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3. « Nos critiques se nicxpieront d' ec vieil m<»t François, mais il les faut laisser caque'.er. Au contraire, ie suis d'opinion «pu' nous deuons retenir les vieux vocables si^nilicatifs, ius«pies a tant (pie l'vsatje en aura foi-gé d'autres nouueaux en leur place » (Note de Honnard). Le poète a cependant enlevé le mot dans son édition de
4. <• d pour AHec, vieil mot françois. ■> Hons., II. 302. Cf. VI, i37. « le te conseille d'vscr de lu lettre <}, marquée de eesle manpie, pour si^nilier à la faç<»n des ancicnn, comme ô liiy pour auccqucs luy. •• Cf. Noël du Fail, II, lf)6.
5. •< le vois Ronsard au Tl' sonnet de sa Ctisxnndre auoir introduit le mot de pftyer... l ic ne voy point qu'il y ait (frandenicnt prolilr. » Pusq //•/ . WII, 2.
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nouueau ». Mais lidée exprimée ici était ancienne dans l'école; non seulement elle est dans V Art poétique (éd. M.-Lav., VI, 462] ; mais déjà dans la Brève exposition de quelques passages du premier Hure des Odes (1530 .
Si on la prend telle qu'elle est présentée dans VArt poétique, le seul endroit où elle soit exposée sans périphrase ni image, c'est, en somme, à peu près la théorie de la dérivation. « De tous vocables, quels qu'ils s;)ient, en usage ou hors d'usage, s'il reste encores quelque partie d'eux, soit en nom, verbe, aduerbe, ou participe, tu le pourras par bonne et certaine analogie faire croistre et multiplier 1. » On aurait tort de chercher là grand secret ; l'exemple même que donne Ronsard est très clair : « Puis que le nom de verue nous reste, tu pourras faire sur le nom le verbe veruer, et l'adverbe veruement\ sur le nom àessoine, essoiner, essoinement, et mille autre tels; et quand il n'y auroit que l'aduerbe, tu pourras faire le verbe et le participe librement et hardiment '-. » U s'agissait donc de trouver dans l'ancien vocabulaire ce qui avait encore vie ou semblant de vie, et de lui appliquer les procédés ordinaires.
On pourrait relever un grand nombre d'essais tentés suivant cette méthode, surtout par Baïf : ainsi forsenaison, de forsener (Baïf, V, 54, M.-L.); sacontement = communication à l'oreille, de saconter (Id., Passeiemps, 1373, 1. 111, f° 77, v** G.); engeance, du vieux verbe enger (Id., IV, 139), et qui donne à son tour engeancer ^. Tous ces exemples confirment mon observation. On s'est donc, il me semble, fait quelque illusion sur la méthode préconisée ici par Ronsard ; appliquée aux mots hors d'usage, elle ne pouvait en général rien donner de viable, le suffixe ne pouvant être utilement enté sur un radical désormais vide de sens; appliquée aux mots vivants, c'était la méthode toute banale, que les ignorants comme les savants mettent d'instinct quotidiennement en usage.
Il serait piquant, et ce serait le sujet d'une jolie étude, de dresser une liste des mots qui, malgré les velléités des archaïsants, sont morts ou ont si bien c )ntinué de vieillir que leur disparition ne devait pas tarder. Cette liste montrerait avec évidence combien la mode était superficielle ; on ignorait en réalité la plupart de ces vieux mots dont on affectait de se parer. Je donnerai quelques