Im ijrammnire au X VI' MÎècle, 427 et suiv
ses extraits sont plus nets, appropriés à un livre pratique, mais ce ne sont tout de même que des extraits '.
1. Je donne ci-dessous deux passages comparés ; ils fourniront un spécimen suffi- >ant de la méthode :
Rob. Est., 38 : « La seconde mode ou manière du Verbe, s'appelle Imperatiue, quand par iceluy on comande de faire quelque chose : coine Aime. Elle n'ha point de prétérit : car on ne peult commander pour le passé, qui est temps irreuocable. Elle nha duc que le présent, qui toutetfois n'est point si présent qu'il ne tienne quelque chose du futur temps ; aussi de vray ce seroit commander sans propos à celuy qui ia feroit ce qu'on luy a commandé. Auec ce. on ha de coustum quand bon semble, de luy adiousteraucunsNomset Aduerbes signifians temps : comme Fay cela demain, a teste heure, présentement : donl laplus- 'part emporte le futur. Quelque fois on se sert du futur de l'Indicatif pour l'Impératif : comme. Vous ferez cela. Ta iras Ut. Combien que par l'Impératif, aussi proprement se puisse dire : car autant vault Faites cela, el Va /a. que. Vous ferez cela, et Tu iras la, prononcez en façon de commandemêt, ou remonstrance auec les plus grans : car les soubiects ou moindres ne peuuent pas commander à plus grads qu'eulx : veu qu'entre les esgaux mesmes le commandement n'ha point de lieu. Parquoy il est euident ([tie cest Impératif est plus futur que présent : ou que pour le moins nous le pouions appeler aussi bien futur que présent. »
Mei^ret, 69 v : Ao regar de l'imperatiue mode, ou comendante. çlle n'a point <le prétérit : car on ne peut comander pour le passé : vu qe le tçms passé çt irreuocable. Il a donqes le prezçnt. qi toutefois n'çt pas si prezçnt, q'il ne tiene de qelqe çhozc du futur. De vrey aosi seroçt ce comander san' propos, a çeluy qi ja feront ce qu'on luy çomande sici. Aosi voyon' nous q'a tout' commandemçus. la réponse se fçt par le futur, si non" ne Içs auons preuenu Si donq qelq'un me comande qelqe çhoze qc je veulle bien fçre pcmr luy. je repondrey je le ferey, ou non ferey : plutôt qe je il' fçs. ou je ne le fçs. Outre plus nous lions de coutume de leur ajouter qant l.i>n nous semble, aoçuns noms, ç iiçrbes tçmporçlz : corne fçs cela iomcin, a cet heure, prczçntemçnt :
■mt la plupart çmpirtc le futur. Fina- Mement qclq'auçrbe de Içms prezçnt qe
3. Rob. Est., 41 : « Le temps prétérit et passé est diuisé en trois têps : le premier se nomme Temps prétérit imparfaict, pourtant qu'il ne nous dénote pas vn accomplissement ne perfection d'vne action ou passion passée mais tant seulement auoir esté commencée :
comme, Faimoye.
« Le second s'appelle Prétérit parfaict. lequel est de deux sortes : Ivne est simple, qui dénote l'action ou passion parfaicte : duquel touteffois le têps n'est pas bien déterminé, de sorte qu'il depêd de quelque autre : comme, le vei le Roy lorsqu'il fut couronné, le fei ce que tu m'auois cûmandé, soudain que ie receu tes lettres... L'autre est composée du verbe auoir et d'vn participe du temps passé : et signifie le temps du tout passé, ne requérant aucune suite qui luy soit nécessaire pour donner perfection du sens : côme, / ay veu le Roy, I ai faict ce que tu m'as commandé,/ ai lea tes leltres,etc...»
Meigret.66-ôT ; " N<.u? auons donq premièrement fçt vn prétérit impçrfçt. tout einsi q'on fçt Iç Grecz, ç Latins : come j'çymoç, leqel nous auons einsi appçUé, pour aotant q'il ne nous dénote pas xn accomplimçnt, ne pçrfçcçion d'un' acçion ou passion passée : mçs tant seulement avoçr été çncomçnçée. Nous çn auons vn aotre qi dénote l'acçion, ou passion, vn peu plus pçrfçtle : duqel toutefois le tçms n'çt pas bien détermine : de sorte q'il depçnt de qelq' aotre : come, je vis le Roç. je dénote bien la pçrfçcçion de mon acte, mçs çete façon de parler me tient suspçndu, come n'étant satisfit, si je n'ey aotre detçrminaçion de tçms, d'aotant qe Iç' François l'ont introduitte pour çtre déterminée, par qelq'aotre moyen ççrtein : come, je fis ce qe tu m'auoçs mandé, soudein qe je reçu tç' Içttres sic . Mes com' il so«^t qolqefoçs neçes-
Peut-être Estienne dépasse-t-il ici la mesure de la liberté que les gens du xvi*' siècle, peu scrupuleux sur ce chapitre, s'arrogeaient en matière de propriété littéraire. Quelque jugement qu'on porte sur de pareils procédés d'appropriation, la constatation suffit à remettre le traité à sa vraie place. On peut estimer qu'il a été un résumé commode et utile ; il demeure acquis en tout cas qu'il n'est qu'une compilation, à peu près sans intérêt, dans l'histoire des recherches et de la science grammaticales.
