G. Dand.,». I, se. 4); ce seroit... nous apprivoiser et nous familiariser avec un si grand mal (Ekissuet, Estais d'Orais., Ui).
approckemenl est un vieux mot qu'on ne trouve plus que daiis Duil . et B, V.
appuie-main — Ricb., dans H.D.T, ; * Fur,, Th, Corn.
après-demain est donné comme substantif par Fur. : il est feste le lendemain de Pasques et Vapres-demain pareillement.
après-midi — H , D.T. cite à tort comme premier exemple Fur. ; • Pom., DuiL, G. Miege ; O Rich., A. et A', qui dit encore apres-dinée.
aptitude est un mot tout latin qui n'est guère connu à la Cour; on peut absolument s'en passer, comme d'un mot qui est un peu barbare et qui n'est pas fort nécessaire (Bouhours, SuUe, 203), — * Pom., Duil,, B, F,, Rich., Fur., A.-, il vieillit, A';*L.; H.D.T.
arabe, au sens d'usurier, est du style simple selon Rich, ;* Duil., A., A'; Fur. traduit par : avare, cruel, tyran. Voirie Lex. de Mol. par Livet.
arabisant est cité au ivii°, par H.D.T.; Q tous les lexiques.
archaïsme que H.D.T. attribuée Ménage {Obs. s. Malherbe), eai dans une lettre de Chapelain à Lancelot du 21 déc, 1659. — e tous les lexiques i^L.
archi ■ Sorel note que te préfixe ne s'emploie guère que joint à quelques
mots de respect, ou par raillerie {Conn. des b. liv., 1672,416). Les comiques se sont amusés à créer des mots avec ce préfixe : Archiépiscopiser (Loret, 4déc. 165S, v. 73); ArcA{-iiArfau(f (Montfleury, /npr. rf« l'Hostel de Condé, se. 3) ; archi-besle (Loret, 1" juil. 1662, v. 16] ; arcAi-cruei (Id., 30 oct. 1660, V, 162); archiditestable (Regnard, Cril. du Lég., se. 4); archifou (Id., Coquette, a. 11, se. 15) ; ari:A(-/'ourAe(Th. Corn,, Galant doublé, a, 111, se. S);
OOB HISTOIRE DE LA LANfiLE FRA>ÇAISE
arcAiVronrfeor(l.o!el,16iuil.ir,51,v.30}; are A(-yH»'uj[ld.,10déc. 1651, V.89):* archi-jolie (Id.,13Kv. 1655, v. 30) ; archi-malade {\d.,i3sc\il. 1662.v.32i: ntchi-malin (\d.,l'i lév. lOSfi.v. 92); archi-muline ;ld.,13nov. 16r.5, v.8r>) : «rchi-plaisanl [\â.,3i déc. iC>5i,v.m]: ai-chipalelin (La Font., II. 426. v.3).
arehitûle — l'ïOl, Fur., dans II. D. T.; G tous les lexiques.
arrhitmlle — Th. Corn., dans II. D. T.
argentin — Segrais raconte que Chapelle blimait Roîleau d'avoir écrit: Les cloches dans les airs de leurs voix argentine» Appcloienl i faraud bruit les chantres n matines. <■ Je ne te pnsserai pas argentine». d\&a\\ Chapelle, arijenline n'est pas un mot François " KJIEuvres tie Chapflle, éd. Jannet, 38',i . Le mol était cependant français, mais l'emploi en était «sseï nouveau. — Pom. et G. Mieg« n'appliquent argentin qu'à la couleur, Duil. et Bich. l'a])pliqiient aussi au son. Furetière n'indique plus que ce dernier emploi ; A. et A* donnent comme sens principal celui de clair en parlant du son, et n'acceptent l'autre sens qu'en poésie ^il se dit (A.), il s'est dit l'A') en poësie<.
argoiil'l est vieux (Voir tome III, 144). — Ilseditfigurement d'un homme pour lemespriser(A. et A'); * Pom., Duil., B.F. : 0 Rich. ; * Fur. — N'avez- vous point de pistolets Pour repousser ces /Irj/ouW» ! (Loret, 16 août 18S9, v. 249-2S0) ; Pour enrôler des Piétons, Des Argouiff» (Id . , 3 mars 1663, v. 140- 141: etc.) : une ville Qu'eût prise un ar^ou^MI-B Font., IX, 54, v. S-fi).
