‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 53 sur 259 · Cet ç nV'lait pas une nouveauté t-t s<' trouvait pour ae · texte numérisé non relu

Cet ç nV'lait pas une nouveauté t-t s<' trouvait pour ae

Pclelicr approuve e erochu. Mais Des Autels le trouve mal inventé ; il ainuM-ail mieux une ù point tlessou» (p. 2S;. Tons deux sont «l'acooitl pour protester contre l'absence de distinction pour le muet, que Des Autels appelle inipnrfHit, elPclelier sourd.

2. Daurou, dans les Dialogues de P<'letier du Mans, p. 10(5. diseute la cpiestioii des accents ai^us sur les loiifrues. auxquels il voudrait ajouter quelques accent s f(nven »ur les brèves. Cf. Peletier lui-même {Apologie à !.. Mtitjr., IHl.

e ouuert

e clous

i latin

y grec

ou

ou clous

je ou ji côsonanle

de

nie bien ip'dofideTe^fi jcvkjisâidirc (corne la rç'zdndç la prono'çiâçion me forceront) q'çn notre lange, f,ne doçc pas çtre prononcée çn bcfte, fefter , trayftre .--la ou.çUe la dqqtçn çn:pçfte, rçfte,trifté ,çqé, i-,n,ne doçuec paè ÇflseipçQi fcrces çjî formp'ientl.a ou nou'lçs douons pro* nçHriçerv^n inoicftifvefeihjblabk 1 ça vculc,

(jedeultjre^jrèrt.çtré prononçce?ç einfi daotrès HîfiniZ vocables PQ^Ilc rçzon fanons nous m^ttr'çnauanrpourcouunr cçte grande bçtizc, ôc foct' opiniâtreté ? fînon qe nous recourions foudein-a la françliizccomunc des ânes, allegansqeççtl'uzaje^qiçc vne vraye couuçrture JVn fac moullc.Car corne Iccnturc ne foçc cjclavray'imajcdelaparollejabone rçzon on l-çftHncrrafaof'ç abuziue , (lellc ne luy çt con-* for^ne ^vifc a^nvblemçnc» de Içrtre^ conuc:» Ii4nte*ak0;bacimçn:ç*ii^' vë^. ict€tOf=^i n^ç^ 1 u y de 4>ottir|t^i 1 f tf ri'Wt t^" B o w wcs>^o.i,iSHil£a^ fez Ci pourfç'rc le vrcy pourtrçt de l'honTcTiI^ luy pcf]oçt au my lieu du front vne eue de veao £dç'rettallesào2 cpaolcs: ou luy çntaflct dç* cqrr^rdcbeuô'aos jcnouçls;qifont toutes çlio zcs^ori ncyôçcpkJÎtaO'Vif C^ûiequcç donq^ jioiK fauuèron* nous^4û:moqcri' çn l'ecritturc '1tl^ftokpc,vurq'on<jes:Pr,i(ngO(js^bi en ap rins n y prôttôft^â.r^iic ijfte fi;çà^q^lrccritturçtdc Jiuytlçttresja oulâprononçiacibn nçtqc do

A iij cinq

MKIGUF.T. UEl'ONSi: A LA DKZI- si TKI i: l< KIM.KJUE

DE GI.AOMAt.IS I>F. VF.ZF.t.F.T. Mt)U.

