‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 54 sur 259 · Pasquier, .\ncau. Sebilet, etc., y font allusion · texte numérisé non relu

Pasquier, .\ncau. Sebilet, etc., y font allusion

H2 HiSTOIHK iJi: I.A LANdl i: FHANrAISE

qu'une théorie soit énoncée, mais ([ue des modèles se répandent et qu'un usag'e s'établisse.

Ronsard paraît avoir été très favorable à Meij^ret. 11 ne faut pas oublier que Sebilet s'était prononcé contre les lettres superflues', et qu'en toutes choses il importait de faire mieux que lui. Ronsard répète la même condamnation dans son Art poétique. En outre, il adopte le z de Mei|^ret, dans choze, cspouzo. Il déplore comme lui, la confusion du k et du s chuis c ; il trouve mauvais que (/ occupe « misérablement » la place de / consonne ; il souhaite ([u'on invente des lettres doubles à l'imitation des Espagnols, pour /// et gn. Bref il semble lui-même ne faire que remettre de « reformer la plus grand' part de nostre a, h, c ». Ces idées, qu'il exprimait en 150'), il les avait plus vives encore en l.'ioO. Nous savons par Meigret que le grand poète lui a fait l'honneur de le consulter-, après l'apparition de sa Hmminaire. Son avertissement au lecteur des Odes nous montre à quel point l'impression faite par le réformateur avait été profonde. Ronsard le dépasse. 11 supprime 1'»/, que Meigret n avait « totalement raclé, comme il devoit » ; le ph, pour lequel il ne faut autre note que notre f. S'il a laissé les autres diphtongues que yeux, « en leur vieille corruption, avecques insupportables entassements de lettres, signe de nostre ignorance et de peu de jugement », c'est qu'il est satisfait d'avoir « deschargé son livre d'une partie de tel faix, attendant que nouveaux characteres seront forgez pour les syllabes //, ^n, c/t, et autres. » Au reste il avait « délibéré suivre la plus grand' part des raisons de Louys Maigret, homme de sain et parfait jugement (qui a osé desiller les yeux pour voir l'abus de nostre escriture) », 11 en a été déconseillé, mais il ne s'est résigné que provisoirement, et il fait cette déclaration tout anarchique : « Et si tu m'accuses d'estre trop incon.stant en l'orthographe de ce livre, escrivant maintenant espée, épée. accorder, acorder, vestu, vêtu, espandre, épandre, blasmer, blâmer, tu t'en dois colerer contre toy mesmes, qui me fais estre ainsi, cherchant tous les moyens que je puis de servir aux oreilles du scavant, et aussi pour accoustumer le vulgaire à ne regimber contre régnillon

1. Arl. poel., cdit. lftS8, 37 r'el v» : <■ Je l'aviseroic volunlicrs... que «Icaormuis i-soriuaiil If François, lu ne sois lunt siipeislilieiis et superllii tjiie de siiiiire l'oriffine des vocublcs pris des (îrecz ou t^lins, pour relenir d'eus quelipics Icllrcs, lesquelles ne Bcruenl que d'emplir papier, sans ce qu'elles se pr<inon<'enl... escrivanl le François, lu n'y dois mellrc lellri* aucune qui ne se prononce. » C(. Ilonx., Vil, .I.U. « Tu éviteras loutc orlho^M-apliie supeidue el ne mellras aucunes lellres en lels mois si lu ne les pruleres; au moins lu en useras le plus sobrement que lu pourras en allondanl meilleure reformalion. »

Page 1