‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 107 sur 189 · Cf. forcenemenl Baro, Clorise, III, 6, p. 8t · texte numérisé non relu

Cf. forcenemenl Baro, Clorise, III, 6, p. 8t

O Hug. — Le marchand affamé, se montrant aussi fin, Fait chez lui le gros lot d'un garde-magasin (Montfleury, Gentilh. de Beauce, a. II, se. 5).

gavache — Q Pom., Duil., G. Miege ; * B. F., Rich., Fur. ; O A. ; * Th. Corn. ; 0 A^ ; * L., H. D. T. ; O Hug. — Frère Estienne,...sur sa teste de ganache, posa trois plumes de Ileron (Dassoucy, Ov. en b. hum., 27) ; Et ceux que vous nommez Gavaches, Ne sont plus à prézent si fous Que de s'intéresser pour vous (Loret, 17 juin 1636, v. Ib8).

genin (mari trompé, cf. Godefroy). — Le mot se trouve sous les formes jannin Jennin, jeannin (vient de Jean). — o Pom. ; * Duil. ; O G. Miege ;*B. F., Rich., Fur.; e A., Th. Corn., A^; * L. ; e H. D. T., Hug. —C'est un diable dans la maison... Qui plante à son mary des cornes Et le menace de venin S'il ne souffre d'être genin (CoUetet, Juv. burl., 1657, 20-21).

gent ne s'emploie plus guère au singulier, si ce n'est en vers burlesques (Ménage, Obs. s. Malh., II, 156 et 0., I, 61-62); Chevreau, cependant, trouvait le mot très beau et très poétique (Ms. Niort, 86, dans Boiss.). — O Pom., Duil. ; * G. Miege, Rich. : est un peu vieux, et a meilleure grâce dans le burlesque, Fur. : on l'a dit ci-devant en poésie ; cf. A., Th. Corn., A^ ; * L., H. D. T., Hug. — Les exemples sont nombreux chez Scarron, La Fontaine, etc. On trouve encore: la gent volatile chez La Bruyère (II, 134) ; vous n'avez point la mine De recevoir échec de la gent féminine (Regnard, Coquette, a. II, se. 15).

r glaive — 11 y en a qui font difficulté de s'en servir comme étant trop vieux, et ils ont tort (Ménage, Obs. s. Malh.. II, 43). — Se trouve dans tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais, à partir de Richelet, le mot n'est plus approuvé, il est considéré comme burlesque ou vieux ; L. donne de nombreux exemples. \

hanter — Jene /lan/epoint, et ne fréquente point ces gens-là, sont vieilles façons de parler ridicules (Marg. Buffet, 50-31). Ce mot se dit plûtost dans le stile simple (A. de B., 147, 2« pagin.). Ce n'est pas que les mots de hanter et de hantisene soientfrançois; mais...je les crois vieux (de Callières, Du bon et du mauv. us., 83). Hanter la Cour est une expression basse et vulgaire, bien que Vaugelas et après lui Bouhours s'en soient servis (Bellegarde, Elég.,id8), On disait: hanter qiielqn un, ou hanter chez quelqu'un. — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A. ; O Th. Corn. ; * A^, *L., H. D. T. ; e Hug. — Dans le faux-bourg de saint Germain Où je hante... (Loret, 14 déc. 1658, v. 13-14) ; Dans ce peu de temps qu'elle a hanté chez M"'' Angélique (Fur., liom. bourg., 196).

i eslre honteux de dire, ou faire telle chose est du vieil stile, il faut dire, il a honte de dire... qui est mieux (Marg. Buffet, 49). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., A^, * L., H. D. T., Hug. — La beauté dans l'Olimpe aura trouué des temples, El vous serez honteux de luy sacrifier (La Font., VII, 606, V. 168-169).!

historier (écrire l'histoire) — O tous les lexiques, sauf Duillier qui l'explique par décrire; * L., H. D. T. ; O Hug. — je vais avec grande vitesse; Historier pour votre Altesse (Loret, 17juil. 1661, v. 2; H mai 1658, v. 12 ; 10 mai 1659, v. 10). On trouve aussi la forme historiser: Je vais, soudain, historizer, Et vous particularizer Les Nouvelles les plus nouvelles (Loret, 16 nov. 1658, V. 3-7^.

homicider est signalé comme vieux par Fur. et Th. Corn., qui sont seuls avec le B. F. à le donner ; * L., qui cite Scarron et Th. Corn., H. D. T. ; O Hug. — Quoi! vous hornicidezl (Montfleury, Ec. des filles., a. I, se. 4).

huis [et. III, 135) — *Pom., Duil. avec-]-, G. Miege: terme de palais, Rich. : vieux, ne se dit plus guère qu'en matière de palais, Fur. : vieux mot qui n'est demeuré en usage qu'en peu de phrases, A. : ce mot vieillit; o Th. Corn. ; * A^ : n'a plus d'usage qu'au palais: à huis clos. — Lucas trouva r/iuis ouvert (La Font., VII, 577, v. 228); On frappe à Vhuis (Id. V, 72, v. 69).

imbecillement est encore dans Duil. et B. F., qui le traduisent par faiblement; manque à tous les autres lexiques ; * L. qui ne le cite qu'au sens de stupidement, avec exemple de S'-Simon, H. D. T. ; O Hug.

immisericor dieux ne se dit pas. On ne voit néanmoins aujourd'huy que précieux et que précieuses affecter ces sortes de termes et il n'y a pas longtems que j'entendois dire de sang froid, Intheologien, Inphilosophe, etc. Il faut pourtant tenir ici un milieu, car il y a des mots qui s'accomodent mieux que d'autres de cette particule in (A. de B., Suite, 153). Le mot n'est plus que dans Duil. et B. F. Voir Chapelain, Let., II, 819, note 2.

immolateur — * Pom., Duil., G. Miege, Fur,; O Rich., A., Th. Corn., A2; *L.; oH. D. T., Hug.

impartir, que donnaient Nicot, Mellema, Monet, n'est plus que dans B. F. ; o L. ; *H. D. T.; e Hug.

jmpieusemenf a esté fait par Amj'ot... mais on ne s'en sert plus aujourd'huy, on dit avec impieté (A. de B., 258). Il n'est dans aucun lexique.

incomplaisant (Malh., IV, 23) et incomplaisance ne sont point françois (Bouhours, Suite, 1693, 139). Une foule de gens de bon goût s'en servent cependant (Bellegarde, Élégance, 291-292). — Ils manquent à tous les lexiques; * L.

inconvénient (adj.) n'est plus que dans Duil. et B. F. — Comme il n'est pas inconvénient que ce ne puisse quelquefois être notre bien d'avoir été vaincus (Malh., II, 86). — L. cite Balzac et La Font. Voir Hug.

incorrect est blâmé par Bouhours {Suite, 139). — * Pom., Duil., G. Miege. A partir de Richelet le mot ne se trouve plus. * L., H. D. T. ; o Hug.

incredible n'est plus que dans B. F. — Par un travail presque incredible, Il a fait une grande Bible (Loret, 20oct. 1661, v. 155).

inde (couleur bleue) que donne encore Pomey, n'est plus que dans Fur. et Th. Corn. Il disparaît des autres lexiques comme mot de la langue courante. Cf. indigo.

indevot — Ménage n'a pas tort de se plaindre qu'on l'ait voulu bannir ainsi qu't'/idévotion ; ces mots ne sont pas mauvais (Bouhours, Rem., 524). — Se trouve dans les lexiques sauf Th. Corn.; * L., H. D. T., O Hug. — Laissez la, croyez-moy, gronder les indévots [Bo'il., Sa t. X, v. 607); ce sont... des apparences qu'on pourroit épargner... aux indévols (La Bruyère, II, 173).

induire est un peu vieux, il signifie persuader (Rich.) ; * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Bossuet en fournit de nombreux exemples: Hist. Univ., 1681,

279; Hist. des Var., 1688, II, 474 ; etc.) ; Et mon fils à l'aimer vous devroit tous mcfuiVe (Mol., IV, 402, Tart., v. 54). Induire à partir de Fur. est donné aussiavec le sens de conclure, bien des gens le condamnaient, mais Andry de Boisregard le trouvait bon (264-5). — Pour ce qui est d'induire que sa mère ne pût être vierge, parce qu'elleétoit mariée... qu'ilneleur est jamais arrivé de faire ce raisonnement (Bossuet, Explic. de la Proph. d'haïe, 1704, 37). On trouve encore chez Bossuet le sens ancien d'amener: ce qui prononcé indistinctement mdut7 une confusion universelle dans les dogmes (2" Inst . s. la Vers, du Nouv. Test., 1703, 197) ',

inexécuté, qu'on trouvait dans Cotgr., Nicot, Mellema, n'est plus que dans le B. F. Il ne se dit qu'à Port-Boyal selon S'-Béal (192). — * L., II. D. T.; e Hug.

inexpugnable semble avoir été blâmé, puisque A. de Boisregard le défend et soutient qu'il est encore bon (265). — D'après A^, il ne se dit guère que dans le style soutenu; * Pom., Duil. ; O G. Miege; * B. F. ; o Rich. ; *Fur., A. ; e Th. Corn.; * A^; L., H. D. T. ; e Hug.

inflation n'est plus que dans Pom., Duil. et B. F. ; * L. ; O II. D. T., Hug.

inforçable est un mauvais mot (Bouhours, D., 19); il ne se dit qu'à Port-Royal (S'-Réal, 192) ; il est insupportable (Renaud, Man. de parler, 512). — * B. F., seulement ; * L. ; O H. D. T. , Hug.

infrangible est un mauvais mot (Bouhours, D., 19; cf. Renaud, Man. de parler, 512). — * B. F. seulement; * L. ; e H. D. T., Hug.

inguerdonné est un mauvais mot (Bouhours, D., 19). — * B. F. seulement. Le simple, qui est encore dans les dictionnaires, est considéré comme vieux et burlesque (Rich., A., A-).

inhonneste et inhonnestement ne sont plus que dans B. F. Le nom inhonnéteté manque à tous les lexiques du temps.

inscrutable est mauvais (Bouhours, D., 19). Il est encore en usage, selon A. de Boisregard, qui toutefois préférerait impénétrable (269).^* Pom., Duil., G. Miege; e Rich. ; * Fur., A.; e Th. Corn.;* A2; * L.,H.D.T. ; e Hug.

intemperature est blâmé par Bouhours (D., 19). C'est un mot insupportable (Renaud, Man. de parler, 512). — * Pom., Duil., G. Miege ; O partout ailleurs; e L., H. D. T.,Hug.

\ insidieux ne plaît pas à Bouhours, quile croit inventé par Malherbe [D., 50).

^ Malgré Ménage, qui le trouve bon (0., I, 301), Richelet prétend qu'il n'est pas reçu; Furetière le déclare vieux et écorché du latin ; enfin pour Renaud, c'est un barbarisme {Man. de parler, 47). — * Pom., Duil., B. F., Rich., A., A^: le mot est du style soutenu et de la poésie; O G. Miege, Th. Corn. ; * L., H. D. T. ; e Hugj

intrure est dans Pomey. Tous les autres lexiques donnent seulement intrus : il sert à former quelque [sic) temps du verbe intrure qui n'est point en usage, dit A. ; Rich., au participe intrus, cite cet exemple de Perrot d'Abl.

