‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 172 sur 259 · IMPARFAIT DU SUBJONCTIF · texte numérisé non relu

IMPARFAIT DU SUBJONCTIF

ISSIOSS, rssiEZ. ASSIONS. ASSIEZ. — La 1" et la 2« personnes du pluriel, à l'imparfait du subjonctif, avaient, on ne sait pas pour quelles raisons, préféré les formes amissions, amissiez. à amassions, amassiez, ce qui ne laissait pas d'exercer sur les parfaits une grande influence. Pillot, qui est Poitevin, recommande encore l28r°) de dire aimissions, non aimassions. R. Estienne (41-42) suit ce paradigme. De même, J. Garnier (61), Meurier (24 v").

Au contraire, Sebilet recommande formellement les désinences en assions. assiez : « T enten vn qui pensé auoir délicates aureilles, auquel ces mos : iouassions, aimassies escorchent le bout du ne... Mais ces gens la tombent dans l'anacoluthe : « ... s'il reçoit l'a au singulier. . . il n'y a raison du monde cpii le luy doiue faire refuser au plurier » (,4. poet.. 34 r" et v®). A. Mathieu est aussi pour les

I. Je rappelle ici que les formes en indrenl sont toujours usuelles, ainsi dans le Loyal Serviteur, p. 78 et partout, chez Marot, I, 13, 15. 214; à la fin du siècle chez (i. Bouchet. Ser.. I, 3, 89; Du Vair, 394, 26: Passerat, I, 110, etc. J'y reviendrai au wii* siècle.

On trouve encore quelques traces des formes fortes de l'ancienne langue : celuy gentilhomme meiut et condayt lesditz ambassadeurs (J. d'Auton, Chron., IV, 61).

formes en assions {Sec. dev., 30 r*>). Et de même Ramus, qui abandonne ici Rob. Estienne (83).

C'est que, au temps de H. Estienne, l'usage est changé : on le voit, si l'on veut bien comprendre les justifications embarrassées qu'il donne de l'erreur paternelle : son père aurait ordonné de mettre dans sa grammaire les deux formes : aimassions, aimissions, mais on n'y aurait mis que la dernière. Ceux qui disent aimissions, prononce-t-il ailleurs, sont ceux qui parlent mal, et qui même en disant aimissions, avouent que l'on doitdire aimassions ; issions n'est bon que dans les verbes qui ont a dans la syllabe précédente : blasmissions [Hypom., 201).

Gauchie donnait en 1570 les deux séries de formes, en indiquant qu'on trouvait assions dans des auteurs excellents (128) : mais en 1576, il est averti et considère que aimissions est tiré de aimi qu'il blâme ; il préfère donc aimassions, quoique l'autre soit plus fréquent (161, cf. 166). Toutefois, les vieilles formes survécurent longtemps. Elles sont encore dans Maupas, et ne disparaîtront des grammaires qu'à l'époque de Oudin.

Les exemples fourmillent : pensissions (Calv., /n*^., 649, L.) ; troublissionsÇld., ib., 567, L.) ; laississions {Rah. , 1. V, ch. 17, t. III, 68) ; adioustissiez (S'-GeL, III, 209) ;voulissiez (Id., ib., 230) ; alongissions (Lar., Les Esc, a. i, se. m, A. th. fr., VI, 108) ; allissions (Id., ib., p. 112); nous sustenti.'isions [Moni., 1. III, «.;h 13, t, VII, 87); monstrisse (Nie. de Tr., Par., 70); manjissions (Id., ib., 268) ; mocquisiez (Id., ib., 90); gaingnissiez (Id., ib., 26); bougissiez (Montl., V, 15, let. 130) ; com,mcncissies (Id., ib., 186, let. 213); D'Urfé emploie encore ignorissions {Ep. mor., 228 r")'. Naturellement on trouve aussi assions : touchassions, mangeassions [Wigor, Serm. cath., 221).

SISSE ET USSE. — Les imparfaits du subjonctif en sisse cèdent la place à des formes en usse :

Chaulsist ou chaillist (Palsgr., 413, cf. 475), passe à chalust (Ramus, 97) ; faulsist' est déjà donné par Palsgrave comme équivalent de falust (413) et Robert Estienne (54), Ramus (97) ne gardent que le dernier.

Vaulsist, suivant Palsgrave, 431, est plus usité que valust. Ramus (93) ne donne que valust ^.

1. Je ne sais si on trouverait beaucoup d'nnnloffUcH à : qu'il ne se porlil bien (Nie. dcTr., Par., 13), qu'il n'assemblist (Des Pér., (Miuv., I, 379). Il y a cependant de» grammairiens qui sembleraient autoriser de telles formes. Kog. de CoUerye aëcrit : que ie lenatie (Sat., Œuv., 255).

2. Encore dann Lem. de BcIkcs, 1521. III., I, 33, Venus devant Pari», g. 1 r», col. 1.

3. tenir est encore très hÔHitant que ie retinae (Mar.. III, 301) ; sans que pour luy en retienti*t la valleur d'vnif denier (Loy. Serv., 85); Pleaal a Dieu que ne voua en leniit nonplus qu'il fait a inoy (Nie. de Tr., Par., 274).

Voulsist résista beaucoup plus longtemps. Palsgrave donne à côté voulusse (402) mais déclare que voulsisse est plus en usage. C'est aussi la forme admise par R. Estienne, 56-37, par Ramus, 93, et par H. Estienne, Hyp., 207-208, qui toutefois accepte voulusse. Pillot (30 r°) et Gauchie (1376, 184) seuls préfèrent voulusse. La lutte entre les deux types continuera au commencement du xvii® s.

Je ne citerai que quelques exemples de voulsissent (Mar. , I, 191, II, 132; Nie. de Tr., Par., 192; La Boét., OEuv., 31, 1. 36; Baïf, IV, 214).

En voici de voulusse : tant s'en faloit quils ne voulussent résister (Gello, Circé, 108) ; iepensoi/e, Vlysses, que voulussiez employer ce peu de temps (Id., ih., 190 ; cf. Pasq., Rech., 1. VIII, ch. 3, t. I, p. 760 G; P. Gayet, Chron. sept., 30, 2),

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