Voir p. 2^^. 332 etsuiv
3. Je mar(|ue d'un astériscjue ceux de ces mots ([ue je crois inxenlés. cl <(ue,je n'ai pas trouvés ailleurs.
220 HISTOIRK \)K I.A LAiNCil K KRANÇAiSE
àvT'.zspijTaj'.ç . p. 423; * con/renaturel= x^xi7:ifiv.x, p. 406: *defaulifs = privativa, p. 9 : cUrfanficme = décupla, p. 234 ; enuiron nance = anibitus superlicierum, p. 67: * cstance = entitas (qui « ne valant rien en latin, ecorché, deuiendroit a peine bon en franvois), p. 14; * Iwrscenfrin :^ excentricus, p. 306; humectaison = humectacionem, p. 284; ioif/nnncc = adjacentia, p. 108; massiueté = niensuia densitatis et raritatis. p. 92; mcsmeto = identitas. p. 39; nom/>reM.r = calculator, p. VàS\* parteletlcs cendreuses = particulae, p. 396; * rarefaifes = rarefactas, p. 26'); j)iiissan<'ie/= potentialis, p. Uii; rece ue use = reeepti va, p. 393; * souslunier = sublunaris, j). 272; * sou-hrulenwnt = Jzî'xy.auiAa, p. 278; relatifs de Miir/nise et de soumise =relativa superpositionis et suppositionis, p. Ho; (mouvement) * /remZ>/o///"= oscillatio, p. 2o4.
Il faut bien le dire cependant, les savants aussi scrupuleux furent rares. Ce système des équivalents exigeait d'abord une trop grosse somme de travail et d'effort. Il faut déjà savoir gré à ceux qui ont bien voulu n abandonner le franc^ais qu'au moment où celui-ci leur faisait défaut ; ainsi à ce simple vétérinaire Jean Massé, qui, avant de recourir aux dictions grecques, qu'il se déclarait disposé à changer, si on lui fournissait une meilleure invention, avait réuni « les plus doctes de l'art >• afin de pouvoir nommer les maladies ainsi que le vulgaire des maréchaux les nommait ^ : au traducteur des <( XX livres de Constantin Cœsar » qui, malgré « sa diligence- « à chercher comment rendre les dictions (irec(jues. I.;il nés o\
1. Voir Jean Massé. Art vétérinaire. làO.'t. Il a ajoiilé à son iixrc (tes .{nnoindons (les dictions médicales plus difficiles.
1. Les XX Hures de (Constantin César. ciHSf/j/ei= sont trnictez les bons enseignemens d'agriculture : Iraduicls en Fraueoys par M. .Anlhoine Pierre, ieeiitié en droicl. De nouueaii reueu/. par le tradiicleiir : Lyon, Tliib. l*«yen, ir)ôO. F. â99 : <' Aujourdhuy on veoit plusieurs liures traduiels en Francoys. qui sont suhiecls a eorrection en plusiem-s endr'uets : en manière tpie les vngs rcssemblcnl esU'c escunieurs du lai in, ou pèlerins : les aultres en vmilanl traduyre de mol a mot l'œuure. ont délaissé a explicquer le voul<.)ir de l'aucleur...
<< Et en ma Iraduetion, ie n ay esté desplaisant «jue dvne eliose, c'est que iusques a présent nous auons demoiu'é en si g:rand' dell'aulte des noms propres Franet)ys de plusieurs choses (|ui nous sont en vsajre lous les iours. niesmement de celles ((ui sont en Ajfrieulturc. et en Médecine, dont sensuyt ipie nous sonnnes conlraincls dvser des noms Grecs, Latins et .\ral)icques. en delFault des termes Francoys. Ce cpie i'ay voulu dire en passant, pour respondre a ceulx (|ui Miiddroyent dire cjue i'ay délaisse^ plusieurs dictions (irecques et Latines en ce Liure'; sans leur auoyr baillé nom Francoys : car cela n'est aduenu. que ie n'ay point trouué «pie la lanjrue Francoyse leur ayt donné encore aucun propre nom Francoy.*. Kt si te promets que i'ay >ci"andement tratuiillé a le vouloir faire : mais nui diligence n'a pu si bien assaillir, que la ne(rli>;ence du teuq)s passé n ayl eu plus de résistance. Kt d'aullre part, il m'a semblé plus conuenable de les laisser ainsi en (trcc, ou en Laltn, cpie de Iciu' donner vn nom tout nouucau, qui ne s<iil entendu que de moy seul » (!(>1
'TyiM?» «le noms ^n-cs : o/>or//». Hcrn<lii>n. hnlinnis. ih-i n.iii issus. »i(/,./.. ,. ■/ .,phu», la picriv (jagnten, aminanlos, etc.
KMPBLMS ALX ALTRES LANGUES 221
Arabiques de l'ag^riculture et de la médecine, ne s'est résigné à leur laisser leur forme ancienne que par peur de leur donner un nom nouveau, qui ne fût compris que de lui seul. J^eaucoup y ont. comme eux. « grandement trauaillé ». sans cependant pouvoir se garder de latiniser ou de gréciser. La tentation était trop forte, et l'occasion trop fréquente. In Meigret, un Du Pinet y succombent. Mathieu lui-même, et cela dans son réquisitoire contre les écorcheurs. emploie saliihre, siinder, communicntiuo, patriote^ d'autres encore.
Toutefois ce n'est ni inconsciemment ' ni à contre-cœur que la masse des savants « despume la verbocination des anciens ». Par un dernier préjugé, ces écrivains (jui abandonnent le latin croient encore honorer leur vulgaire, en la barbouillant d'un vernis latin et grec. J'ajoute que beaucoup ne sont pas fâchés par là de marquer, ce qu'ils prennent soin de rappeler dans leurs préfaces, qu'ils eussent pu aussi écrire dans la langue des doctes. On ne nie pas d un coup sa noblesse. Quant à ceux qui ne savaient que le latin de leurs mères, comme dit Des Periers, on peut croire qu'ils n'étaient pas les derniers à adopter ce langage bigarré qui sentait son docteur. Un Palissy avouait être sans lettres, mais Hoch Baillif de la Rivière prétendait avoir ses degrés. J'ajoute que quelques-uns avaient girdé la préoccupation, tout en écrivant en français, de cacher 1 art au vulgaire.
Ces raisons expliquent comment le latin et le grec ont été de toutes parts écorchés sans pitié. C'est en vain que quelques sages, comme Dolet, ont conseillé d'y apporter une certaine mesure - : « N'entends pas, dit-il au traducteur, — mais l'avis s'adressait aussi à d'autres, — que ie dye. que le traducteur s'abstiene totalement de mots, qui sont hors de l'vsage commun : car on sçait bien que la langue Grecque, ou Latine est trop plus riche en dictions, que la Françoyse. Qui nous contraint souuent d'vser de mots peu fréquentés. Mais cela se doibt faille a l'extrême nécessité. le syay bien, en oultre, que aulcuns pourroient dire, que la plus part des dictions de la langue Françoyse est deriuee de la Latine, et que si noz Prédécesseurs ont ■u l'authorité de les mettre en vsage, les modernes, et postérieurs en peuuent aultant faire. Tout cela se peult débattre entre babil-
1. On trouverait beaucoup de passages, où les savants eux-mêmes qualifient leur lanjîage. Ainsi je citerai Sébast. Colin, Vr., p. 11 : « l'ai cof^neu des fleures. .. estre fçucries sans qu'il apparust aucune subsidence, ou hypostase (si tu aimes mieux excorier le Grec, (jue le Latin). »