Ramus. — La première édition de la grammaire de Ramus parut k Paris, chez André Wechel, 1562, sans nom d'auteur, avec ce seul mot pour titre : Gramerç '. Bien que la matière, au dire de l'auteur lui-même, fût de riche et diverse étoffe, cent vingt-six pages de petit format et de gros caractères lui avaient suffi.
Les chapitres de ce petit volume sont nombreux, mais peu remplis, et l'ordre n'y est rigoureux qu'en apparence. En effet, en le feuilletant superficiellement, on pourrait se laisser prendre à cette belle ordonnance, qui, .pour la première fois, met h part « l'étymologie » (nous dirions la morphologie) et la syntaxe, et s'illusionner en voyant défiler ces titres : convenance des articles,
nous luy ajoutions, lacconiplimçnl tou- sçre de parler d^s çhozes passées pçrtefoçs çt tousjours subsecutif. Parqoç fçttemçnt, e sans suyte, Iç' François le comandcmçnt ne si peut vuyder si ont forjé vn aotre prétérit p(jrlçt, par soudein q"il ne tiene du futur. E pour- le moyen du v<jrbe, ejy, as, a, pouuçrtant je n'estime pas notre lan^^e pouure nant l'iulinilif sinifiant le Içnis passé pouraotant qçUc n'a point de tçms du vçrb' actif neçessér" a la locuçion : futur propre, vu qe le pre/.çnt y pçut corne, j'ey çymé Dieu ? la ou eymé, çt fournir, F^ combien qe nous vzurpions le l'inTmitif passé du vçrb' actif çymer, futur de l'indicatif, corne vou' ferez. ny ne roqiert aocuue suyte qi luy soçL cela, lu iras la : nou' le pouuons toute- nçccsscjre pour douer pçrfçccçion de focs aosi bien dire par limperatif : car sçns. aotant vaot fçttes cela, ç va la. qe vou' ferez cela, ç tu iras la, pronou(,"ez qn façon de comandemçut ou remontrani,'' auçq Iç' plu' prans ; car Içs sujçs ou moindres ne pcuuet i)as comander a plu" grans q'eus : vu q'çntre Içs e^faos mçmes, le comandemçnl n'a poiul de lieu. Porqo<; il çt euid<;nt qe <,H't iuiporatif çl plus futur, (je prcz<;ut : ou qe pour le moins nou' le pouuons appeller aosi bien futur, qe prezcnt. »
1. Celte édition est extrêmement rare. M. Livet ne l'avait pas connue. I.e catalogue de Slengel n'en cite que deux exemplaires, appartenant l'un A la Bibliothèque nationale, l'autre à la Mazarinc. Le second fait suite à un recueil de pièces, dont la plupart sont de Kamus ; c'est la 7* pièce de l'ouvrage coté 22.1.11 (UéserveK Le premier porte la cote X 1200 clans le catalogue imprimé de la Hib. du Uni. J'ajoute que le Musée pédagogi(|ue a récennuenl acquis l'exemplaire qui a appartenu A Yéméniz, et qui y p<irte le n' 34776 Rés.
convenance du comparatif, syntaxe de la défaillance des verbes ^ : mais un simple coup d'œil suffit à montrer qu'on a là une esquisse hâtive et non un travail mûri. lnfatigal)le producteur, qui semait les livres comme d'autres les articles de journaux, Ramus a fait un pendant à ses autres g^rammaires, avec une hâte évidente II s'agissait d'en compléter la série ; il a rédigé celle qui manquait, dit-il, en quelques heures, mettons en quelques jours.