(page 3)

9nqvoçs:carftou*dizc>h$ct(^t:.QcIlecouenan ç y trouué' voo^ donc du vîfafon imaje ? qçlle r^zon faoriôs nou mettr'çnauâtq'çUeneioçt ^ofi monftriieuze,q*çt cet aotrc,de rhotnc^Suy iiâtdoqéî tedeuôçr qe doçt recrittur* a hjpneçiaçian;çprcfcrant|â venté aoTaofes opinios, ç mecotçntemçfts dçs homcS inucterezçn leur abuSjjc m'efForçerey de fçre qàdrcr Iç'lettrcs, çl'echtturao'voçs.çala pronoçîaçionfans a- Hpçr^gart ao*l0çs fophiftiqes dç deriuçzons,ç difFerçnçes:aoqçlles fcfommçttetpl* qejamçs aocûs dç* nôtres , come beufs ao jou/ans auoçr ao demourant aocune cofideraçion de la IçdureoTçllcmêtqetouteinfiqejenvefforçe de decharjer notr ecritture dç Içttres fuperflues , ç la rçndre lizabk fuiuant Tuzaje de la prolaçion: ^eus la aocontrérenc luy pçnfcntpas fçre peu d*feoneur çn la parât de plumes d*aotruy pour lade^y^ende&^ç^^qe^s^ourçirtfetiticrez qi ne (ont pas^n moindr'altçrcaçiQn fi b , çc plus c6 ucnant ao mot ecrire^qe p: ç fi efcribre,çt point mcllcur qe efcripre , q feroçt deu médecins ii^oranSjfi la figu çt plus nourrifîànte pour Tho me qe le Sublimé:car tout eïfi q'iFluy font mor tçls,aofi font ççs aotres Içttres a la vraye prono Çiaçion du motjccrire.ll efl: vreyqe çete manière d*ecriueins cfpere bien motrcr par la q'il'ont fort prouficté ç* lages Latin ç Grecqedidrs q ils

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iiszwmitjaait:^

MKIGRET — REPONSE A I.A l^KZESl'EREK REPLIQUE DE GI.AOMAI.IS DE VEZELET, MDLI.

(page 4)

ESSAIS DE SIMPLIFICATION ET DLMFICATION I K L ORTIK it.RAPi:E lOîV

u u côsouanle ou u n eu

c ca latin i' er

k k grec x. es. cç ix

g gamma

q qu 11 faut y ajouter :

ch cha aspiré â, é. é. i. ô, ù voyelles longues

1 el ao au

Il est certain que sur bien des points, même là où l'évolution de l'écriture ne lui a pas encore donné raison, Meigret avait vu juste. Substituer le ç au t dans nation, le j au ff dans manger; distinguer le g^roupe // dans villago du même groupe dans cheville, employer \'x. là où elle s'entend comme diction, non là où elle ne repose que sur une erreur graphique, c'étaient des idées justes et neuves, quoique nous en soyons encore, après environ trois siècles et demi, à en réclamer l'application. Sur d'autres questions, les propositions de Meigret ont tini. après bien des retards, par se faire adopter. Les consonnes étymologiques, ou en général superflues, s'en sont allées une à ly^e : un'j. recepvoir, aultre, heste, hasie ont pris l'orthographe qu'il leur souhaitait.

Le défaut le plus grave de son système a été, je n'hésite pas à le dire, quelque paradoxal que cela puisse paraître, de ne pas innover assez. Dans les révolutions de l'a. b, c, comme dans les autres, la timidité n'est pas de mise, et Mei^ret, mali^-ré son caractère entier, a fait des réserves. Il est certain qu'il a eu tort de ne pas aborder la grosse question de la graphie des nasales, mais il n'a fait que l'entrevoir. Au contraire, il a vu d autres améliorations. même peu difticiles à tenter, et il a reculé. Il n'a pas osé proposer u avec u un point ventral », pour distinguer u de v-. 11 a éliminé des consonnes superflues, il n'a pas touché à 1'/; initiale : il a adopté un ç. au lieu de prendre simplement .s ; il y a plus, il n'a j)as même osé supprimer le A- et le q devenus inutiles par 1 attribution d'une valeur unique au c. Ses inventi )ns d 7/ et de ç/i ne sont que des demi-mesures. En somme, il s'effraie trop tôt de sa propre audace. et, quoiqu'on puisse noter certains progrès d'un de ses livres à l'autre, il n ose pousser jusqu'au bout, ajouter et couper dansral{)habet même, comme il eût fallu le faire dans cette tentative

