‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 30 sur 259 · CHAPITRE VI LE FRANÇAIS DANS LES SCIENCES MATHÉMATIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI LE FRANÇAIS DANS LES SCIENCES MATHÉMATIQUES

Arithmétique et géométrie. — A lire Geoffroy Tory, qui netrouve à citer comme livre de science en français, que l'Arithmétique d'Estienne de la Roche, dit Villefranche', et la Géométrie de Charles de Bovelles^, on serait tenté de croire que c'est par la mathématique que le français a pénétré dans la science. Il n'en est rien. L'Arithmétique de Villefranche, comme presque toutes celles qui l'ont suivie, parmi lesquelles je citerai celles de Boissière •*, Peletier du Mans^, Cathalan ', P. de Savonne^', La Tayssonière ", Jean Trenchant ^, Chauvet ^, Fustel "\ est avant tout un livre pra-

1. Je n'ai vu de ce livre que l'édition intitulée Arismeliqne et Géométrie, à Lyon, Gilles et Jacques Huf^uctan, I53S, in-f".

2. Le livre auquel Tory fait allusion est L'art et science de Géométrie auec les figures sur chaseune reigle, par lesquelles on peut facilement comprendre ladite science; Paris, Henri Estienne, 1514, in-4. Je ne lai pas rencontre, mais dans la Géométrie pratique, composée par le noble philosophe, maistreCh. de Boucllcs, et nouvellement parluy reueue, augmentée et grandement enrichie. Paris, Hier, de Marnef et Guill. Cavellat, 1566, Bovelles laisse voir que c'est moins de son plein gré que pour obéir au désir des praticiens, qu'il a adopté le français, qu'il n'estimait guère. \'oir la préface :

Rogatus a quibusdam aulurgis, manuve operariis, venerande P... ut eis vulgarem Geometriam conscriberem, pertinaci eoruni petitiunculai repulsam non dedi : quanquam dum eorum desiderio morcm gereie acquievi, pr.eter institutum meum egi, utpote qui hactenus vix quicquam materno sermone edere consuevi. Confeci igitur Gallica lingua Gcomctricum isagogicum... Dicatuni igitur tibi vulgata lingua libcllum, pro insueto nostra; oflicin;e xenio, ne Hocci habe (Novioduni, nov. 1542. l)om. Antonio Leufredo, abbati Ui'sicampi).

3. Dès le commencement du siècle, on avait traduit celle de Jean de Lorlie (Lortega). Elle fut imprimée par Baland le 23 octobre 1515 (privilège du 11 janvier 1514) sous ce titre : Œuvre tressuhtile et profilahle de l'art et science d'arislmètique : et géométrie translate nouvellement d espaignol en françoys...

Symon Vincent : si vous en fournira En rue Mercière : ou il est demouraiil Et bon marché.

Celle de Boissière est intitulée : l^'art d'Argthmetiqne contenant toute dimension tinguUere et commode tant pour l'art militaire que autres calcuUilions : Paris. .Vmct Brière, 1554, 4".

i. Peletier du Mans, L'arithmétique départie en quatre liures: Lyon. J. de Tounie». 1554, in-8.

5. Arithmétique et manière d'apprendre a chiffrer Lyon, Th. Payan, 1555.

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