Œuvres. Hlanchemain, vu, X\i
7, Voir Pasquier. (iHuvres. H. let. xii, p. iH H. <- Kt n'y « rien qui nous perde tant en cela, sinon qtie la plus part de nous, nourri» dés noslrc icunesse nu (îrcc et Latin, ayans (|ucl(]ue asseurance «le noslrc suffisance, si nous ne trouuons ni«»t apoinct, faisons d'vne parole bonne, Lalin<'. vnc tres-mauunise en l'ranvois : Ne nous aduisans pas (|uc ccsle pauuretc ne prouieni de la tlisetle tie nosire langage, ains de nous mesmcH et de nostre paresse. » Dans la même lettre. Pasquier oppose à cet nbus l'usage, tel qu'il devrait être, modéré et Judicieux.
Estienne s'en est plaint à son tour, effrayé de voir les femmes ellesmêmes se mêler dégratigner ce pauvre latin, « faulte de luy scauoir pis faire * ». Bref, il n'est pas de thème plus rebattu.
Mais les phrases les plus indignées n'ont gardé personne ou presque personne de la faute qu'elles condamnaient. Rabelais le montre bien. N'a-t-il pas des pages entières que Pantagruel eût été fort embarrassé de comprendre s'il n'avait eu que son français?
Lemaire de Belges, qui est leur maître, est im latiniseur sans vergogne :
Dame Venus employé son possible
A tout conioindre en amour melliflue
Leur propinant vertu concupiscible (III, 416).
La Pléiade aussi, et Ronsard lui-même, furent loin d'échapper à cette contradiction. Sous prétexte de réagir contre le jugement de Boileau, assurément excessif, on est allé trop loin depuis Egger. Malgré les fortes paroles par lesquelles Ronsard a condamné collauder et confemner, le premier de ces verbes a été employé dans son école, et, on peut le dire, sur ses incitations. C'est sur le tard en effet, M. Marty-Laveaux l'a très bien vu, que la sagesse lui était venue. Il y a du latin, et en quantité notable, dans ses premières œuvres. On le constatera plus loin aux exemples : ancelle, argutie, exceller, libertin, tabide, varie et nombre d'autres latinismes ont été probablement inventés par lui ; une foule d'autres, encore peu répandus, ont été acceptés dans ses œuvres et vulgarisés ainsi'-. Au reste le Quintil Censeur a déjà démêlé les vraies tendances de l'école, et pris Du Bellay en faute: il lui a signalé, avec raison dans nombre de cas, qu'il écorchait le latin sans aucune pitié ^. Si du reste on eût, dès ce moment, dans le groupe des