1. Cci alphabet est incomplet. Dans sa (hummnire. f" l'^ \ . M.-L'iet sV-nhardit à écrire l'I pour //. et q, pour gn.

2. Ment., p. 12. Peletier est plu^ timide oiicnif v. Dial.. j). lis;. Cependant, en K>pa--iu'. Ni'hiiva et en Italie \i- li i--iii a\airiit le 1 -^ en l.')22, le second en iri2î, soutenu la nc'ic-^ite de di«tiiii:iier 1 j; du r.

106 iiisToiRK Di; LA i.A.Nta K fran\:aisk

héroïque'. Il s'embarrasse même d'une formule miuvake, qui contredit son système, en prétendant rendre aux lettres leur valeur ancienne, ce qui devait nécessairement amener ses contradicteurs à sophistiquer sur la prononciation de Yc ou du c chez les Romains. Au contraire, dégagé de cet obstacle, s'il avait pris pour but, sans s'occuper du passé, de donner aux lettres, soit par des signes diacritiques, soit par l'adjonction de nouveaux caractères, une valeur une et fixe, son système ne risquait pas plus pour cela d'aboutir h un échec, peut-être même eût-il tenté quelques hardis esprits — c'était le temps où ils s'élevaient en foule — par sa logique et par sa simplicité.

Les adversaires du système. — Meigret trouva deux adversaires principaux, l'un dans un jeune homme, Guillaume des Autels-, l'autre dans un médecin que j'ai souvent nommé, Peletier du Mans. Le premier libelle de Des Autels, publié sous l'anagramme de Glaumalis du Vezelet, était, d'après ce que l'auteur déclare luimême dans le second, une simple lettre à Philippe Lebrun, qui aurait été imprimée contre son aveu. L'excuse est trop banale au xvi" siècle pour être reçue sans preuves. Quoi qu'il en soit, la réplique qu'il a signée n'est guère supérieure à l'écrit soi-disant échappé de sa plume. Il est incontestable que Des Autels avait l'intelligence vive et pénétrante ; il le fait voir dans cet opuscule même où plusieurs pages qu'on ne cite jamais, je ne sais pourquoi, expriment sur l'avenir de l'art nouveau et la nécessité de le dégager de l'imitation, comme la Pléiade prétendait le dégager de la traduction, des idées très hardies et peu communes. Ailleurs, Des Autels a osé se poser en adversaire de Maurice Scève et de l'école de l'obscurité; Du Hellay lui-même ne l'osait pas; mais ici, quoiqu'il annonce d'autres ouvrages du même genre, dont la perspective excite la verve r.dlleuse de Meigret, il ne me paraît pas avoir mérité les éloges que M. Livet, un peu p.irtial à l'égard du système, lui a accordés. Sur (juehiues points de <léfail et de faits il a raison, du moins en partie. Mais sur les principes, il témoigne vraiment d'un réel défaut de maturité. Quoi(|u'il ait essayé, dans son second

1. •■ Plusieurs 80 |)lc'ii«'l (le ri-LM-illiiri' <|>- j i\ «iI)m;iiu- inmhnii <| <,llf lu- »«;i pas du tout selon (|o reqcriKjl la ri;,'our tic la pniiioiiviaçioii) « [(tiainin., f' 10 v . ('f. : « pour aotanl qe je sey qe toutes iiouueaotés sont (lcpl<,'7.anles, qi ont qclqe vl'onjement de (]elqe façon de vie, tant so«;l ell«,'s n,'/.ônables, «j qc le Içmps mcuril toutes çhozes. je m'en suis déporté pour ççt' heure •• [Menl , ib).