1 . Le mot a été employé aussi au sens de revêtir : bien que ce soit une pure puis- . sance qui induise tantost une forme, tantost une autre... (Tabarin, I, )9).

plusieurs se sont intrus dans le Ciel qui n'étoient pas dignes de cet honneur {Luc, Tome 2); ceux qm se sont intrus dans le sanctuaire (Massillon, Conf. voc. à Vétat ecclésiasl., 2, II. D. T.), * L. ; O Hug.

irrision est un peu vieux, mais il ne laisse pas de se dire encore quelquefois (Rich.). — *Pom., Duil., G. Miege, Rich. ; oFur.,A., Th. Corn., A^; *L.; oH.D.T., Hug.

itérer ne se dit pas, en sa place on dit réitérer, déclare Richelet. Après lui, le mot n'est plus dans les lexiques. * L. qui cite Bossuet : On a beau dire : réjouissez-vous ; eût-on itéré mille fois ce commandement, la joie ne vient pas (Sermons, Joie du chrétien, Préambule); oH.D.T., Hug.

[Jadis est vieux (Rich.). Cf. tome III, 102 et 360 ; le mot est meilleur en poésie qu'en prose (A.). Il n'est plus usité par les Prosateurs, mais il l'est toujours par les Poètes (Ménage, Ohs. sur Malh., II, 101). Andry de Boisregard, qui avait d'abord exprimé la niême opinion (252), a été parla suite d'un avis contraire : le mot est très-beau en Prose... il convient surtout au stilesublime, pai'ce que les vieux mots donnent souventde la majesté au discours (Sut^e, 154-135). — * dans tous les lexiques ; * L., II. D. T. ; O Hug. — Dans Florence y'acfts vivait un médecin (Boil., Artpoét., lY, v.l) ; cette même Agrippine Que mon père épousa Jadis pour ma ruine (Racine, II, 269, Brit., v. 308-309); au temps Jadis (La Font., I, 76, v. 3). J

Joliveté est un vieux mot (Pomey). * Duil., B. F. ; O G. Miege, Rich., Th. Corn. ; *Fur., A., A^, Ces trois derniers lexiques indiquent que le mot ne se dit guère qu'au pluriel ; * L. cite Th. Corn. : mille Jolivetés qui dans l'esprit me viennent (Comt. d'Orgueil, a. Il, se. 10), H. D. T. cite Dufresny : je ne vise guère à la Joliveté des filles [Noce interr., se. 16) ; OHug. — Mille beaux rubans ajustez Y formoient des Jolivetez (Loret, 9août 1664, V. 137-138).

labeur est un terme qui a vieilly et qui ne se trouve plus que dans les Livres gaulois (A. de B., 281). L. de Templery le signale parmi les mots archaïques (Ge/i. et PoL, 223). — * tous les lexiques, sauf Th, Corn., Furetière signale qu'il vieillit, Rich., A. et A^ ne l'admettent guère que dans le style soutenu et dans la grande poésie. j — Ce premier labeur, ou labour, Donne à la France Philisbourg (La Font., VIII, 466, v. 11-12).

lignage — *tous les lexiques, sauf Th. Corn. A partir de Rich., on le déclare vieux ; * L., H. D.T. ; O Hug. — Le mot est surtout employé dans le style familier. — Le Sieur Macquard, Homme fort sage, De bonnes mœurs, de bon lignage (Lovet, 8 mars 1659, v. 19-20 ; 17 mai 1659, v. 64 ; 24 février 1663, V. 133); Ce sont enfants tous d'un lignage (La Font., III, 17, v. 36 ; VIII, 45 ; IX, 115, V. 105; 197, v. 37).

de longue main n'est plus employé (L. de Templery, Gen. et PoL, 245). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; *L., H. D. T. ; £> Hug.

madré — ce mot est ancien et ridicule (Marg. Buffet, A'^ouv. obs., 30). — *Pom., Duil., G. Miege, Rich. avec f , Fur., A.; O Th. Corn.; * A^ : familier; *L., H. D. T. ; O Hug. — Qu'en amour il fut peu madré (Loret, 27 mai 1662, v. 68); Le madrél gardez-vous des finesses qu'il brasse (Boursault, Médecin volant, se. 24) ; Et le madré qu'il est, fait tant par son esprit, Que

Histoire de la Langue française. IV. 17

souvent le rieur est celuy dont on rit (Chevalier, Amour de Calolin, 1664, a. II , se. 2).

malencontreux n'est que du stile burlesque ou satyrique (A, de B., 293). — A. signale qu'il vieillit, *Pom., Duil. avec -J-, G. Miege, Rich. avec •{•, Fur., A.; OTh. Corn ; *A2, L., cite Sévigné, Regnard, Boileau, II. D. T. ; o Hug. Voir Livet, Lex. de Mol.

marri — Il est mery de cela, ne se dit plus, il faut dire fâché (Marg. Buffet, Nouv. Obs., 44). Enla place du mot de marri, il (un homme du monde) se seroit servy de celuy de fâché, . . .qui l'a presque entièrement banny du commerce des gens qui parlent bien (de Callières, Du bon et du niauv. us., 180). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais A^ le déclare vieilli; *L., H. D. T., Hug. — On ne peut l'attaquer sans en être marri (Boursault, Portr. du Peintre, se. 6) ; le Roy Catholique... Est marry, du dernier /ïiarry (Loret, ITdéc, 1661, v. 28;cf. 28 mai 1661, v. 248) ; Je suis bien marri (La Roch., III, 285) ; c'est de quoi je suis fort marri (Racine, VI, 379, Lettres ; cf. La Font., II, 152, v. 24).

martyrer est un vieux mot pour dire tourmenter, note Richelet, qui est seul à le donner avec B. F. ; *L.; O H. D. T., Hug. — Lors le garçon, d'un ton pleureux. Leur dit: Hélas! ils me martirent [hovei, l'='"sept. 1652, v. 94-95).

maudisson — O Pom., G. Miege, Rich., Th. Corn. ; * Duil., Fur., A., A^. Les trois derniers lexiques le donnent comme vieux et bas ; *L., H. D. T. ; e Hug.

merci — Jemerends... A la mercid^elle et dusortl.. Quoique ce mot (à la merci) soit devenu vieux, je n'ozerois pas le con'dânner, puisqu'il est bon en quelques rencontres, que l'on peut dire, sans rien bazarder : Elle fut exposée à la merci des flots, et nous avons des Religieux que l'on, nomme encore les Pères de la Merci (Chevr., Ms. Niort, 138, dans Boiss.).\

mesaise ne peut se dire (A. de B., Suite, 193). — *Pom., Duil. avec •}-; O G. Miege;* B. F., Rich.: vieux mot. Fur., A. : vieux; oTh. Corn. ; * A^ vieux; * L. cite Vauban, Fénelon, S'-Simon, Vauvenargues ; II. D. T.; o Hug.

à miracle a vieilli (L. de Templery, Gen. et Pol., 214). — * A. et A^ seulement. A^ le déclare bas et populaire; * L., H. D. T. ; O Hug. — L'Abbé Bossuët, cet oracle, Ce sçavant, qui prêche à miracle (Loret, 3 mai 1664, v. 141-142); Je suis libéral à miracles (Id., 9 août 1664, v. 24) ; Il sait notre langue <î

miracle (La Font., IX, 215, v. 37).

r naguère n'est plus en usage et particulièrement en prose. II faut dire : qui estoit arrivé depuis longtemps (Ménage, 0., I, 163). II seroit à souhaiter que ce mot fust encore d'usage... mais l'usage l'a banny (A. de B., 323). — Le mot est dans tous les lexiques, qui, à partir de Rich., le déclarent vieilli : d'après A^ il n'a plus d'usage que dans la poési« ou Iq style soutenu. * L., H.D.T. ; oHug. Les exemples sont nombreux .J

\ obscurcissement est un de ces mots que Bouhours Jjlâme comme nouveaux, et qui était en réalité ancien [Enlr., 140). \ Il a été soutenu par Barbier d'Aucour {Sent., 1676, 60). — * tous "les lexiques, sauf Rich. et Th. Corn.; * L., H. D. T.; e Hug. — on voit l'Empire attaqué dans sa teste, c'est-à-dire, dans l'Empereur mesme, et de là un horrible

obscurcissement de tout le corps (Bossuet, Apocalypse,i6S9, 31)5) ; C'est dans lestemps du plus grand obscurcissement... (Id., 2« Inslr. s. les Prom. de J.-C, 1701, 62).

oiselet estun diminutif insupportable (Bouhours, Entr., 44). — Il n'est guère en usage (A. et A 2) ; * Pom., Duil., G. Miege; e Rich.; * Fur. ;e Th. Corn.; * L., H. D. T. ; e Hug.

outrecuidé — * Pom., Duil.; O G. Miege, Rich.; * Fur. : vieux ; O A. ; * Th. Corn.: vieux ; O A 2; * L., H. D. T., Hug. — Le mot se trouve souvent dans VAstrée comme adjectif ou comme substantif (1613, 1, 44 *, 166 ", 272 " ; 1614, II, 234, 447) ; on le rencontre fréquemment chez Loret : Quelques Imprimeurs et Libraires Outrecuidez et téméraires (20 mars 1661, V. 241-242); Je ne suis pas outrecuidé (20 oct. 1661, v. 9; 31 juil. 1661, cf. v. 234, etc.). — Outrecuidance est, lui aussi, considéré comme vieux par Rich., Fur., Th. Corn.

outre-passe n'est que dans Fur., comme terme des eaux et foi'êts. Richelet donne dans un sens voisin le moi passe-route. * L., H. D. T. ; O Hug. — la Reine, ...Des Vertus étant l'ou^re-passe, Etoit allée au Val-de-Grace (Loret, 7 juin 1639, v. 39) ; A Nôtre-Dame, au Val-de-Grace, Couvent des Convens Voutre-passe (Id., 6 mai 1662, v. 21-22).

pal estun vieux mot qui n'est plus en usage que dans le blason (A., A^). o Pom. ; * Duil. au sens de pieu, Rich. : terme de blason. Fur. : supplice et blason. — Les pals les plus serrés font passage à ses coups (Corn., X, 209, Poés. div., v. 216). G. Miege donne p aux comme pluriel.

palombe est hors d'usage (Renaud, Man. de parler, 404). — O tous les lexiques; * L., II. D. T. ; O Hug.

pansart n'est plus dans Pom., Duil. et Fur.; B. F. donne pançard et aussi pançu. A. et A ^ ne connaissent que pansu ; H. D. T. cite Fur., i?o7?i. bourg., 1, 161.

parlement (départ) — Ce mot ne se dit plus guéres. Des Auteurs polis néanmoins s'en sont servis (A. de B., 352). C'est un terme archaïque (L. de Templery, Gen. et Pol., 232). — * Pom., Duil,, Rich.: a vieilli, Fur,, A. et A 2 : vieux ; * L. ; O H. D. T., Hug. — Les exemples fréquents dans la première partie du siècle, ne se trouvent plus que chez des auteurs familiers. Le Chevalier... Voulut, avant son parlement, Subir le divin Sacrement (Loret, 11 oct. 1664, V. 109-117) ; mais avant ledit parfemen^ De son précédent logement (Id., 26 juil. 1664, v. 213-216).

