CHAPITRE VII LA LANGUE LITTÉRAIRE ET L'ESPRIT GÉNÉRAL DU TEMPS
La raison d'une soumission si unanime et si complète à des règles si épineuses, est dans Tesprit général de l'époque, toute de centralisation et d'autorité. Le régime auquel est soumis la langue est le régime de tout l'Etat.
La Cour seule compte ; la France, Paris même ne compte plus. Du temps de Louis XIII, il se produisait encore des contacts. On avait beau isoler le Louvre, chaque fois qu'un cortège en sortait, il fallait rencontrer le peuple et l'entendre. Par la portière du carrosse arrêté, les femmes disaient leur mot à Anne d'Autriche. Or quand un jour une mère, dont les travaux de Versailles avaient tué le fils, insulta Louis XIV, il ne comprit pas, et demanda si les injures s'adressaient à lui. Les liens étaient coupés. A Versailles, il n'y a que des courtisans, le peuple habite au delà du parc et des bois, dans les lointains de la perspective. Le bruit qu'il fait, les plaintes qu'il crie, la langue qu'il parle ne parviennent pas au château. Un mot qui lui est renvoyé est comme un gentilhomme qui est exilé dans ses terres, il a cessé d'exister, on le traite comme un mort.
Le langage, dont la nature est de faire naître des plantes de toute essence, ne donne plus dans cet enclos de terre sassée, sarclée, ratissée, qu'une végétation choisie, variée sans doute, mais dont les espèces sont comptées et triées avec soin. Jadis, au xii® siècle, le français avait été très homogène aussi, mais d'une homogénéité naturelle, due à l'absence d'éléments étrangers. Au xvii*' siècle, toutes sortes d'éléments étrangers font partie de la langue classique, mais ils ont été assimilés, digérés, fondus dans une unité voulue, dans un dialecte qui est le dialecte de la Cour, ([ue tout le cercle réuni autour du maître s'efforce de parler sans faute et sans accent.
Le désir de s'exprimer librement, qui semble presque aussi
incoercible que celui de penser ou de vivre librement, a été étouffé
par un appétit d'ordre toujours croissant. Sur toutes choses règne
un pouvoir presque divin, indiscutable et indiscuté. On ne subit
. pas sonjoug, on le célèbre. L'usage, mis en code par les autorités com-
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pétentes, règne souverainement sur la langue. La grammaire, fondée sur lui, polit les langues, pense-t-on. Des maîtres en ont fait, sinon une science, du moins un art. Les plus grands esprits s'accordent à lui obéir, et trouvent tout naturel de limiter leurs besoins suivant la règle, au lieu d'établir la règle d'après leurs besoins. Aucun d'eux ne semble apercevoir que la langue est une matière que l'artiste a, partiellement au moins, le droit de créer. Ils se font une loi de la prendre telle qu'elle existe autour d'eux, déjà à demi façonnée par d'autres. Ils acceptent qu'on ne leur laisse qu'un droit d'assemblage et d'arrangement. Suivant un mot que La Bruyère a appliqué à d'autres choses, ils rendent au public ce que le public leur a donné.
On sait ce que ce public aimait ; comme tous les publics, il s'aimait avant tout lui-même, et modelait inconsciemment son langage sur ses goûts. Sa langue était, je n'ose pas dire une langue de classe, non pas que le mot me paraisse trop moderne, mais surtout parce qu'il est trop large encore, et que, malgré tout, une partie considérable de l'aristocratie ne vivait pas à la Cour, mais la langue d'un groupe pris dans une classe. Dans l'impossibilité où on était de la mettre tout à fait à part de la langue générale, on s'efforçait au moins de l'en distinguer autant que possible. Le nombre des mots importait peu, il s'agissait de n'admettre que des mots de qualité, qu'on articulait, comme on les arrangeait, d'une façon particulière.
Tout ce qui sentait la terre, la mécanique, la boutique, le Palais, l'Ecole, était rebuté ou tenu pour suspect; on en préservait les livres comme les salons. Une pudeur discrète couvrait des mœurs assez libres. Une délicatesse aussi raffinée, qui chez beaucoup devenait de la pruderie, enveloppait de périphrases décentes les réalités grossières de la vie.
