Voir Thur.,0. c., l,Mb
LES DIPHTONGUES 2o i
mignardise. Et c'est à leurs protestations sans doute que la langue dut le maintien d'une prononciation officielle oe qui dura longtemps encore. C'est, à mon sens, un des premiers et des plus sensibles exemples de la règle venant contrarier 1 usage.
En même temps que la prononciation par trè, è, la diphtongue oi semble avoir gardé jusqu'au xvi* siècle, chez certains Français,, une prononciation par oi (çy). Palsgrave l'a notée quand oi est final : roy, moy, loy, et aussi dans moyen, ioindre. Erasme la également remarquée, ainsi que H. Estienne, qui se moque de ceux qui l'exagèrent en prononçant avec diérèse de l'o et de 1'/, comme dans le grec c 'Je (Hypomn., 47),
Mais, dès cette époque, les Parisiens donnaient dans une erreur sans doute liée à la précédente. Très inepte, au dire d'Estienne [ib.], elle était pourtant appelée à un avenir très grand. Quand oi est final devant s et f, quand il est médial devant /et r, constate Palsgrave, on entend au lieu de oià peu près oa : hoas. francoas, gloare. poallon. L'Epistre du beau fih de Paris raille cette prononciation : voua, ie ne m'en foua que rise. On la retrouve dans quelques rimes : si ne qua si ne quoi) : et reliqua (Coll., CEuv.^ p. 163) •. Tous les grammairiens, R. Estienne, Bèze, Tabourot, condamnent cette manière parisienne. Elle ne se généralisa pas, mais subsista, pour s'imposer plus tard Thur., o. c, I, 356). Sur oi devant voyelle, voir plus loin, p. 259.
M. — La diphtongue ai avait depuis longtemps commencé par passer à ei {çy), puis s'était réduite à è -. Dans le cours du siècle, cette confusion fut assez complète pour que des mots qui, originairement, avaient e, fussent écrits par ai [aile) par souci étymologique ; inversement, des mots qui avaient ai furent écrits par e, sans qu'on craignît d'altérer par là la prononciation : e et ai étant, dans plusieurs cas, le signe d'un même son K
Cependant, jusqu'à la fin du siècle, ai devenue ei semble s'être parfois encore prononcée en diphtongue à la finale, mais en certains mots seulement ; et la raison de ce départ entre les mots terminés
1. On notera que cette prononciation semble apparaître très anciennement dans des graphies telles que : voarre 'vitram), ms. 403 (angl.-norm.) de VApocal. en français,'! (XV, 2), voaes [vias], Ib., 78 ^XV, 3).