c.,14-ir
atteint — Ea terme de Palais, on déclare qu'un homme est atteint et convaincu' de crime... Il faut remarquer quelcmot atteint se dit seulement d'un accusé, au lieu que le mot convaincu se dit de celui contre lequel d y a une preuve claire et certaine (Fur.) ; * Pom., Duil., G. Miege, Bich,, A., A'. — Ih demeura froid comme glace, el si esperdu que sur la première demande il confessa et demeura atteint et convaincu de tout (Cliapelain, Gami. d'Atf.,
1, 80); Quoique déjà je Boisattein( el convaincu, Par les maux que je sens, d'avoir longtemps vécu (Regnard, Lég. univ., a. I, se. t).
atteler — Mettre les clievaux au Carosse est plus noble qu'atteler les chevaux,, et c'est comme parlent les personnes de qualité. Toutefois, s'il y a un grand nombre de cbevBui, il est mieux de dire : atteler {A.de R., Refl., 10). — *tousles lexiques, sauf Th. Corn, L'opinion de Rîch.confirrae celle d'A. de B,
attenant — La Font., KaAI.,IV,4,dans H. D.T.; *Duil.,G. Miege, Fur., A., A*.
attendre peut à la rigueur s'employer au sens de craindre, mais il ne faut pas s'en servir en toutes sortes d'occasions : vous ne devez plus attendre rieik qui vous puisse troubler (Tallemant, Deeia., 35-26).
atténuer — 11 faut dire : il est tout atténué de mortificalion et non pas : exténué. C'est un mot de Provinciaux (A. de B., Hefl., 223-234). — * Duil., Rich., Fur., A., A».
atterrer — Chapelain ne l'admettait que dans la haute poésie, et pour l'ordinaire lui préférait terracer {Lelt. AM.Brieux, 12 juin 1661), A. de B. accepte le mot sens observation, mais il ne lui donne que le sens de : confondre, exterminer, ruiner [liefl., 71). — * tous les lexiques, mais Rich. déclare qu'il vieillit et (errasses lui semble meilleur ; Fur. le donne comme vieux et A« en restreint l'usage k quelques phrases. — ...ils (les Anges) atterrent le dragon qui vouloit engloutir l'Eglise (Bossuet, Apocalypse, Préf., 78). VoirHug,
attiédir — A. de B. dislingue entre attiédir et tiédir. Tiédir se dit de froid en chaud, et attiédir de chaud en froid ; on ne dit pas tiédir de l'eau, mais faire tiédir ileVcau (Be/I.,7l). — Riclielet conteste l'emploi d'attiédir au propre et veut qu'on dise en sa place : devenir tiède. Le mot est dans tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais it est souvent difficile de savoir s'il font la même distinction qu' Andry : ils traduisent par rendre tiède. Toutefois, G. Miege rend par to warm ; Richelet donne : rendre plus froid, mais c'est dans un exemple de sens figuré ; Fur., A. et A' traduisent par rendre plus froid, mais en même temps A. et A* donnent : l'air a'ealaltiédi, est devenu moins froid.
attiédiuenient est, selon Bouhours, un mauvais mot qui vient de Port-Royal {Enlr.,i30; iiem., 341). Au contraire « c'estun bon mot, en matières physiques et encor plus dans li<s choses morales », pour Barbier d'Aucour {Sent, de Cleante, 84). — * Pom., Fur., qui ne le donne qu'au figuré, A., A' font de
attifer — Il ne se dit que par moquerie (.\. do B., Befl., 72). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; Rich., qui ne garde que le participe, le marque d'une croix, Fur., A. el A'iedéclarent vieux. Il faut remarquer que les Iroie-
derniers lexiques ne le donnent qu'au sen» de coiffer, tandis que les autres ont le sens plus général de parer, orner,
^tlifet — * B. F., Bich. avec f , Fur. : vieux mot. A. et A* : id.
a'&ttirer de l'estime, s'attirer des reprociies, s'attirer de méchantes affaires, sout des expressions à la mode (Bouhours, £n(r., 96). — *Pom., G. Miege, Rich,,A,, A'. — au lieu... de s'attirer par là le mérite d'avoir procuré le repoa public (La Roch., 11, S47); H t'est attiré tout cela, en dépit même du destin (Racine, VI, 57, Hem. s. i'Odyt.).
