‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 107 sur 259 · Conform.. p · texte numérisé non relu

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J. Il est cui'ieux cependant «juan puisse lui-même le prendre en llajrrant délit (i italianisme. Ne donne-t-il pas dans la Precellence. parmi les synonymes d'auare qu il entasse pour prouver la richesse du français, le mot de racledenare ; racler est français, mais denare na-t-il pas été influencée par l'italien denaroY

■^. Le titie exact porte: Prniect du linre inlihilé De lu precellence du langaf/e François: Paris, Mamert Pâtisson, imprimeur du H03'. 1579. Cf. l'épistre au Roy, début.

L " La huifrue italienne a deux soimeraines jrraces. Lvne, de (juoy son vsage est assigné en vn certain quartier du |)ays : ou les femmes et les enfans, les çrens de ville cl de villafTc. les scauans et les ifrnorans parlent également, et de rondeur de houdie :

204 IIISÏOIIU: DE LA LAXGLK FRANÇAISE

Mais Henri Estienne va plus loin : il ne se défend plus, il attaque, et prétend démontrer à l'honneur et au « j)roufit de sa nation, que la langue franvoise surmonte toutes les vulg-aires, et pourtant mérite le titre de precellence ». Je renvoie le lecteur curieux de connaître son arg-umentation à son livre même, devenu, grâce à deux éditions modernes, tout à fait commun '.

Dans l'ensemble, elle est telle qu'on pouvait l'attendre. c"est-Jidire vaine au fond, les langues ne pouvant être estimées d'après une mesure commune. Elle est aussi telle qu'Estienne pouvait la faire, riche en oijservations justes, mais en même temps semée d'erreurs, qui proviennent des défauts de la méthode philologique du xvi^ siècle, comme aussi bien de la passion et du |)arti pris de l'auteur.

Dès le début, après s être appuyé (IBl- sur le témoignage de Brunetto Latino, que j'ai cité moi-même , il allègue en faveur de sa thèse ces deux raisons singulières que u nous auons nos langues plus a deliure que les Italiens pour prononcer les mots grecs et latins que nous empruntons, sans les deprauer », puis (jue « nous auons vn langage qui n'est point subiect a tels changemens qu On voit auenir au leur, et a vue telle incertitude » ItS et s.i. On ne saurait guère aller plus loin dans le paradoxe. Et cependant l'auteur se surpasse aussitôt, quand il aborde les points essentiels du débat. Il veut examiner successivement lequel des deux langages est le plus grave, lequel est le plus gentil et de meilleure grâce, lequel est le plus riche (37). Et, comme il prétend ne rit ii céder sur aucun point, il conteste à l'italien des avantages incontestables. Pour trouver ré([uivalent de l'accent mobile, il \;i chercher les différences de quantité. (|ui sont entre des nioK comme nier et f/ràce, malin et matin. Le français, aflirme-t-il, ^r prête aux vers mesurés ; du reste, les atones qui suivent raccciit dans les mots italiens sont une gêne, une cauise d'irrégularité et (l< pesjinteur, non un élément de gravité ( 38-10]. Sur le chapitre <l> la gentillesse, mêmes jirétentions <)*i-|0'i . I.(^s finales sonores «u

nan» dilTerciHc. I. autre ffraro i-sl. dp<|Uov les mieux jipiins du pavs. el lo> pliisjfrimlpersonnages en seannir liiy oui t'ait l'Ijonnenr de la CDiielier sur le papier... de smir (|ue Hj elle se veult contentei" île l'eKalilé. nmis luy aceonlerons Iresvolôliers : si <ll« vent passer «>nltr«'. et anoir le |)ardessns, il l'an! aduiser a ses raisons. Kl si elle n<>u> preseiitoil pour ses lenans Maeliiauel, inessire V. nend)e. eardinal. Malthasard >l<' (Iliaslillon, r.\rioste. lean Hoci-aee, Franvois IVtrar(|ne. et le Dnnies. il fter<>i| besoing d'auoir la voix bonne et forte, et les rein» fermes pour sonslenir eonli'eux » (Deiiin 'l'>"2) I v*. 2 r" .

1. VoirI éilition «le F.-ngère. Paris. IK50. et eelle de K. lluKUel. l'ari-. 1S<M».

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