L'ordre est l'ordre alphabétique des suFflxos
2. Je trouve dans Montaigne (I. III, cli. 9, t. V'i, p. 140), ilongeail. Mais ces sortes de dérivations sont désormais bien rares.
3. (2e suflixe,, à cette cpocjne s'ajoute surtout à des radicaux savants. Au reste, quoi(|ue Meif^ret [Grain.. M v").juffe los mots on .i /«on • veritnl)l(Mn(Mil de terminaison franv'oisc '«, le suffixe savant alion piôvaut di'ji'i sur son oonruncnt.
t. Le suffixe savant erire fail de plus on plus obstiiclo au dôvoloppement de celui-ci; la masse des niutticnance (çrolTés sur des thèmes populaires est antériouro.
pilleresse, Rons., I, 109, Bl. ; prestesse. Brant., VIII, 70; — en eur : aspreur, Philieul, Ot!uv. vul(/. de Pétrarque, 179, looo, G.; droffueur, Rab., I, 89. J. ; murjuetteur, Baïf, le Braue, III, 3, lo73, G. ; rempareur, Rab., III, 14, J. ; — en été: huileuseté, Du Perron. Prem. dise, 2o3 ; sereinilé, Brant., VIII, 37; — en /e, erie : baguenauderle, Calv., H. D. T. ; Jos. Scaliger, Le/., 86 ; bigoterie, Gring., I, 19; foresterie, Vauquel., II, 45, 1555; salauderie^ Brant., VII, 317 ; sommellerie, Bouch., Ser., I, 1, t. I, 10 ' ; trichoterie. Mont., 1. I, ch. 14, t. I, p. 83, n. 3 ; escriuaillerie Id., III, 9, t. VI, p. \'20 ; — en eron : laideron, Mar., Ep., H. D. T.; cf. L. Labé, Deh., Disc.2, p. 22; — en e/e: Araae/e, S'-Gel., III, 199; — en eur ; voleur, J. B. P., 36 "*; basseur, S'-Gel., II, 9; — en ier, iere : larpternier, Cord., Corr. serm. em., 205 C.; moutonnier, Rab., IV, 55, J.;pastenostrier, Id.,IV,2il, ib.; aduocatiere, Id., VI,14, ib.; chascuniere, Id., II, 81, ib.; tapinaudiere, Id., V, 44, ib. ; conillieres (chinoiseries), Mont., 1. III, ch. 10, t. VI, p. 241 ; — en ien : simplicien, Serm. cath. de \ igor, 209; — en ille : poinctille^ Brant., IV. 267; Mont., 1. II, 10, G.; — en t/i .- bouquin se déduit d'un passage de Cordier, Corr. serm. em., 121 C. : sentit boquinum; mitouin, Rons., III, 364, Bl., Bel., La Reconn., a. III, v, .4. th. fr., IV, 393 ; obseruantin, N. du Fail, I, 131 ; tinlin 3, Lem. de B., III, 109 ; — en isson : eblouisson, Baïf, .4m. 77, Nagel;^ei/rMson, Id., P., 38, ib. ; — enoire, oir : balançoire, Palsgrave, p. 282, H. D. T.; decrotoire, Rab., IV, 134, J. ; — en ure : enrichissure, Baïf, Am., 183, Nagel; pisseure, Paliss., 59 ;
B ADJECTIFS : en able : attrayable, Baïf, Poés. ch., 28, G.; déplorable-, Malh., Poés., 29, H. D. T.; mourable, Rons., V, 232, Bl. ; — en a/' ; geantal, Amvot, Diod., XI, 15, G.; nuitaly Rons., II, 274, Bl. ; — en ard, art : leschar, Rab., I, 182, J. ; playdoyart, Id., III. 196, ib.\ — en a^se : chaudasse, Brant., IX, 156; — en astre : sourdastre, Bouchet, Ser., XXI, 269, G. ; — en aut : sourdaut, R. Est., 1549, G. ; — en en, ien, ian, ean : Dodoneen, Rons., IV, 348, Bl. ; Asien, Id., II, 21, ib.: titanien. Mont., 1. I,ch. IV, t. I,p. 27; palladian, Mar., II, 139; hymenean, Brant., IX, 92; — en er, ier, ère, iere : bocager, Rons., IV, 357 Bl. ;
1. Dans Cyre Foucault des dérivés curieux, avec le sens péjoratif moderne : quelque fillerie. oa brief quelque autre Irafîquerie de femmes [Ep. d'Arist., 120).