■attraper — Ce mot qui se dit communément pour tromper, ou pour atteindre en courant, s'employe éleg-amment comme terme d'art et de littérature au sens d'arriver ou de parvenir k une perfection (A. de B., Suite, 12-13). — Dans ce sens* Rich., Fut., A., A'. — les gens du commun ne peuvent jamais attraper ce bel air [Fur., Rom. bourg., 1,18); jamais comédie n'a mieux attrapé son but (Racine, 11, 142-143, PUid., au Icct.).
attrayant — n Des personnes tres-polies dans la Langue prétendent qu'on ne le doit dire que des objets de la veuë, et que ce ne seroit pas parler dans l'exactitude que de dire, la Musique est quelque chose d'attrayant. Tous néanmoins ne sont pas de ce sentiment » [A, de B., Refl., 69-70). — *tous les lexiques, sauf Tli. Corn., sans aucune restriction. — et celte bouche... est la plus attrayante... du monde (Mol., VIII, 131, Bourg, genldh., a. III, se. 9); les charmes attrayants d'une conquête à faire (ld.,V,8S,i>. Juan, a, I, se. 2).
■aube — L'auiiedu jour est une expression quia vieilli ; on dit le point du jour {A. de B. , Refl. , 74). Le mot aabe no s'emploie guère seul (A, , A») ; *tous les lexiques, sauf Tb. Corn. — El du temple déjà Vaabe blanchit le faite (Racine, III. 616, Ath., v. 160).
aubergiste — 1667, Le Tac, llist. du Canada, dans Delb., Bec., cité par II.D.T.; B tous les lexiques.
audace — Ce mot signifie plus que hardiesse et se prend toujours en mauvaise part, à moins qu'il ne soit adouci par une épithele ou un autre substantif qui l'accompagne, ou encore par le sujet traité (Boubours, Rem., 376-377). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais tandis que pour Rich. et Pur. le sens ordinaire est péjoratif, pour A. le sens de hardiesse impudente est rare. A' contredit A., et se rallie à la façon de voir de Fur. — Voila ses jeux, sa bouche, et déjà son audace (Racine, II, 72, Andr., v. 653) ; De mes accusateurs qu'on punisse l'audace (Id., 11, 317, Brit., v. 1288).
^uêlère — Vaugelas n'avait pas voulu qu'on se servit du mot dans l'expression : une mine austère. C'est pourtant un sens fort usité (Alemand, Nouv, R«m., 486-487). Le mot, appliqué à visage, n'est pas dans Rich.; * Fur., A., A».
■auteur se prend quelquefois en mauvaise part : un auteur, tout court, se dit d'un homme qui se mêle d'écrire sans y entendre rien, qui ne parle jamais naturéIlemenl(A. deB., Be/T., 8I-S2; cf. Sui(c,16). — « Un fort bon n este homme qui ne vouloit point passer pour auIAeur déclaré le vint menacer (un libraire, éditeur de Recueils) de lui donner des coups de bastonà cause qu'il avoit fait imprimer un petit nombre de vers de galanterie sous son nom, et l'avait mis au commencement du livre, dans le catalogue des autheur» qu'il avoitmesme fait afficher au coin des rues >■ (Fur., Rom. bourg., I, 125); Voilà écrire
HISTOIRE DE LA LANGUE PnAKÇAISB
rai autear que de commencer par parler de ses ouvrages (La Bocb., III, ; Quand on voit le style naturel, on est tout étonné et ravi; car on s'attendait de voir un valeur, et on trouve un homme (Pascal, Pent., éd. Havet, 1, 105).
Aotrement — Vaugclas trouvait beaucoup de grftce ^ des expressions comme: il n'est pas autrement riclie, ct Alemtnd acceptait qu'on dît le mot et même qu'on l'écrivit quelquefois [Nouv. lient., 481-482). Autrement, ainsi employé, a quelque chose de naïf (A. de D., Suite, 17). — A, et A* indiquent expressément qu'autrement, avec la négative pas, signifie Guère; * Duil. ; 0 G. Miege, Rich. ; *Fur. ; • L.,qui cite Pascal. — Ce o'éloil pas autrement sa coutume (La Font., IV, 157, v. 9).
g'avackir est un terme bien bas et bien populaire (Grimarest, Comm. de Lelt.cur., ISS). Toutelois A. le considère comme pouvant s'employer au figuré.—* B. F., Fur. : bas, Tli. Com. : vieux, A*: bas.
