Cf. Toblrr, .tf^fanffe», 1905, p
2. Cf. Ch. Cchliuidt.'ZeiYïc/». fur mm. l'fiil., XX. p. 41-45.
^. Krn-I MCill.T. /.ur St/nlax der Ch. de l'isan, Dias., Grcif-w.ild. IkH(j, p. 61-(i2.
morte, et la cure de sa ville vacquer (I, 264) ; chascun de vous scei ceci estre vray comme VEuangile (II, 183); saichant estre le bon plaisir de Mgr et de Madame (I, 52).
Commynes en fait usag-e couramment : il luy semblait le Roy estre affoibli (Comm., I, 9o, M.); congnoissant la nature de celluy a qui il parlait estre telle qu'il prendrait plaisir ausdites parolles (Id., dans Hug-., o. c, 215) ^
On ne peut pas dire assurément qu'elle est alors populaire, mais elle est entrée chez des écrivains qui ne sont pas des latinistes.
Au XYi*^ siècle, l'emploi de la proposition infînitive est devenu d'un emploi si général que je présenterai les principaux cas où on la trouve, à part les uns des autres.
A. Le verbe à l'infinitif est à la voix active.
l** Le sujet de l'infinitif est un substantif. — Et d'autant plus que Mars, belliqueux dieu, an dit traicter quelque amour en ce lieu {S»-Gel., I, 227).
Même tour, le verbe est estre : elle fera les hommes furieux estre courtoys (Gorroz., Hecat , Complexion, p. 135); si vous voyez amour estre tout seul (Id., ib., Amour, p. 181); ceux qui ont dit vne amour vertueuse Estre a vn cœur seruitude et prison [Marg. de la Marg., IV, 103); que si les Hebrieux soustiennent leur langue estre la plus ancienne (Fauchet, Orig. de la l. fr.^ 533 v") ; les Egyptiens pensèrent estre nais avant tous autres (Id., ib., 533 v°) ; ie croy le Pape estre plus que tout le monde ensemble (d'Aubigné, OEuv., II, 240, éd. R. et Causs.) ; le Roy, aduerty son camp estre en ban ordre et bien dressé partit de Lyon pour y aller (Dolet, Gestes de Fr. de V., 69); Luy qui affirmait le mon deestre immortel (Du Vair, 362, 12).
2° Le sujet de l'infinitif est un pronom. — a) Personnel : Monseigneur vastre gracieux langage, qui vous monstre auoir quelque compassion de moy (S*-Gel., III, 179) ; C'est de celluy qui vous désire nue Estre avec luy en vng lict, bras a bras (Coll., OEuv., 32).
b) Démonstratif : l'estime celuy dire le mieux qui me loue le plus [Mém. de la reine Marg., p. 1).
c) Relatif : M. de la Noue qu'an disait auoir quitté le parti et religion des huguenas (L'Est., Jour, de H. III, 36, 2); conduite...
1. Commynes l'emploie après : cognoislre, croire, cuidier. désirer, dire, espérer, estimer, iuger, prétendre, repu ter, il semble, veoir, vouloir (cf. Stimming, Zeitschf. rom. Phil., I, 218 .
Dans les Cent Nouvelles nouvelles, les verbes qui commandent la proposition infînitive sont : connoistre, cuidier, désirer, iuger, oïr, penser, regarder, sauoir, sentir souffrir, tenir, voir (Schmidt, Synlakt. Slud., p. 57).
a vne autre fin que la Prouidence luge luy estre salutaire (Du Vair, 374, 2) ; que nous estimons nous deuoir apporter de l'affliction ild., 345, 35).
Remarque. — Le verbe à rinfînitif serait à l'indicatif un impersonnel: ie diray ny auoir au delà [Mém. de la reine Marq., p. 4) ; au premier poinct ou ie me puisse ressouuenir y auoir eu quelque chose remarquable a ma vie par auant (Ead., 4); ie pense devoir estre icy sa totale ruine (Du Vair, 377, 31-2).
B. Le verbe à l'infinitif est à la voix passive.
1" Le sujet est un nom. — le scay que ne seras si contraire a ^immortalité de ton nom que veuilles la grandeur de tes faictz estre supprimée (Dolet, Gestes de Fr de V., p. 4) ; disans le tout auoir esté faict... (Rab., Garg., ch. 26, t. 1, p. 100); Ne souffre point sa loy estre flaitrie (Forcad., p. 10); ces Hugenots... desclarerent cette loy inique, et n auoir iamais estée pratiquée que par les Albanois (d'Aubigné, OEuv., II, 267, R. et Gauss.).