arguer avait le sens de reprendre, quereller. — *Duil., B.F.; G Rich.; ♦Fur.: il est de peu d'usage. A, : il est vieux. A* : id. On trouve le sens d'argumenter clieiTh. Corn., qui signale le mot comme vieux, — Et quant à ce vieui os qui resloit du gigot, Le chat l'avoit mangé, dont il fit la matière D'argufr le mausoin qu'avoit sa chambrière (Fur. , Déjeuner d'an Procur., 165Ô, 38) ; Et le Podestat de la Ville Après s'être échaufé la bille A les argiifr et tancer. Les envoya faire panser {Loret, 9 oct, 16S5, v. lir,-H8;.
aridp — Boubours ne voulait pas qu'on l'emplo.vÈt au ûguré (Imil., 16, dans Rosset, o. c, 591, ni même au propre [Imil.. !i2, Ib.). On ne le trouve, pour qualifier le physique d'une personne, dans aucun lexique. — Corps aridf el exténué de mortifications {Massillon, S'-lienoil. dans L.l ; Mais Harpagon, aride, et pi-esque diaphane (Regnard, Sut. contre le» mari»]. Au sens figuré, pour qualifier des choses spirituelles '*' Rich., qui cite Mol., Fur. , .K., K' . ■ — Il n'est rien de plus sec et de plus aride que ses bonnes grâces Mol., Vli, 105, .4b., a. Il, se. 4).
arittolMicien l'Voir tome III, 212). ^ 9 tous les lexiques. — On trouve dans les personnages du Mariage forrf : Pancrace, Docteur aristotélicien (Mol., IV,
arme» et armoiries — Selon Ménage, il faut dire : Quelles sont vos armes ? Gentilhomme de nom et d'arme», mais : un Livre d'armoiries [0., I, 574), A. deB. réfute cette opinion IBefl., 63-64); il est appuyé par Sainl-Réal, qui, toutefois, accorde qu'il faut dire armoiries, quand le mot armei fait équivoque (De la Cril., 260-261). Armes, au sens d'à rmoirie», * tous les lexiques. — les armm de Grignan sont sur la porte (Sévigné, X, 161) ; ...loTenta le blason avec les armoiries (Boil., Sal. V, v. 102). -1701, Fur., dans H.D.T.
- * Rich., quicUeBoileau, Liilr., l'ur.. A., A». arpenter au sens de parcourir, faire du chemin, est du atjle simple selon Rich. ; *Fui:,, A., A' sans observation. — J'ai bien été grondée, et j'ai bien arpenté (Montfleury, Fille Capil., a. III, se. <!};... les renvoie aux calendes, El leur fait ar/^nfer les landes (La Fonl., II, 33, v. 15-16).
arrangé — Bouhours.dansla Préface de 3es Remarque», s'était servi de l'expression suivante : ces personnes propres et îoctarrani/ées, qui ne plaisent point, parce qu'elles sont toujours droites et contraintes ; Ménag-e critique cette phrase qu'il trouve ridicule, contraire h l'usag-e et à la raison, le mot arraii' ijer ne se disant que d'une multitude. Le P. Douliours l'aura- sans doute entendu de quelque Précieuse (Ménage, 0., Il, 202-204i. — Q tous les lexiques; cependant on trouve un sens voisin dans A. et .K': un liomme arrangé, c'est un homme dont les meubles sont arrangés avec beaucoup de soin et d'ordre.
arrérage s'emploie au figuré dans l'expression : arrérager des plaisirs, que Riclielet cite. Selon Fur., on dit proverbialement d'un bon compagnon et vigoureux, que c'est un bon payeur d'arrérages.
arrêté, substantif i Balzac, Soc.chrét., H, dans H. D.T.); *Fur. ; A. et A' donnent non seulement le sens d'« arrêté <le cour )>, mais d'n arrêté de comptes «. — Je vous ai envoyé Varrété que j'ai fait au compte d'Hébert (Sévigné, X, 100).
arrhes est la forme écrite, errkes la prononciation courante. (Voir p. 175). Bien entendu errhes n'a rien de commun avec le vieux substantif verbal tiré de errer. Maïs on essaie d'établir une distinction. Au propre il faut dire airrhes, au figuré, on dit arrhes (Boubours, liem., 449 ; cf. Alemand, .Vour. Rem., 385 ; d'Aisy, Génie de la langue, Z3Ti ; Apothéose du Dict., 47 ; I,. de Templery, Gen. et PoL, 73) .\. de B. signale tes deux termes, déclare que arrhes ne se dit que dans le figui'é, mais ne spécifie rien pour airrhes {Hefl., 64). — Le mot est dans tous les lexiques, sauflTh. Coi'n.; Rich. est le seul à faire entre arrhes et airrhes la distinction que nous venons de voir. — Mais le valet d'Oi-onte n rompu mon dessein, Qui m'ayant su couler quelque douceur en main Pour arrhes qu'il feroit encor toute autre chose, m'a promis monts et vaux moyennant bouche close (Th. Corn., Am. à la Mode, a. V, se. 2) ;0n lui donne un baiser pour arr/tes delà grâce Qu'il demandoit (La Font., V, 266, V. 316-317). Cf. Corn., V, 490, D. Sanehe, v. 1732.