2. Cet exemple est curieux : plusieurs mauluais garçons appelez voleurs.
3. Or fait il bruire en maint lieu terrien Son ttntinnable, et mener grand tintin.
4. Déplorer, qui sert de thème est en réalité un mot savant, mais vieux dans la langue.
5. .4 1 est un suffixe ancien, mais phonétiquement irré^lier, la vraie forme est el.
ramager^ kl., I, II, //>. ; maillotinier, Rab., IV, loO, J. ; semencier, Baïf, Mimes, f° 3, 1581, G. \ serpent iei\ Hons., II, 347, Bl, ; voyager, Am. Jam., 214; arondeliere, Id., 212; bletiere (Gères), Rons., I, 154, Bl. ; soupière (troupe), Noël du Fail, II, 81 ; — en eux ' ; affaireux, Mont., 1. I, ch. XIV, t. I, p. 85; arhreux, Rons., VI, 126, Bl. ; bUsphemeuse, Mont.,1. II, ch. 12, t. IV, 34, suite de la note 5 de p. 33 ; coquelineux, Des Pér., Devis, IV, 25, t. II; embuscheux, Baïf, Am., 1572, f° 28 v". G.; fascheux, Marot, Epigr. 58, H D. T.; fameux, Gh. Est., 1552, H. D. T.; frayeux, Forcad., Op., p. 5, v. 19: funebreux, J. d'Aut., G.; Lespl., Prompt., 50; gemmeux, Rons., Am., I, 107, Bl. ; precipiteux, Coll., 244, Mont. III, 5, t. VI, p. 15; telineux, Rons., IV, 344, Bl. ; — en ien : bibliennc, Gring., I, 80 ; — en if : amorti f, S'-Gel., I, 96; pressif, Dolet, II Enf., p. 31 ; — en ile : brutile, Goll., 51 ; — en in - : aimantin, Rons., Am., I, 14, Bl. ; ardoisin, N. du Fail, I, 18G; estoillin, "^'ahur., II, 92, son. 78 ; geantin, Rons., V, 57, Bl. ; laurierin, Baïf, Po. 41, Nagel; joant/oWn, Bugn., Er., 73; sandalin, Id., ib., 19; — en « ; crespelu, Rab., IV, 221, J. ; fosselu (marqué de fossettes), Rons., I, 28, Bl. ; lippu, Rob. Est., 1539, H. D. T. ; pommelu, Rons., I, 135, Bl. ^ ;
C) VERBES: en er : balliuerner, Noël du Fail, II. D. T.; Bel., La Heconn., a. II, iv, .1. tli. fr., IV, 371 ; bouleuarder, Briçonnet, Let. de i5i24, Herminj , C, I, 199; charruer, N. du Fail, II, 363; cherer (faire bonne chère), Mar. , III, 44: chifrer. Texte de 1515, H. D. T. ^ ; deluger, Scève, Del., I, p. 26; escarquiller, Palsgr., H. D. T., Cyre Fouc, Ep. d'Arist., 70 ; esclauer, N. du F., I, 235; 11,34; girouetter, Scève, Del., I, p. 5; gruer, \d., ib., XGIX, p. 48; hailloner, Rivaud., 127; se harper, Baïf, II, 316, M.-L.; larronner, Rab,, I, 80, J. ; montagner (lever ou s'élever en montagne), Rons., I, 80, Bl.; outrancer, Marg. de Nav., Dern. po., 393; pesle-mesler, Cyre Fouc, Ep. d'Arist., 14; piailler, Id., ib., 80: se prélasser, Rab., II, 24, H. D. T.; prosaiquer,
1. Ce suffixe a été très employi'- dons l'école de Ronsarti, mais parce qu'il ôlait parlout ailleurH un des plus répantlus : une seule phrasi- de .lnuhcrl le montrera : I)iverse8 espèces de teij^ne : leitjne hottrnitliere, fiyueuse, amedose, lerlineusc, /i//)jneuse, braneiise, et iirhoreiise. Krr. pop., p. Mb.
2. Il faut ajouter que la IMéiade u fait revivrt^ tous ceux de ces adjectifs en in (pii étaient anciens dans la langue ; ari/enlin, iuoirin, marbrin, orin; tout ceci sans doute k l'imilation de Leniaire de Helges et de l'école de Lyon, qui les atfectionnaient déjà. Cf. MeiKret, Gram., a.'îr-.
3. I)ans certains cas eux et ut ont pu être confondus. V. à la Phonétique.
4. •• Quid est ineplius, quid absurdius, sive barbare dicas rhifrare: sive («alliée chifrer'! Kxlirpûte ijcitur o pùeri non solum barbiiricas ejus modi naenias, et absurdas vocet, vorum clUm Galjicas ». Cord., Corr. serin, cm.. 301 C.