2. Sur Guill. des Aulcb. Cf. Goujcl, t. XII, p. 3i3-357 cl Chamard. Thètc. |. i .: et suiv.

KsSAIS DE SLMPLIKICATION ET d'lMFICATION DE L OKTIIOGRAPHE 107

faclum, de se reprendre et de rejeter son erreur sur une faute de typog-raphie, il a réellement, Meigret le lui démontre sans peine, laissé échapper cette théorie inexcusable que, contrairement à ceux qui <' veulèt reigler l'escripture selon la prononciation, il sembleroit plus conuenant reigler la prononciation selô l'escripture : pource que la prononciation uzurpée de tout le peuple auquel le plus grand nombre est des idiots et indoctes, est plus facile a corrompre que l'escripture propre aux j^ens scavants ». Il vaut mieux, dit-il, « prononcer tout ce qui est escript • ».

Ainsi, pour faire l'application du système, si on écrit tcstc^ teste, pendant que l'on prononce tefe, befe, c'est la prononciation qui est à blâmer ; il n'y a nulle superfluité en l'écriture, « veu mesmement que les autres langues vulgaires. Italienne et Espaignole prononcent Vs ». A ce compte, comme l'observe fort bien Meigret, on devra aussi prononcer : escripre, recepueur, doibvenf, estaient, et infinis autres vocables, aussi étranges -.

Au reste. Des Autels lui-même, avec des idées aussi enfantines que celles dont je viens de parler, ne laisse pas, par une inconséquence singulière, de reconnaître qu'il y a bien à reprendre dans l'abus de la commune écriture [Rep. c. Meigr., 56). Malheureusement, il n'a dit ni à Meigret, ni à nous, sur quels points il croyait que la réforme dût porter. Ses opuscules sont donc plus intéressants par les renseignements qu'ils apportent sur l'histoire de la prononciation, que pour la réforme de l'orthographe.

Le petit livre de Peletier du Mans n'a aucun titre belliqueux, tout au contraire ^. Le ton de l'auteur est tout à fait autre que celui de Des Autels, et tel vraiment que le méritait l'œuvre sérieuse

1. Ce non-sens linjruistique, inexcusable, même à l'époque, est vertement relevé par Meiffret : « Q'<;lle réponse pourrocj" tu fcjr'a vn peintre, qi... ne s'estiniant pas moins sauant çn son art. qe toq çn ton ecritture Françoçze ». voudrait « corrijer nature corn' ayant cUfalIy tjs orçlTes de Gyriaome pour Içs auotjr ftjt trop courtes, ç etroçttes : ç qe finablemjnt il Içs te fit çn son pourlrçt d'vne tçU" auenù' ç pocl, qe Iç' port' vn àne rou e ? Qc^Ue defijnsc pourras tu amener, que suiuant la mçme loç dont tu nou" veu' tous forcer A prononcer tç' Içttres superflues (q'onqes lange de bon Françoçs ne prononça;, qe lu ne do-jues aosi charjer ç «jntcr çn ta Içte ces bçlles % émples or^ries d'Ane? » De/"., lî. II, v.

H. Kstienne, tout étyniolo}:iste qu'il est, signale au contraire le danger de cette prononciation des pindariseurs, qui fait rentrer dans la prononciation des lettres devenues muettes (Hi/ijonin. de l. G.iil., p. 2).

Dans sa réplique. Des Autels dit que l'imprimeur a passé ne avaiil prononcer, p. 2i : c'est une excuse d'écolier que tout le passage dément.

2. Meigret lui demande encore A ce propos [Def.. H. 111, r°) si « Iç' François sont lenuz de parlçr Gr<jc, Latin, Ilespai\ol, ne Italien ?... .le m'emervqrie que tu n'as dit teslii : a celle fin qe tu gardasses du tout la prononçiaçion Italiene ».

3. Apnloffie a Louis Meiçfrc' Ltoanoçs (réimprimée dans le Dialogue dt l'orlograft e prononçiaçion françoqse départi en deits Liurts, Lyon, Jan dé Tournas, 1555). — Dédicace du 29 janvier 1550.