Longtemps après que l'astre du siècle avait commencé à baisser, on continua à croire ou à feindre de croire que son éclat était immortel, et que l'heure du zénith durerait toujours. Le gouvernement, qui avait réalisé une forme idéale, était inaltérable. La langue fut ordonnée, elle aussi, avec cette persuasion que « parvenue à son point de perfection », elle devait y rester toujours. Un sentiment d'orgueil faisait dire que les révolutions passées ne se produiraient plus, et qu'on allait sinon « fixer » le français pour jamais, du moins le mettre en tel état que des détails seuls pourraient y être modifiés par la suite. On avait en tout x\n « état parfait ». Dès lors on oubliait que vivre, c'est changer, et on organi-
sait l'idiome à l'image d'une langue morte, avec l'idée qu'il ne pouvait plus mourir ^.
Cette organisation avait ses maîtres des cérémonies. Elle avait aussi ses principes, analogues à ceux de la vie de Cour. A l'armée,. Louvois avait transformé des bandes disparates en compagnies uniformes qu'il avait contraintes à marcher au pas. A la Cour chacun avait son numéro d'ordre dans la hiérarchie. C étaient autour du roi et de la reine de grandes disputes sur un fauteuil, un tabouret ou un strapontin. Les mots ne marchaient ni ne s'asseyaient non plus comme il leur plaisait et à leur guise. Ils avaient leur rang, leur place et leur rôle. L'Académie, corporation de d'Hoziers officiels, était chargée de les porter, après recherches, sur son état, qui était le Dictionnaire, puis de les investir de leurs fonctions et de leur assurer leur service, suivant qu'ils convenaient aux divers genres et aux divers styles. Une compétition se réglait dans le& formes et après exposé de titres. Au besoin, si une confusion risquait de se produire, on affectait à chacun des concurrents son costume ou sa livrée. Appast et appas mis à part sovis deux orthographes, avec défense pour chacun de varier en nombre, n'avaient plus de possibilité d'empiéter l'un sur l'autre.
Dans les cérémonies ou les processions, la majesté de l'ordre dégénérait parfois en raideur. Les allées de Versailles, k trop s'aligner, faisaient d'un jardin une construction abstraite et géométrique. La logique mit aussi parfois dans la langue quelque chose de rigide et de compassé. La phrase, trop bien ordonnée, prit une marche où il entrait moins de grâce que de calcul et de science. Le style se guinda.
Enfin la vie de société détourna de la vie. Des fenêtres du salon des glaces, ce qu'on voyait, ce n'était pas la nature, mais un
1. Bouhours est persuadé que la langue est arrivée à son point de perfection. W fait l'histoire de la réforme, et montre quel a été le rôle de A'augelas et de Balzac. « Les changements qui se sont faits depuis trente ans ont servi de dernières dispositions à cette perfection où la langue française devait arriver sous le règne du plus grand monarque de la terre ». {Enlr., 122) Cf. : « Encore que nous n'ayons rien à craindre du côté des causes étrangères, le seul caprice des hommes est capable de faire quelques changements dans le langage. C'est la nature des choses vivantes, de changer de temps en temps, et s'il y a quelques langues modernes qui ne changent point, elles doivent être comptées entre celles qui sont mortes. Je ne prétends donc jjoint que la nôtre ne change point du tout, mais je prétends que les changements; qui s'y feront dans la suite des siècles ne seront ni plus essentiels ni jjIus remarquahles que ceux qui s'y sont faits depuis trente ans. Je veux dire (juils n'altéreront point le fonds de la langue. Il y aura toujours la même na'iveté, la même clarté, le même ordre et le même tour dans le style. Quelques mots et quelques façons de pailer pourront s'établir selon la bizarrerie de l'usage ;. . . le nervèze, le galimatias et le phebus ne reviendront point » (/h., 127-128). Cf. «nôtre langue françoise, que l'on peut, dire être diins sa jierfcction à cet égard » {Menaginna, II, '-M2).