arriérer est signalé comme vieux par Th. Corn, avec le sens de retourner en arrière ; 3 autres lexiques. — S*-Simon l'emploie avec le sens de retarder, être en retard : ses aiTaires, quesa mauvaise santé et ses voyages en Flandres avoient arriérées et brouillées dans sa tête (XVII, 190); Mais il faut encore interrompre ici cette matière, qui arriérerait trop sur les autres (Id., Vil, 1S8).
vrimeur — Fur., dans H. D. T., sous la forme arrumeur ; * Tli. Corn.
arrogant est rude, on s'en sert peu, il faut dire ûer (Marg. BulTet, A^ouu. Ob»., 42j. — * tous les lexiques sans observation. — Pendant qu'on ne fait que rire de l'important, il n'a pas un autre nom ; dès qu'on s'en plaint, c'est l'arrogant (La Bruyère, II, 99).
arsenical — Fur., dans II. D. T. ; *A., A'.
G08 histoire: de la LANCLE FRANÇAISK
article — Se mettre »ur l'article de quelqu'un ne semblerait pas & Sorel une expression plus mauvaise que se mettre sur te chapitre de quelqu'un {Conn. dei h. tir., 1073, 429;. — G tous les lexiques.
aWi/îce a failli pei-dre son sens favorable ; il se prend plus oi-dinairement en mauvaise part (A., A'); * Pom., G, Mie({e; chei Hich. le sens n'est pas précisé, mais celui de l'adverbe est nettement défavorabie. Fur. traduit par adresse, subtilité, et ajoute : il signifie aussi fraude, mauvaise finesse. — entre les Procureurs il est difficile d'en trouver qui brouille et qui proloni;e une alTaire avec plus d'artifice (Beiaiiçon, Medec. à la Censure, 102;. En matière de critique il i-este élog'ieux : un louable artifice (Chapelain, Lett. au duc rie tongueiiille,l".\o(HUU): D'un pinceau dt^licat rar(i/îce agréable (Boil., A. poél., m. V.31; Il \Sophocle) se sert ici d'un ar/i/îce très-agréable (Racine. VI, 246, Lin. ann.).
artificier — H. D.T. donne à tort comme premier exemple Fur., 1701 ; *Fur., 1690, A.. A'.
»rli»an est bas, selon Balzac (Letl. à Chap., i oct. Iâ39). Ce mot bas est employé dans le plus haut style au sens figuré, mais il est toujours accompagné d'un adjectif ou d'un complément. Au propre il n'a jamais de régime (Bouhours, Rem., 9i-95j. — * tous les lexiques, sauf Tli. Corn. — Qu'esl-il encore écrit de Jeaus-Chrisl?— ...Qu'il Iravailloil avec Saint Joseph, et qu'il estoit connu comme unar(iMrt|Bossuet,Ca(ecA. ilee Feglet,l6H~, 31); on y voit (chez les hérétiques) tes plus grossiers artitani et les femmes mesme et les enfans citer l'Ecriture [Id., Catech. de Meaux, Avert., 7) ; celles (les aaleteï) qu'on n'oit sortir que de la bouche des plus vils artUant (Id., lliit. des Var., 1, 44); nul artixan... n'a ses lettres de maîtrise sans faire son chef-d'œuvre (I^ Bruyère, II, 431-452).
artisanne ne se dit pas au propre, selon Rich. qui est le seul avec Duil. k donner ce féminin ; an dit femme d'artisan.
artiste se dit fort bien de l'Ouvrier,... sur tout en Chimie (Chapelain, Letl. à M. BrieuJ!, 12 Juin 1661). — * Pom. : celui qui professe un art, G. Miegc : an ingénions man, Rich. : ouvrier qui travaille avec esprit et art, Fur., A. et A*. — les Bscrivains, qui... ne se proposent pour modelles que les PoStes Italiens... passent pour si mauvais Artistes (La Mesnard., Poésies, 1656, Préf., 10). Pour l'adjectif, voir lorae 111, 125.
arlistemenl — A. de B. trouve que Danet a été un peu précipité en déclarant le mot vieux ; il fait observer qu'il est encore en usage et cite Boileau {Refl., 65 66).—* Pom., Duil. : voyez ar(i^"cie»Emen/, G. Miege, Rich., Fur., A., A>.
