‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 78 sur 202 · RoBTCt · texte numérisé non relu

RoBTCt

Et tur la Itrrt ti sar U mer.

Noitrecriinte et naêlrt aituranct.

Preste l'oreille à ceux qui reoerejtt te* loix. (Racan, II, l'O.)

Et eur ma pivillons je Doy déjà daTti l'air

La Victoire voter. |ld., ib., 88.) Sembleblet à cea flean qae Ion ne peut laaver Det rigaeuri de rhyver, (Id., ib.. R9.

Du commane$ intelligences

Qae tetprit ne tçaaroit cacher.

Par kl ienlim«nt det iciencei.

Se eommaniqaent à U cher. (Thëoph., I, 39.) ^Di ne t'ettonneroit, entendant réciter

Que te* oy*eaax frappé* du venin de cil air... (Ant. Corneille, 68.) Il porte dan* te flanc un eaar pe*try de chair; Laperle d'une mère a droit de te toucher. (Id., 79.) ~ De Vêtement nitreux le monttre le plu* fier Se rendrait plu* *eniiible en m'eicoutaat prier.

— JAiil Ovide m'cpprend dedans ion Art d'aimer Qa'aa véritable Amant rien ne doit ettre amer.

— Mai* je ne parte plu* qa'k la fille de l'air!

Elu a fermé Voreitle, et vient de »'en «lier. (Gil, de la Tesaonn., Deiniaiti, II, 1.)

— Qu'il* viennent, ce* faiteurt de mariage en l'air :

lu auront U pUiair de m'enttadre parUr,(Uonlfl., leComéd. poète,

11,3.) Il y a bien d'Hutres rimes ana1o){uca, jusque chez les classique». Voir Souriau, Eeolatian du ver* fr., Ï79. Molière accommode donferetyopiler el nombre d'autres. Toutefois, si nous sommes sûrs que lui faisait sonner r, il se peut au contraire que d'autres poètes aient rimé : Jupité avec douléir), ché{r) avec mé{r). Vau^laa «'est trompé i, ce sujet, quand il a paM de la façon dont on prononçait dans l'Ouest. Hiatoire delà Langue française. IV. n

■210 BiaXOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Cette prononciation Snit en elTet par s'imposer, mais longtemps après '.

Ces faits phonétiques eurent toutes sortes de conséquences. Les verbes se trouvèrent classés par la force analogique en deux catégories, comme ils le sont encore aujourd'hui : 1° ceux qui ont le présent en s et l'infinitif en r : finis, vois, crois, ris, finir, voir, croir{e) rir{e) ; 2" ceux qui ont le présent en e, l'infinitif en é : aime, aime{r). Les premiei's allaient continuer à tirer leur futur de l'infinitif, les seconds le formaient désormais du présent -+■ rai.

On peut aussi rapporter à ce changement des faits qui paraissent d'abord n'avoir aucun rapport avec lui, comme la disparition de r infinitif substantivé. Du moment que le marche(^r) sonnait comme le marché, le lue{r) comme le lue, la formation ne pouvait se continuer. L'esprit de l'auditeur se portant naturellement vers le participe substantivé, si commtm, il eiit été exposé aux plus grossiers contre sens.

H. iVom» en ER. ~ L'hésitation fut grande aussi. On entendait d'une part des finales en è -\- r : enfer, d'autre part des finales en é sans r : berger. Il est vraisemblable que, dans le premier cas, r, protégé longtemps par une consonne tombée ensuite, n'avait été que plus tard exposé à l'amûissement général des finales. Quoi qu'il en soit, Frémont d'Ablancourt est seul à noter ici une tendance de r à l'aiTaiblissement. Les grammairiens n'ont pas eu grande peine à maintenir r ; il n'était pas vraiment menacé. Donc la prononciation de la finale écrite en er était ou bien un e sans r : cavalier, ou un è-|-r .* fier, comme aujourd'hui. Point de noms en e + r ni en è sans r. Les mots nouveaux se rangeaient dans une des deux séries ^. Le mot cuiller oITre un exemple frappant des changements qui se produisent. On avait dit caillé. La restitution de r entraîne le changement de ^ en è : cuiller '^.

