‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 155 sur 259 · NOMS DE NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMS DE NOMBRE

Au-dessus, la numération est encore incertaine : Dont on peult bien conter millions plus de mille (Lem. de B., OEuv., III, 130); Pour mille millions d'escuz (Coller., Œuv., 133) ; les millions de mille (Mai^. de Nav., Dern. po.. 43o) ; cent mille millions de fois Lar.. Les Esc. a. i, se. m, .4. th. fr., VI, llOt. Cependant milliard apparaît, avec une valeur variable. Il signifie dans Peletier du Mans {Arith., 155i. p. 2 r*) : million de millions '; c'est un nombre vague qui. comme milliasse, veut dire une quantité infinie. Cf. I^s ioyeuses recherches de la langue toulousaine d'Od. de Triors, 1578, 8. Le mot ne parait pas connu de Meifirret qui conseille de se servir de mille millions. Bernhard lui donne plus tard encore un autre sens : decies centies centum millia (61; 2.

Nombres ordinaux. — Dans les formes même des ordinaux, le xvi^ siècle apporte peu de nouveautés ; toutes les formes en ième sont antérieures.

Toutefois celles qui étaient encore en concurrence avec les vieux ordinaux latins, savoir : deuxiesme, troisiesme. quatriesmCj cinquiesme. l'emportent de plus en plus. Les granunairiens considèrent en général les deux séries comme équivalentes, et les textes montrent que telle est en effet la situation dans l'usage. On rencontre d'assez nombreux exemples des formes en iesme, là où l'usage moderne a conservé les autres pom" la désignation de certains personnages historiques : vers le règne de Charles cinquiesme (Pasq., Rech., l. VII, ch. 5, t. I, p. 699*).

Contrairement aux précédents, vniesme employé seid ne paraît pas en progrès ; Meigret ne veut déjà plus lui donner que la signification de seul dans des expressions comme moç vnieme (41 r").

Dans les autres formes numérales, je signalerai seulement la curieuse tentative par laquelle Meigret, frayant la voie aux mathé-

I. « le n'eusse point, dit l'auteur, vsurpé ce mot de Milliart, n'eusl été l'autorité de Budi au Traitlé de la liure et de ses parties » (3 v).

i. Je dois ajouter que les techniciens vont plus loin. Voici ce que dit VAràmetique d'Est, de la Roche, f» 5v» ;éd. 1538, Lyonj:

• Et pour plus facilement nombrervn grant nombre, l'on peult diuiser les fibres de ~ix en six en commençant tousioui-s a deilre : et sur la première figure dvnc chacune -itiesme la première exceptée l'on peult mettre vng petit point: et doit on scauoir que toutes les figures depuis le premier point iusques au second si tant y en a) sont tous millions, et du second au tiers sont millions de millions : et du tiers au quart -^oiit millions de millions de millions. Et ainsi des aultres pointz en proférant ce vocable million autant de fois comme il y aura de pointz : ... le premier point peut signifiei million: le second point, billion: le tiers point, trillion; le quart, quadrilion; le cinquiesme, quillion; le sixième, sixiion ; le septiesme, septilion; le huitiesme, octiliun ; le neufiesme, nonillion. El ainsi des autres se plus oultre on vouloit procéder. ■

maticiens modernes, introduit une lon^^ue série de multiplicatifs : sçxtuple ou sizuple, sçtfuple, octuple ou hui/tuple..., et si cela semble bon jusqu'à .soes.sa/ife décuple, qatreuintuple^, etc. (42 v°). On les retrouve ou à peu près dans l'arithmétique de Jean Trenchant. Lyon, M. Jove, 1571.

Les anciens multiplicandes : double, cent, encore si communs au xiv^-xv" siècle-, se font plus rares. Cependant paire est toujours usité : deux paires de voz lettres (Seal., Let.^ 16, cf. 25), On trouve aussi tant : les Chaldeens tenaient registre de quatre cens mille tant d'ans (Mont., Ess., 1. Il, ch. 12, p. 377, éd. 1595, G.) -^

1. Est-ce cette proposition, ou quelque autre analopuc. que le fils de Maupas a eu rintention de blâmer : « Les autres formules que plusieurs mettent en auant sont manques, ne seruans pas en tout degré de nombre, il se faut retrancher en Ivsage, comme ceux qu'ils appellent Proportionnels, Simple, Double, Quadruple ou quatruple... Vous suyurez les Latins, en reiettant l'x » (éd. 1638, p. 112).

2. Rendu et meri a cent doubles [Chev. de la Tour Landr., 172), a dix tant de gens que Hz nesloient(ld., 124).

3. Rien à dire de el entre les nombres. Il s'emploie toujours régulièrement : mil cinq cens et vingt et quatre Mar., II, 215); au temps des soixante et dix ans de la captiuitè de liabylone (Ilivaud., i6) ; Les vingt el huit sénateurs (Amyot, Vie de Lyc. 1,51, A).

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