108 HISTOIRK DE LA LANdLE FRANÇAISE

de Meigret. Il a pris grand plaisir à voir (( restituer » notre écriture, et tout en proposant son système h lui, il s'accommode autant qu'il peut à celui de Meigret, ne voulant dédaigner de u t0nir avec lui un chemin qui d0 so^ n'eto^t que bon ». Mais il ne faudrait se tromper ni au titre, ni à l'exorde. La condescendance de Peletier ne va pas très loin, et les critiques sont beaucoup plus nombreuses, dans ses quelques pages, que les éloges.

Sur le fond de la question, comme Peletier le dit lui-même, il est d'accord avec Meigret, et il juge notre écriture avec la même sévérité, comme un vêtement dépenaillé, ou un déguisement qu'on croirait donné à la langue par dérision '. Le principe à garder dans la réforme semble aussi le même aux yeux de Peletier ; tous deux visent « a un blanc, qui (;t d0 raporter l'Ecritur0 à la prolacion : c'ét, dit-il avec raison à Meigret (9), notr0 but, c'^H notr0 point, c'ét notr0 fin : somm0, c'ét notr0 uniuçrsçl acord '. »

Toutefois, malgré ces prémisses, ce censeur bienveillant trouve presque autant à reprendre soit dans les détails, soit dans les principes qu'un ennemi y eût trouvé. En fait, d'abord, il conteste sur bien des points que la prononciation figurée par Meigret soit la bonne, et on voit la portée de la critique, tombant sur un système dont l'observation rigoureuse de la prononciation était la seule base 'K C'est une condamnation. Peletier en arrive à dire au desti-

1. « l'è, anlr0 autres choses, pris ^'rand pl«;sir a voi^v la peiii^ qu0 lu prans a restituer notrt^ Ecritur»^ : laquclt'. df fijt, çt si corrompue, e rcpresaule si peu c^ qu'çl»' do^t represauter, qu'où la peut rçsonnabl^maut comparer a une robt* de plusieurs pièces mal raporte0s, eyaul l'un^ manche lon^fue e larj^e, l'autre courte e ctroçle : e les cartiers çan douant derrière, laquele un père hallie a son anfant, autremant de b^li* talhe e bien proporcionne de tous ses mamlires, ou par nonchalo(;r, ou pai- chichetc, ou par contannemant. ou an somme, par pourete p. (ii. (^ijrtein«*mant il i a fort lon}f (ans, e a peine me souuient il auot;r ù le Ju^emant si jeune, que je n'çe ù bien ^rand hont»*, voçre dépit, de voi^r une tele Lanjfue comme la Franç(jçse, çtr0 vetu0, m-js plus tôt masquée d'un habit si diforme li/j.). » Dans le niidoffiie il montre d'um- manière intéressante la supériorité de l'écriture cspajfnole, déjà marquJ-e de ce temps-là. aujourdiuii éclatante p. 112 et \\^^).

2. Sur certains points aussi, ils tombent d'accoitl. Peletier trouve aussi mauvaise que Meifcret 1 écriture de intislre. pnisire, et « l'ç a keue ■> du moyen Afje. dont GeolTroy Tory s'était déjà servi en latin, (jue Mei^rret propose, lui parait très bien convenir pour ce son. Dans son I)ialo^iu>. Daurou, (jui parle au nom de Peletier. condamne, comme Meigret le ( de e/, le f/ de aditcnir, \'s de hLisine. Iroxne \p. 1 1J), le ch de charactère (p. 1 12). \'n des verbes au pluriel (p. I28\ le t final suivi de 1'.» de flexion ip. 129), l'ii élymoloj.'i(|ue de umhre pour ninhre et le j- de i/rarieiix (p. 132); il accepte l'y prcc, mais non avec l'abus qu'on eu fait i\ la lin des mots (1.»3^ : il écrit et, ey dan» einiù, efreynnt : à /i/i il substitue souvent /' ; fihtxo/ir: i ' '■ cripçinn.