D'abord, en ce qui concerne l'invention et le choix des observations, le mérite de Ramus est assez modeste. Nombre d'entre elles en effet sont empruntées. Personne, que je sache, ne l'a signalé jusqu ici : il n'en est pas moins vrai que Ramus a puisé, lui aussi, sans plus chercher, à pleines mains, dans Meigret. Ramus transcrit moins franchement que Robert Estienne, mais il s'approprie sans plus de scrupule; exemples, remarques, théories même, il prend son bien où il le trouve, se bornant à ajouter, surtout à retrancher deci delà, suivant qu'il le juge à projDos. En voici la preuve :
Ramus, 8" : isçlui e isclç soncelcçfoes Meigret, 58 v : Iççluy, tj iççUe, sont de
uzurpe par le pratisiès, pour Lç, La, m^me sinificaçion qe il, luy, ç ^lle : Les, r^latil'z : comç, Je aç^te un çeval dçqels toutefoes le courtizant auze pas pour is^lui t"envoier : Mes non' dizou' comunern^iit : ce sont plutôt relatifs mieus, Pour t^ l'envoier. vsurpez par Iç' praticiens, pour Içqels
nou' vzons de le, la, Içs, relatifs : la ou il, ou luy, ou çlle, ne peuuet satisf^re : corne 3 pour, j ey açhepté vn <;heual, pour içeluy , tçnuoyer, nou' dirons mieus pour te l'çnuoyer : combien qe içeluy, q iççUe, rçmplisset mieus un papier.
88. Gt^ toutqfoes e souvent prin" pour 5" v. Nous vzons toutefois plus sou-
Lecçl : comç, J'eimç Iq ççval C(j vou uçnt de qe, q de meîlcur graçe de
m'ave done, J^ prizç la mçzon c^ vou' sorte qe nou' dizons aosi bien, je prize m'av« vendue. bien la niézon qe vou' m'auez vtjndu,
ç mieus, qe laqqlle vou' m'auez vçndu.... 97. Tout(;foes se posesifz avec 1»; 59 r». Ao regard de mien, tien, sien,
verbtj sustantif n'on' point d'arliclç : possessifs, il' ne sont gyeres sans Içs come, Sq livre e mien, tiè, sien, Sçluisi articles le, la, Içs, ao nominatif : si ce e mien, tien, sien. Faut excepter Sç et n'etaprçs le vçrbe substantif, ayant pour a' supos : Car nou' nq dizon' point, S'« surpozé le nom du possédé : come ce mien, eins S'e Iq mien. Gant Mien. Tien, vli<^ual *î^ mien : «; çn semblabl' aprqs
1. Voici la division exacte de l'ouvrage : V de letrçs ; dç la form' e cantite d'unç silabç : 3 du ton e apostrofç ; i dç la notasion en espesç e figurç e dç la divizion du mot ; 5 du nom ; 6 du pronom ; 7 du verbç e dq se pcrsonçs ; 8 de partisipçs; 9 dç la première coujugezon ; (ici cesse la numérotation) ; (10. Anomalie: (11) la seconde conjugezon ; (12; Averbe ; (13) Gonjonxion ; ^14) Sintaxe ; (15. Gonvenanse du nom avec le nom; ^16; Gonvenanse des articlçs; ^17) (Gonvenanse du comparatif ; (18) Gonvenanse de pronoms; (19j la convenanse du nom avec h; verbe; (20) la sintaxe de la defalanse de verbes ; (21) La sintaxe du verb' impersonel ; (22) Figure' comunes au noms e verbes ; (23) La sintaxe des averbes prinsipalement de prepozisions ; (24) Sintaxe de prepozisions avec le pronoms ; (25) La sintaxe de posesifz femenins c autres ; (26) La sintaxe d« conjonxions ; (27j De forme' ^^ l'orezon.
I;i2 IIISTOIRK DE LA LAMIL K FRANÇAISE
Sien, Notrç, Votrç, leur sou' supos, ilz Iç' relatifs, il, qi, leqcl : conie il »;t miçn, ont arliclç : comç, s'il e cesliou dç nos c'çl çcluv qi t;t tien, leqel çt tien. Lç' cnfans jç dire, le mien dort, \q tien démonstratifs aosi (fors ce auçq le vqrbc somelç, Iç sien court, ïq notr" e beau, substantif, leur oltet Içs articles : come Iq votre' e let. Cant il/ son' {gouverne çetuy vy Çt tien, ç çetuy la sien : m^s par Iç verbç, ilz non' poin' d'articlç : nou' ne dizo' pas, ç'çt tien, pour ç'çt le comç, J'e de biens çc tu dis etrç tiens, tien. Finablcment (59 v) toutes Iç' focs cç Jan fet siens, cç nou" mcintenon' ([e çqs possessifs {fouuçrnet les vçrbcs, notrçs, cç vou' fêtes' votrt-s... il' recjierct Içs articles : come s'il «;t qes-
tion de mon fdz. je direy le mien dort, le lien somellc, le sien court. Mçs qant ils sont frouuçrnez par Iç vçrbes actifs, si le substantif çt cxiirimcparaocun dçs relatifs, il" n'aoront point d'articles : come J'ey dç" biens qe tu attçns çlre tiens : aosi ne Iç f^arderey je jias lonj^emçnt miens : Içqçls loutefot;s Piçrr' espère f^re siens...
On pourrait mener la comparaison d'un bout à l'autre de ce chapitre ', et les rapports que je signale seraient mis hors de doute par toute une suite de rapprochements. La réapparition des erreurs commises par Meig-ret, relativement à certaines questions, suffirait à faire une complète certitude -.