Une belle arme ciselée artistemeni (La Bruyère, I, 187] ; II... cueille aWis-
tement cette prune exquise (Id., II, 137). L. cite Pascal et Boileau.
ascendant — Il ne faut point abuser de ce mol qui se dit des Astres et des Constellations, mais peut néanmoins s'employer au figuré (A. de B., fîe/I., 67). — Au propre * tous les lexiques, sauf Duil. et G. Hiege; au figuré* tous les lexiques, sauf Th. Corn. ', — Votre ascendant b l'hymen vous eipose[La Font., VI, 118, T. 318) ; quel ascendant ne prennent-ils pas sur les savants I (La Bruyère, 1, 263) ; Les hommes s'accoutument à tout, quand une fois leurs
1. Noter que Rich. ne donne au figuré que 1c sens de : pente naturelle, inclination.
D,!„t,zed.yGOOg[e
conducteurs ont pris l'oMcendanl sur leurs eitprits (Bossuet, HUl. de» V&r., II, 273-274). Voir le Lex. de Mol. par Livel.
aaeèle — Bossuet, Obi. de Citât relig., i, dans H. D. T. ; @ tous les lexiques.
ascilique— Fur., dans H.D.T. ; * A., Tb. Corn., A».
atprelé avait été condamné par Vaugelas, qui trouvait dans le root luy-roesme quelque chose de ce qu'il signifie (II, 443). Voir toroe III, 35 et 44. Alemand juge celte opinion sévère [Noav.Rem., 369). — En fait, tous les lexiques l'insèrent sans réserve. II faut toutefois noter que Pom. et G. Miege ne le donnent qu'en parlant d'un chemin ou d'une peau, Duil. de l'hiver, Rich. d'une saveur. A partir de Fur., on trouve le sens figuré. — l'humeur ymêle plusou moins de douceur ou d'Sprelé {La Roch., 1,328); Non qu'enfin toutes j/)ret^^ Causent le même effet (La Font., VI, 343, v. 111-112) ; ce chemin, que sa hauteur et son atprelé rendront toujours assez d if Qcile (Bossuet, Rec. des Or. fun., 1699, 19-20, Or. fun. de la R. d'Angl.); C'est une chose qui crie vengeance, que... VSprelé que l'on a en ce pays-ci pour les sottises (Regnard, Cril. de l'Hom. à b. fort., se. 4).
assaillir n'est guéres en usage au propre, maïs s'emploie avec élégance au figuré (A. de B., Refl., 68, citani Bossuet, Or. fun. de la duchette d'OrUan»). — Au propre * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; Rîch. signale qu'il vieillît (Cf. Chevr.,Ms. Niort, 61, dans Boiss). Fur. seul donne le sens figuré. — N'estoit-ce rien... d'entrer dans son Palais de nuit et h main armée ? de l'asiailUr, et de le forcer? (Bossuet, /f«(,rfe« Var., II, 106); De tous côtés se trouvant aiïaiHie, Elle se rend aux semonces d'Amour (La Font., IV, 259. v. 228-229); les désirs qui pourroient Va»»aiUir (Mol., 11, 369, Ée. des Mari», v. 177).
assaisonner — S'-Réal avoit dit : Lareprehension est déjà assez odieuse d'ellemême,. .. sans la rendre encore de plus mauvais goût par les termes dont on l'assaisonne. Cet emploi n'est pas approuvé par A. de B., parce que, selon lui, on a'assaifonne les choses que pour les rendre de meilleur goût [Suile, 34^343 ; cf. S'-Réal, De la Crit., 163].— En fait, les lexiques qui donnent le sens figuré, Duil., Rich., Fur., A., A', n'indiquent pas cet emploi péjoratif; on trouve dans A. et A* : ce mot se dit des manières agréables, honnestes, douces, dont on accompagne ce qu'on dit, — la vertu la plus nécessaire à une femme,... c'est un peu d'inconstance, assaisonnée quelquefois de perfidie (Regnard, Fillei err., a. Il, se. 3). — Le mot avait pris simplement le sens de : mêler, accompagner; le plus souvent il s'y joint l'idée de : donner du piquant. Voir le Lex. de Mol. par Livet.
