Paris, Cavellat, 1556, in
3. Les Instiliilions aslronomiques conlenans les principaux fondemens et premières causes des cours et inouuemens célestes, avec la totale reuolulion du Ciel. Paris, Mich. Vascosan, 1557. Le livre est dédié à M. de Roissy de Mesmes, conseiller du Roy.
4. « Par quel desastre donq et malheur la nation PVançoisc, princesse des nations, a esté privée si lon^r temps do cesto doctrine? Mais elle ne \eult defrenei'cr de ses majeurs, lescjuel/ jusques au temps de Pline avoyent tousjours ou a dcsdain ccste partie. Je l'ay toutefois nommée princesse dos nations : et ce, quant au faict des armes, de marchadise, du labour et, de manufacture, et des procez. Ou est aujourd'huy la nation, qui surmonte la noslre on ces cinq poincts, soit en l'oxocution d'iceux, ou abondance de leurs termes? Puis pou de temps les lan^ruos antiques se sont apprivoisées en France. O Roy François, pero de toutes bonnes lettres, nou» le dcuons ce bien. J'espcre que ton lilz Henry, ores re^rnant, continuera le soustici» des arts et sciences : cai' je voy desia la poésie et l'histoire Françoise hors de page : les doux philosophies. moralle ot naturelle, sortfts de nourrice ; et les mathématiques en leurs naissances. () bon Dieu, faictes moy la ^race de les voir une fois loulcB hors de tutelle et d'aa^'o, et {ce que plus ie désire) vrayes ot bonnes Francuiscs .. Lors (connue i'espero) les bons esprits François ne consumeront plus la meilleure partie- i\i'. leurs prcniiei"»» mis j'i parler cl esci^iro ilisi-i-lrinrnt on (in-c ot
Je ne serais point étonné que parmi les géographes, quelques-uns aient pensé à peu près comme De Mesmes, au moins sur le dernier point. Car si certains voyageurs avaient été partagés entre le désir de faire connaître leurs découvertes au monde entier, en les décrivant en latin, et le dégoût d'abandonner pour ce travail d'école quelques instants de vie active et utile ', d'autres se sont montrés plus dédaigneux du soin de se faire connaître, et plus soucieux des choses que des mots. Un des plus hardis en ce genre est Thévet, qui. dans sa Cosmographie uniuerselle, demande ironiquement aux géographes de cabinet, occupés à ressasser les anciens, « si la nature s'est tellement astrainte et assuiettie à leurs dits, qu'il ne lui fust plus loisible de changer a l'avenir les choses dont ils auraient fait mention ». Pourquoi alors Pline ne s'est-il pas tu, puisque Strabon l'avait précédé ? On devine que l'homme qui parlait si librement de la science des modernes opposée à la tradition de l'antiquité ne devait point se croire obligé de s'en tenir à la langue latine. Mais il ne faudrait pas croire que ce fût par affection pour la sienne ; le soin « des dictions françaises » dans ses livres l'occupait peu, il s'en remettait à un ami, sauf à faire paraître l'ouvrage dans sa tenue négligée, si l'ami était mort avant la fin du travail'-^.
Latin, côme ilz font auiourdhuy : car preuoyans la vie des hommes estre de peu de durée, les arts et sciences longues, difliciles à comprendre, et plus difiiciles à practiquer et mettre en usage par les lettres eslrangieres, ilz les apprendront en François sur la verdeur de leurs aages, et les obserueront à mesure que la raison, le iugement et l'aage croistront. Par ainsi les sciences speculatiues viendront à leur poinct parfaict, et mesmement la céleste doctrine, qui gist totalement en longues et continuelles obseruations. »
1. Sans parler des récits traduits, comme ceux de Vespuce, il y en a d'originaux en français : J. Cartier, Bref récit de la nauigation faicte es isles de Canada, Paris, 1545 (Mazarine 5175', Réserve).
2. Voir la Cosmographie uniuerselle, Préface. Paris, Pierre THuillier, 1575, in-f". On a de Thévet les Singularitez de la France antarlicque, autrement nommée Amérique. Paris, 1558; et Cosmographie de Leuant. Lyon, J. de Tournes et Guil. Gazeau, 1556, in-4.
La philosophie n'était pas pour les hommes du xvi^ siècle ce qu'elle est pour nous. Elle embrassait, outre ce que nous appelons proprement philosophie, l'ensemble de l'étude de la nature, ce qui fait aujourd'hui l'objet de la physique, de la chimie, de la météorolog-ie, des sciences naturelles. En ITiOo encore, paraissait une Physique française, par M. J. de Champaignac, à laquelle était joint un Traicfé de V immortalité de VameK Ce rapprochement n'était pour étonner personne alors -. C'étaient deux morceaux, détachés d'un ensemble qui devait contenir logique, physique, éthique et métaphysique ; l'auteur ne pouvant pas « se délivrer des deux dernières parties » avait détaché des frag-ments. Un Palissy a été à la fois physicien, chimiste, g-éologue, minéralogiste. Aussi les divisions qui suivent ont-elles quelque chose de tout à fait artiliciel.
La chimie. — La chimie continue encore, pendant tout le xvi" siècle, à chercher la transmutation des métaux et la réalisation du grand œuvre, et pour s'ouvrir à tous ceux qui convoitent d'y réussir, elle met ses secrets en français. Le pape Jean XXII, Augurell, Bacon ont été traduits avant lofiO'. Et leurs imitateurs Bern. de Trevisan, Vigenère, Denis Zecaire, le plus célèbre d'entre eux, se servent également de la langue vulgaire, ou, pour mieux dire, de la langue conventionnelle qu'on s était faite dans ce monde spécial, langue dont le français fournissait la matière, mais dont une convention allégorique permettait seule d'en interpréter les mots ''. De la sorte, les initiés pouvaient « boire h la fontaine de