‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 174 sur 259 · INFINITIF · texte numérisé non relu

INFINITIF

Les infinitifs en ir semblent prévaloir peu à peu, mais très lentement, sur les infinitifs en re, encore bien fréquents.

Les exemples de querre, acquerre, conquerre, courre sont innombrables : querre (Corroz., Hecat., 99); enquorre : conquerre (Forcad., p. 24, v. 7-8); querre (Vauquel., ^1. poe^., III, 496) ; courre [Marg. de la Marg., IV, 162); secourre confondu avec secouer (Briç., Let. ''25 fév. i5'24, Ilerm., C, I, 201).

Quérir, acquérir, courir, me semblent pourtant plus fréquents, au fur et à mesure qu'on avance. On disait autrefois cœurre pour courir, dit Bèze(61).

Pour suiure, le mouvement inverse se dessine nettement. Suiuir se trouve (Lem. de B., 1524, ///., II, 6, b.4 r°) ; poursuyuir (Corroz., //eca^., Prol., xxvi) ; ensuiuir {^at., I, 91)', poursuyuir (Id., I, 12); suiuir (Marg. de Nav., /)er/i. po., 189, 191, Forcad., p. 21, v. 24, Rivaud. , 59) , mais suivre est plus usité. Cousir et cremir cèdent aussi définitivement à coudre et à craindre.

On trouve benistre [Mùv., II, 191), et tistre : epistre (Id., I, 203) à côté de tissir.

A signaler aussi la confusion qui fait naître par apocope les infinitifs confir, suffir, circoncir (Thur., o. c, I, 205). Ici l'analogie et la phonétique (celle-ci par l'amuissement de e) concourent au même résultat.

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