1 par trop, que Vaugelas avait condamné et qu'Alemand signale comme très en usage, bien qu'il ne soit pas absolument à approuver dans un livre (Nouv. /?eni., 41-42), ne se rencontre plus que chez Duil. et Fur. ^ L,, H. D. T. ; O Hug. — Tu m'obliges par trop avec cette nouvelle (Mol., I, 186, Et., V. 1199); La dispute est par trop inégale entre nous (Id., VI, 378, Amphitryon, v. 387).

passefin n'est dans aucun lexique ; * L. cite G. Patin ; O H. D. T., Hug. — Leurs mœurs et façons de faire sont d'estre... menteurs, trompeurs, passefins et à outrance (Tabarin, II, 238).

patienter est un terme sorti de l'usage (L , de Templcry, Gen. et Pol., 248). — * tous les lexiques, sauf Rich. et Th. Corn. ; * L., H. D, T, ; O Hug. —

vous devez,.. /)a<ie/i<er encore cette fois (Molière, VI, 591-2, G. Dand., a. III, se. 7) ; il îalhû patienter durant la vie de ce Prince (Bossuet, Hist. des Far., I, 64).

peccadille (ornement de toilette) — Le mot, qui était encore dans S'-Amant r La moitié d'une pecca(/j7/e, Sur qui sa crinière pandille (1, 213), n'est plus dans aucun lexique.

pecune — * Duil., B. F., Rich. : bas et bui'lesque, Fur., Th. Corn. : vieux ;

* L.,H. D. T.; O Hug. — Le Feu de nôtre Chancelier Fut aussi rare et singulier, Et coûta bien de la pécune (Loret, 21 fév. 1660, v. 95-97) ; il l'endoctora donc, moyennant sa peci/ne (Le Boulanger de Chalussay, Elom. hypocondre, a. IV, Div. com., se. 2).

pêle-inêler est encore dans Pom. et Duil. ; B. F. donne le participe. Les autres lexiques n'ont plus ce mot. — on void ces petits bouillons se pesle-meslant (R. François, Merv. de Nat., 211). L. cite : Cette confusion de places amies et ennemies, pêle-niôlées parmi les unes avecles autres, ne me plaît pas (Vauban, Lett. à Louvois, 19 janvier 1673) ; O H. D. T., Ilug.

penaillon est un vieux mot ethors d'usage d'après Fur. ; Th. Corn. : vieux, A^ ne l'admet que dans le style familier; O Pom., Duil., G. Miege, Rich., A.;

* B. F. ; * L., II. D. T. ; o Hug. Malgré ces condamnations, le mot se trouve encore au xviii® s. — Trente manteaux, vingt cotillons, Et deux ou trois mil pénaillons (Loret, 9 nov. 1652, v. 95-96).

pertuis est vieux d'après Fur., A. et \^, * Pom., Duil. avec -f- ; O G. Miege ;

* B. F. ; Rich. : n'est guère usité dans le commerce ordinaire (au sens de petit trou), Fur., A., Th. Corn., A '-^ ; * L., H. D. T. ; O Hug. — Les misérables Danaïdes... Versoient l'eau qu'ils tiroient d'vn puis Qui s'écouloit par les per/fits (Richer, Ov. boaf., 453-454); Et regardant par un pertuis, Il ouvre, ou refuze son huis (Loret, 26 août 1656, v. 243-244); Une nuit donc, dans le pertuis mettant Un long cornet... (La Font., IV, 465, v. 51).

petun (tabac) — on ne s'en sert guère dans le discours ordinaire, si ce n'est par une espèce do dénigrement (A 2). * Pom., Duil., Rich., Fur., A., Th. Corn., A ''^. — Mais sa grand'mere Cytherée... Alla voir son Oncle Neptun, Qui pour lors prenoit du petun (Richer, Ov. bouf., 463).

piot — *Duil.. Rich., Fur., A., A^., qui tous s'accordent aie signaler comme burlesque. — Auoit-on soif, l'on s'abreuuoit ; Leur piot estoit de l'eau pure (Richer, Ou. bouf., H); Dans notre chambre allons humer cepfo^-ci (La Font., VII, 313, v. 423).

pistolier n'est plus que dans B. F., Fur., et A 2. — Emût le prochain Corps-degarde, D'où sortirent deux Pistoliers (Loret, 3 mars 1657, v. 220-221) ; O Malheureux Arquebuzier! Ou bien Pis/o/ter (Id., 17 juillet 1655, v. 226-227).

pile — Petite monnoye hors d'usage (Fur.). On ne se sert de ce mot que dans quelques fractions de compte. — *Pom., G. Miege, Rich., Th. Corn., A^, — Cerês n'ayant maille ny pite [pipe dans le texte). En panure estât se voit réduite (Richer, Ov. bouf., 579).

à Dieu ne plaise que est un tour gothique (de Callières, Bon et niauv. us. ,. 206). — oRich. et Th. Corn.; *tous les autres lexiques ;*L., Il.D.T.;

O Hug. — A Dieu ne plaise que nous apprenions par les Oracles trompeurs la gloire du Fils de Dieu (Bossuet, Ilist. Univ., 1681, 380).

pleige ne manque qu'à Rich.; d'après A. il vieillit, et Th. Corn, dit : il n'est pas d'un usage universel, il est particulier à quelques provinces. VoirL,, H.D.T. et Hug.

pleiger vieillit aussi (A. et A 2) ; ^ Rich. et Th. Corn, seulement. Voir L., H.D.T. et Ilug. — c'est chose assez infâme Qu'un mari corps pour corps n'ose piéger sa Femme (Th. Corn., D. Bertr. de Cig., a. IV, se. 1) ; Et je les pleigerois tous-deux D'avoir l'intention très-bonne (Loret, 29 mars 1653, v. 68-69) ; Même au besoin notre ami Pellisson Me pleigera d'un couplet de chanson (La Font., IX, 109-110, v. 57-58); Pour me piéger il prend sa couppe Où pétille et rit le nectar (S'- Amant, 1, 295). Le mot a eu autrefois le sens de causer du dépit, qui n'est dans aucun lexique.

pomper (aller avec pompe) — On trouve le mot au xvi** s. : Je pompe, je morgue, je brave (J. Godard, Desguisez, a. III, se. 4); o tous les lexiques.

ponant — *Pom., Duil. ; oG. Miege; * Rich., Fur., A.; e Th. Corn., A^; *L., H.D.T.; oHug. A partir de Richelet, tous les lexiques critiquent le mot. Ménage signale qu'on raillait un vers de Malherbe, où le mot était employé, parce que le peuple emploie ponant pour dire le derrière {Obs. s. Malh., H, 7).

portement, au double sens de : action de porter et de : santé n'est plus que dans B. F. ; * L. : usité seulement en parlant de tableaux religieux : portement de croix, H. D.T. ; O Hug. ; — en ce qui est de tous ce& portemens de sacs et de queues, je n'y contredits point, puisque les femmes mettent là le point d'honneur (Sorel, Polyandre, II, 564) ; ... cet éloignement n'est que pour leur bon portement (Loret, 6 septembre 1659, v. 180) ; Le Roy, de leur bon portement, Témoigna du contentement (Id., 5 mai 1663, v. 131-132).

portraiture est vieux (A. et A^j. * Pom., Duil.; oG. Miege; *B. F.; O Rich.; *Fur. ; e Th. Corn. ; *L., H.D. T.; e Hug. —De cette {jropre main j'ai fait ma portraiture (Th. Corn., D. Bertr. de Cig., a. IV, se. 1) ; Où l'on voyoit en Portraiture... Les miracles du Saint susdit (Loret, 12 juin 1660, v. 33-35); Je ne pourois pas, je vous jure. Tracer icy la portraiture De l'éclat des Beautez, des pas. D'un grand Bal où jen'ètois pas (Id., 14 janvier 1662, v. 129-132).

pouacre est considéré comme vieux par Pom. et Th. Corn. ; comme bas par Rich., Fur., A. et A^; G. Miege ne le donne que dans le B. F. ; Duil. seul le cite sans observation; *L., H.D.T. ; oHug. — Comment étoit vêtu le Cocher? — Comme un poacre (Poisson, Fem. Coq., a. II, se. 8). — Le mot autrefois s'employait comme substantif, pour désigner une sortedemaladie.il n'a plus ce sens dans les lexiques.

pourchas est déclaré vieux par Fur., *Duil., B. F., Th. Corn. ; O Pom., G. Miege, Rich., A., A-. — Monsieur le Duc d'Arpajon... Entre bien-tôt dans l'Alliance (Après un lionnètepoHrc/icts) De l'aimable et belle Mouchas (Loret, 3 février 1657, V. 162-166). L. cite La Fontaine.

pourpenser vieillit (Fur.). O Pom. ; *Duil.; O G. Miege; * B. F.; O Rich., A., Th. Corn., A2;*L. cite S*-Simon, H.D.T.; o Hug. — sans les vents et l'orage, ... Le dessein, entr'eux pourpensé, Seroit du moins bien avancé (Loret, 2 janvier 1655, v. 37-40).

[po^fe,™- D'après Furetière, le mot se dU d'un homme difficile et fUSliri; que la moindre petite ordure dégoûte. Th. Corn, sous la forme polieux dit : vieux mot, qui a mal de cœur de toutes choses. Etre potieux= faire le délicat. B. F. donne poutieux et renvoie à potieux : over-dainty. |— Et n'avoil plus d'entier que des jartieres vertes, Qu'il vendit seulement environ douze sous A certain hostelier, y compris quelques pous. — Poûac! ne me parlez pas de cette sale engeance. Vous me feriez vomir sur l'honnête assistance. — Estes-voussipoutieuse [Robinet, Panéff. deVEc.desF., l""* entrée.)

prediseur n'est plus dans aucun lexique après G. Miege ; *L.; oH.D.T., Hug. — C'en est fait, je suis mort! je n'en puis revenir. Prédiseuses du diable, ah! laissez-moi partir (Regnard, Coquette, a. II, se. 15).

pressoirer — II.D.T. cite un vers du xiii^ siècle. On le trouve encore dans Pomey, mais dans le corps d'un article. Richelet le donne, en indiquant que pressurer est plus d'usage à Paris ; O partout ailleurs. — Ayant pressoiréc Sa moite crinière azurée (Richer, Ov. bouf., 603).

prestigiateur n'est plus que dans B. F. Le mot avait cependant quelque chose de noble, dit A. de B. (447), qui cite Mémoires touchant la Religion : ... adorer un Prestigiateur, au lieu du vray Dieu.

querimonie n'est plus que dans B. F. et Fur., encore ce dernier ne le donne-t-il que comme terme de juges d'Église ; *L. cite Saint-Simon, H.D.T.; O Hug. — L'on m'a dit qu'il ne m'aime mie Pour certaine querimonie (Scarron, ,Û^u«., I, 278).

gi/erir est un vieux mot (Fur.) ; il ne se dit qu'à l'infinitif (Rich., A., A^); il est dans tous les lexiques, sauf Th. Corneille ;*L., II.D.T.; O Hug. Voir le Lex. de Mol. par Livet,^

quinaud (rendu) — Le mot est vieux et de nul usage, sinon dans le burlesque (A., A2) . e Pom., Duil., G. Miege ; * B. F. ; e Rich. ; * Fur. ; e Th. Corn. ;* L.jH.D.T.; 0 Hug. — en ce faisant ie leurs fermois la bouche, et les rendois g^umaurfs (Chapelain, Guzm. d'Alf., III, 383).

raire est vieux et burlesque (Rich.) et n'est plus en usage que dans quelques façons de parler proverbiales (A., A^.). *tous les lexiques ;* L., H. D.T. ; O Hug. — Mais quoy que j'eusse museau net. Et qu'à dessein de moins déplaire, Je me fusse au matin fait /■ai/'e(Scai-ron, Œuv., I, 359) ; Etant chez un Barbierbarbant, Pour se faire touzer, ou raire (Loret, 27 oct. 1657, v. 152-153).

rassurement — O tous les lexiques ; *L. ; O H. D. T., Hug. — le vol des Aigles, et la responce des Oracles, ont quelquesfois contribué au rasseurement des Armées (Bary, Rhet. fr., 146).

recru semble un peu vieux à quelques personnes, cependant on s'en peut encore servir quelquefois dans un stile grave et un peu soutenu (Rich.). Racine (VI, 355) a souligné le mot dans Vaugelas. — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., A2. — Tant qu'à la fin lasse, recreuë,... Elle paruicnt audit tombeau (Richer, Ov. bouf., 397-8) ; Il revient de nuit, mouillé et recru (La Bruy., I, 282) ; Et revenir bien tard, mouillé, las et recru (Regnard, Démoc, a. I, se. 6).

redonder commence à vieillir dans le sens de : choses qui tournent au déshonneur ou à la honte de quelqu'un (A. et A^). Le mot ne manque qu'à Rich. et Th. Corn.

regardure — vieux mot (Th. Corn.). * B. F. ; manque à tous les autres lexiques.