On remarquera sans peine le Uen étroit qui unit cette loi à celle que nous avons exposée au sujet des noms écrits ère, en réalité pro-

1. Des préceptes des théoriciens on garde IV en liaison: aim^ren h^al lieu. 3. Les mois familier, illier, singulier, parlicnlier Taisaicnl ealendre r anal, 1'* y Jlail ouvert (Th.. 11. tbS).

3. Les puètes présentent en )[rand nombre des rimej iticxacles oi'i on b confondu é et ér (Voir M, HobbcL, o. c, 170) ;

Afin de rafriitchir ceux qu'il Unoil ti chers,

Let roehen àmolis tt changeaient en fonlaint»

Quand leurs cœurt endurcis se changeoienl en roeAers.

(Rflcaii, II, îiH, cf. /b.. 131.1 Car c'esl » fille unique, et te brait court d'hier Qu'il a toi pour elle an jeune Cuvalier.

(llDiBrob.. Les appar. tromp,, I, \ ; cf. La folle gageure. V. 13.)

noDcésér. Elle est restée (depuis en vigueur et explique nos féminins: dernier, dernière '. Toutefois il n'est pas sûr que er n'ait pas ici été maintenu assez longtemps sous l'influence du féminin (cf. Rosset, o. c, 271 et Th., II, li8).

m. Les mots en our, or, tr, ur sont en majorité savants. Les mots populaires qui avaient perdu r, dont j'ai parlé au tome II, p. 271 : plaisiir), toajoa{r]s, acco{r)t, suppo{r)l subirent l'analogie des mots savants, et reprirent la consonne.

Après a, l'amûissement s'arrétu aussi. La confusion qui a régné longtemps entre des formes comme brancard et brancal, bocard et bocal, poignard et poignal, cessa peu à peu.

Après eu, la restitution futtrès tardive (cf. Th., II, 271). Dans la conversation, jusqu'en 1660, on disait procureu, lahoureu. C'est à partir de cette date que l'influence des théoriciens commença à se faire sentir. Elle ne s'exerça pas sur tous les mots en même temps, ni de la même manière (Th., 11, 166], Dans les mots savants, dit M, Rosset (p, 272), la restitution de r est certainement due à l'infltience du latin, ci Quand les noms viennent tout entiers du latin par le seul changement d'or en eur, comme orateur, auteur, etc, c'est une règle qu'on fait sonner cur à la fin, suivant Bouhours (Th., II, ,164). Cette restitution a été fortement aidée par le fait que beaucoup de ces mots étaient féminins [la blancheur) ; et comme on l'a vu à propos de cuiller, c'était une tendance de donner une désinence féminine, c'est à dire de prononcer la consonne finale aux mots du genre féminin. Ce fait explique que cette restitution savante ait triomphé en somme assez vite ».

Pour les termes concrets, ceux qui n'avaient pas de féminin en ease se prêtaient plus facilement à la restitution de r. Hindi-et le dit explicitement : on ne dît point amateux, exécuteux, imposteux, ra/Mrleux, parce que ces mots n'ont point de féminin (Th., II, 167) ^;

Eh bien .' vont le verres, je veax vont l'accorder ! liait, ti c'eat un Fanlâme, un corps qui n'eti que d'air, y'aurez-voas point de peur ?

(Th. Corn.. Feint AUrol., m, 6; et. A m. à ta Mode, I, 1.) C'est, n'en déptaiie au sexe, an plauir bien liger; ■ Dt$ qa'on le prend, il cette d'élre, Et toajoart il coûte trop cher.

(Perrault, Barbe bleae, MoraUlé.) Boilcau fera rimer hier et Gamier [Lutrin, IV, v. 175-176); «Hier» ei fiers [Art poétique, III, v. 133-1311.

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