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ïirrangemeiit de hi nature, un parc créé, dont les avenues, même vides, restaient pleines des imag-es de la veille, et de la presse des courtisans. Au reste les yeux n'allaient g-uère vers le dehors, ni vers le présage fâcheux du soleil qui se couchait ; ils se retournaient vers le spectacle du dedans, et se concentraient sur le maître qui n'avait point de soir. On l'y observait, et en même temps on s'y voyait, soi et les autres, dans la ioule réfléchie par les miroirs sans nombre et serrés de la g-alerie. Le monde n'était point dehors, le monde était intérieur. Etrange destinée d'un mot qui pour le savant désigne l'univers, et qui, pour les hommes et les femmes de salon, se réduit au petit groupe dans lequel ils vivent ■et qui borne leur vue ! Par quels canaux la langue de cette société €Ût-elle senti monter en elle la sève de la vie universelle ? Dans quelles contemplations eût-elle pris le goût du pittoresque ? Elle se ferme aux images de cette nature, que les courtisans dédaignent ou ignorent. Seules, les splendeurs clignotantes des candélabres et des lustres éclairent les regards ; les grandes clartés simples et profondes ont cessé de luire. On s'épie entre soi, on se pénètre, on s'analyse dans le demi-jour des attitudes imposées ou calculées, au bal, au spectacle, aux réceptions, au lever. L'acuité de cette vision s'exaspère, et, pour exprimer d'imperceptibles nuances, trouve des finesses inconnues. Jamais raffîneurs de langage ne dépassent le but, tant l'esprit et la parole se complaisent et se jouent dans les plus fines analyses et les plus subtiles distinctions. Travail délicat et profond, qu'aucune école n'eût pu produire, qu'aucun écrivain n'eût fait admettre, s'il eût été son œuvre propre, mais qui fut le produit naturel de la collaboration de toute une société, où les femmes ont joué un grand rôle, et où beaucoup d'hommes, sans avoir ni génie ni talent même, avaient du goût, de l'esprit et des loisirs.
LISTE DES PRINCIPAUX OUVRAGES DU XVII^ SIÈCLE RELATIFS A LA GRAMMAIRE ET AU VOCABULAIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE
{Les ouvrages exclusivement consacrés à Vorthographe sont exclus.)
Je réunis ci-dessous, dans un ensemble, les principaux ouvrages relatifs à la langue française, qui ont paru en France entre 1660 et 1706. Ce catalogue n'empêchera pas de se reporter au Chronologisches Verzeichniss de Stengel, déjà cité, où on pourra chercher les ouvrages parus h Vétranger, mais d'où l'auteur a exclu beaucoup de ceux que je mentionne ici, qui n'étaient pas des grammaires à proprement parler ^.
1660 2. [Lancelot et Arnauld], Grammaire générale et raisonnée, contenant les fondemens de l'art de parler; expliquez d'une manière claire et naturelle. Paris, P. Le Petit, in-8 (Privil. du 26 août 1659 ; achevé d'imprimer le 28 avril 1660). S.
1661. A. DE MoxTMERAN, St/nonimcs et épithètes françaises, recueillies et disposées selon Vordre de l'alphabet, 2" édit., reveuë, augmentée et corrigée de nouveau. Paris, chez Jean Guignard, in-12. Bib. Mazar., 20216 A.
1662. *. Delaunay (Joannes), Linguae gallicae Tyrocinium... Aureliae, Aegid. Hotot., in-8. S. — * Piatus (Joh.), Atrium linguae Gallicae, Argentorati in-8. S.
1663. CoppiER, Lyonnois, Essays et définitions de mots, où sont comprises plusieurs belles et élégantes Dictions Latines et Grecques. Lyon, Guich. Jullièron in-8.
1664. Raillet (Philippus), Triumphus linguae gallicae. Lugduni, in-8, in platea des Terreaux, apud ipsum authorem. Bibl. Nat., X, 1239, in-12 ^ — PoMEV (Le P.), Dictionnaire royal des langues française et latine. Lyon, in-4. Bibl. Mazar., 10172. — * Telles (S.), Gallicae linguae gramniatica singulari methodo.... conscripta. Argentorati, in-8. S.