— Oui, ça, voyons un peu quelle est votre figure, Et si vous n'êtes point de laide regardure (Th. Corn., D. Sert, de Cig., a, II, se. 4).

remémorer — Les lexiques qui donnent le mot l'accompagnent d'une croix ou de la mention: vieux; e Pom. ; * Duil. ; O G. Miege ; * B. F.; eRich. ; * Fur., A. ; O Th. Corn.; * A^ ; *L., H. D. T. ; e Hug. — Et, mesnies, je me remémore (Loret, H sept. 1660, v. 163); d'ailleurs, il s'est remémoré Qu'une bonne paix sur la Terre Vaut mieux qu'une mauvaize guerre (Id., 10 nov. 1657, V. 150; cf. 25fév. 1662, v. 59; 20 août 1661, v. 235; etc.).

repart (repartie) a disparu de tous les lexiques, sauf du B. F. ; * L., H. D. T., Hug. — Il a le repart brusque, et l'accueil loup-garou (Molière, II, 381, £. des Maris, v. 310).

riotte (querelle) — * Pom., Duil.; e G. Miege; * B, F., Rich. avec f ; Fur., A. : il est bas; e Th. Corn.; * A^ : familier et vieilli; * L.,H. D. T., Hug.

— Les Polonois... continiians leurs riotes Font, à toute-heure, ... Naître de nouveaux accidens (Loret, 5 mai 1663, v. 243-248; cf. Richer, Oi\ bouf., 97); il arrive de temps en temps des riotes entre nous deux (Bussy, dans Se vigne, I, 555) ; Riottes entre amants sont jeux pour la plupart (La Font., VII, 92, Eunuque, v. 1428).

sablon avait été employé comme équivalent de sable: J'arrose le sablon d'vn grand ruisseau de pleurs {Fleurs de VEloq. fr., 19') ; des neiges, Qui fertilisent leurs sablons (Corn., IX, 203). A partir de Rich. le sens n'est plus que : sable délié dont on se sert pour nettoyer la vaisselle. Il faut noter toutefois que Richeletcite l'exemple dePerrot d'Abl. : ce ne sont que sablons infertiles. L, donne des exemples de La Fontaine et Bossuet.

sade — Tous les lexiques qui le donnent indiquent qu'il est vieux ; O Pom., Duil., G. Miege;* B. F.; e Rich.;* Fur., A., Th. Corn.; o A^;* L., H. D.T. ; e Ilug.

sanglamment — *Duil., B. F., Rich.; O tous les autres ; O L., II.D.T., Ilug. Richelet emploie le mot au propre et au figuré : sanglamment outragé, — ils se battirent, mais si sanglamment que Florençal le tua sur la place (Segrais, Nouv. fr., 1, 127; /■•« Nouv.).

t^apience ne s'emploie plus guère au sens de sagesse, sauf dans l'expression coul'ante: Le pays de sapience pour dire la Normandie. C'est un vieux mot (A^). * Pom. ; e Duil. ; *G. Miege, Rich., Fur., A.; e Th. Corn.; * A^; * L., II. D. T., Hug. C'était, d'après Rich. et Fur., un mot consacré pour dire Dieu. Ce sens disparaît dans A. et A^. C'est cette proscription du mot qui a motivé la remarque d'A. de Boisregard: Il y a de certaines occasions où ce mot peut avoir entrée (627). -;jEt j'aime bien moins sa Personne Par la pension qu'il me donne. Que par sa débonnaireté. Esprit, sapience et clairté (Loret, 2 oct. 1660, v. 49-52) ; Vers Dieu son Esprit se tourna, II adora sa Sapience (Id., 24 juil. 1661, v. 74-75); Il n'estoit qu'une sapience qui attendoit à devenir Verbe {Bossuet, Avert. aux P rot., 1689-91, VIll, § 63, 551); Près de Rouen, pays de sapience (La Font., V, 320, v. 10); Près du Mans donc, pays de sapience, Gens pesant l'air, fine fleur de Normand (Id., VI, 41, V. 11-12).

saquer est un vieux mot qui signifioit autrefois tirer l'espée (Fur.). ©Pom., Duil., G. Miege; * B. F.; oRich.; *Fur.; e A. ; * Th. Corn. ; eA2;*L., H.D.T.; O Ilug. — Quel est le damné mallepipe ,Qui t'a si bien saquéla tripe (Richer, Ov.bouf., 406).

sauleler se trouve dans tous les lexiques jusqu'à A., il disparaît ensuite; OL.; *H.D. T. ; oHug. Il cède la place à sautiller (voir néol.). — Il me semble que ie la voy Sauteler à l'entour de moy (Malleville, Poes., 318).

seconde (sans) — L'expression n'est admise que dans les vers par Fur. et A. ; A^ signale qu'elle commence à vieillir; o Pom.; *Duil.; o G. Miege» Rich.; *Fur., A.; oTh. Corn.; *A2 ; *L., H. D. T., Hug. — Les exemples abondent ; voirie Lex. de Mol. par Livet. La Fontaine a employé l'expression au masculin (cité par Littré).

serpente n'est dans aucun lexique; * L., qui cite La Fontaine, 11. D. T.; O Hug.

— Que la fine et fausse serpente Témoigna d'en être contente (Loret, 3 Juillet 1655, V. 127-128); ...ie vous conseille... D'emprunter la grande serpente, Où les bons Amadis s'embarquoient à souhait (Sarasin, OEuv., I, 336).

servage ne se dit point en Prose, mais on peut l'employer en Poësie (A. de B., 636). — *Pom,, Duil., B. F., Rich., Fur., A., A'^. Ces quatre derniers le déclarent vieux, et A^ constate qu'il vieillit, même en poësie. — Si je vivois dessous votre servage (La Font., IV, 67, v. 46) ; Liberté fit place à honteux servage (Id., IX, 40, V. 16) ; Et.. .venez recevoir le glorieux servage que vous tendent les mains de la Reine des Cieux (Mol., IX, 581).

seoir (s'asseoir) — Il n'a guère d'usage qu'au figuré, au sens de convenir (Tal-> lemant, Décis., 158). — Le mot est vieux (A. et A^). Les autres lexiques se contentent de marquer que c'est un verbe défectif. * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; * L., H. D. T., Hug. — Seoyez-vous (Montfieury, Ambigu Com., 2« interm., 6) ; Des sièges ...Seyez-vous (La Font., Vil, 420, v. 269); Soyezvous sur ce lit (Id., VII, 157, v. 205); A table, où Trufaldin l'oblige de se seoir (Molière, I, 206, Etourdi, v. 1514) ; ne se voulant pas seoir sur des sièges (Racine, VI, 94, Rem. s. VOdyss.).

souci ne s'emploie plus guère que pour désigner la fleur de ce nom ; mais, comme synonyme d'inquiétude, ce motcommence à vieillir (L. de Templery, Gen.et PoL, 231). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; *L., H. D. T. ; e Hug.

— Princesse, nôtre cher soucy (Loret, 6 août 1661, v. 1); Sais-tu quelle est sa chambre? en as-tu pris souci (Th. Corn., D. Bertr. de Cig., a. III, se. 3); ... perdez en le souci (Id., Am. à la mode, a. II, se. 8); sous le nom de souci, il ne faut exclure que le trouble, l'inquiétude... (Bossuet, Div. écr. sur les Max. des Saints, 1698, 171).

tancer est un verbe un peu vieux (A. de B., 657). C'était aussi l'opinion de Chevreau (Ms. Niort, 103, dans Boiss.). — *Pom., Duil., G. Miege; ORich.; * Fur. : il vieillit, A. ; e Th. Corn. ; * A^ : il vieillit ; * L., H. D. T. ; e Hug.

— Et le Podestat de la Ville, Après s'être échaufé la bille A les arguer et tancer, Les envoya faire panser (Loret, 9 oct.1655, v. 115-118); Le Magister... à contre-temps s'avise De le tancer (La Font., I, 116, Fabl., 1, 19 ; cf. IV, 132, V. 3; VI, 10, v. 53).

tant y a est vieux, et ne s'emploie plus que dans le discours familier (Bouhours, Suite, 1693, 311). C'est la conclusion du discours familier (A., A^). * tous

les lexiques, sauf dans Th. Corn.; * L., qui citeSévigné, H.D. T. ; O Hug.

— Tant y a qu'il nous fit partir (La Font., IX, 240, Lell.) ; Tant tj a qu'il n'est rien que votre chienne prenne (Racine, II, 206, les Plaid., v. 7H) ; Tant y a que cela se fait (Bossuet, Confér. avec M. Claude, 1682, Réflex., 334; cf. //).,396; Id., Hist. Univ., 1681, 388).

si tant est est une expression peut-être un peu vieille ; il faut en user sobrement (A. de B., Suite, 341). — Elle est familière (A. et A^). *tous les lexiques, sauf Rich. et Th. Corn.;*L., H.D.T.;oHug. —si tant est qu'il les lise (La Font., V, 9, V, 2); vos bonnes grâces à tous me sont très-précieuses, si tant est que je les aie (Ch. de Sévigné, dans Sévigné, IX, 468).

iestainenter n'est que dans Th. Corn., qui l'indique comme vieux ;* L., H.D. T. ; Ollug. — 11 a testanienté tout d'une autre manière (Regnard, Distrait, a. V, se. 10).

[Vesfort/ier avait deux sens -.i" tancer, frapper quelqu'un sur la tête : Lors s acheva ^ la Satyre... Ceux qui lisent leur Missives, En dépit que l'on en ait... Y furent bien testonnez (Scarron, OEuv., I, 95) ; II rosse, il testonne, il bat (Brebeuf, Luc. trav., 80); 2" friser : Tu te fais friser, testonner (Richer, Ov. bouf., 383, cf. 241). C'est probablement à causé du double sens que La Fontaine explique le mot quand il s'en sert (I, 110, Fab., 1, 17 et note 2). — Le mot manque à G. Miege et Th. Corn. ; Pomey et Rich. ne donnent pas le premier sens ; B. F. ne donne que le second; Duil., Fur., A. et A^ donnent les deux. Mais A. et A^ indiquent.que le mot est vieux ou bas ; *L., H.D.T, : deux sens ; Hug. : second sens^ toilier (marchand de toile) — * Pom., Duil., G. Miege ; O Rich. ; * Fur. : n'a que le féminin; O A., Th. Corn., A'^; *L., H. D.T.; O Hug. — cette Marchande qui estoit plus-belle que la Thoiliere ny l'Orfeveresse (Sorel, Polyandrie, 1, 525).

tourbe (foule) — Ce mot n'est en usage qu'en cette phrase du Palais : enqueste par tourbes (Fur.). A. et A^ sont du même avis en précisant qu'il est vieux. Le mot est dans tous les lexiques, sauf dans Rich. et Th. Corn.; *L.,H.D. T. ; O Hug. — Seneque, qui veut que le mérite, et non pas la dignité, nous sépare de la tourbe (Sarasin, OEuv., I, 216) ; Confondu chez les morts, suivre la tourbe vile (La Font., VII, 622, v. 460) ; Princes et rois, et la tourbe menue (Id., VI, 92, v. 33).