Coll., 219; rnssignoler, Cyre Fouc, Ep. d'Arist., 18; sourcer, Rons., III, 260, Bl. : taluer, Rab., II, 84, J. ; tauerner, G. Bouch., Ser., I, 3, I, 90 : — enailler : criailler, Rons., III, 72, BI. (Le poète, dans une note, le disait vendômois) ; rimailler, Dict. des rimes, 1596 ; tirailler, Ib.: — en Hier : pétiller, Du Bel., IV, 45 v", L. ; — en «yer : poudroyer, Rons., Od., III, 10, éd. 1584 ; rosoyer, Baïf, Mimes, II, f« 107 v", G.; vanoyer, Rons., I, 389, Bl. ; — en /r» aboutir, Rob. Est., Dict. fr. L, 1539; asprir, A. Jam., II, 215 corallir, E, Forcad.,p. 18, v. 28-39 ; fruitir,Baiiï, Poes. ch.,p. 1, G.
D ADVERBES-. — Alterement, Pont, de T., Er., III, 32; artistenient, Castelnau, Mem., 169, H. D. T. ; celestement, Bug-n., Er., XII, \Q ; desgoutement, Scève, Del., CCXXI: feinctiuement, Bugn., Er.. LX, 47; inaduertemment. Mont., 1. III, ch. 5, t. VI, p. 6; reposamment, DuPerr., /" dise. 21 ; respondamment, Id., ib., 68; tacitement. Pont de T., Er., II, 27 : tenacement, Bugn., Er., 34 3. H SUBSTA.\TIFS. ADJECTIFS. VERBES DIMINUTIFS. — Le XVI* siècle lia inventé ni l'usage, ni même l'abus des termes diminutifs ; toutefois certains poètes, comme il a été dit ailleurs, se sont laissés aller à de ridicules excès. L'exemple de Lemaire de Belges les avait encore une fois mal servis. Les théoriciens de la langue, loin de les retenir sur cette pente, ont donné sans observations la théorie de la formation de ces sortes de mots. Dubois avait commencé, Meigret (iram., p. 29 r"), puis ses imitateurs suivirent, et Henri Estienne renchérit encore. Convaincu, lui aussi, que les diminutifs tiennent le premier lieu en mignardises ^, il s'efforça de prouver que nous « y pouuions faire tout ce que nous voulions, adioustans souuent diminution sur diminution ». Les brebis camusettes, les arondelettes, les ruisselé ts argentelets, ce qui est gracieux ou ce qui est mièvre, il cite tout pêle-mêle, si bien qu il me suffira, sans donner d'exemples, de renvoyer à son plaidoyer. Au reste, il n'est que d'ouvrir Baïf ou Belleau pour trouver à satiété de ces <( faultettes mignardelettes -^ »,
1. 11 y a un certain nombre de verbes en l'r nouveaux au xvi* siècle, mais presque tous sont des composés, comme aboutir, ainsi : apollronnir, ensalaudir, Brant., IX, 420 fVoir plus loin).
2. Voir les listes très complètes de Vaganay ; Deux mille adverbes en ment {Rev. lies El. Rab.. 1904-5).
■"$. Les adverbes servent déjà chez les précieux du xvi* siècle à des expressions curieuses : cesle vie heureuxement maudicte (Del., 69). Sa gueule esloii de xang haaement altérée Am. am.. II. I"3i; Sex cheueux Sont plus iaunement blonds que bassinets dorez Pass.. I. 26. Nous verrons ailleurs que Ronsard à l'adverbe substitue souvent l'adjectif.
«. Voir l'recellence. éd. Huf.niet. p. 96; Pillot les trouve très éh-çrants 13 v). ■>. Ronsard lui-mcmc en a abusé (II. 271) :
Vnc auette sommeillant Dans le fond dvne fleurette Luy piqua la main tendrette...
llisloirp delà langue française. II. 13
Les plus nombreux sont en et, etle, elef, eletlc : umetle. Mont., l. III. ch. 10, t. VI, p. 246 ; amouret, Jod., Eue/., a. i, .1. th. fr.. IV, 21 ; uttifct. Bel., Ln Beconn., a. I, A. th. fr., IV, 340 : faultette, Des Per., Deuis, XLIV, t. II, p. 182 ; mirsolot. Hons.. IV. 113, Bl. ; vir/nolette, Mar., II, 191.