S. Il ne croit pas que l'i de nnrinn soit ionfr. les voyelles frauvais»-*. <-Uiiii iniij.mrs brèves les unes devant les antres, sauf devant e nuiet (p. 19). De nième pom* l'ii de piinnl '\i. 20,; ni», donné, ont la dernière syllabe brève fp. 21: vinli;l n est pas de deux syllabes; vernmunl ne peut être qu'une faute pour rr«;m.in* p. 22) ; rtie ne peut p iH *•!• pi- )f CCI- p.'ir (/ tmtl Mti. iiiai«' par l.'i dipliloiiv'iii- ni: rii'/iN're. prittri-rf. n'ont

KSSAIS DE SIMPLIFICATION LT d'u.MFICA IION DE l"( tRTHOGRAPIlE 109

nataire de cette singulière apologie que, si ses opinions étaient reçues, il aurait aJDOuti à un résultat contraire à celui qu'il cherchait, et trouverait même le langage déguisé, en l'entendant prononcer tel qu'il l'avait écrit.

Sur les propositions proprement relatives à l'écriture, mêmes observations : on ne peut utilement noter les longues d'un accent, ou plutôt dune apicule que certains mots auraient alors sur chaque syllabe (p. 19). Ou est inséparable de notre vulgaire. Au, qu'il vaudrait mieux remplacer par o, que par ao, s'entend dans cause, aussi bien que dans causa, ou du moins il y sonne d'une manière si analogue que cela ne saurait causer une erreur, etc. L'introduction de l'apostrophe au lieu de le féminin à la fin des dictions, n'est pas bonne, puisqu'il peut arriver qu'on s'arrête sur ces finales. Il n'y a pas d'intérêt à rendre unique la valeur de c, g, en les écrivant toujours avec la même valeur dure, devant e et i comme devant a et o. C'est bien là la vraie puissance de c, mais la nouveauté en serait odieuse. Mal.^Té aguiser, où f/u a sa valeur propre, mieux vaut laisser lu dans longueur, longue, guise. Qu est reçu dans toutes les langues ; on pourrait le remplacer par k ; mieux vaut qu'on n'y touche pas pour cette heure. Bref, la résistance porte sur la plupart des points qui tenaient à cœur à Meigret ^.

Il y a plus. Malgré les affirmations du début, les principes des deux réformateurs diffèrent radicalement. Ramener les lettres à leur naïve puissance est une utopie aux yeux de Peletier. Il y a en notre langue, qui malheureusement a pris, par nonchalance de nos a'ieux, les lettres des Romains, « une manière de sons, qui n0 se sauro(*t exprimer par aucun assamblémant ni eid0 de lçtr0s Latines ou Grequ0s » (p. 9), par exemple la dernière syllabe de /iomm0, fainm0, la première de Iaqu0s, iambës, la dernière de batalh0. Pour les écrire il faut abuser de e, i, l. De même du c aspiré pour écrire charité, du v pour écrire valet, de gn pour écrire gagner'-.

pas d'e ouvert, ni long (p. 22) ; boni, comod^ ne se prononce pas par o simple, mais bonne, commode fp. 22) ; troiip. clous, nous, pour trop, clos, noz et inversement bot, ôaerl pour bout, ouuerl. sont des prononciations <> de la Gaul0 Xarbonnoçs0. Lionnoçsé, et dé quelques androçz de l'Aquiteine. » Meigret ne reconnaît que deux sortes d'e, l'e à queue, qui est ouvert, l'autre sans queue, qu'il fait servir à deux offices. Or, il y a trois e, comme le montre le mot defqre. Écrire déduira, per^, avec le même e. c'est défaillir, car l'un des deux est un e sourd. Peletier note e sourd par ^, empruntant cette lettre à quelques impressions. Voy. Dial., p. 108-109.

