‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 167 sur 259 · E FINAL · texte numérisé non relu

E FINAL

E A LA 1" PERSONNE DU PRÉSENT DE L'INDICATIF. — L'e devient peu à peu obligatoire après voyelle à la 1'" personne de l'indicatif présent. Fabri donne encore ie supply. Palsgrave considère ie te pry comme apocope. Peletier seul tient toujours pour pri. Mais H. Estienne donne prie et Lanoue pri pour prie. M"*' de Gournay déclarera que pry est proscrit par la nouvelle école (0., 955).

Dans les textes, le plus souvent la l""^ personne est tenue pour rime féminine : prie : munie (Mar., I, 96) ; prie : crie (Id., I, 108, 210); supplie : accomplie (Id., I, 168).

E AU SUBJONCTIF. — Dès le commencement du siècle, la forme la plus fréquente est en e, toutefois on retrouve longtemps des for-

1. Il est plus curieux de trouver dorrnoy tu souvent répété dans une chanson d'Eustor},' de Hcaulieu, 15'é6, Ch. hu(j.. 127-128.

2. Dans le corps du vers Marot écrit très fréquemment oie, comme le dit Estienne (I, 12, 114, 131, 179, 208, etc.).

mules qui conservent l'ancien subjonctif, au moins à la 3® personne : Dieu le prenl a mercy (Mesch., Lun. des pr., 9); Dieu nous ç/ard (Mar., I, 10, 159, 238, etc., etc.) ; Celutj mesmes vous f/ard [Marg. de la Marg., IV, 108) ; Dieu me gard (S'-Gel., II, 140) ; le diable emporl : il mord (Mar., III, 65, cf. III, 63) ; Dieu pardoint [Marg. de la Marg., IV, 88 ; Dieu doint (Gello, Circé, 137 ; Lelt. miss, de Henri IV, III, 628; Régnier, Macette, 277y.

A vrai dire, ce sont là des formules de souhaits qui se transmettront telles quelles jusqu'au xvii*' siècle : Dieu lui doint la vie éternelle (Loret, Gaz., 7 oct 1656); A qui Dieu doint bonne auenture (Id., ib., 29 janv. 1661); Ah! Dieu vous gard, mon frère! (Mol., Fem. sav., a. ii, se. 2; cf. d'autres exemples nombreux dans le Lex. de Livet, II, 8).

La 3'' personne ayt ^ compte chez Marot tantôt pour une syllabe tantôt pour deux: aye"-.

La l'*" personne du subjonctif de être est encore souvent soye (I, 148) K

La 2*^ paraît être toujours soys; soys : Francoys (II, 105; cf. II, 99 et 182).

La 3^ est presque toujours soi7 (I, 242; II, 87, 113, 115; 111, 189, 192).

LES FINALES EN OIENT. — Les grammairiens ont donné peu de renseignements sur la finale oien/, mais leurs avis sont concordants (Thur., I, 180-181)^. Sjlvius atteste que le peuple disait a/mom/ (121). Sebilet semble être à peu près du même avis, « Encor si tu y auises de près, tu verras beaucoup de gens les prononcer et escrire sans e, comme disoint, soint, auoint, couroint, l'opinion desquels n'est sans grande apparence de raison » (15 v°). Meigret écrit etoèt, venoèt, sans nasalisation de oi (il dit cette nasalisation beauceronne) et sans e. H. Estienne reconnaît que oient ne fait qu'une syllabe''. Gauchie mentionne aussi que n est muette et que quelques-uns écrivent ils auoet (1570, 115).

Marot compte feroient, auoient, gisoient, etc , pour deux syllabes ^III, 54, 73, 156, etc.). Dans la Deffenco, en 1549, les désinences en o/n/ sont constantes : mais en 1557 on a imprimé oient. Elles se retrouvent dans l'orthographe de bien des textes. Lors seroinf nu

1. Que ma chair vile ayl eaté[\, SIC, cf. I, 8(, tl3, 91, 37i, III, 52, 65).

2. I.a (;ra|>l)jr.ii/e est la plus fiv(|ueiilc. Voycas-en de Irè» nombreux «•viinpli"»' <l;iii'i la COiTespoïKlniice «lc« Héformalciirs. Cf. p. 259.

^. On trouve aussi soife i\ la douxiùine (Rab., I, xxxi, 119 et aiUeura). 4. Il faut ccpcndnnl mettre à part A. Mathieu qui veut qu'on «ait l'œil et l'orcill»' » A dire oient et nonoinl ixec. dev., 25 v»), ■ ' I Tobler, Le v. fr., trad. Sudrc, 47.

deuant Francoys par droict (Dolet, Gest. Fr. de Val., p. 7); Hz pourroint faire {Nie. de Tr., Par., 16) ; cf. meneroint (Ici., ib., 186) ; regardoint (Id., ib., 2); buuoint (Id., ib.) ; sauroint (Seal., Let., p. 81). Là où l'on écrit oient, on ne compte pas le dans le vers : Mais s'ilz sentoient la venue de luy [Pelei., Od., OEiiv., 12 r").

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