1665. * De Mirabeau (J.-A.), Gramniatica gallica brevis quidem et succincta. Argentorati, G. Andr. Dolhopfius et Joh. Eberh. Zetzner, in-8. S.
1667 *^. Richelet, Dictionaire de rimes dans un nouvel ordre. Paris, in-12.
SoREL (Ch.), La bibliothèque française, ou le choix et Vexamen des livres
français qui traitent de V éloquence... Paris, Compag. des Libraires, in-12.
1668. JuLiANi, La nomenclature et les dialogues familiers, enseignans parfaitement les Langues Française, Italienne, et Espagnole. Paris, Est. Loyson, in-12. Bibl. Nat., X, 1413. A la suite les Proverbes divertissans, et les heures de récréation — Buffet (Marguerite), Nouvelles observations sur la langue française.... avec les Eloges des Illustres Scavantes. Paris, J. Cvsson, in-12. Bibl, Mazar. 20223 A. — Du-Truc (Louis), Le génie de la langue française. Strasbourg, in-12. Bibl, Brunot.
1669. FiLz, Méthode courte et facile pour apprendre les langues latine et fran-
1. Je marque d'un astérisque les livres que je n'ai pas vus. Quand je n'ai pas trouvé le livre dans une bibliothèque publique, si je le possède, je marque : Bib. 13runot. S., dont je fais suivre un titre, signifie que le livre est cité dans Stengel.
2. A cette date paraît le grand Dictionnaire des Précieuses, bientôt suivi de la Clef des Ruelles, dont j'ai parlé dans le volume précédent.
3. Dans mon exemplaire, le litre est en français, mais l'ouvrage est en latin.
4. A celte date parait le livre de Le Laboureur : les Avantages de In langue française sur la latine; je le néglige ici, comme tous les livres apologétiques qui sont du même genre.
çoise.... Paris, J.-B. Coignard, in-8«. Bibl. S"=-Genev., X, 281. — [J.-M.]*Les deux Visages de Nosire Langue. Pour la rendre facile aux Estrangers. Paris. S. — *Mey(A1ox.), Grarninatica gallicana, Lyon, in-8°, S. — Delbhun (le P.), Le grant apparat français. Paris, Henault, in-4''. Bibl. Nat., X, 1394,
1671. BouHouRS (Le P.), Les Entretiens d'Ariste et d'Eugène. Paris, Seb. Mabre-Cramoisy, in-4''. — [Barbie» d'Aucouu], Les sentiniens de Cleante... Paris, P. Le Monnier, in-12. — [Montfaucon de Villars], De la délicatesse.
Paris, Cl. Barbin, in-8°. — Sorel (Ch.), De la connaissance des bons livres
ou examen de plusieurs autheurs (Paris, And. Pralard, in-12. Bibl. Nat.,Z, 316 A.) — Chaulmer (C), Nouveau dictionaire des langues latine et française dans leur pureté. Paris, Soc. des imprimeurs, in-4. Bibl. Nat., X, 139o. — RicMELET (P.), La versification française ouVart de bien faire et de bien tourner les vers. Paris, Est. Loyson, in-12. Bibl. S^^-Gen., Y, 996, Rés. Bibl. Nat., Y, 4331 B.
1672. MosANT DE Brieux, Les origines de quelques coutumes anciennes et de plusieurs façons de parler triviales, Caen, J. Cavelier, in-12. Bibl. S'^-Genev., X, 402, Rés. — Ménage, Observations sur la langue française. Paris, Cl. Barbin, in-12. — [A.non.], La grammaire française donnant Vintelligence Decette langue, pour la sçavoir parler et écrire, sans autre étude précédente que d'avoir appris à lire. Paris, Fred. Léonard, in-8°. Bibl. de l'Ars., 717 '\ Bibl. S'^-Genev., X, 341. — [Alc. de S'-Maurice], /îemaryues sur les principales difficullez que les estrangers ont en la langue française. Paris, Est. Loyson, in-8°. Bibl. Nat., X, -j- 1312.
