‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 157 sur 259 · POSSESSIFS · texte numérisé non relu

POSSESSIFS

.\0S ET NOSTRES. — Le XVI* siècle achève la distinction entre les formes adjectives et les formes pronominales du possessif. Palsgrave s'y trompe encore en donnant les noz, les voz, comme pluriel de le, la nostre;le, lavostre (80)'. Mais Meigret signale déjà la prononciation différente de nos, vos par jj ouvert, et de nôtres, vôtres par p fermé (47 v°, 60 r"). Sans marquer la nuance de prononciation, les autres grammairiens séparent nos et nostres. Si Ton ajoute que, au singulier, la forme nçtre est très souvent abrégée en nol dans la prononciation -, par suite de la position proclitique de l'adjectif, on voit que le français, sans avoir suivi le picard dans Tex tension de la forme t>o, n'en arrivait pas moins à se faire deux séries de formes distinctes, les unes adjectives, les autres pronominales, ngt[re) à côté de notre, vpt[re) k côté de votre, nos, vos à côté de nôtres, vôtres.

MON, TON, SON, AU FÉMININ. — Le changement de m' en mon devant les noms féminins commençant par voyelles est définitif. Les grammairiens sont d'accord (Palsgr. , 347; Sylv., 94; du Wez, 923; Meigr,, 59 r«; Pillot, 19 r»; R. Est., 29; Gamier, 38-39; Gauchie, 1370, 14; llamus, 147-148).

Il n'y a plus que des discussions de détail sur l'opportunité d'employer m'amie ou ni amour. Palsgrave montre là-dessus des délicatesses, mais les autres grammairiens sont plus indulgents à ces vieilles formes (voir aux passages cités plus haut).

Dans les textes, m'a/nteest commun au commencement du siècle.

Il est à chaque page dans Marot, III, 40, 48, ol, 02, ()4, etc ,

rn amour n'est pas rare non plus [\, Mo; H, 173; III, 8; 37), T'amie est moins banal (Mar. , I, 127; III, 70). Gf. t'amour (II, 137, 100, 177, 182; III, 36). S'am.ye est chez Marot (II, 62,90, 188; III, 13, 232); s amour également (I, 109; II, 79, 96; III, 61).

Mais ce qui montre bien qu'il s'agit là de particularités, c'est que le même Marot emploie régulièrement mon, ton, son devant les autres substantifs : />ar mon ame (I, 207) ; son alaine (II, 139); son cscole (11,171); et même Ion amour (II, 133, 137); mon amour [XW, 29).

1. C'csl l'uKaf^c du XV* qu'il suit ici. Nostrex y êluil enoorc iidjci-lif, et nos pruiiuai : IL nonlre» piez [Letj. de S. Anlh.,, 33); ce lousitiurs soit deuanl tKtstres yeiilx (th.). Le HuurKcuiH de l'uri» écrit: 11$ tuèrent environ vingt de nos (334). Y a-t-il un mot panne ou fuut-il lire nu»*?

2. On trouve i-etto pronouciiition ll(j;urée de» le xv : //«.' par le Saincl iour Dieu nol dama! [Farce du pont aux .[snes, Kourn., Thèâtr., 153, !.. Cf. A In Phoni-litjue, p. 273.

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