2° Le sujet est un pronom. — a) Personnel : Iamais ie ne m'eusse pensé Estre en la fin recompensé (Grév., Les Esh., a. i, se. i, A. th. fr., IV, 231) ; -Se souhaite estre expirée (S*-Gel., 1, 129).
b) Relatif : La mère du Roy, laquelle ils estimoyent auoir esté mesprisée (Amyot, Vies, Lycurgue, 49 B) ; tout ce que permettras estre escript de toi (Dolet, Gestes de Fr. de V., 5).
G. Le verbe est un pronominal, soit réfléchi, soit en fonction de passif.
Ce qu'on luy faict cognoistre se deuoir faire (Du Vair, 305, 16) ; vn quon disoit s appeler le capitaine de La Roche, et auoir esté moine (L'Est., Journ. de H. III, p. 38, 1).
UINFINITIF APRÈS PRÉPOSITIONS. — Je vois peu d'autres nouveautés à signaler dans la syntaxe de l'infinitif Je noterai cependant que l'infinitif a pris définitivement la place du participe derrière toutes sortes de prépositions.
Ces prépositions sont souvent des temporelles, ainsi depuis, après. etc. (cf. le présent ouvrage, t. I, p. 474): depuis estre deuenu courtisan (H. Est., ApoL, II, 111); donnezmoy vostre auis sur quelques doutes, qui me sont entrez en Vesprit depuis auoir ouy Orphée (Du Vair, 395, 12-3).
Quand la préposition est après^ on trouve souvent le présent, \h où on attendrait le passé de l'infinitif : Troie... fut ruée ius, après estre priuée de son Hector (Dolet, Gestes de Fr. de V., p. 15) ; V Empereur... après estre aduerty que le Roy estoit en personne a son camp... trouua moyen de se suulver (Id., ih., 70); après auoir le
winff coupé... il dict... H. Est., ApoL, II. 62); C'est ici, Hugaelots, quil faut aduoûer nulle iustifîcation d'œuure estre difficile ipres telles œuures estre iusti fiées (d'Aubig^né, Œuv., II, 262, R. et Causs.).
On trouve aussi très fréquemment l'infinitif dépendant de la pré- Dosition par (cf. I, 474) * : Ainsi amour^ qui est Vesprit et l'ame, Ne iecroist point ny ne perd de sa flamme., Pour estre en cœur quil :oye desmembrer Par rompre foy, par ne se remembrer De son ieuoir (S'-Gel., II, p. 139); vous facent quelques rudesses^ par ne :ongnoistre combien vous nous estes vtiles iGello, Circé^ 149) : Par trop monter, trop luy conuint descendre (Forcad., p. 23).
Ainsi construit avec préposition, l'infinitif ou bien se rapporte à m autre terme de la phrase que le sujet, ou même ne se rapporte ï aucun des termes de cette phrase, il a son sujet propre non îxprimé. Quoique quelque chose de cette liberté ait persisté au Kvu^ siècle, et jusque dans notre langue à nous, par exemple quand [a préposition est sans, je citerai quelques phrases particulièrement tiardies : qu'elle me fust ostée par les seigneurs du Sénat de Carthage, pour la luy donner (S'-Gel., III, p. 211) ; le bien de vous voir jst digne d oublier tout aultre chose (entendez : quon oublie, Mai^., Let. ine'd.. 37, Gén.) ; a aller par les rues (entendez '.pendant que le :ortege parcourut les rues) il y eut la plus belle triumphe qu'on vit lamais (J. B. P. . 75) ; vng sayon faict pour vestir sans robe (Cord. , Corr. Serm. em.. 131, A) ; Voulons-nous abaisser nostre esprit et l'asseruir a nostre corps, pour se condouloir auec luy et compatir a ses maux (Du Vair, 355, 1-2) ; Ce destin part d'vne puissance trop sage... pour y pouuoir résister [là.. , 374, 23-4).
LINFI.MTIF PRÉCÉDÉ DEAETiyE. — J'ai déjà montré comment en moyen français de et à tendent à accompagner l'infinitif de plus en plus fréquemment, dans des tours assez divers (t. I, p. 475).
Je n ai rien à signaler de plus, sinon que ce développement, pour réel qu'il soit, se fait avec une extrême lenteur. D'innombrables exemples de l'infinitif sans préposition peuvent être relevés pour chaque cas. Je donnerai seulement quelques observations en suivant la classification adoptée dans mon premier volume :
1° De manque souvent devant l'infinitif sujet : Tant caqueter, tant parler. . . Est maintes foy s especede folie (Corroz. , Hecat. , Brocardeurs, p. 9i : Car trop grand mal serait clorre les yeux (S'-Gel,, I, 226); Ma mignonne, ce n'est pas a vous, ne charge qui vous apartienne,