1673. Macé (J.), La politesse de la langue française pour parler pur emant et écrire netlemanl. Paris, in-12. Bibl. Mazar., 44767.
1674. D'AiSY (Fr. ), Nouvelle méthode de la langue française.... Paris, Est. Michallel, in-8°. (Le nom est dans le privilège.) Bibl. Nat., X, 1205. — BounouRS (Le P.), Doutes sur la langue française proposez à Messieurs de V Académie française par un gentilhomme de province. Paris, Seb. Mabre-Cramoisy, in-12. — Besnier (Pierre), La réunion des langues. Paris, in-4. Bibl. Mazar., A. 11362.
1675. BouiiouRS, Remarques nouvelles sur la langue française. Paris, Seb. Mabre-Cramoisy, in-4''. — N.[icolas] B.[erain], Nouvelles remarques sur la langue française. Rouen, in-8o. — Jobard (J. B.), Exercices de l'esprit, pour aprendre l'art de bien parler, et de bien écrire. Paris, chez Fauteur, in-8". —
[Gaudin], Nouveau Dictionnaire français et latin Limoges, Martial Barbou,
in-4'>. (Le privilège porte que le livre est composé par le P.l.G.D.L.C.D.l.)
1676. Barv (René), Les secrets de nostre langue. Seconde partie delà rhétorique française. Lyon, in-12. Bibl. Mazar., 20235. — Ménage, Observations, 2" partie. Paris, Cl. Barbin, in-12.
1677. Nouveau Dictionaire français-italien et italien-français, imprimé au Château de Duillier, Genève, J. Herman Widerhold, in-S". — Guy Miege, A new Dictionarij French and English, with another English and French. Londres, Th. Basset, in-4''. Bibl. Bodl.
1678. [Mauconduit], Nova grammatica gallica quâ quivis alienigena Latinae Linguae peritus, gallicam facile poterit assequi possunt addiscere. Paris, in-8''. Bibl. Brunol. — Du Ci.oux (Louys Ch.), Vocabulaire Français... pour L'usage de la Jeunesse de Strasbourg. Strasbourg, Frid. Wilh. Schmuck, in-8''. Bibl. Net., X, 1417 A.
1680. RiciiEUET (P.), Dictionnaire français.... Genève <, Widerhold, in-4. — Thomasini (J. B.), TripUcis grammalicne pars prima. Lib. L theariam linguae Gallicae complectens. Paris, chez l'auteur et chez Nicolas le Gras, in-8. S. Cf. Bibl. Ste-Genev., X, 434.
1. Quoique cel ouvraf^e ait été imprimé à Genève, il a été fait à Paris ; ii est entièrement franvais, comme on l'a vu ci-dessus.
80 HISTOIRE DE LA LAiNGLE FRANÇAISE
1681. Patru, Remarques sur les Remarques de Vaugelas. Voir ses Œuvres, 1714, Paris, in-4, tome II. — D'allais( Denis Vaiuasse), Grammaire méthodique. F'aris, chez l'Auteur, au bas de la rue du Four, in-12, S. Bil)l. Nat., X, 1206 A.
1682. D.C.S.D.S.S., La porte des siences, ou receuil des termes et des mots les plus dificiles à entendre... Paris, in-8. Bibl. Mazar., 44657.
1683. Cathekinot, Les doublets de la langue française. Bourges, in-4°. Bibl. Mazar., 19075, 27* pièce.
1684. [Anon.], Les véritables principes de la langue francoise pour la scavoir écrire et parler en peu de temps. Paris, P. de Laulne, in-12. Bibl. Nat., X, 1207. — Thresor des trois lengues, françese, espagnol et basque. Bayonne, Ant. Fauvet, in-8. Bibl. Nat., Rés. X, 1940 E. — Fuuetière (Ant.), Essais d'un dictionnaire universel, in-4°. Bibl. Nat., X, 1345. — Danet (labbé P.), Grand dictionnaire françois et latin. Paris, Vve de Cl. Thiboutet Pierre Esclassan, in-f". Bib. Nat., X, 1396.