1. Sur d'autres points, Peletier d'accord avec Meigret pour critiquer, propose des solutions à lui : il emprunte Ih aux Provençaux, Toulousains et Gascons, pour remplacer ill (v. Dial., 111), il laisse tomber le t devant s du pluriel, mais lui substitue un z : moz.

2. Peletier avait un moment pensé écrire nh comme Ih ; il ne l'a pas osé.

Pour parvenir au but que l'on propose, il faudrait avoir des lettres nouvelles, et ce ne serait jamais fait. Notre Lang-ue aurait perdu S!)n usag-e, avant que nous puissions mettre telles nouveautés en la bonne grâce des Français'. Meigret lui-n\ème convient qu'une lettre peut avoir deux offices, comme le s, qui, final, sonne visiblement comme un z, quand il se lie à des mots commençant par une voyelle : Tous hommf's e famm^s ont a mourir (p. 12-13). Dès lors, il faut se borner à réformer seulement les abus qui causent erreur. Des mots comme outil, sufil, ville, cheville, eapris (du verbe éprendre) et [cspriz pluriel de esprit ] s'écrivent de même sorte, bien qu'il y ait des différences manifestes entre leur prononciation : « C0 sont les moz, qui merit0t reformicion, non pas cens qui s'ecriu0t d'un0 sort0 qui yt tousjours samblabl0 a soç, et qui jamçs lit s0 demant. Ce sont cens que nous d^uôs tascher a restituer » {ibid.).

Peletier tout en visant aussi à une refonte, sen défend ; c'est un révolutionnaire honteux et timoré '. Il l'avoue du reste très longuement k propos d'un détail (p. 18) -^ Ainsi les principes qu'il affiche au début de son livre ne doivent pas faire illusion. Evidemment, il n'en est pas comme Des Autels à attendre la réforme d'une « authorité » quelconque, il veut « s'entremettre de la faire », mais il apporte là, comme partout ailleurs, son tempérament hésitant.

Il en a même donné une preuve curieuse, en publiant, au lieu d'un livre de doctrine, un dialogue, où différents personnages,

1. Voy. Dial., p. 118. Meij,'ret dit lui-même : « Il çl vrey qc c"«jt bien le mc-lleur d'approcher le plus qil sera |)ossibr ao" plus çzés ç comuns caractères : affîn de releuer le Içcleur de peine : ce qe je pçus' auoçr f<;l. » Toutefois, ajoute-t-il, « il ny a point de loq qi me force, ne toç ny aotre, a vne çtjrteine fij;ure » {Mci{,'r., hep. k G. des Aoielx, 30).

2. Les plus frappantes innovations de Polelier du Mans, dans l'orthopraphe proprement dite, sont la substitution de a à e dans la nasale enl, de ei à ai dans des mots comme ainsi, de /f à c dans lieiir, etc., enfin la suppression d'un prand nombre de lettres étymolojtiques.

Quanta son alphabet, il présente des nouveautés importantes. Les voyelles lon^^ues sont marquées dun accent aifru, les brèves d'un ffrave : malin, qt. fjrés, ôler, ùl ; l>ouiioè,r, assièl, sii. — L'e ouvert est à queue ç, \'e muet barré f, la diplitonfrue ni s'écrit o(;, le c est cédille. Il mouillé est noté par Ih ; il est fait usage du Iréma" poésie, et de l'apostntphe, cnnlr' opinion.

Mai» presque tous les anciens défauts subsistent : j cl g concourent à rendre le j,' », ss, ç ont la même valeur; k alterne avec r, et (jii ; (j avec (jti < figure, guerre), x avec cr (ficcion, contraccion) ; d'autre part un même signe garde deux valeurs : gn Bonne comme g -f- n, ou comme A ,- s est tantôt dure, tantôt sonore, avec le son de s {joyeuse, occision).