Maison en forme aussi en eau, elle: cappitayneau, Brant.. I\ . 32i; en fanteau, Mar., II, 74; /W/jyuereau/.r, Gring. , I, 97; trapelle. Mont,, 1, II, ch. 12, t. IV, p. 58, n. 4; — en on : bestion, Phil. de rOrme. H. D. T.; N. du F., II, 100; maudillnn, Am. Jam., II, 1()6; — en ot : cha.Hserot, Bons., II. 388, Bl.
Les verbes sont la plupart en otcr : boursicoter, N. du Fail, Eutr.. H. D. T.; muspiroter, Baïf, Atn., 68 ; suçoter, Rons., 498, L.
3" Composition par particules. — Avec a : samastiner, Cyre F'ouc, Ep.d'Arist., 136; ameuter, A. Jam., II, 167 ; aparessir, Du Bel., Mem., 1. Vil, f« 23i r", G. ; apoltronnir. Mont., III, 13, H. D. T. : — avec arrière : arriere-rnain, Thierry, Dict. fr. lat., 1564, H. D. T.: arriere-neueu. Mont., I, 19, H. D. T. ; — avec auant : auant-chien,Y\ons., 1,70, Bl.; auant-fany. Tahur . II, p. 6. son. 22, B\.: auant-ieu, Bons., II, 127, Bl. ; a\ec bien : hien-chery, Rons., VI, 135, Bl. ; bien-(/ernieu.r, Id., V, 231, ib.; bienséance. Rob. Est., 1539, H, D. T. ; — avec con : coinparoistre , Id., ih. : — avec contre ' : contraccorder. Du Bel., II, 10, Nagol : confr' huilier. Tahur., Il, p. 7, son. 3; contre-respondre , Rons., III. 2*M>. Bl. : — avec de, des: décomposer, (^alv.. Insf. chr., 213, L. / ^ (jouster, Rob. Est., 1539, H. D. T. ; desetaller. Jod., Euy., A. th. fr., IV, 47; desordre, R. Est., 1539, H. D. T. ; deparesser, Rons.. \\. i8, Bl. ; deproportion, Du Vair, 388, 31 : dereter, Rons., I, 123, Bl : ^ avec e, es : ébranler, Rob. Est., 1539, H. D. T.; euentail, Amyot, Ant., 31, ib. ; — avec e/i .• omparfumer. Bons., I, 61, Bl. : embahiller, N. du Fail, II, 36; envauer. Bons., I, 20(>, Bl. ; enreter, Id., Am., I. 82, ih. ; — avec entre : s entrentendre. Mont., Ess.. I. II, ch. 12, G. ; entrecouraf/er, Vigen., Com. de César. 21 i, éd. 1576. G.; entreyloser. Mont., I. III, ch. 13, t. VII, p. 9; entremonde, Pass. , I, 112; entreprisonnement , ./. H. P., 88*; entreuoir, Marg. de Val., Ileptam., 76, H. D. T.; — avec mal : malrassis, Itons., VI, 170, Bl. ; — avec non : non-dit, Id., V, 240. /"/>.; nonsont (eunuque , N. du F., Eutr., G.-'; — avec re : rebles.sei.
1. Celte parliciile c«t, avec entre, mu* dos plus cinployéex an xvr siècle.
2. (;onrii!<i(iii ouriousc d'nprôs entreprise nu lion de emprise.
3. Dès ri'll»' cpo(|ii(> la particule in siMlovcloppcnux dopons ilc non : «»n fail ini/nr (lahle [lUtnn., V, 271, Hl.), nu lieu de non-(fnrilal>le. (httre nenible morl. Cf. Ksi Prec, éd. IIuk., 187. Cependant encore ou/re/J«Tcer (Gring.. I. 17* cl (|ueU|uos nuln-
Rons.. VII. 22. BI. ; restangner, Scève. Del.. LVIII,p.30 ; — avec sous: soussigner. Saint-Gelais, lo, L. : sous-seruir, La Bod.. Liv. Je la vie. I08I. III. 12. G.: sous-dame. Brant.. IX. 519: — avec sur : suraugmenter. Bugn., Er.. 83 ; surestimer, d'Aubig^né, Hist., III, 354. L. ; surnaistre. Pont, de T.. Solit. prem., 34, G.; surpayer. Mont.. II. lOo, L. : — avec très: tresluire, J. de la Taille, Blas. de la Marg.. G. '.
i" Composition proprement dite. — Ay Deux adjectifs ou deux substantifs sont apposés: diuin-humain.Bugn.. Er.. 99: humblefier, Rons., I. 68, BL; doux-grief. Scève. Del., LXXXVII. p. 43 ; ' haude-seche. froide-humide. Du Bart.. 2'' j., 51 V; large-viste, Ch. hug.. II. 301. 1572: triple-vn. Du Bart., l-^-- journ., p. 6: l heureuse-honnorable-conqueste , Id.. I, 294 ; — mere-cité. Du Bart., Jud., f" 347 ; homme-chien, Id.. 1"* journ., p. H; Dieumessager. Rons., V, 360, BI.
