Cf. Lanussc. Disil. gasc
ginalion plus véhémente ef puissante; mais il est pourtant naturel, et n est nul qui ne s'en ressante aucunement. Malgré la répétition, Montaigne remplace nul par aucun (1. II, ch. 17, t, IV, p. 241).
Il faut en rapprocher ce fait que nul se fait souvent accompagner (le ne pas : Nulle, et fut-ce Procris, ne sera point marrie [Wons., Po. ch., éd. B. de Fouq., 73).
Rien reste encore positif dans la plupart des cas. Cependant, il est surtout employé dans des phrases hypothétiques ou négatives: certes, s'il y a rien de clair ni d' apparent en la nature et ou il ne soit pas permis de faire Vaueugle, c'est cela que... (La Boet., Œuv., 15, 40; Bonnef.)i7 ne voudrait pour mourir faire rien qui soit contre vostre volonté (Tourn., Cont., act. i, se. 7, A. th. fr.. Vil, 136). Rob. Estienne (108) déclarait que c'était une erreur de le considérer comme négatif. Et Ramus estime, ce qui est significatif, qu'il y a redondance de négations dans la phrase : vous ne ni en scauriez rien apprendre (187).
Voici toutefois des exemples où rienesX bien nettement négatif: le croy des hommes plus mal aiséement la constance que toute autre chose, et rien plus volontiers que l instabilité [Mont., 1. II, ch. 1, t. III, p. 3) ; l'en feray mon éme et rien contre (Baïf, IV, 156, M.-L. ;cf. Du Bel., II, 292).
On sait que Pasquier(y?ec/t., VIII, 53, t. 1, p. 85), en traitant de ce mot, dit : k Vn chacun de nous estime que ce mot ne signifie autre chose que ce que nous disons autrement Néant, et pour cette cause qui voudroit représenter en nostre langue ce que le Latin dit. Ex nihilo nihil lit, il ne le pourroit en meilleurs termes représenter que de Biens ne se faict de riens. Aussi quand il advient au commun langage à quelqu'un de dire : s'il veut riens mander, on s'en mocque, et dit-on ordinairement qua riens mander, il ne faut point de messager ou response... » Ce quolibet montre assez le changement du sens.
Quiconque et quelconque deviennent bien distincts. Le premier reste pronom : le sçay bon gré a ceste damoisclle, quiconque elle soit (H. Est., Dial. fr. ital., l, 118).
Le second cesse d'être pronom, comme il l'était encore dans Calvin et Rabelais : Le baptesme ncst point d'homme mais de Dieu, par quelconque il ait esté administré (Calv., fnstit., 1059, L.).