Iressuer n'est plus dans aucun lexique. — J'ai très-sué à'ahan oiant cette parole

— Séchez cette sueur avec cette pistole (Quinault, Am. indiscr., a. I, se. 3).

^ournio/er n'est plus dans aucun lexique; *L., H.D. T.; O Hug- — Je n'y trouve rien à souhaiter (à votre lettre) que de n'écrire point toujours en tourniolant comme vous faites (Sévigné, X, 111).

translater (traduire) est vieux (Ménage, 0., 1, 308). — Tous les lexiques qui donnent le mot confirment l'avis de Ménage. O Pom., G. Miege; * Duil., B. F., Rich., Fur., A., Th. Corn., A2 ;*L., II. D.T. ; e Hug.— Translation, dans le même sens, est aussi condamné < ; il n'est que dans Duil. ; *L., H.D. T.; eHug.

1. Le mot n'est accepté que danslesens de<r<Trts/"cr<(Bouhours, 7?em.,385). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Et la translationdu Samedi au Dimanche? C'est une institution Apostolique (Bossuet, Catech. des Fesles, 1687, 3). Dans le même sens translater est chez Loret : Cette Image fut transportée. Ou, pour mieux dire, translatée (Loret, 15 sept. 1663, v. 183-184).

Il en est de même de translateur. — oPom.; *Duil. ; OG. Miege ; *B. F.,mch.; oFur., A., Th. Corn.; *A2 ; *L., H. D.T. ; Bllug.

tremble-terre n'est que d<ins Pomey. Le mot avait été condamné par Vaugelas (Alemand, Obs., 108). — *L. ; e H.D.T., Hug.— ...un tremble-terre Avoit, durant quelques momens, Cauzé bien des ôtonnemens (Loret, 3 juillet 1660, V. 88 ; cf. v. 275 ; 14 mai 16G1, v. 151).

trouvure n'est dans aucun lexique. — 11 raconte la bonne fortune qui luy étoit arrivée; et sur cette treuveure, vont boire en un cabaret proche de là (d'Ouville, Contes, I, 63); Prenez, donc, à toute avanture, Le seul droict de vôtre trououre (Loret, 4 février 1662, v. 131-152).

vergogne (cf. tome 111, 122) — Le mot est encore dans tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais ils s'accordent à le proclamer vieux et à le reléguer dans le -^C^ burlesque. Voir le Lex. de Mol. par Livet.

vespre — Fur., A., Th. Corn, et A^ s'accordent à le déclarer vieux; * Pom., Duil.; O G. Miege, Rich.; *L.,H. D.T., Hug. — Au temps du sacrifice du vêpre (Pascal, Pens., XVIII, 22, n. 5); encore que le vray temps de Vespres soit le couché du Soleil... (Bossuet, Traité de la Communion, 1682, 266). On se rappelle que Molière a mis, pour railler, le mot dans la bouche de M. Robinet : Je donne le bon vêpres à toute l'honorable compagnie (Mol., VllI, 584, Escarb., se. 6).

Visitation — Dans le vieux langage on disoit Visitation, mais il faut dire visite (A. de R., 705-06). Andry n'accepte le mot que dans la langue religieuse : encore fait-il cette restriction que si l'on peut bien dire la Visitation pour signifier la Feste de la Visitation, ce seroit mal dit : la Visitation que la Sainte Vierge rendit à Sainte Elizabeth. — Se trouve dans Duil. seulement ; *L.; oH.D.T., Hug. — 11 ne prit argent de personne, Ny dans ses vizitations... (Loret, 17 janvier 1660, V. 194-195).

Ivolontiers est si ancien qu'on ne s'en sert plus dans le beau stile (Marg. Ruffet, /v '^ Nouv. Obs., 67) ; — Le mot est dans tous les lexiques, et les exemples en sont

assez nombreux^

voulu [mal) est encore dans Pom., G. Miege, Rich. A partir de Furetière, on ne trouve plus l'expression dans les lexiques. — Il etoit généralement mal voulu (Mézeray, dans Pomey). Cf. bien voulu de chacune (La Font., V, 27, V. 26). — Voir Hug. elle Lex. de Mol. par Livet.

balancer, au sens propre d'être en équilibre, tenir en équilibre, ou peser dans une balance, se trouve dans Pomey et Duil., mais n'est dans aucun autre lexique. — Le l^"" sens se maintient dans Fur. et A. Mais, suivant A. de Boisregard le verbe ne se dit qu'au figuré (85) ; cf. L. de Templ., Gen. et Pol., qui condamne formellement balancer de la viande (174). Richelet ne donne que le sens figuré. — les deux puissantes Maisons... dont il (Dieu) se sert pour balancer les choses humaines (Boss., Or. fun., 1699, 188) *.

bâcler (fermer la porte par dedans) — * Duillier : bas, Pomey, G. Miege, B. F., Fur., A. : bas, A'^. — D'après V Enter, du Dict. ce n'est là qu'un sens figuré et métaphorique (224). — Richelet ne donne que le participe, au sens figuré de conclu.

[^bonhomme — Le sens ancien de vieux, si commun à l'époque précédente, disparaît devant le sens de simple, dépourvu de jugement (A. de B., 93 ; cf. S'-Réal, Critique, 269-271). Suivant Bouhours, le sens dépend du ton/ /îem., 89) ; cf. Richelet. — * Pomey, G. Miege, Duillier, Fur., A. et A^. — Livet cite des exemples en grand nombre dans son Lex. de Molière. On y comparera le Lex. du Festin de Pierre, éd. Gend. de Bévotte.

candide — Le sens de franc, sincère, y est si peu net qu'A, de Boisregard ci'oit bon de faire précéder le mot d'un autre qui en détermine le sens (101) ; S*-Réal l'excluait tout à fait (De la Crit., 104). — G. Miege le relègue au B, F. L'A. dit qu'il est moins en usage que candeur.

cas (malheur) — Le sens de crime était donné par Nicot, Cotgrave et Monet ! le sens de malheur se conservait dans l'expression c'est un grand cas (Du Vair, 350, H ; Régnier, Sat., V) ; mais c'est grand cas que tant de palais... se sont évanouis en une nuit (Malh., II, 725). — O tous les Lexiques, sauf Richelet qui cite Voiture : Il ne savoit pas de Phaeton l'histoire et piteux cas.

chargeant (au sens propre de pesant) — A. de B. condamne : un fardeau chargeant [iil). On le dit d'une dignité, d'un emploi (Id.,Sfiiïe,34, et L.de Templ., Gen. et Pol., 175). — Furctière seul a des locutions telles que : de gros bois seroient trop chargeants sur ses murs. — Le sens de incommode, fâcheux, continue à être accepté de tous, l'A. l'enregistre. Cependant A^ ne l'a plus que dans l'expression : viande chargeante. S'-Réal, dans la Critique, eût exclu le mot tout à fait (104).

1. Dans ce chapitre * signifie : ce sens est clans, 0 signifie : ce sens manque à.

hère — Le sens de visage a àpeu près disparu * ; le sens d'accueil, réception, tend aussi à devenir moins commun, o Pom., Rich. ; * Duil., G. Miege, Fur., A. et A 2. Mais A. dit : Il na plus guère d'usage que dans cette phrase : Il ne sçavoit quelle chère luy faire. Les exemples de recevoir, faire bonne chère, mauvaise chère sont très nombreux dans la première moitié du siècle.

Le sens nouveau de festin, repas est très commun : Durant la chère plantureuze, Y servirent leur Viande creuze (Loret, 23 juin 1657, v. 37-38. Cf. Mol., Vil, 12o, Av., III, i)!

cité, suivant Richelct, ne se dit plus qu'en parlant des places où il y a deux villes, une vieille et une nouvelle ; pour Furetière c'est une ville fermée de murs ou le cœur de la ville ; pour l'A. une ville épiscopale. L. de Templery affirme qu'il ne désigne guère que la Sainte Cité et la Cité de Sion {Gen. et PoL, 229). — j'aime aux cités Un peu de bruit et de cohue (La Font., IX, 23")).

corsagre (taille) — Sur le vers de Malherbe, Achille estoithaut de corsa</e, Ménage déclare que ce mot est vieux, mais beau, il ne sait pourquoi on ne s'en sert plus {Obs. s. Malh., II, 221). — * Pom. : corporis habitus, Duil., G. Miege, Rich. : port d'une personne, mais le mot est'vieux et burlesque ; Fur. : populaire ; * A.,'*A2 ; * L. qui cite La Font. : Dame belette aulong corsage (II, 324 etnote2; cf. V, 413, etc., et Boileau, SaL, A7, v. 153); *H.D.T., Hug. — Grand de teste, et grand de corsage (Scarr., Virg., II, 249; cf. Loret, 25 mars 1662, V. 102; 6 janv. 1663, v. 77).

décrire n'est pas François dans le sens de copier (A. de B., 170). La même observation était déjà dans Ménage (0., II, 434). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. qui le condamne, Fur., A. ; A^ n'a plus le sens de copier ; O H. D. T.; Hug. cite plusieurs textes recueillis par L. dans ses Notes tai'dives, entre autres une Lettre de Ménage du 16 mars 1646, et le Roman bourgeois, I, 24 : il laissa à un clerc le soin de les décrire.

déplorer au sens de pleurer, prend un sens moins général. Un salut déploré, pour désespéré ne vaut rien absolument (Chevr., Ms. Niort, 14, dans Boiss.). — O Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., Th. Corn., A^;* L., H. D. T., Hug. — je n'en trouueroy point [de larmes] pour déplorer le mien(Du Vair, 339, 5); Qu'alors qu'on les déplore ils s'estiment heureux (Corn., III, 316, Hor., v. 801 ; cf. III, 341, V. 1344). — Pomey donne encore le participe au sens ancien dejaerf/u sans remède. De même Guy Miege, et encore A.etA'^: maladie, affaire déplorée.

desemparer (abandonner, évacuer) — Il ti'ouveroit mieux sa place dans le comique que dans le sérieux (Rich.). * Pom., Duil., G. Miege; O Fur. ; * A. ; e Th. Corn.; * A2 ; * L., H. D. T. ; e Hug. — Quel droit a la Reyne d'estre chef du Conseil ? si son fils est majeur il faut qu'elle desempare sa personne (Dub. Mont., F. M., 11); et depuis les charmantes conversations de Poitiers, vous n'avez point desemparé mon cœur (Regnard, Att. moi sous Vormc, se. xiii). Cf. La Font., V, 123, v. 264. Littré cite un exemple de Buffon.

douteux (hésitant, qui est indécis) — * Pom.; O G. Miege, Rich,,

I. Cf. Où les jeunes et les Barbons... Montrèrent tous joyeuze chère Davoir un si noble Confrère (Loret, 30 juin 1657, v. 257-260).