1685. [D'AiSY (Franc.)], Le génie de la langue francoise, par le sieur D***. Paris, Laurent d'Houry, in-12. Bibl. Nat., X, 1299. S. — Rocuefort (César de), Dictionaire gênerai et curieux, contenant les principaux mots, et les plus usitez en la langue francoise. Lyon, P. Guillimin, in-l", Bibl. Nat., X, 1335.
1686. Recueil des pièces du S^ Furetiere et de Messieurs de V Académie française. Paris, in-12. Cf. éd. Ch. Asselineau. Paris, Poulet-Malassis, 1859, 2 vol. in-12.
1687. Percer (Antoine), Volkommene franzôsische Grammatig. Parfaitegrammaire francoise expliquée en langue allemande... Paris, Th. Guillain, in-8°. Bibl. Nat., X, 1243. — [Ruau], La vraye méthode d'enseigner la langue francoise aux étrangers expliquée en Latin. Paris, in-8. S. Bibl. Mazar., 44564. — [Jean] jHindretj, Uart de bien prononcer et de bien parler la langue francoise. Paris, Laurent d'Houry, in-12. Bibl. Nat., X, 1269. — Corneille (Thomas), Remarques sur la langue francoise de M. de Vaugelas,... avec des notes de Th. Corneille. Paris, 2 vol. in-12.
1688. [Alemand (Louis-Augustin)], Nouvelles observations ou Guerre civile des François sur la langue. Paris, J.-B. Langlois, in-12.
1689. [Andry de Boisregard], Reflexions sur Vusage présent de la langue française. Paris, Laurent d'Houry, in-12. (L'édition de 1692 contient de nouvelles remarques et un index).
1690 ^. [Alemand], Xouvelles remarques de M. de Vaugelas sur la langue française, ouvrage posthume. Paris, Guil. Desprez, in-12. — Furetiere ^ (Ant.), Dictionnaire universel, La Haye et Rotterdam, chez Arnout et Reinier Leers. 3 vol. in-l". — Essais de lettres familières... et quelques remarques nouvelles sur la langue française. Paris, J. Le Febvre, in-8.
1691. [VicHARD de Saint-Réal (César)], De la critique (Réponse à Andry de Boisregard). Lyon, Anisson et Posuel, in-8.
1692. Mauger (Claude), Petit Dictionnaire ou dialogues français et anglais. Rouen, in-12. Bibl. Brunot. — Richelet (Pierre), Dictionnaire de rimes dans un nouvel ordre. Paris, Florentin et P.Delaulne, in-8. Bibl. Nat., Y" 32175. — [De Callieres (François)], Z)es /no/s à la mode et des nouvelles façons de parler... Paris, Cl. Barbin, in-12. — Milleran (René), La nouvelle gramaire française avec le Latin.... Marseille, Henri Brebion, in-12. Bibl. Nat., X, 1208. — BouiiouRS (Le P.), Remarques nouvelles sur la langue française. Paris, in-12.
1. C'est sans doute en 1689 que parutà Berlin, « nach deni Parisischcn Exemplar >>, in-8, la Grammaire royale française et allemande de Des Pcphers, qui a eu une multitude d'éditions jusqu'au commenceinent du mx' siècle. V. Slengel, o. c, p. 58.
2. Je mentionne Furetiere pour le motif que j'ai donné au sujet de Richelet. On a vu quelles raisons empêchaient que cette œuvre, toute française, parût en France.
i693. I^De Gallikhes (François)], Du bon et du mauvais usage dans les manières de s'exprimer. Des façons de parler bourgeoises. El en quoy elles sonl différentes de celles de la Cour. Paris, Cl. Barbin, in-12. — De Villafuanc (nom porté au privilège et pseudonyme de Nie. Thoynard), Discussion delà suite des Remarques nouvelles du P. Bouhours, in-12. Bibl. Mazar., 20238 f.