assassinant — H.D.t'. citecommepremiereiempleMol.,PsycA^, 11,1, mais le mot était déjà dans Scarron : Vostre œil, Planette assassinante, Rrûle comme un Miroir ardent (<JEuv., I, 161). — *Rich.; © autres lexiques.
assassinateur — H.D.T. cite un exemple de Rabelais, III, 2; Bouhours doutait que ce mot entrât au dictionnaire de l'Académie [D., 13-14). — * Pom., G. Miege; Q autres lexiques. L.dans son Supp' cite gévigué,22 janvier 1674.
asséner, qui était vieux au temps de du Bellay, a été repris depuis (Ménage, 0., I, 434). Vaugelas le trouvait bon, mais Alemand constate qu'il commence Ji moisir (Nouv. Rem., 510). — * tous les lexiques, saut Th. Corn. — Et pouvoir, à plaisir, sur ce mufie assener Le plus grand coup de poing qui Histoire de la Langae française. IV. .30
se puisse donner (Mol., IV, 517, Tsrl., t. 1790-1800). Le mot se construisait aussi transiliTement, avec un nom de bête ou de personne pour complément (Pom., G. Miege, A., A*). — Almon,... D'un coup de flèche qu'on luy tire. Fut dans le gosier ati^n^ (Scarron, Virg. trav., II, 3S2-233].
attertian (Voir tome III, H4). — Il est du stile dogmatique et sent un peu l'école. On dit plùtost : ma propotilion (A- de B., Refl., 67j. — * Pom., û. Miege; @ Rich. ; * Fur., A. : il n'est guera en usage, Th, Corn. : l'usage en est renfermé dans le dogmatique ; A> répète A.
atfiette — Bouhours constate que ce mot, autrefois très employé au figuré, cède devant situation {Bem., 496). — * tous les leiiques; Hich. le marque d'une croix au figuré. ~ l'esprit de leur cadette étoit toujours dans la même tuietle (La Font., VIII, 100, Psyché] ; ...le camp de Taiile Garde dans ce désordre une BU iefie tranquille (Baciue, 1,556, ^Iex.,v. 701 -702); les hommes... ne se trouvent souvent dans une MSiette plus tranquille que lorsqu'ils meurent (U Bruyère, I, 213). Voir le Lex. de Mol. par Liyet.
aasiffnable — Bossuet, i,iib. Arb., 4, dans II.D.T. ; $ tous les lexiques.
auocié, substantif. — H.D.T, cite fc tort comme premier eiempleRich.;* Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A'. — l'époux et son associé (La Font., VI, 134, T. ISO) ; ces Bohémiens cherchèrent eu vain des associei sur la terre (Bossuet, Hisl. det Var., II, 324).
assommoir — Liger, A'ouo. Mai», rust., dans Delb., Rec., cité par H.D.T. ; ô tous les lexiques.
assoler devient burlesque. — * Pom., Duil. avec-i', B. F., Fur., A.: style bas. — On ne trouve plus que le participe dans A' qui déclare le verbe hors d'usage et n'admet le participe lui-même que dans le style bas. B. F. donne aussi la forme attotir. — On trouve chez La Font, et Hol. des exemples du participe.
aMsoapitsant — Quinault, 1676, Alyi, III, 4, dans H.D.T. ; * Pom., G. Mie^, Fur., A. A*.
astouvir ne se dit bien qu'eu figuré (A. de B. , Befl.,%S). — Au propre * Pom., G. Miege, Fur., A., A* ; au figuré *tous les lexiques, sauf Th. Com. — tous les rafinemens dont nous nous servons pour couvrir nos tables suffisent à peine à nous déguiser les cadavres qu'il nous faut manger pour nous assouvir (Bossuet, Hisl. Univ., 174). Les exemples du figuré sont nombreux. Voir le Lex. de Mol. par Livet,
assurément — Sorel voulait qu'on distinguât entreoMeur^men/qui vouloit dire certainement, et seurement qui signifioit avec seureté et qu'il reprochait aux Dames d'employer au sens de asseurémenl {Conn. des b. liv., 1671,414-415), <jette soi-disanteonfusionest dans A. — Enfaitle mo t avait troissens: 1" avec assurance,* Pom., Duil., G. Miege; Qui marche aMur^me/it n'a point peur de tomber (Corn., Pol., a. 11, se. 6, dans Hug.) ; 2» sans danger, en toute sécurité, * Pom., Duil., G, Miege •,3" probablement, certainement, * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — l'abbé de la Rivière étoit assarément gagné par la cour (La Roch., II, 167); cette confusion... vous cause trës-auurément les maux de tète que vous avei eus (Sévigné, X, 132). Voir Hug.
