‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 18 sur 189 · Cf. Goujat, Bibl.fr., I · texte numérisé non relu

Cf. Goujat, Bibl.fr., I

« Reflexions ». Ces ouvrages sont de caractère dogmatique ; cependant Andry a pris soin de défendre les auteurs jansénistes des traités de morale que le P. Bouhours avait si fort attaqués ; ce qui lui valut une réplique de la part de Vichard de Saint-Réal, dans son livre De laCriiique (Lyon, Anisson, 1691). Andry nous apprend moins qu'Alemand sur la pratique des auteurs, mais il a de très bonnes remarquas qui ne sont que cliez lui seul. La Touche, qui était bon juge, pensait déjà qu'il avait fait d'assez bonnes découvertes [Art de bien parler, A\^ de la 2^ partie), et il s'en est servi à plusieurs endroits. Quiconque voudra étudier cette époque devra le faire aussi.

Chevreau ' . — Il est impossible aussi de négliger Chevreau dont j'ai eu souvent l'occasion de citer le nom dans le volume précédent. 11 a cultivé tous les genres, mais sans jamais abandonner la grammaire dont ses OEuvres mêlées parlent fréquemment. C'est un des puristes les plus rigoureux que le xvii" siècle ait connus.

Autres grammairiens. — Je ne m'arrêterai pas à la masse des grammairiens d'occasion qui voulurent profiter de l'attention qu'on donnait au langage pour en dire à leur tour leur sentiment, et essayèrent de marcher sur les traces des maîtres. On en trouvera la liste dans l'Appendice bibliographique qui suit ce chapitre. Un des plus connus est ce Nicolas Bérain, dont la première remarque, relative à la substitution de aik oi, là où on prononçait è, est restée célèbre ~. La partie dogmatique de son livre n'est qu'un amas de préceptes tout à fait élémentaires relatifs à la forme des mots et à l'orthographe.

Alcide de Saint-Maurice est bien supérieur à Bérain, qu'il précède d'un an (1674). Il y a dans ses « Remarques » peu Me nouveauté, mais un effort réel pour mettre en ordre les règles de la nouvelle grammaire, et plusieurs chapitres, en particulier celui du verbe, se lisent avec fruit.

Marguerite Buffet, dont on recherche encore le petit livre (1668), n'a fait à peu près que compiler Vaugelas. Elle enseignait aux dames; elle a pris un soin particulier de recueillir les décisions concernant la chasteté du langage. Madelon et Cathos eussent encore appris (juelque chose à son école. Bary (1676), d'Aisy (1685),

1. Il était né à Loudun en 1613, il est mort en 1701. Sa vie et ses œuvres ont été étudiées par M. G. Boissiére en un gros volume, public à Niort en 1909. On doit encore à M. Boissiére une précieuse publication d'un manuscrit. jusqu'ici inédit des Remarques sur Malherbe, qui est fort différent de l'édition de 1660. et auquel j'ai emprunté divers renseignements.

2. Bérain est d'une ignorance qui rappelle Périon. Il tire sans vergogne canif de culter, comme couteau de gladius,el f/arant de aulor, et croit en cela suivre Ménage, dont on a dit, non sans raison, qu'il n'était que le singe.

ne sont non plus que des copistes. Rien de bien original dans la Manière de parler la langue française selon ses diferens styles^ par André Renaud. C'est une poétique et une rhétorique, suivies de quelques appréciations sur les ouvrages relatifs à la langue. L'auteur n'a pas de doctrine propre. En réalité toutes les publications de cette sorte peuvent être négligées ici; elles ont été sans autorité et sans influence.

Page 1