‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 99 sur 259 · Ihid., .336; Cf. III · texte numérisé non relu

Ihid., .336; Cf. III

3. C'est un des seuls rejetons qui aient vécu, se substituant à enr/e, qu'on trouvait encore dans Calvin, mais il est permis de supposer que c'est parce qu'il était déjà populaire; on trouve en effet engeance enregistré par Rob. Esticnne, dès 1539.

exemples de termes qui existaient encore au xv", et que la Pléiade n'a point employés, les laissant mourir obscurément '.

assHUOurer (encore dans Vlntern. Consol., I, iO, p. 30); auefy (Baude, p. 29); cuideur* (Gring., I, 193; Rab., 1, 97); debateur" (Gring., I, 129) ; deffault* (Marg. de Nav., Dern. po., 205) ; desjuc* (Coll., 59); desolatif* (Id., 227); de/façon (VilL, G. Test., Bal. à s'amye) ; enhort (Id. , ibid., XIV) ; famys * (anc* fameis, Mar. , I, 52) ; gab, gabe [Faits merv. de Virg., 25); greuance* [Intern. Consol. y 64); guermenter (Coq., II, 49, G); hardelle* (Cyre Fouc, Ep. d'Arist., 62); laidanger (Vill., G. Test., XLVIII, 3); merir * (Id., Bail, à sa mère); ordoyer* [Int. consol., 237, enc. d. Rob. Est.); [il) papie (Gring., II, 298); ramage* adj. (Corroz., Hecat., Nature, 161, 0.); rcmanant [Ani. le Mac., Z)ecam., G.) ; targer[CyTe Fouc, Ep. d'Arist., 65) ; transnouer* (Mar., I, 40) ; /resa//e * (Gring-., II, 17).

Remarquons aussi que beaucoup de mots perdent des sens anciens : armée (encore dans J. Chart. Chron., I, 39, ch. 10, au sens de flotte, comme lesp. armada) ; biberon = buveur (encore dans Cyre Fouc, Ep. dWrist., 76) ; il conuint = il fallut (encore commun au commencement du siècle, particulièrement dans le Loyal serviteur, p. 322) ; diffamer = battre, meurtrir (Nie de Tr., Par., 194;Rons., VI, 344 et ailleurs) ; iournee (^ voyage, cf. angl. journey, encore dans Baude, Vers, 22); noise = bruit (encore dans Pasquier, Let., IV, 15, G.); repaire = domicile (enc. dans les Faits merv. de Virgile, 18; le IVouv. Path., 135; Dolet, II, Enf., p. 16, 19) ; quelquefois = un jour, tout h fait fréquent encore chez Du Bell., Def., éd. Ch., p. 100, note 7.

t / III. — FOUMATION DE MOTS NOl'VEAU.V

Malgré les bigarrures que les habitudes des écorcheurs de grec et de latin mettent dans les textes les plus purs, beaucoup d'entre eux présentent, même si on n'y considère que les néologismes, une proportion bien plus forte de mots franvais que de mots étrangers; c'est en particulier le cas pour Ronsard. L'importance (|u'il me faut donner dans cette étude aux tliverses méthoilos d'em|)runt ne doit tromper personne sur ce point ; les latinismes dont nous parlerons tiennent une grande place au xvr siècle, mais le reste

1. Je note «l'un ustôrinquo le»!* mots dont on a dcH exemple» an v\ r - il n'y n pus de rfn\<ii, IcH oxempIcH siml (lim>i ( luili-fi-ny.

est, somme toute, peu de chose, et italianismes, hispanismes, héllénismes même se perdent dans la masse drue et puissante des mots du terroir.

Je ne tenterai aucune énumération ; je me bornerai à exposer les procédés, en donnant chaque fois un ou deux spécimens des mots nouveaux.

1° Dérivation impropre : Elle donne presque exclusivement des>substantifs :

A) TIRÉS D7AF/ATT/FS > : le songer infesta mon dormir, Lem. de B., Temp. Ven., III, 103); le départir fRab., I, 175, J.) ; ton croire (Scève, Del., XXXIV, p. 19) ; le poursuyure du cy (Id. ib., LXXIV, p. 38); mon taire ou oublier (S'-Gel., Il, Wl); quel dire a Dieu ! quel estrange laisser Ce qui deuoit iusques au trespasser Tousiours durer! [Marg. de la Marg., IV, 92).

B] DE PARTICIPES : commis (Rob. Est., 1539, H. D. T.) ; démenti (Mont., I, 22, ibid.); ung bien parlant (Dolet, Gest.de Fr. de Val., p. 7); au bien entendant (Id., Man. de trad., 1542, p. 9) ; le iugeant (Et. Forcadel, 1579, p. 29, v. 3j ; les mieux escriuans (Pasq., I, 699 c) ; restaurant (chose qui restaure, définition donnée dans Palissy, 55);

c D'ADJECTIFS .r humide, le chaud (Pal., 302); le vif [Heptam., .">lo i ; pour ce que sa racine A quelque amer (Forcad., p. 27, v. 27-28) ;

11 faut noter, en particulier, lemploi d'un procédé cher à Pétrarque, repris par Scève, chez qui il est d'application constante -, et que la Pléiade adopte après lui -^ : l'aigu de tes esclairs. Scève, Del., LXXX, p. 40; le résolu de mon intention, Id., ib., CCCLXXI, p. 169; l'obstiné de ma loyauté. Pont. Tyard, Err.^ 18; /e brun de ce teinta Rons., I, 28, Bl. ; le parfait de leur mieux, Id., 4, ibid. ; L'armonieux de sa voix fît silence, Forcad., p. 48, v. 23-24) ;

1. Voir t. I, 277 et 503. L'usage d'employer l'infinitif comme substantif est ancien comme la langue. Il semble à M. Huguet que depuis le commencement du xvi* siècle, il tende à se restreindre chez les prosateurs Synt. de Rab.. 208); mais l'école de Scève le reprend, sans doute d'après Lemaire de Belges. ftaint-Gelais l'emploie aussi; Du Bellay le recommande formellement {Def., éd. P., p. 140". Les Grammairiens 1 enregistrent sans restriction. Tout le monde est donc d'accord pour le conserver, et il est partout.

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