appendicf; 611
««ureur — 1681, Ortlonn. s. la Jtfar., daos H.D.T. ; * Fur., A. et A>,qui ne l'admeltent que comme Lerme de commerce mBrilime.
aitragale — De Lerac approuve fort Boileau de s'en être servi dans le vers ; Ce ne sont que festons, ce ne sont qa' astragale*. <• Ce sont des mots de l'Art, répliquera le Censeur. 11 est vray. Et que tirei-vousde là? Ya-t-il rien qui enrichisse plus une langue que ces nobles termes » {Def. det b. esprit», 10). —
* Pom„ G. Miege, Rich., Fur., A., Th. Corn., A*.
aâtreindre n'est d'usage qu'au figuré (A. de B.,flf/Î.,69). — Au propre *Pom., B. F., Fur.; au figuré *Pom., Duil., B. F., Rich., Fur., A. : il ne se dit guère qu'en parlant d'obligations civiles, A' ne fait pas cette remarque. — A ses lois croit-il nous astreindre'! (La Font., 1, 216, v. 31). — Fur. et A. donnent aussi le sens de resserrer le ventre.
atmosphère — Fur., dans H.D.T. ; * A., Th. Corn., A».
atrabile — Ce mol surprend Bouhours; n on dit bile noire " [D., 44). Ménage le défend comme terme de Médecine, en reconnaissant d'ailleurs que ce serait un tres-mauvaia mot dans la conversation (O., il, 1S7 et 339). — * Pom., G. Miege, Rich. ; e Duil., Fur., A., Th. Corn., A*. — A travers toute cette atrabile (Perr. d'Abl. vengé, 18).
atrocité que Vaugelas condamnait [Rem. Postk., IT, 458) est accepté dans le Style relevé par AIcmend (Noiin. Rem., 429-430). A. de B. trouve que c'est un terme excellent pour exprimer la grandeur d'un crime (Reft., 72). — * Pom., Duil., G. Miege, Fur., A., A'; ^L., H.D.T., Hug,
attache et allackement — Bouhours a consacré plusieurs pages à délimiter les emplois d'attache et attachement. On no dit pas : il a de VatCache pour telle personne, mais on dit bien : jouer avec attache pour dire avec ardeur. Attachement ne conviendrait pas. En parlant de choses, attache et attache^ ment se disent indifféremment. Au pluriel, on dit tes attachemens de la terre, du monde et aussi les attaches de la terre {Rem., 34 et suiv.). Ce sont-l& des subtilités qui mériterateut au P. Bouhours le norn de » Scot de la Grammaire Françoise » (Alemend, Guerre ctu., 1G9-173). Au sens d'affection, affscAc
* Pom., G. Miege, Rich., Fur., A., A' ; mais i! faut noter que Pom. et G. Miege ne l'emploient qu'avec les choses. Quant a attachement, il n'est avec le sens d'afTcction que dans Rich., Fur. , A., A*. 11 n'a que le sens de relations chez Pom. et chez G. Miege : il a de l'allachemenl avec mes ennemis. Duil. ne l'emploie qu'avec un nom de chose. Pour d'autres exemples de attache et attachement, voir le Lex. de Mol. par Livet. — Il a un attachement, pour dire, il aime une personne, est un emploi nouveau, selon Bouhours {Enir.. 103) ; cette expression ne se trouve que chez Pomey.
d'attache = avec passion, avec persévérance — Q tous les lexiques. — Est-il croyable... que depuis quarante ou cinquante siècles que les Médecins estudient d'attache les maladies et les remèdes... (Bezançon, Med, à la Cen- .u«,97).
attachant — Sévigné, 372, dans H.D.T. ; © tous les lexiques. — disons icy^, qu'elle est (cette affection naturelle) trop attachée et trop attachante (BossueL, Div. ecr. gurlei Max. des Saints, CLXIX).
atteindre — Au sens de ; tirer dehors; il n'y a que dans les Provinces qu'on se sert d'atteindre. Il faut dire : aveindi-e, comme k Paris et à la Cour
(Ménage, O., I, 265-2C6). — Q tous les lexiques. — Aveindre paraissait douteux à Andry {Re/l., 76; cf. de Calliâres, lion el msut. us., 77; v. Schenk,