‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 203 sur 259 · PRONOMS INDÉFINIS · texte numérisé non relu

PRONOMS INDÉFINIS

Aucun a encore couramment le sens positif, les exemples sont innombrables, même dans la deuxième moitié du siècle : <•/ en furent aucuns des Hoys successeurs hays de mort (Amyot, Vies, /-//<'. p. 48, H); mais en auoyent aucuns neuf, aucuns onze... aucuns treze (H. Est., Apol., II, 28); Aucunes causes du changement des langues [litre du Gh, II de Fauchet, Orig. de la l. fr., îî.'Uv"); //

1. Cf. Tobicr, \télan<ieg, 1005, 381-286, sur le type : mieUvoeill mûrir qu'enlir p*ienn remaigne; on trouvera là loutc8 les rérérences biblio^craphiqucH désirables.

2. //h(/., p. 331-33K, sur le type : el vous dy que.... jectez-le ou feu.

nomme aucuns tauerniers de Paris {ld.,ib., 557 v°) ; mais aucuns tend i s'employer surtout en phrases négatives ; c'est par là que plus tard le îenschangera: n ayant laissé aucuns en fans [H. IV, Lett. miss., 1. 111, 3. 364). 11 faut remarquer toutefois que les exemples au singulier sont [-ares: Au regard des promesses qu'aucun aura f aides (Meigret, Off. die, 23). Ceux qu'on trouve appartiennent en général à des phrases légatives: tout ce qui n est deffendu par aucune loy expresse [har., Tal., prol., .4. th. fr., VI, 8).

AUTRE. — On trouve souvent ce mot auprès des pronoms personnels. 11 faudrait savoir si l'abus de autres n'est pas dû chez quel- :jues-uns au moins, comme Brantôme à l'influence des langues du Midi, particulièrement de l'espagnol : A la viqne que vous autres dittes, lesuis esté certes et y restai/ un peu (Brant., IX, 289). ^ Mais 3n le trouve ailleurs :/)ournous autres Bretons (N. du Fail, Eutr., II, 74) ; vous autres hommes (Lar., Le Eid., act. I, se. v,.l. th. fr., VI, 327); Xous autres Chrestiens sommes (Du Vair, 414, 43), et là il est pur français.

Autre s'ajoute aussi à cet pour donner un équivalent de celui la ; a cestuy ci lesgratignay les ioues, a cet autre ie plumay les cheueux ;Lar., Les Tromp.,i\. ii, se. 6, .4. th. fr., VII, 46 ; cf. Meigret, 55 r").

Mais on ne peut voir là rien de pareil au développement qui a conduit Vautre dans les dialectes de l'Est à se substituer aux :lémonstratifs [tôt-ci, Vôt-la).

Autre est encore quelquefois pronom (cf. à l'Article), mais rarement au singulier : tant secrettement Qu'autre n'en ayt iamais nul sentement [Marg. de laMarg., IV, 16 ; cf. Magny, S., 31 dans Favre, o. c, p. 329 : Autre que toi, Dilliers, possible ne m'entend).

Cependant, il tend à devenir un pur adjectif, là où il n'est pas précédé de l'article de. Il reste aujourd'hui de l'emploi pronominal lu mot autre des formules comme entre autres, mais le vers de Desportes fut bientôt archaïque ; Et par mesmes appas autres pourchasseront {EL, I, 9, p. 258, éd. Mich.). Malherbe le blâmera (IV, Î64).

Nul conserve toujours le sens négatif. On voit cependant l'édition de Montaigne de 1595 l'accompagner de ne, là où le texte antérieur ne le donnait pas : nulle occasion d'vn si horrible souhait [ne] peut estre ny iuste ny excusable'^ (1. II, ch. 8, t, 111, p. 87). Il irrive aussi que nul y soit remplacé par aucun, ainsi dans la shrase suivante : Cet effaict est plus apparent en ceux qui ont Vima-

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