Bordeaux, Millanges
2. Certaine» expression» restées dans lu langue rappellent de quoi s'occupaient les anciens philosophes, ainsi pierre jihilosojjhale.
3. Jean XXII (papej, L'eltTir des philosophes, autrement Vart transmutaloire des metHux. I,yon, Macé Honhomme, 1557, in-8. Augurell, Trois Hures de Ui facture de l'or. Lyon, Guil. Houille, 15 SI, in-16. — Hoger Hocon, l.e miroir d'Alquimie, traduict pur un gentilhomme du Dauphiné (Jac. Girard de Tounius); Lyon, Macé Bonhomme, 1557, in-K.
4. Henï. de Trevisan. Philosophie des melnur, 1568. — I). ZiVaire. Opuscule ires excellent de la vraye l'hilosophie nuturcUe des métaux; Anven», Guil. Sylvius 1508, in-».
science », mais le public en restait éloigné '. G était précisément ce qu'ordonnait la tradition des anciens ; on communiquait sans profaner -.
La vieille science, quoique vivement attaquée ^, poussa un nouveau et vivace rejeton, quand l'alchimiste Paracelse eut imaginé d'appliquer à la médecine les préparations chimiques, et fondé ainsi la chimie médicale. Or, Paracelse ne savait pas le latin et faisait à Bàle ses cours en allemand. Ceux qui introduisirent ses doctrines ne pouvaient, sans renier le maître qui avait brûlé Hippocrate et Galien, donner en latin VAntidotaire spagyriqiie^ et expliquer les vertus des trois principes. Mais, malgré les débats de la tin du siècle, c'est plus tard que doivent s'engager les polémiques entre l'ancienne et la nouvelle médication.
Quant à la chimie proprement dite, elle eut en France, au XVI® siècle, pour créateur et pour représentant principal, un homme qui n était « ne grec, ne Hebrieu, ne Poëte, ne Rhetoricien, ainsun simple artisan bien pouurement instruit aux lettres » : Bernard Palissy. Pendant un certain temps cette ignorance le faisait même douter de la portée et de la valeur de ses découvertes. « l'eusse este fort aise, nous dit-il lui-même, d'entendre le Latin, et lire les liures des dits philosophes, pour apprendre des uns et contredire aux autres 4. »
On sait par quelle hardiesse il se tira de la difïiculté. Etant « en ce débat d'esprit », il fit mettre des affiches dans les carrefours de Paris, afin d'assembler les plus doctes médecins et autres, « aus-
1. « En la tierce et dernière partie ie declareray la practique, de telle sorte qu'elle sera cachée aux ignorans, et monslree comme au doigt aux vrays enfans de la science.... » Zécaire, o. c. 5. « Il est défendu par l'ordonnance diuine de publier notre science, en termes telz qu'ilz soient entenduz du commun. » (t/)., 10).
2. « Je ne double point que ne soye aigrement reprins et taxé, pour avoir publié mon présent opuscule, disans, que je fais une grande folie, de publier ainsi mon œuvi-e, mesmes en langaige vulgaire, attêdu qu'il n'y a science qui soit aujourd huy tant haye du commun populaire que ceste-ci.
<• Et quant à ce que je l'ay mise en langaige vulgaire, qu'ilz scachent que je n'ay riens faict en cecy de nouveau, mais plustost imité noz auteurs anciens, lesquelzont tous escript en leurs langues, comme Hamech philosophe Hebrieu en langaige Hebraicque, Thebit, Ilaly philosophes Chaldéês en leur langue Chaldée, Homerus, Democritus. Theophrastus et tant d'autres philosophes Grecqz en leur langue Grecque. Abohaly, Gcber, Avicenne, philosophes Arabes en leur langage Arabicque, Morienus, Raymondus Lullius, et plusieurs aultres philosophes Latins en la langue Latine, à fin que leurs successeurs cogneussent cette divine science avoir esté baillée aux gens de leurs natiôs. Si donc j'ay imité tous ces ancteurs et plusieurs aultres en leurs escriplz, il n'est pas de merveille si je les ensuis en leur façon descripture [ih., p. 6).
3. Palissy fut un de ses principaux adversaires. Elle en eut un aussi dans du Gault : la Palinodie chi/mique. Paris, 1588. Au reste les anecdotes des conteurs montrent que le public était fort sceptique à l'endroit de ces recherches.