Fur., A., Th. Corn., A-. Voir L., H. D. T., Hug-. qui citent des exemples de Corn., Racine, La Font., Boss. — Non, je n'ay plus sujet de demeurer douteux (Pichou, Fol. de Carden., I, 8, p. 18) ; Ainsi toujours douteux, chancelant et volage (Boil., Ép., 111, v. 89). Est-ce oubli des lexicographes ?

édification (construction) — Ce mot ne se dit qu'au figuré. Au propre on dit construction (Bouh,, D., 100). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. : ne se dit pas bien au propre. Fur. : id., A., A2; *L., s. ex., H. D. T., s. ex. ; e Hug.^.

C édifier (bâtir) — Ce mot ne se dit gueres qu'au figuré (Bouh., D., 100). A. de B. ajoute qu'on l'emploie pourtant dans le stile sublime, et dans l'expression ruiner au lieu d'édifier [Suit., 70). — * Pom., Duil., G. Miege, Rich. : du style bas et burlesque, Fur. : de peu d'usage, A. : on ne s'en sert guère qu'en parlant des Temples et auti^es grands bastiments publics, A^ ; * L., s. ex., II. D. T., s. ex. ; e Hugj' élire (choisir) — * Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., A2. Voir L., H. D. T. et Hug. — L'àme de cette ingrate est une âme de cire, Matière à toute forme, incapable d'élire (Malh., I, 60, cf. 124, 313; II, 32, 34, 63. Voir pour Mol., le Lexique par Livet.

enfance (enfantillage) — * Pom.; O Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., Th. Corn. ; * A^ (au pluriel). Voir L., H. D. T., Hug. — ce n'estoit qu enfance et que friponnerie de nulle conséquence (Chapel., Guzm. d'Alf., III, 182; cf. II, 15); ils ne sont guère empressés chez ces petites filles, ils ne font que des enfances (Sév., VIII, 433, cf. au Lex.) ; Vous connaissez toutes les enfances dont elle s'occupe (Ham., Grani., XIII, 302)2.

enrager de (désirer avidement) — Bouhours ne cite pas ce sens {Entr., 104). — * Pom., Duil. ; e G. Miege, Rich. ; * Fur., A.; e Th. Corn.; * A^. Voir L. et H. D. T. ; G Hug. — ce pauvre conseil, qui enrage de se maintenir sur ce rang (Dub. Mont., Fo., 20); Tantale enrage de manger (Scarr., Virg., II, 162). Cf. Lex. de Sév., 2°.

epistre (lettre) — Bouhours proscrit ce mot au sens de lettre ordinaire (Rem., 261-262). — « Mot consacré aux lettres Gréques, Latines des Anciens, à celles des Apôtres, Pérès, aux dédicaces de livres, aux lettres en vers » (Rich.). C'est aussi l'avis de Fur. et de l'A.

erreur (voyage) — Encore que nous disions les Etoilles errantes, nous ne disons pourtant point l'erreur des Etoilles... Erreur est proprement en nostre Langue une fausse opinion (il n'y a pas long-temps qu'on disoit une opinion erronée);... nous sommes plus retenus que ceux qui ont dit les erreurs d'Ulysse {Che\r., Obs. s. Malh.,l, 276-277). — O Pom. ;*Duil. ; o G. Miege, Rich., Fur. ; * A., ne se dit que dans : les erreurs d'Ulysse ; cf. A^ ; * L., H. D. T., Hug. — Quand ce vertueux homme-là sera en repos dans sa patrie, après de si longues erreurs (Chap., Let., II, 422); cf. Corn., Lex.

factionnaire perd le sens de factieux. Il n'est plus que dans le B. F. : mutinous. Il prend en revanche le sens de soldat qui monte la faction, et se trouve partout dans ce dernier sens, sauf dans Duil.

1. Voiture avait employé édificateur au sens de bâtisseur, comme le rappelle La Fontaine (IX, 257).

2. L. de Templery: enfance désigne l'âge, enfantise les actions (Gen. et Pal., 78). Ce mot d'enfantise est signalé par Pomey.

faillir — Chevreau blâme : C'est une chose qui ne peut faillir [Ohs. s. Malh., I, 231 ; cf. Ms. Niort, 137-138, dans Boiss.). C'est un sens qui vieillit. — Le discours luy faillit (Mallev., Po., 1649, 95); La Paix,... n'est point faillie (Loret, 21 oct. 1662, v. 204).

Mais on continue à se servir de quelques expressions, en particulier de Jour failly : Mardy dernier, à jour failly [Lorel, 30 nov. 1658, v. 243 ; très commun dans ce texte.)

On ne trouve plus non plus le verbe avec un complément d'objet : pour ne faillir Astree son retour {Astrée, 1614, II, 565). En faillanl vn dessein si beau (Tristanl'Herm., Vershér., 1648, 28). — Pomey donne pourtant /at7/jV son coup, leblanc. Faillir suivi d'un à ou d'un de et d'un infinitif reste encore en usage.

fleurs de Lys (la France) — C'est une vieille périphrase que Balzac a blâmée chez certains bons auteurs qui seraient du Vair, Coeffeteau et Malherbe (Sorel. 7?Ji)Z. /■/•., 1664, 108).

franc ne s'emploie plus au sens de libre dans l'expression franc arbitre (Bouhours, Rem., 584). Pourtant les lexiques le donnent encore. — le nom de franc arbitre est un nom qui n'appartient qu'à Dieu (Bossuet, Hist. des Var., I, 70) ; c'estoit luy oster son franc-arbitre (Id., ib., I, 314).

galanterie s'est employé pour signifier présent (Peiresc, Lett. à Dup., I, 484). Ce sens est encore donné par Pomey. Le sens très voisin de fête, que n'indique plus aucun lexique, se trouve encore chez quelques auteurs. £> L., H. D. T., Hug. Ce sens est du reste discuté : la Cour... étoit bien aise de faire durer ces galanteries . L'Auteur parle de fêtes et de tournois ; mais le mot de galanterie est fait pour une autre espèce d'amusement (Bellegarde, Élég ., 146). — Mais pour mon fils, on croit toujours qu'il n'a pas un sou ; il ne donne rien du tout, jamais un repas, jamais une galanterie (Sévigné, VI, 469). — Voir le Lex. de Mol. par Livet.

] gaster — Les premiers lexiques donnent le sens de dévaster, piller : vastare

' regionem. Furetière a encore : les soldats ont gâté et ruiné tout le pays ; le

mot vient de vastare. * Pom., Duil., G. Miege ; O Rich. ; * A. et A ^, n'ont

plus que le sens d'endommager : la gresle a gasté les vignes.^ 'v.

gêne (ou géhenne) avait le sens de torture. — Ce sens est dans tous les lexiques, mais Rich. le trouve vieux, et A. déclare que le plus grand usage du mot est dans le figuré. C'est aussi l'avis de L. de Templery [Gen. et Pal., 175). On en trouve de nombreux exemples. — * L., II. D. T. ; o Hug. Voir le Lex. de Mol. par Livet. — On me lia les deux bras... et me leua t'on en l'air suspendu... en forme d'astrapade, qui fut vne terrible géhenne pour moy (Chapelain, Guzm. d'Alf., lll, 523); La gêne ayant tiré ton aveu de ta bouche (Montfleury, Fem. juge et part., IV, 3) ; je pense être à la gêne (Boil., Sat.,VII).

germain (frère ou sœur) — Le mot n'est plus comme substantif que chez Duil. ; comme adjectif même, il tend à disparaître. Ce n'est plus selon A. qu'un terme de pratique. A. l'accepte aussi dans la haute poésie ; l'indication est supprimée par A 2 ; * L. ; o H. D. T. ; voir llug. — Et cet Astre, Germain des Rayons du Soleil, D'un Berger ténébreux respecta le sommeil (La Mesnardière, Po., 6); Le Roy s'est rendu tout soudain. Pour saluer ce cher Germain (Loret, 28 oct. 1662, v. 67-68).

; habile a presque changé de signification. On ne le dit plus gueres, pour dire

docte et sçavant : et on entend par vn homme habile, vn homme adroit et qui a de la conduite (Bouhours, Entr., 102 ; cf. Suit., 243). D'après A. de B., habile dirait plus que savant, il supposerait en plus de l'érudition un jugement profond, un discernement étendu (Ô30)^j— O Pom., Duil. ; * G. Miege, Rich., Fur., A., A^ ; o Th. Corn. Voir L., H. D. T. qui cite La Bruyère, Hug. — Il peut se faire que la jalousie d'Aristote contre les habiles gens de son temps... ait rendu cet art odieux à ce jeune prince (La Font., VIII, 320-321).

habitude [liaison, fréquentation) — * tous les lexiques, sauf Th. Corn.;* L., H. D. T., Hug. — La longue habitude que j'eus auprès de cette Princesse fit que j'en devins amoureux (C/eojbu/me, 1638, 260); Si je fais par hasard quelque douce habitude... J'aurai soin de t'en avertir (Regnard, Mar. de la Fol., se. 4).

hautesse perd le sens de hauteur qu'il a encore dans Pomey. Duillier ne l'emploie qu'au figuré. A partir de G. Mioge, on ne trouve plus que le sens d'empereur des Turcs. Bouhours ne connaît plus le sens de hauteur : « Il y a dans l'Avertissement au lecteur vn mot qui m'a surpris,... le voicy. Il égale la /laufesse et la magnificence des ouvrages des saints Pères... J'avois creû jusqu'à cette heure... que la hautesse étoit affectée au grand Seigneur » {Entr., 138 ; cf. Rem., 113, et D., 8 et 9 ; Mén., 0., II, 440).

idole — S*-Réal avait prétendu que idole ne se disait que de figures fabriquées pour estre l'objet d'un culte religieux [De la Critique, 142) ; A. de B. étend le sens « aux spectres, aux phantômes, et à tout ce qui n'ayant qu'une apparence de vérité, peut imposer aux yeux » {Suite, 157). — * Fur., seulement; O L. ; * H. D. T., Hug. qui cite Racine : Elle s'endort, et Pallas lui envoie Vidole d'iphthime... pour la consoler {Rem. s. VOdyss., VI, liv. IV, 94-5); Ce n'est qu'une machine. — C'est Vidole d'un sage (La Font., VII, 191, Prol.).

illuminer — Pom. et Duil. donnent encore à ce mot le sens d'enluminer : tabellam coloribus illuminare. Après eux on ne trouve plus ce sens.