a[iala«je:= inondation — les acsl/ssses étoient si grandes.. . qu'b peine se pouvoit on retirer des chemins [d'Où ville. Contes, I, S16). — Le mot n'est plus que dans B. F. et Pur. : avalaête ou avalaUon,
avaler := descendre — C'estun mot condamné parles personnes qui se servent de termes choisis (Grimarest, Comm. de Lelt. cu/-.,188-lS9].— Il est bas et populaire (A. et A*) ; * Duil., Fur. On ne trouve cheiBichelet que la forme «'avaler : le ventre de ce cheval l'avale. — S'il t'avale, ses pieds toucheront jusqu'en bas. J'en suis certaine. . . (Poisson, Foax divert., a. 111, se. 3).
atiancemenl — 11 n'est pas accepté au propre, mais seulement au figuré (A. de B., Befl., 'i; cf. L, de Templery, Gen. et PoL, 176). — Au propre le mol n'est que chez Pom. etO. Miege.
avantage doit être remplacé par Aonneur dans l'expression : avoir t'avantage de. . . qui est bourgeois (de Callières, Mot* à la Mode, 73 et 80; cf. Son et mauv. ut., 31 ; v. Schenk, o. c., 13). — @ tous les lexiques.
aoaat-ehemin — Racine, Siéje de A'amur, dansH. D.T.; © tous les lexiques.
atiant-fotté ~ Bacine, Ib. ; * Fur. ; Th. Corn.;* H.D.T.
avarement n n'est nullement en usage, on dit avec avarice » (A. de B., liefl., 75). — * Pom., Duil., qui préfère HraWcieujemenf, G, Miege, Fur,, A., A*; e Rich.; * I.., qui cite Balzac.
axaricieux n'est employé que par les gens du commun ; avare seul est du bel usage (de Callières, Bon et mauf. u»., 69 ; v. Schenk, o. c, 14). — * tous les lexiques, sauf Th. Com. — un roi avarieieux et ingrat (La Font., Vlil, 293, Songe de Vaux); Voulei-vous, démentant un généreux effort. Être aeartci'eua; même après votre mort ? (Bagnard, Légat, unio., a. V, se. 7). Voir le Lex. de Mol. par Livet.
arerdn (Voir tome 111, 144). — *Duil, avec -J-, Fur., Th. Corn. : vieux. — Perrault, philosophe mutin,... Et coiiTé de son arertin [Bacine, IV, 246, Poe», div.).
avertitsement — Selon Bouhours, Averliigement au lecteur a remplacé Avis au lecteur, devenu ridicule (Suite, 342-343). — * Fur., A., A». Voir le Lex. de Mot. par Livet et llug.
APFE^DICE 61S
Avtaglemenl — L'Apotheote du Dictionnaire n'accepte pas nveuglemenl au propre (128) ; L.de Templery est du même avis {Gen. el PoL, 176). — Au propre * Pom., G. Mîege, Duil.; au figuré seulement dans Fur., A,, A*.
aveuglelte — » C'est ud mot du peuple, que personne ne Toudroit proférer ai écrire » (Grimarest. Comm. de Lett. car., iS9). — * B. F., Fur., A. : bas. Th. Cora. : vieux, A* ; bas.
avorter — Ménage n'accepte le mot que pour les snimaui, pour les temmes il aime mieux: faire une fausse couche (0., 1,273-274).— lise dit d'une femme qui fait périr à dessein son fruit, mais si c'est par accident, on dit qu'elle s'est blessée. Pour les animaux, on dit toujours avorter {II. de B., Befl., 77). — *Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur,, A., qui confirme Andry, A*. — Que sait-on? Si ma cousine allait avorter (Regnard, Cril. de l'k. à b. fort, se. 3).
avouer ne doit s'employer qu'i propos de ce qui est vray. On ne peut pas dire: il a aeouë ce qu'il n'a point fait. De même, avea, confetser et eonfetsîon supposent la rerilé (A . de B., Re/l., 80).
atyme — Thoynard reproche b Bouhours d'avoir traduit; prima autemdie Azymorum, par : le premier des jours où l'on mangeoit des pains sans levain, llfalloil dire le premier jour des ^lïyme» [Dmc, 76). — *B. F., Rich., Fur., A. , A* ; les deux derniers lexiques seuls le donnent comme substantif dans l'expression : la Fette de» Aûmen. — leur sacrifice en pain levé se conservant mieux que nos asymet (Bossuet, Traité de ta Comm., 58) .