PROGRÈS DE LA CONJUGAISON INGHOATIVE
La conjug-aison inchoative fait encore des progrès. Elle s'assimile en partie le verbe haïr^ et, par les exemples qu'on trouve de je haïs, tu haïs, il haït, il est visible que cette assimilation eût été complète sans l'intervention des théoriciens, qui l'arrêta pour les personnes du singulier : je hais, tu hais, il hait.
On verra dans ma Doctrine (414) et dans Thurot (o. c, 1, oOO) les témoignages des grammairiens. Parmi eux Cauchie, et surtout Lanoue, qui est très formel, admettent partout les formes en aï et les font rimer avec obéir. H. Estienne les corrige au contraire chez. Du Bellay (Clém., H. Est., 443).
On trouve très souvent les vieilles formes : hayrra (Mar., III, H2) ; il ne hayoit point les moines (H. Est., ApoL, IL, 69). Mais on trouve aussi : les poignans haït iusqua la mort (S'-Gel., II, 2): ie haïs (Gyre Foucault, Ep. d^Arist., 99); qui haït (Ronsard, VI, 472); mon ame haït mesme a la penser [la menterie) (Mont., 1. II. ch. 17, t. IV, p. 236, n. 7), h l'impératif: haïs donques (Du Hol.. II, 233) ; à l'imparfait : hayssoyent (H. Est., ApoL, II, 64).
On peut citer comme autres exemples des mêmes empiétements :
labhorris : aulcun mal que tu n'ahhorrisses (Dolet.. II Enf.. 81, Hipp.) ; louy : siieouy dire quelque chose de mal de vous (Nie. de Tr., Par., 132)*; tollissant : en nous tollissant nostre prince (Dolet, Gest. Fr. de Val., 55) ; ie vestis : qui mangez le laid et vestissez la laine (Paliss., 12, 82).
Du Bellay emploie ie recueillis pour te recueille, que H. Estienm* n'a pas manqué de relever dans son exemplaire (Clém., //. Est.. p. 434).
Finer cède lentement à finir. Il est encore commun dans Marol