Ib. L'auteur y renvoie à ses Paradoxa
LES PRINCIPES. LES DOCTRINES. LA RAISON. oo
ù toutes les langues, ou particulières à quelques-unes ». « Mais, ajoute-t-il, y ayant trouvé des diffîcultez qui m'arrestoient, je les ay communiquées, dans les rencontres, à un de mes Amis, qui, ne s'estant jamais appliqué à cette sorte de science, n'a pas laissé de me donner beaucoup d'ouvertures pour résoudre mes doutes. Et mes questions même ont esté cause qu'il a fait diverses reflexions sur les vrais fondemens de l'Art de parler, dont m'ayant entretenu dans la conversation, je les trouvay si solides, que je fis conscience de les laisser perdre, n'ayant rien veu dans les anciens Grammairiens, ny dans les nouveaux, qui fust plus curieux ou plus juste sur cette matière. C'est pourquoy j'obtins encore de la bonté qu'il a pour moy, qu'il me les dictast à des heures perdues » ^. Ainsi, ce qui détermina Lancelot à mettre en ordre et à publier les pensées de son ami, ce ne fut point, en un sens, la nouveauté de la méthode, ni celle des questions traitées ; ce fut la nouveauté et la haute valeur des solutions proposées .
La Grammaire de Port-Royal marque donc une date dans l'histoire de la lang-ue française, parce qu'Arnauld appliqua, le premier, à notre langue la méthode philosophique d'Aristote et d'Apollonios, de Scaliger et de Scioppius. Dans l'histoire générale de la grammaire, son importance est due, en outre, au mouvement des esprits qui en suivit la publication. Elle est due aussi à l'originalité des vues qu'elle expose ~.
Cette originalité éclate dès que l'auteur entre dans sa véritable matière, et s'efforce de démontrer avant tout que la diversité des mots qui composent le discours repose sur la diversité des opérations de l'esprit ''•. Les définitions particulières, obtenues le plus