[inclémence se trouve au début du siècle avec le sens de inhumanitas (Nie., Mon.), want of pitié (Cotgr.). Bouhours croit que c'est là un sens nouveau {Rem., 541-542). Après Richelet qui cite Racine : Fléchir V inclémence des Dieux (Iphiff., a. I, se. 2), les lexiques n'acceptent plus que V inclémence du temps. Le mot dans le sens ancien n'est plus admis qu'en poésie (A. de B., 260). 4— * L, cite Corn, et Racine ; H. D. T. ; O Hug. — Inclément qu'on trouve dans les lexiques du début n'est plus que dans Pom., B. F. et Richelet ajoute: il n'est pas reçu.

influera, deux sens. Le premier est pénétrer: * Pom., Duil.; O à tous les autres lexiques. — (le) libre arbitre, dont les conséquences influent si avant dans les matières de la Justification et de la Grâce (Bossuet, Hist. des Var., 1, 261). — Le second sens est faire pénétrer: * Pom., Duil., G. Miege, Fur., A. et A 2 ; ces deux derniers réservent le mot au langage de l'astrologie : Les astres influent diver.ses qualitéz sur les corps sublunaires; Rich. n'a que le sens de : porter son effet. — inutile au corps qui lui a influé la vie (Pascal, Pens., éd. Havet, II, 113) ; ... (le) soin que la nature a d'y (dans les membres) influer les esprits (Id., ib., id.,II, 112); Je naquis sous

vn Astre influant la valeur (Tristan l'IIermite, Vers héroïq., 298) ; Dieu influe le bien dans tout ce qu'il fait (Bossuet, cité par Hug.).

injure (injustice) — * Pom., G. Miege, Rich., Fur. On ne trouve plus que le sens affaibli de tort, chez Duil., A., A^; * L., H. D. T., Hug. — ceuxd'Ardée dont le droit estoit leplusapparent, indignez d'un jugement si inique, estoient prest à s'en venger par les armes. Le Sénat ne fît point de difficulté de leur déclarer publiquement qu'il estoit aussi sensible qu'eux-mesmes à Vin- Jure qui leur avoitesté faite (Bossuet, Hist. Univ., 517) ; Une extrême justice est souvent une injure (Racine, 1, 455, T/iéb., v. 1036).

instinct au sens de impulsion est encore dans Pom., Duil., G. Miege : instinct du ciel; *L., H.D.T. ; O Hug. — Cette expression est fréquente chez Bossuet : une inspiration, un instinct venu du Saint Esprit {Averl. aux Prot., 802 ; cf. 354, 355; Apocalypse, 8; Explic. de la Proph. (Vhaïe, 54).

instituer au sens d'enseigner n'est plus que chez Duil., Rich., Fur.; O L. ; *H.D. T. cite Patru.

insulte (aggression) — * Fur. : Valenciennes a esté prise d'insulte, A - : mettre hors d'insulte ne se dit qu'en parlant des places fortes. Richelet donne : insulter; attaquer hautement et à découvert un poste. — Evrard... Se croyoit à couvert de l'mstii^e sacré (Boil., Lutrin, V, v. 235-236); un bruit de voix confuses et d'épées se fit entendre tout à coup... Ils jugèrent qu'il pourroit

. bien estre que les deux Filoux... se seroient peut-estre accompagnez de leurs amis pour faire cette insulte [Araspe et Simandre, II, 176-8).

intéresser (blesser, faire tort) — là où ce qui part de la main des hommes... ne craint point que le temps ïinteresse (La Mothe le Vayer, I, 448). — * Pom., Duil., A., A 2; ces deux derniers disent que le mot s'emploie quehjuefois en ce sens. Le sens de Fur. est plus vague : porter quelque avantage ou quelque préjudice à quelqu'un; toutefois le sens ancien se retrouve encore dans un des exemples qu'il donne : cela ne mHnteresse ni en mon honneur, ni en ma conscience.! — L'aversion que Caton et les autres Romains prirent pour Archagathus, n intéressa jamais l'estime qu'ils gardèrent pour l'art de la Médecine (Bezançon, Médecins à la censure, 274-5). Le sens ici mentionné s'est conservé dans le langage médical < .

interest {dommage) — * Pom., Duil., G. Miege, A. : Tirer un homme d'mierest, Le dédommager ; signifie quelquefois dommage, préjudice; A'^. — s'ils pouvoient sans intérêt notable de leur commodité s'en dispenser.... (Bauny, Somme des Péchés, 1641, cité dans les Provinciales, éd. Faugère, I, 176).

issue (dessert) — * Duil. seul; * L., H. D. T. ; O Hug. — il nous donnoit pour l'issuë vue petite lesche de fromage (Chapelain, Guzm. dAlf., 111,393),

loyer au sens de salaire, vieillit (A.). Le sens de récompense se trouve surtout en poésie (Rich.), n'est pas du style familier (A 2). * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — Ceux que l'amour du gain tira de leur foyer Perdoient d'un an de peine en un jour le loyer (La Font., VI, 283, v. 83-84); Un rustre l'abattoit : c'étoit là son loyer (Id., III, 9).

1. M. l'abbé Urbain a donné une note très curieuse sur les mots intérêt et intéresser pris en ce sens (V. Bulletin des Humanistes français n° 2, 25 juin 1894, p. 29).

malice (méchanceté, perversité) — Le sens du mot commençait à s'effacer, puisqu'Andry trouve trop faible l'expression : la malice des voleurs {Suite, 361-362). — *Pom., G. Miege, Rich., Fur., A., A^; le lexique de Duillier donne : mauvaise finesse, friponnerie. — On est ordinairement plus médisant par vanité que par malice (La Roch., I, 205) ; Aux malices du sort enfin dérobez-vous (Racine, III, 519, Esther, v. 898) ; Constantin, deshonoré par la malice de sa femme receût en mesme temps beaucoup d'honneur par la pieté de sa mère (Bossuet, Hist. Univ., H5; cf. 286, 294, 390; Hist. des Far., I, 8; II, 3, etc.).

moustache —On appelloit aussi autrefois Moustache, les cheveux que l'on laissoit croistre fort longs des deux costez du visage (A ^). *Duil., Fur. : Les femmes ont des moustaches bouclées qui leur pendent le long des joues jusque sur le sein ; *L. Voir de nombreux exemples dans le Lex. de Mol. par Livet.

nier (refuser) — *Pom., Duil., Fur. — Les gestes des muets, Qui veulent réparer la voix que la nature Leur a voulu nier ainsi qu'à la peinture (Mol., IX, 548, Val de Grâce, v. 150-152). Voir le Lex. de Mol. par Livet. *L., H.D.T., Hug. Féraud blâme Molière.

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nourriture (nourrisson) -j- On en trouvera de nombreux exemples dans L., H.D.T. et Ilug. ; o tous les lexiques. — C'est un l'are trésor qu'elle devroit garder Etconserver chez soi sa chère nourriture (Corn., V, 537, Nie, v. 571-2).

[objet au sens de spectacle, ou d'image commence à vieillir. Aucun des lexiques n'indique ce sens d'une façon précise. On trouvera dans L., H.D.T., Hug. et dans le Lex. de Mol. par Livet, de nombreux exemples. — Ses murs... présentant de loin leur objet ennuyeux. Du passant qui le fuit semblent suivre les yeux (Boil., Lu^rm, III, v. 5-8); Leur appétit fougueux, par l'oijy'e^ excité. Parcourt tous les recoins d'un monstrueux pâté (Id., ib., V, v. 95-96)[; Et dans son sang, hélas! elle est soudain tombée. Jugez à cet objet ce que j ai dû sentir (Racine, 1, 481, Théb., v. 1470-1471). i

original avait le sens de modèle. — *Pom., Duil., G. Miege, Rich., Fur., A., A^, mais les trois derniers lexiques ne l'emploient plus que pour qualifier un auteur, ou pour désigner ce dont on tire une copie. — Entr'autres nôtre Cardinal, Déboutez un original (Loret, 28 avril 1658, v. 47-48); Fouquet, Procureur Général, D'honneur un franc original (Id., 19 août 1656, v. 15-16) ; DecétEminent Cardinal L'Exemplaire et Y Original Des extr'ordinaires Personnes Propres à servir les Couronnes (Id., 11 novembre 1662, v. 61-64).

outré — Beaucoup disent quand une personne est fâchée, elle est outrée jusques au cœur, ce mot est rude et ancien (Marg. Buffet, Nouv. Obs., 44). — Le mot est dans tous les lexiques et chez beaucoup d'auteurs; * L., IL D. T., Hug.

parquet, au sens de petit parc, dont H. D. T. cite un exemple dès le xiv* s., n'est plus que dans Pom., qui le définit : petit parc, petit clos, mais ne donne comme exemple que parquets d'Audiance. — Après la messe, le roi alla tirer dans les parquets nouveaux (Dangeau, I, 240, dans L.).

peinture (portrait, image) — Ce sens n'est plus que dans Pomey; * L. ; O H.D.T., Hug. — ...Un guy sacré dont le fruict De la perle est la peinture Histoire de la Langue française. IV. 18

(S*-Amant, 11,471) ; Je la porte à souffrir que j'aye sa peinture (Montfleury, Éc. des Filles, a. III, se. 12); ... OCiel! c'est mignature. Et voilà d'un bel homme une vive peinture (Mol., II, 175, Sgan., v. 145-146) '.

plaindre — le sens de regretter n'est nettement indiqué que dans Pomey et G. Miege. — Quand ils ont fléchy sous la Parque, Aucun jusques aujourd'huy. Ne fut jamais tant plaint que luy (Loret, 7 juin 1664, v. 116-118) ; Tous les jours nous aurons de nouveaux morts à pZamrfre (La Font., VII, 623, v. 484); Je révoque des lois dont j'ai plaint la rigueur (Racine, III, 333, Phèd.y V. 475). Le sens de regretter se retrouve toutefois dans les expressions comme : plaindre sa peine, son argent, d'où le sens d'épargner et enfin de refuser, dont les exemples sont nombreux. Voir L. et Ilug.

plaisant (agréable) — Plaisant séjour, plaisante demeure ... estoient des phrases dont on se servoit autrefois en Poésie, mais présentement elles ne sont plus en usage, et se prennent en mauvaise part (A^). * tous les lexiques. — C'est une chose, hélas ! si /)/aisan/e et si douce (Mol., III, 205, Éc. des F., v. 604); Plaisants repas, menus devis. Bon vin, chansonnettes jolies (La Font., IX, 208, V. 32-33). Voir le Lex. de Mol. par Livet.

1 pouvoir (tenir) — On dit : il peut huit personnes dans ce carosse (Aie. de

S'^-Maurice, Rem., 170). Marg. Buffet voulait que l'on dît: ilpeut tenh [Nouv. 0/)s., 85). — * Fur., A.: familier, A^: icL}

présence (air, manières) — * Pom. : un homme de belle présence. Le sens n'est plus aussi net dans A. : un homme est d'une présence agréable, il a un air et des manières qui plaisent ^. — Ce port majestueux, cette douce présence- (Racine, II, 388, Bérén., v. 311); ...le bruit de sa fierté a i^edoublé pour lui ma curiosité. Sa présence à ce bruit n'a point paru répondre : Dès vos premiers regards je l'ai vu se confondre (Id., III, 331, Phèd., v. 409-410). Le sens est quelquefois le sens voisin de vue, aspect : ...craignez-vous la présence De ces paisibles lieux, si chers à votre enfance (Racine, III, 306,. Phèdre, v. 29-30). Hug. donne plusieurs exemples, mais il n'est pas sûr qu'on ne puisse en expliquer quelques-uns par le sens actuel ; L. et H. D. T. citent Montaigne : l'autorité que donne une belle présence et majesté corporelle.

promouvoir (mettre en avant et par suite faire réussir) — * Duil., Fui'. : procuref l'avancement et l'avantage de quelque chose. Le Roy François I""^ employa tous ses soins pour promouvoir et cultiver les Lettres en France^ Ilug. et H. D. T. citent Bossuet : ces fidèles ...ne laissaient pas de combattre sous ses étendai'ds, et de promouvoir de toutes leurs forces la victoire.

quereller (attaquer quelqu'un en justice) — *Pom. Le sens de: disputer quelque chose à quelqu'un, n'est plus que dans A. qui le donne comme vieux. Voir L. et Hug.i

ressentiment pouvoit s'appliquer aux bienfaits comme aux injures (Bouhours. Hem., 280-3) ; mais de Callières ne veut plus qu'il s'emploie, sinon pour les injures, reconnaissance est le terme propre pour les bienfaits [Bon et niauv. us., 200-201). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn., mais A. indique

1. Au sens figuré, le mot s'emploie encore très bien. Il est dans les lexiques et on en trouve de nombreux exemples.

2. Féraud notera ce sens d'après de La Touche, mais en ajoutant: il est douteux.

qu'il se met plus ordinairement pour les injures. Voir de nombreux exemples dans Hug. et le Lex. de Mol. par Livet.

