‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 106 sur 259 · Voir (À)nformilè. Préf., p. 2« etsuix · texte numérisé non relu

Voir (À)nformilè. Préf., p. 2« etsuix

a. Le titre exact des Dialogues est : Deu.r dialogues liu nouueau langage Fran\-oi^ ilalianizé, et autrement desguize, principalement entre les courtisans de ce tem/is De plusieurs nouueaulez. ai ont accompagné reste nouueaulé de langage : De gueU/ues courtisanismes motlernes, et de gueltjues singularitez courtisanesques.

i. « l'ny bonnes ianibcs (de quoy Dieu soit rinfcratic). mais iay batu la slrade desi.i Utul ce malin, et n'csloil cela il me basieret l'anime «l'accompagner voslre scifrneurii' partout ou elle voudrct... Sa maison est fort discosjle. principalement pour vn liomni< <|ui est desia vn peu titi'a(|uc, (*omiiic ic vous ay dici »|uc i'esles. Toulesfois ie necrnin pas tant la fatigue du cliomin, coninie iay peur «pu- nous ne le Irouuion» pas in case Mais ipour iouer au plus seur) i'enuoiray mim rafcasch, pour en svauoir dr^ nouuelles... Prenons vn autre chemin, de (cracc. (lar ce serct vne discorlcsie de \ms i»er par lu contrade ou est la case des dûmes «pie sçauez, sans y faire vne peliliniante, et toutcsfuiH, iu ne suis pas mainl«-nant bien uccnnche pour comparoir dcuiinl ellof» " IHal.. I. I. p. Ji,é«lil. I.iseux).

EMPRUNTS AUX AUTRES LAiNGUI S 203

de Philausone connu, quitte cette manière de railler, renouvelée de l'écolier limousin; il prend un à un les mots, les prononciations, les expressions de la cour, tous les barbarismes des « Romipètes », les analyse, et les examine avec une inlassable sévérité.

La verve ne manque pas dans les ripostes, ni l'esprit dans la discussion, mais celle-ci eût certainement g^ag'né à être plus serrée. Le xvi*" siècle ne craignait pas les gros livres. Estienne a abusé ici de cette indulgence ; à chaque instant, il s'égare volontairement dans des digressions et des redites ; il semble moins que jamais se douter qu'il ferait plus piquant en faisant plus court. Singulier défaut chez un homme que des travaux écrasants laissaient à peine respirer : il écrit comme on fïàne !

Sa science se trompe aussi parfois. On pourrait discuter avec lui si certains mots, qu'il considère comme des italianismes, bal, coyon. ne sont pas anciens dans le français, ou ne lui viennent pas de ses dialectes ; si vocable est italien ou latin ; il est certain que liste est allemand, et que seule la réapparition de s peut être imputée à l'italien lista, (jue corporal n'est qu'une corruption de caporal, et 'non une forme antérieure , etc. Mais, en général, Estienne, qui possédait à fond l'italien ', voit juste et clair * : son livre ^ quoiqu'il faille se défier de l'imagination créatrice de l'auteur — demeure aujourd'hui encore le relevé le meilleur des farcissures dont la mode de ce temps avait bigarré le langage.

La Precellence n'est que le projet d'une œuvre plus vaste, que le roi Henri 111 avait demandée à Henri Estienne, revenu en France, et qui ne parut jamais-^. Ce livre ne répète nullement le précédent : il le continue, encore bien différemment. Considérant en effet que l'engouement des « gaste-françois » venait en dernière analyse d'une admiration plus ou moins consciente professée pour la langue italienne elle-même, Henri Estienne voulut ruiner cette superstition. Jusque-là les Italiens l'avaient entretenue; les Fran<,ais, sans la subir tous, n'avaient guère osé revendiquer <|ue l'égalité avec eux. C'est encore le point où se tient Mathieu^.

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