3. Il raconte dans son Trnitê même fp. fl) qu'étant sujet au vouloir et plaisir de l'évéque du Mans, René du llellay, il n'avait pu lui faire trouver bonne sa mode d'écrire, et que pour cela il n'avait osé en publier sa fantaisie. Page 2rt. il ajoute qu'il n'a p.i» osé employer son système dans son Arithniéiitiue, et ne l'appliquera que dans la réimpression de ses poésies.

ESSAIS DE SIMPLIFICATION RI D LMUCATHiN DK L ORTHOGRAPHE iH

mais surtout de Bèze et Dauron défendent l'un lusage, l'autre la réforme. La doctrine de ce dernier est celle de l'auteur. Mais on n'en sait rien positivement; l'opuscule est sans conclusion. De Bèze est parti après la première journée, les autres interlocuteurs se séparent, malgré une véhémente péroraison de Dauron, et rien ne se décide ' .

Meigret répondit à Peletier, comme à Des Autels, avec un peu d àpreté peut-être, plus poliment toutefois. Du détail, il n'y a rien à dire ; il avait si bien donné ses raisons qu'il ne lui restait qu'à les répéter dans la polémique. Quant h ces atermoiements qu'on lui proposait, il les repoussa avec vigueur -, laissant à Peletier du Mans sa timidité, et lui jetant en dérision ce proverbe qui résume assez justement l'impression causée par ce réformateur trop prudent : « Pour te satisf('re en tç* remontrances pleines de creinte, je suys d'avis qe qi a peur de' feulles ne voeze polt ao boes » (3 v").

Destinée de la réforme. — Considérée comme décisive'^ pour le développement et la diffusion de la langue, cette querelle, pour futile qu'elle paraisse à quelques-uns, eut un retentissement considérable dans tout le monde qui lisait ou qui écrivait. A dire vrai, c est de ce monde que la solution dépendait, bien plus que des spécialistes. Il ne faut pas oublier que les polémiques coïncident avec l'apparirition du manifeste de Du Bellay, et précèdent la magnifique éclosion de la Pléiade. Si elle eût été adoptée par ceux qui allaient devenir des demi-dieux, et portée dans toute la France par leurs œuvres, la réforme avait les plus grandes chances de succès; l'important, en effet, en ces matières, n'est pas seulement

1. Un des interlocuteurs est Sauvagre. — Denis Sauvage promet a qu'il traitera de l'orthographie et autres parties de grammaire rançoise. En attendant (dans ses « Histoires de Paolo Jovio, Comois... traduictes de Latin en François et reveûes pour la seconde édition par Denis Sauvage Signeur de Parc-Champenois... Lion. Rouille, nDLviii). il introduit deux signes : la parenthesine '( )' et l'enlrejel ; :

Mais il n'a pas été très rigoureux dans leur emploi. « n'ayant encores voulu ; nom plus qu'en l'orthographie ; tenir ce qu'il m'en semble : jusques à ce que i'en aye mis mes raisons en auant : après celles de tant de doctes personnages, qui en ont escrit. A l'exemple desquels ie ne dédaigneray d'entrelaisser choses ; qui pourroyent sembler de plus grande importance ; pour m'empleyer à tel fondement, nécessaire au bastiment de nostre langage François : si nous voulons qu'il soyt de marque si belle que les estrangers le choisissent de loinç, s'approchent diceluy, et le contemplent à merveilles. •

2. ■ Quant a ton moyen pour gafler petit a petit, et finablemènt f^re le sot tout de gre. si tu le Irouue' bon, fç le : car qant a moç je ne pretçn' par mon ecritture qe pourtrçre le plus exactement q'il me sera possible la prononçiaçion Françoeze, qn bal'lant a chacune voçs son propre characlçre pour çn uzcrç çn bâtir un' ecritture suyuant le bâtiment de la parolle : sans ao demourant fi^r' état si je serey suyui, ou non • (» r').

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