‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 80 sur 202 · CONSONNES SONORES FINALES · texte numérisé non relu

CONSONNES SONORES FINALES

Elles étaient fort peu nombreuses. La loi qui les faisait passer

1. Déjà Lanoue avait conslaté qu'on disail menieu el menteur] il n'aimail pas meitfeu, mais il avouait que cette dernière temiinaiBon cet plus étrange en l'écriture qu'au parler (Th., Il, 168); on conserva donc l'orthographe eur, en notant qu'elle était incKacle. En lB3à l'Académie écrit encore : • ouhtieur, on prononce oablitiix. ■ En l&'i, elle a supprimé cette note ; oubliear ae prononce désormais tel qu'il est

aux sourdes correspondantes existait toujours. Job se prononçait Jop; David : Davit ; nord : norl. C'est seulement au début du iviii' siècle qu'on considère cette prononciation comme Suisse (Boindin, 1709, Th., II, 115). Le g qui s'était prononcé k dans éUng, rang, était tombé à partir d'Oudin. Il ne subsistait que dans joag (Joak) et bourg (bourk) '.

La chute de e féminin fit entrer dans le lexique une foule de mots terminés en consonne sonore, mais, sans doute parce qu'il y subsistait des traces de la voyelle, la consonne devenue finale se maintint, ainsi que je l'ai remarqué plus haut: viv[e).

Avant ChifTlet (1&59), personne n'a posé avec netteté la question des consonnes finales en liaison ^. Jusque là, il semble que pour personne il n'y ait de doute. A rintérieur d'un « mot phonétique ", les mots sont liés étroitement : la consonne finale d'un mot s'articule avec la voyelle du suivant (Th., Il, 6). En fait, s'il fallait s'en fier à cette règle, on eût dit des gens inconnus, avec un s, et cela n'était pas.

Il n'est même pas sûr qu'on dît toujours dea genz inconnus. Une consonne, muette devant consonne, tendait k rester muette aussi devant voyelle. Hindret avoue que les Français hésitent entre : de janz inconnu et dèjan inconnu. •' De cent personnes qui parleront dans une conversation, quelles qu'elles soient, il y en aura bien quatre-vingts qui ne prononceront pas les consonnes finales ». Sur quoi Hindret ajoute qu'il n'entreprendra pas de dire lequel est le meilleur (Th., 11,9).

« Cependant, remarque M. Rosset [p. 278), il y avait déjà des distinctions très nettes, d'après lesquelles, en beaucoup de cas, l'usage était fixé. D'abord, il faut observer que le fait même des liaisons était naturel à la prononciation populaire. Les grammairiens relèvent et condamnent des prononciations comme on-z-a, un laid-z-homme {Gauchie, 1570, Th., II, 61); on-z-ouvre, on-z-ordonne (Vaugelas, Th., II, 31) ; fai-z-été, je Vai-z-appris, Je l'ai vu-z-aussi, on-z-an a vu (Lartigaut, 1669) ; j'ai-z-eu, il a-z-eu (Hindret, 1687) . . . avanlz-hier (Buffet, Ménage, Vaugelas, Th., II, 61); — il a-l-ouï, il va-t-où j'ai dit {H. Estienne, Marguerite Buffet, Hindret, De la Touche, 1696, Th., H, 241) ; — « je n'en ai point-n-eu (Hindret, Th., H, 91) n.

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