-— /-eussir (devenir, avoir une issue) — *Pom. : il réussit le plus grand Prince qui fut jamais (Perrot d'Abl.); il réiissit de là que. Voir Hug. et le Lex. de Mol. par Livet. C'était un italianisme assez ancien.

sanguinolent (sanguinaire) — * B. F., Fur. : vieux mot qui signifioit autrefois sanguinaire. — O de tous les Vieillards le plus sanguinolent (Th. Corn., D. Bertr. de Cig., a. IV, se. 1, cité par L.) ; Il mourra de ma main. — Qu'elle est sanguinolente (Quinaull, VAm. indiscret, a. V, se. 5). Voici l'autre sens : Et, dites-moi, ce que crache Madame... Est-il fuligineux ou bien sanguinolent (Montfleury, Dame méd., a. II, se. 3).

secrétaire — au sens de confident est élégant en vers (Ménage, 0., I, 523). Richelet qui est seul à donner le mot en ce sens, ne l'accepte plus qu'en poésie. Voir Hug,

semonce (invitation) — *Pom, Duil. avec y, G. Miege, Rich. avec ^, Fur., A. : vieux. A* : id. — J'ay fait à sa douce semonce, Une assez naïve réponce (Loret, 29 juillet 1656, v. 25-26) ; Or durant ladite soirée, Si belle et si bien éclairée, Pluzieurs, tant connus, qu'inconnus. Qui, sans semonce, êtoient venus (Id. , 24 mai 1659, v. 137-140). Hug. cite Sévigné et La Fontaine.

soudart (soldat) — * Duil., B. F., A. : ce mot vieillit. Th. Corn. : id., A^ le regarde comme du style familier : homme qui a longtemps servi à la guerre. C'est dans un sens défavorable que La Fontaine l'emploie (IV, 359).

stupide (frappé de stupeur) — *Pom. : devenir stupide, stupefîeri, A. : La pensée de revoir encore une fois mon cher conservateur me rend stupide [Cleobuline, 544); Aie voir interdit, rêveur, muet, s^upirfe... (Montfleury, Mari sans femme, a. m, se. 2). Voir Hug. ^.

stupidité (stupeur) — *Pom. Voir Hug. — il se contentoit d'examiner les actions et le discours de ce Duc avec un étonnement qui aprochoit de la stupidité [Segrais, Nouv. fr., B'^Nouv., 187-8);

subsistance (action de subsister) — *Pom. : subsistentis ratio, status, habibitus; II.D.T. : rare. — On avoit veû jusqu'alors les persécutions se ralentir de temps en temps, et on attribuoit à ce relaschement la subsistance de l'Eglise (Bossuet, Apocal., 218). Richelet donne un sens voisin : ce mot se trouve dans Voiture, /. 23. pour dire état, mais il est un peu vieux (je lui laisse à juger si je ne pourrai pas être en bonne subsistance, aussi-bien que lui).

\ succès avait le sens de résultat bon ou mauvais. — *Pom., Duil., G. Miege, Rich,, Fur. Mais peu à peu le mot seul ne s'employa plus qu'au sens d'heureux succès (A, et A2).^Voir Hug. et Lex. de Mol. par Livet. — les causes profondes de ce malheureux sHcc^s (Bossuet, Hist. des Var., I, 435); Comme c'est aujourd'hui qu'on juge son procès, Je veux, si je le puis, en sçavoir

1. D'après M. Huguet, ce sens se trouverait chez Fur., mais dans l'explication qu'en donne ce dernier : « Qui n'a point d'esprit, dontlame paroist immobile et sans sentiment », les derniers mots pourraient n'être qu'une explication des premiers ; l'immobilité de l'âme s'applique à une disposition habituelle aussi bien qu'à un état passager provoqué par une cause extérieure.

le succès (Montfleury, Impr. de VHôt. de Condé, se. 3) ; Le succès fait toujours nos vertus ou nos crimes (Regnard, Epilre V).

I suffisance — Bouhours constate que le mot a deux sens : présomption et capacité. Il voudrait que dans ce dernier sens, pour éviter toute équivoque, le mol fût accompagné d'un autre, par exemple de zèle, de'sagesse (Z>., 10-11). — *Pom., Duil., G. Miege, Rich. qui confirme Bouhours, A., A^ qui ne l'accepte guère que dans le style de chancellerie. — L'illustre Monsieur de Marca, En qui, toujours, on remarqua Grand sens et grande sufizance Touchant les Afaires de France... (Loret, 2 nov. 1658, v. 65-68) ; Ne dispute donc plus touchant \env suffisance {Monlûeury, Procès de la Fein. j'uf/e et Part.., se. 3); ils n'avoient point besoin de permission (pour répondre du Droit) mais de sufisance (Perrot d'Abl., Apopht., 174); jamais on n'y explique la foy si sincèrement, ni avec une si pleine suffisance qu'on s'en tienne précisément aux premières décisions (Bossuet, /its^. des Var., Il, 353). Voir Hug. et Lex. de Mol. par Livet. On en trouve quelques exemples au xvni" siècle. Voir Féraud.

surgeon (rejeton, fils) — *Fur., A. : il vieillit, A2 : id., L. et H.D.T. citent Rotrou. — Surgeon du plus beau Sang du monde. Princesse, en merveilles féconde (Loret, 11 déc. 1660, v. 263); De Monsieur d'Orléans, la Fille, Joly Surgeon de sa Famille (Id., 19 Août 1662, v. 45-46).

surgir (arriver par bateau) — * tous les lexiques, mais Rich. le déclare vieux et ne l'accepte plus guère qu'au figuré ; A^ constate aussi qu'il vieillit. A. de Boisregard l'acceptait (656). Voir Hug.

tourner (traduire) — En ce sens le mot est déjà discuté par Ménage (0., I, 308-309). — *Pom., Duil., G. Miege, Rich.: il n'est pas tout à fait du bel usage, A. : vieux, A^ : id. ; L. cite Regnard. — Le Livre estoit déjà tourné en Anglois par feu M. l'Abbé de Montaigu (Bossuet, Expos, de la Doctr. cath., Avert., 25) ; Luther ne put souffrir qu'un autre que luy se meslàst de tourner la Bible (Id., Hist. des Var., 1, 303); Cependant leur Loy (des Juifs) est tournée en Grec, par les soins de Ptolomée Philadelphe {ld.,Hist. Univ., 247).

traquenard (cheval qui va l'amble) — * Pom., Duil., B. F., Fur., Th. Corn.

— Son traquenart rongeant son frein (Scarron, Virg., I, 289).

travail (peine, fatigue) — *Pom. : j'ay souffert de grands travaux. G, Miege, Fur. — La jeune Reyne d'Angleterre Ayant encor quelque caterre Dont elle se sent oprimer Pour les travaux qu'elle eut sur mer (Loi'et, 1*"" juill. 1662, V. 183-186) ; A cause du grand Mystère de nostre Rédemption que Nostre Seigneur y a opéré, et des grands travaux qu'il a soufferts (Bossuet, Catech. des Pestes, 41); en subissant les travaux de la pénitence... on est ramené... à la pureté de sa première régénération (Id., iîemis. des Péchés, i&9&, 113). Voir Hug. et Lex. de Mol. par Livet,

\ tuer — Selon L. de Templery, tuer le temps est une expression archaïque {Gen. et Pol., 211). — *Fur., A., A^ : il est du style familier. — Tuer un flambeauest une façon de parler figurée, mais qui est devenue si commune, qu'elle est moins noble que la propre : éteindre un flambeau (Ménage, Obs. s.Malh., II, 344). C'est une expression provinciale (Aie. de S'-Maur., 175).

— *Pom., Duil., Fur., A., A^ : il est bas et populaire. — Je luyaurois bien tué sa chandelle {Araspe et Simandre, II, 3).J|

veillant (vigilant) — o tous les lexiques; L. cite La Fontaine et Bossuet. — Si du veillant Argus la figure effrayante... (Boil., Lutrin, III, v. 89).

viande (aliments en général) — *Pom., Duil., G. Miege ; Fur., A. et A* ne donnent plus ce sens que dans l'expression viande de carême. — On continua longtemps à dire chez le Roy : La viande est servie les jours maigres comme les jours gras ; l'expression est dans les Contes de Perrault (90) ; Après s'être rempli de viandes le soir, il se lève la nuit pour une indigestion (La Bruyère, I, 6.3) ; Que faut-il faire le reste de la journée (après la communion) ? La passer en actions de grâces et savourer cette viande céleste (Bossuet, Catech. de Meaux, 216). Nombreux exemples dans Hug. et Lex. de Mol. par Livet. Féraud cite Rollin.

visière (vue, yeux) — le mot en ce sens ne se rencontre plus que dans l'expression : donner dans la visière. On en trouvera de nombreux exemples dans Hug. et Lex. de Mol. par Livet.

Il est bien plus difficile encore d'interpréter des pertes de sens que des pertes de mots, et je ne soumets les remarques qui suivent que comme des réflexions qu'on devra discuter.

Il est incontestable que les influences extrinsèques sont ici presque nuUesL Dans quelques mots, le sens latin prévaut sur l'autre [épître, présence) . Dans un plus grand nombre, ce sens latin disparaît, et l'influence du latin n'est pas suffisante pour empêcher ce changement [injure, instituer, nier, promouvoir). L'influence italienne ne se fait plus sentir [réussir). l

\lSi le sentiment étymologique est absent, le sentiment de la tradition n'est pas plus vif [chère, subsistance, corsage, secrétaire) . On en pourrait donner pour preuve que rarement le sens matériel et primitif prévaut [nourriture, peinture, surgeon). En général c'est l'inverse qui se produit, le sens figuré reste seul [balancer, édification, inclémence, original)^

La question se pose de savoir dans quelle mesure ce travail sémantique a été conscient. Il est possible qu'on ait voulu éviter des équivoques [décrire, douteux, germain, erreur). Il est possible surtout qu'on ait cherché, comme si souvent, à faire entre des mots voisins des distinctions de sens [enfance, faillir, Éimeïse, sanguinolent). Mais en réalité, ce qu'on observe surtout, ce sont les mêmes variations spontanées qu'on observe ailleurs. Le sens souvent s'avilit et le mot est pris en mauvaise part [bonhommfL^ candide, sjtudard, stupide, suffisance). Ailleurs la signification s'use, et le sens fort disparait (cas, gêne, gâter, malice, travail). Enfin et surtout le sens, de général qu'il était, devient plus particulier [cité, déplorer, élire, instinct, loyer, plaisant, ressentiment, succès^i§jide) . Certains

mots ne gardent que leur valeur technique (ainsi visiere. Au contraire : intéresser) . \

On le voit, il n'y a rien dans tous ces faits de bien spécifique. C'est leur abondance seule qu'on doit remarquer. Elle achève de faire voir combien, malgré ce qu'on en a pu dire, cette génération, prise dans son ensemble, est peu traditionnaliste, et se laisse difficilement influencer par des souvenirs étymologiques, qui eussent paru moins vénérables que pédants. 1

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