Il est visible que Ramus s'est peu soucié d "apporter des matériaux nouveaux à l'étude de la langue franc^aise. C'est la méthode et non la matière qui le préoccupait. En effet, par un contraste au premier aspect étrange, mais en réalité très facilement explicable, ce livre qui d'un côté manque d'originalité, pèche au cnnfr.iire de l'autre par excès de nouveauté et de hardiesse.
Ainsi, au lieu d'admettre la division ordinaire des conjugaisons, il invente une division des verbes en deux classes : ceux qui ont la racine en e, et ceux qui 1 ont en / ; il se trouve ainsi amené îi mettre dans la première, à côté de uimer, une multitude danomaux : heir, seioer (seoir), nctrç ou nncir (naître), terç ; dans la seconde, à côté de bâtir (inchoatifj, dormir, dirç, Hçmondrf.'. t^inr\ En outre, jugeant comme il l'a dit dans ses Scholse (j r animât icœ^ que la divi-
1. Comparer sur les possessifs, Hamus. s;t; Meigrret, 50 r" ; — sur môme. Hamus, 89; MeiKret, 60 v» ; — sur // indéterminé, llam.. OS; Moijrret, 56 r" ; sur la première personne des verbes, Ramus, 9:2 ; Meijrret, 53 v". etc.
2. C'est ainsi (pie Ramus (9i) condamne, après Meiffret (7.) \ i. les lom-s (•'(■.</ /no/, cesl nous, pour ce stiis-je, ce sommes-noim.
3. Ramus reconnaît un premier présent (aimcj. un second (aime subj.); un premier prétérit (aimois), un second (aimerois . un troisième (aimasse); un premier futur (aimerai', un second \aime); voilà pour les formes personnelles. V.n outre le " perpétuel prezent » ajoute r à la racine (aimer , le • perpétuel prétérit » est semblulde à la première personne du •< preleri' finit ■> aime =: aimai'. \.'« inllni. jéroudif •< est formé de la pn-mière personne du premier pn-térit imparfait, en changeant la dernière syllabe en ant (aimant). Le participe actif est pris du K<^'rondir, le participe passif (In |>ri'ti'iil iiilliii.
sion du verbe par modes est chose superflue et sans fondement, il l'a supprimée dans sa Grammaire, en la remplaçant par une nouvelle et inacceptable classitication des temps, où l'impératif aime nest plus qu'un second futur, le subjonctif présent qu'un second présent, ainsi de suite. Si j'ajoute que, sous prétexte de faire un livre à part de la syntaxe, Ramus y rejette la formation des temps composés, qui est pour lui, en français comme en latin, un fait de syntaxe, on devine ce que devient chez lui la théorie des formes verbales, une des plus essentielles cependant. Ailleurs, aux confusions qu'on reprochait à ses prédécesseurs, il en ajoute, par ses doctrines, de nouvelles. C est ainsi que partant d'une définition fausse de l'adverbe, qu il qualifie simplement de « mot sans nombre adjoint à un autre », il réunit sous ce chef l'adverbe, la préposition et 1 interjection.
Ramus, comme on voit, n'a pas toujours réussi; il a du moins cherché à répandre des définitions et des classifications sinon nouvelles, au moins inusitées. De là sa division des mots en deux classes : suivant qu'ils sont, ou non, sujets au nombre ; de là encore sa répartition des mots avec nombre en deux grandes catégories : les noms, cpii sont des mots de nombre avec genre ; les verbes, qui sont des mots de nombre avec temps *. Assurément, il y aurait beaucoup à dire sur ces définitions. 11 n'en est pas moins vrai que c'est dans ces tentatives, bonnes ou mauvaises, cpi il faut chercher l'intérêt de l'œuvre de Ramus, en se gardant toutefois de croire que les doctrines ont été inventées tout exprès.
En fait, dans ce modeste essai, Ramus n"a fait que suivre des théories discutées par lui ailleurs, et à propos d'autres langues. Sa petite Grammaire française est surtout un travail d'application : l'auteur a pris hâtivement à autrui les matériaux qu'il n'avait pas tout prêts dans l'esprit, en même temps qu'il s'empruntait à luimême la doctrine antérieurement établie.
La seconde édition de cette Grammaire est - très supérieure à la première. D'abord la doctrine y semble plus mûrie, ou tout au moins plus fermement et plus nettement présentée sur bien des points. Ainsi dans l'édition de io62, l'auteur s'était borné à dire qu'en syntaxe des enseignements étaient jusque-là profitables, qu'ils expliquaient l'usage du langage reçu et approuvé, non qu'ils en pussent bâtir aucun par soi et par nouveaux exemples (p. 77).
1. Cf. Scholx gr., 110-111. Celte division est du reste prise aux Anciens.