‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 105 sur 259 · Voir Ane. Th. franc.. Jannet, 1K5j. I · texte numérisé non relu

Voir Ane. Th. franc.. Jannet, 1K5j. I

4. Sur toute celte campaj;iie. voir Clément. //. /•>■*■<., 323 et suiv.

5. " Car tout-ainsi que quand vne dame auroit acquis la réputation d'estre pcrfaicte et accomplie en tout ce qu'on appelle bonne pra ce. celle qui approcheroit le plus près de ses façons auroit le second lieu: ainsi, ayant tenu pour confessé que la langue grecque est la plus gentile et de meilleure grâce qu'aucune autre, et puis ayant monstre que le langage François ensuit les iolies. gontiles et gaillardes façons Grecques de plus près qu'aucun autre : il me sembloit que ie pouuois faire seurcnu'nt ma conclusion qu'il meritoit de tenir le second lieu entre tous les langages qui ont ianiais esté, et le pi-emier entre ceux qui sonl auiourtl'huy » Precel.. édit. Huguet, 31).

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trouuerovent chez eux, s ils vouloyent prendre la peine de le cercher ^ ».

La sortie est très vive, et l'indignation d'Estienne bien grande : car, mêlant une question de patriotisme au débat, il met déjà en avant ce mauvais arg-ument, qu'à voir les courtisans « emprunter d'Italie leurs termes de guerre, laissans leurs propres et anciens », on en viendra à penser « que la France ait appris l'art de la guerre en l'eschole de l'Italie - >». Dès ce moment, on sent à l'àpreté de son ironie, à la violence de ses reproches, que si « personne de meilleur loisir » ne s'y applique, il reviendra à ce propos.

Et en effet, après une période de douze ans, il lança coup sur coup les Deux dialogues du nouueau langage français ilalianizé et autrement desguize (ITiTS), et la Precellence du langage français 1579) 'K Le premier de ces livres s'attaque aux courtisans écorcheurs d'italien. Mélange hétérogène de doctrine et de satire, de pédantisme et d'esprit, comme presque tous les livres français d Kstienne, coupant la dispute philologique d'une anecdote, et appuyant la moquerie de considérations grammaticales, il peint, conte, caricature, invective, discute, et argumente tour à tour. On cite toujours l'amusante parodie du langage italianisé dans laquelle Jean Franchet, dit Philausone, gentilhomme (]ourtisanopolitois. expose aux lecteurs tutti (/nanti la rencontre dont le récit fait lobjet du livre. Il y a, au début, nombre d'autres morceaux de ce style '. Mais bientôt le ton change. Estienne, une fois le langage

1. " Encores. s'éci"ic-l-il, faisons-nous souuenl l)ien pis, quand nous laissons, sau^ sçanoir pounjuov, les mots qui sonl de nostre creu. et que nous auons en main, pour nous seruir de ceux (juc nous auons ramassez d'ailleurs. le m'en rapporte a mnnquer et a son lils ntHriqnemenl, a hasler et a sa fille hHslance. et a ces autres beaux mots. a rimproiiislCy la première iu)lle, grosse inlrade, vn grand escorne. C.av «jui n»m> meut a iWic luaiKjuer cl manquement. |)lustost que défaillir cl défailli y hasler cl haslanre, plustosl (jue suffire et suffisance ? Pouripioi trouuons-nous plus beau a iimjirouiste. que au despourucu y la première voile, que la première fois? grosse inlrade, tjue gros reuenu '.' Qui fait que nous |)rcnons plus de plaisir a dire : i( a receu vn grand escorne, qu'a dire il a receu, vue gniudc honle ou diffame ou ignominie ou vitupère, <»u opprobre ? » (Conf., 22 .

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