‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 206 sur 259 · Cf. IIu^.. Synl. de Rab., 164 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. IIu^.. Synl. de Rab., 164 et suiv

2. Quelquefois c'est sur le grec que se rè^lc la syutaxe, ainsi chez Estieune et chez Rabelais. Cesser du labeur (Rab., 1. III, ch. xv. II. 78} en est un exemple : du s'y justifie par le jfénitif prec naJEO^ai nôvou.

ties du monde (Du Vair, 368, 39 ; cf. 385, 33) ; ceulx qui auparauant favorisoient au plus foible (Dolet, Gestes de Fr. de F., p. 52) ; afjin... qua icelle favorises (Id., ib., p, 3); Vestranger fournissant aux ligueurs de pecune [Ch. de to90^ Ler, deL., II, 499) ; guignant sous son capuchon a la pauure femmelette (N. du Fail, Eutr., t. II. p. 8); Afjfin qu'au ciel auec les sainctz hantions [Marg. de Nav., Dern. po., 403); en incommodant a mon Roy (Rab., Garg., ch. 31, t. I,p. 118); ie pry a Dieu qu'il uous donne richesse (S'-Gel., I, 80); regardant au passe d'vn œil desdaigneux [Mém. de Marg. de Val., 17) ; les soudards... requirent à ceux qui estoient a la garde d'icelles de leur donner vn pain (Amyot, (lEuv. mor., 414 r". G.); comme il sçauoit Bien seruir a nos princes {Ch. hug., 275); A celle fin que tant moins d'air luy (au vin) touche (Amyot, OEuv. mor., 418 V**, G); iamais homme ne luy auoit touché {\{. Est., ^4/)o/., 11,26). Verbes employés en qualité de transitifs : vous auriez trop bon marché de ne contribuer à ces te compagnie que vostre simple mémoire (Du Vair, 395, 5) ; a moy qui ay plustost empiré qu'amendé Vouurage de ce grand homme la (Du Vair, 332, 9-11) ; ilauint... a quelqu'vn... de s'escrier tout haut ces vers d'Alcaeus (Amyot, OEuv. mor., 416 r°, D); en tout péché et vice les enseignent (Corroz., Hecat., Maulv. nourrit., p. 129); ceulx qui estoient entrez le clous (Rab., Garg., ch. 28, t. I, p. 109) ; les meschans n'eschapperont point ses fléaux ne son glaiue (Calvin, Inst., I, p. 73; dans Hu^., o.c, 167) ; nous ne le sçaurions eschaper (le destin), nous le trouuons en le fuyant, y tombons en reculant, et l'inuitons taschant de l'euiter (Du Vair, 374, 22; cf. 351,30; 362, 6; 389, 40) ; encore qu'il l'ait fiancée. Par ma foy, ce n'est pas pour luy [Grew., Les Esb., a. i, se. ii, A. th. fr., IV, 235) ; des pertes qui sont a lamenter (Du Vair. 351, 16) ; il n'y en auoit encore point vu (de mouvements) qui menaçassent la ruine, et dissipation de V Estât (Du Vair, 406, 16); ne mentir vn seul mot de ce qui s'estoit passé (N. du Fail, Eutr., II, p. 12 ; Apolonius Tyaneus, qui... nauiga le grand fleuue Physon, iusques es Brachmanes (Rab., Pant., ch. xvni, I, 307) ; assister aux hommes, sans les nuire (Lem. de B., OEuv., III, 120) ', périssant iceulx mariniers (Corroz., Hecat., Péril, p. 174) ; ces galands vouloyent persuader la suppression d'vn Hure nommé index expurgatorius (d'Aubij;;-iU'. OEuv., II, 245; R. et Causs.); il prétend les super fluitez (Corroz., Hecat., Suffisance, p. 125) ; chascun d'eulx prétend la ric/ot/r (Dolet. Gestes de Fr. de V., p. 32) ; Hz (les Suisses) furent reculiez (Id., ib., p. 31); i7 m'est dur... De renoncer mon pal's, sans offense (Id.. // Enf., p. 32); qui refusait son maistre et tous ses amis de leur

ayder d'argent [Mén., p. 43, Lab.); et luy s'en alla en son logis, pour reposer son trauail(M.BTg. de Nav., Hept., II, 56,Hug., o. c, 467) ; retourner (les armées) au logis (Brant., Grands Cap., V, 130) ; songeant (cherchant dans son imagination) les moyens d'y remédier (Mém. de la reine Marg., 13) ; sortir ledict Pérès du lieu ou il auoit esté mené [Disc, des Trouh. 'd'Arragon, Var. hist. et litt., I, 174) ; la meilleure partie de nous suruit nostre corps (Du Vair, 406, 34) ; si nous les suruiuons (Id., 351, 43); que vent aucun ne vous tombe (Lem. de B., Œuv., III, 117).

Une catégorie d'exemples, et non des moins curieux, montrerait le participe passé de certains verbes intransitifs employé passivement : vne autre femme, laquelle, pour auoir faict fils et fille, et consequemment, dit le Hure des Quenoilles, licentiée de tout dire (N. du Fail, Eutr., II, p. 6) ; a propos de ceste clémence, courtoisie, douceur et miséricorde vsée par ce grand duc (Brant,, Grands Cap., V, p. lOo).

La plupart de ces exemples ont leurs analogues au commencement du XVII*' siècle, et même plus tard. Ce n'est pas en effet au xvi*" siècle que la séparation entre verbes transitifs et intransitifs se fait rigoureuse. On rapporte, sur la foi de Pasquier, que Montaigne s'entendait reprocher le gasconisme : iouir quelque chose : Il y a du mesnage à la iouyr (la vie), ie la iouys doublement des autres (liv. III, ch. 13, t. VII, p. 84-85). Les avertissements de Pasquier n'empêchaient pas Du Vair d'écrire : il nous la baille a iouir a tous en commun (391, 21). Etait-ce bien un gasconisme ? Peut-être ! Mais quand Montaigne écrivait ailleurs : il faut vn peu legierement et superficiellement couler ce monde et le glisser, non pas l'enfoncer (1. III, ch. 10, t. VI, p. 216), il faisait un effet de style qui serait encore élégant.

Malherbe posera des règles étroites qui annoncent celles de Vaugelas ; elles me paraissent, malgré Pasquier, peu dans l'esprit duxvi'' siècle.

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