1694. [Dangeau], Essais de gramaire, contenus en trois lettres d'un Académicien. Paris, J.-B. Coignard, in-4. Bibl. Nat., X, 1209. — Académie françoise, Dictionnaire. Paris, Vve J.-B. Coignard, 2 vol. in-f°. — M. D. C. (Thomas Cohneille), Dictionnaire des Arts et des Sciences. Paris, V^e J.-B. Coignard, 2 vol. in-f°. — A. D. B. , Suite des réflexions critiques sur l'usage présent de la langue française. Paris, in-8.
1695. [Mallemans de Messanges], Reponseà une critique satyrique intitulée l'apothéose du Dictionnaire. Bibl. Mazav. 20234*^, in-12. — L'enterrement du Dictionnaire de l'Académie, s. 1., in-12. Bibl. Brunot. — L'Abbé de Bellegarde, Reflexions sur Velegance et la politesse du style. Paris, in-12.
1696'. L'apothéose du Dictionnaire de l'Académie, et son expulsion de la région céleste. La Haye, Arnout Leers, in-8. — [Anon.], Dictionnaire des Halles . Bruxelles, Foppens, in-12. Bibl. Nat., X, 1376.
1697. [Benaud André], Manière déparier la langue française selon ses diferens styles ; avec la critique de nos plus célèbres Ecrivains, en prose et en vers ; et vn petit traité de l'Orthographe et de la Prononciation Françoise. Lyon, Claude Bey, in-12. — "De Templery, seigneur duLeven-lès-Bcvre, Entretiens sur la langue française à Madonte. Aix, Guil. Le Grand, in-8.
1698. Bichelet, Les commencements de la langue française ou grammaire tirée de l'usage et des bons auteurs. — Suite du génie de la langue française. Paris, Laurent d'Houry, in-12. Bibl. Ste-Genev., X, 383. -=-M. L'[abbé] T[allemant]. Remarques et décisions de l'Académie française. Paris, J.-B. Coignard, in-12.
1701. Maunory. Grammaire et dictionnaire français et espagnol. Paris, V^e Cl. Barbin, in-12. Bibl. Brunot.
1702. * [Anon.], Explication deVart de la grammaire. Strasbourg. S.
1703. [De Lionnière.], Le sort de la langue française. Paris, Vve Cl. Barbin, in-12. Bibl. Nat., X, 1319 (c'est une première ébauche informe d'une histoire de la langue). — [Pmo^ .\ Inslitutio linguae gallicae. Lugduni, 1703. Bibl. Brunot. — Frain du Tremblay, Traité des langues, ou l'an donne des Principes et des Règles pour Juger du mérite et de l'excellence de chaque Langue, et en particulier de la Langue Françoise. Paris, J. B. Delespine, in-12. Bibl. Nat., X, 1191.
1704. Observations de V Académie française sur les remarques de M. de Vaugelas. Paris, J.-B. Coignard, in-4.
1703. Mauger (Laurent), iVouue//e grammaire française contenant les principes et les Régies que l'on peut donner à l'Usage et à l'Orthographe de la langue Françoise. Bouen, Jacq. Besongne, in-12. S. Bibl. Nat., X, 1210.
1706. Regnier-Desmarais (François-Séraphin), secrétaire perpétuel de l'Académie françoise. Traité de la grammaire française. Paris, in-4° et in-12. S.
1707. [Ant. Xwî'iAVLD], Règles pour discerner les bannes et les mauvaises critiques des traductions de l'Ecriture sainte en François, pour ce qui regarde la langue. Paris, Iluguier, in-12.
1. C'est en 1696 qu'un réfugfié français, de La Touche, fit paraître à Amsterdam, in-12, son A ri de bien parler français, ouvrage très important, dont la première partie forme une grammaire, dont la seconde est une compilation méthodique des observations faites par les contemporains. La première édition se trouve à la Bibl. Ste-Genev., X, 366.
Histoire de la Langue française. IV. 6
1709. BuFKiER (Cl.), Grammaire française sur un plan nouveau. Paris, in-8°, N. Le Clerc. S. — Cf. Suite de la Grammaire française ou traité philosophique..., pratique iVéloquence (Ib., in-12°, 1728).
1712. Ghimarest, Eclaircissemens sur les principes de la langue française. Paris, in-12°. Flor, Delaulne S. Bibl. Brunot.