B j Un substantif qualifié par un adjectif forme un adjectif composé : pied-vite (^Achille). Rons., V, 65, BI. ; front-cornus, Id.. VI, 372, ib.--, claire-voix (hérauts), Id., III, 65, BI. ; laqs-courant, GelL, Circe. 116; morte-paye, J. d'Aut.. IV. \33 ; papier-iournal^ Amyot, L.
G) Un adjectif pris adverbialement est joint à un verbe pour donner un adjectif; doux-sou fiantes (flûtes), Rons.. II. 305, BI. ; — aigu-tournoyant ; Id., II. 79, ib.
Di A un adjectif, un participe, un nom. est joint un substantif qui en dépend de telle façon que le rapport serait marqué, dans une lang^ue à déclinaisons, par un cas oblique : cuisse-né, Rons.. V, 235, BI. ; /erre-ne:: g^éants), Id.. V. 237. ib. . nuit-volant. Baïf. Po.. 43: cheure-nourri. Id., Vers mes.. 2, Nagel "'.
E) Un verbe à l'impératif est suivi d'un régime, comme dans
chasse-peine (lor;. Rons., V, 222, BI. ; desrobe-fleur lauette). Id..
II. I i6. ib. : donne-vin (été), Id., V, 187, ib.; mange-suiet
Childérici. Id.. III. 235, ib. ; o.</e-soi/" (échanson . Id., VI. 343, ib. :
1. farfouiller. Rab.. Pnnl.. II, ;J95. M.-L. : Lospl.. Prompt.. J7. est t'ait dune particule obscure.
2. Ce procédé, tel qu'il est appliqué dans les premiers exemples, où Ton est obligé de construire front comme un accusatif grec se rapportant à cornus : cornas par le front, nest pas français. Je mets des traits d'union qui ne sont pas dans les originaux.
.3. Ces composes traduisent des mots giecs comme va.r^vivTf;. vjxTtn'Mo;. etc. Ils appartiennent presque exclusivement à Konsard et à son école. Le vieux français connaissait quelques types comme feruestn que cite II. Kstienne iPreeel.. 158 : mais ce procédé de composition n'a jamais été répandu dans la langue. L'emploi qui en est fait ici est tout antique.
porte-cou ron nos (rois), Id., VI, 158, ih. ; rase-terre vent), Id., VII, 119, ib.\ hrise-ff rain [mouVm), Bart., 2''j., 75 v°; donne-iour (le char). Id., 2^ j., f" 84 v» ; porte-laine (mouton), Id., 2^ j., f" 47; tire-trails (fîls), Id., l'"*'j., 11 v°; tirasse-contre (le bœuf), Id., 3" s., f» 1021.
J'ai déjà eu l'occasion de parler de ce procédé (I, 283-4) : il a donné au français un g-rand nombre de substantifs. Une des principales innovations ling^uistiques de Ronsard a été de chercher à faire de la sorte des adjectifs 2. Je ne sache pas que Scève se soit avisé de ce moyen. Au contraire, les adjectifs nouveaux se rencontrent en foule chez Ronsard, employés souvent avec un art véritable.
Du Bellay ^, Baïf, en ont fait grand usage et pendant quelque temps ce fut à qui chercherait Ih l'équivalent de ces épithètes imagées qu'on enviait si fort k la jioésie ancienne. Henri Estienne luimême les a acceptés sans répugnance : il recommande seulement d'en faire un emploi judicieux ' et d'éviter d'y mettre au pluriel le substantif, s'il n'est pas monosyllabique. Toutefois les adjectifs ainsi composés étaient trop inusités pour ne pas choquer; Du Bartas, qui les avait mis « vnpeu espes », il en convient lui-même, se vit contraint de les défendre. En 1596, on faisait un choix des plus beaux de son œuvre •'; en 1610 ils étaient à peu près complètement condamnés'', comme n'étant nullement propres à notre langue.
5° Formation irrégulière. — Je ne pourrais, sans chercher à déterminer des procédés là où il n'y a le plus souvent que fanUiisie. essayer de réduire les mots qui en sont issus à des catégories; jr